Niels Arestrup

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Niels Arestrup

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Niels Arestrup à la 39e cérémonie des César

Naissance (65 ans)
Montreuil, Seine
Nationalité Drapeau de la France Française/Drapeau du Danemark Danoise
Profession Acteur
Films notables De battre mon cœur s'est arrêté
Un prophète
Tu seras mon fils
À perdre la raison
Quai d'Orsay
Diplomatie

Niels Arestrup est un acteur franco-danois né à Montreuil (département de la Seine, aujourd'hui en Seine-Saint-Denis) le .

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste, fils unique né d'un père danois arrivé en France durant la Seconde Guerre mondiale à la suite de l'invasion du Danemark par l'armée allemande, et d'une mère française originaire de Lorient[1], Niels Arestrup grandit en banlieue parisienne et s'inscrit après le lycée au cours de Tania Balachova. Il débute sa carrière au théâtre avant d'apparaître pour la première fois au cinéma dans Miss O'Gynie et les hommes fleurs de Samy Pavel en 1973 puis dans Stavisky d'Alain Resnais (1974). Le débutant se spécialise dans un cinéma d'auteur (seconds rôles dans Si c'était à refaire de Claude Lelouch) souvent confidentiel (Chantal Akerman, Jeanne Moreau, Frank Cassenti, l'Argentin Edgardo Cozarinsky, plus tard l'Italien Fabio Carpi...).

Sans jamais abandonner le théâtre, il construit une carrière atypique faite de seconds rôles et de personnages ambigus (La Dérobade de Daniel Duval, La Femme flic d'Yves Boisset), tourne dans des longs métrages suisses, et n'hésite pas à endosser des rôles de salauds (Les Loups entre eux de José Giovanni en 1985, La Rumba en 1986).

À la télévision il obtient rapidement des premiers rôles, notamment dans des adaptations littéraires (Arthur Schnitzler, Frank Wedekind, Maurice Maeterlinck), s'imposant en héros romantique de la mini-série historique Le Tourbillon des jours, avec Yolande Folliot, dès 1979. Plus tard il participe aussi à des adaptations d'Hubert Monteilhet, Michel Déon ou Madeleine Chapsal, cette dernière mise en scène par Édouard Molinaro, qui l'avait déjà dirigé dans deux adaptations de Stefan Zweig, dont La Ruelle au clair de lune (Niels Arestrup en partage la vedette avec Marthe Keller et Michel Piccoli). En 1984, il est la vedette de Lorfou, un épisode de la série Série noire qui lui permet de retrouver Daniel Duval. En 2006 il mène la brillante distribution de Le Rainbow Warrior et en 2000 il tient le rôle titre de Fernando Krapp m'a écrit cette lettre d'après Miguel de Unamuno au côté d'Emmanuelle Seigner.

Sur le petit écran, Niels Arestrup bénéficie au fil des années d'une reconnaissance comparable à celle qu'il connaît sur les planches, son terrain favori. Il entremêle parfois les deux, jouant sur scène (et devant les caméras) La Cerisaie d'Anton Tchekhov, mise en scène par Peter Brook (avec Catherine Frot), et incarnant Rastignac dans Les Secrets de la Princesse de Cadignan d'après Honoré de Balzac, réalisé par Jacques Deray, deux adaptations signées Jean-Claude Carrière - l'acteur interprète par ailleurs un autre héros de Balzac dans Albert Savarus, sous la direction d'Alexandre Astruc et face à Dominique Sanda ; les (télé)spectateurs ont aussi pu le voir dans La Danse de mort, dirigée par Claude Chabrol, et dans Mademoiselle Julie, adaptée par Boris Vian, deux pièces d'August Strindberg. Dans la dernière, il a pour partenaire (au théâtre et dans la version filmée) Fanny Ardant, qui remplaçait Isabelle Adjani après quelques représentations.

Au milieu des années 1980, des réalisateurs de cinéma lui confient enfin des rôles principaux : il est ainsi l'amant d'un couple à trois (formé avec Ornella Muti et Hanna Schygulla...) dans Le Futur est femme de Marco Ferreri (1984). Mais les films dans lesquels il joue ne sont pas de grands succès populaires pouvant faire de lui une vedette de premier plan. Il apparaît davantage à la télévision et au théâtre qu'au cinéma : sur grand écran, il a cependant pour partenaires Isabelle Huppert dans Signé Charlotte, Christine Boisson à deux reprises (dans Du blues dans la tête notamment, écrit par Arestrup), ou la star américaine Glenn Close dans La Tentation de Vénus d'István Szabó (1991), où il incarne un chef d'orchestre hongrois aux prises avec l'Opéra de Paris.

Niels Arestrup joue les années suivantes un violoncelliste célèbre et malheureux dans Le Pique-nique de Lulu Kreutz (en 2000) sur un scénario de Yasmina Reza, ou encore un mari vieillissant qui se sépare de sa femme (Judith Godrèche) dans Parlez-moi d'amour, dirigé par Sophie Marceau en 2002. Mais ces films demeurent discrets.

Pendant une dizaine d'années, Niels Arestrup consacre une partie de son temps à la formation d'acteurs en créant et dirigeant à Paris le Théâtre-École du Passage, connu comme l'un des meilleurs cours privés de l'époque, où les élèves comédiens, outre leurs cours d'art dramatique, pratiquent la danse, le chant, l'acrobatie, l'escrime et l'anglais.

En 2005, De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard, face à Romain Duris, annonce la reconnaissance à venir. Sa prestation de père brutal et destructeur est saluée par le César du meilleur acteur dans un second rôle. Niels Arestrup retrouve Duris dans L'homme qui voulait vivre sa vie d'Éric Lartigau en 2010 et surtout Audiard pour Un prophète en 2009 qui le consacre enfin sur grand écran. Dans Un prophète, le comédien campe le personnage de César Luciani, parrain de la mafia corse qui garde le contrôle sur ses affaires de sa cellule de prison. Pour son rôle, Arestrup remporte un second César. Parallèlement, l'acteur s'illustre dans des films tels que Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel et L'affaire Farewell, en patron des services secrets français - œuvres conformes à ses critères d'exigence. En 2007, le comédien a écrit et dirigé Le Candidat (2007), drame politique qu'il interprète face à Yvan Attal. En 2013, il retrouve l'univers du pouvoir face à Thierry Lhermite dans Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier. Son interprétation de Claude Maupas, directeur de cabinet flegmatique et cauteleux du Ministre des Affaires étrangères, lui vaut un troisième César du meilleur second rôle.

Théâtre[modifier | modifier le code]

En 1986 la pièce B29 dont il partage la vedette avec Richard Berry essuie un échec.

En 1988 il crée sa propre école de théâtre à Ménilmontant, dans un esprit de troupe ne formant pas au vedettariat.

Niels Arestrup dirige le Théâtre de la Renaissance de 1989 à 1993[2].

Il retrouve Fanny Ardant en 1995 dans La Musica de Marguerite Duras[3]. L'année suivante, il joue avec Myriam Boyer la pièce Qui a peur de Virginia Woolf ? avant que l'actrice ne soit licenciée.

Durant la saison 1998-1999, Arestrup interprète aux côtés de Pierre Vaneck et Maïa Simon Copenhague qui remporte deux Molières[4].

En 2002 Niels Arestup interprète le Théramène de Phèdre de Jean Racine mise en scène par Jacques Weber avec Carole Bouquet dans le rôle titre.

L'année suivante, dans À chacun sa vérité de Luigi Pirandello, le comédien « affronte » Gérard Desarthe et Gisèle Casadesus.

En 2008, il écrit Le Temps des cerises, joué par Eddy Mitchell et Cécile de France[5].

Cette même année il joue et met en scène Beyrouth Hotel de Rémi de Vos au Studio des Champs-Élysées, avec Isabelle Le Nouvel, sa compagne dans la vie.

En 2011, Arestrup interprète Dietrich von Choltitz, le général allemand chargé de détruire Paris en 1944, face à André Dussollier dans Diplomatie, pièce écrite par Cyril Gély[6].

Controverses[modifier | modifier le code]

Niels Arestrup a une réputation de partenaire violent, principalement en raison de deux incidents avec deux actrices[1].

En 1983, Isabelle Adjani arrête la pièce Mademoiselle Julie à la suite d'une gifle de Niels Arestrup. Ce dernier affirme qu'Adjani l'aurait giflé la première.

En 1996, Myriam Boyer est licenciée de Qui a peur de Virginia Woolf ? à la suite d'un échange de coups. Elle obtiendra plus de 800 000 francs de dommages et intérêts.

Niels Arestrup renoncera à ses plaintes en diffamation contre ces deux actrices[7].

À propos de cette réputation de violence, Niels Arestrup a déclaré « ça fait vingt-cinq ans que ça dure, depuis Mademoiselle Julie, avec Isabelle Adjani. Et depuis, j'ai tout essayé : m'expliquer, me taire, mais rien à faire, ça me colle à la peau. » Il affirme avoir « toujours détesté la brutalité, [qu'il] trouve désespérément bête »[1].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Niels Arestrup en 2010 à la 35e cérémonie des César.

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur et acteur[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme auteur[modifier | modifier le code]

Comme metteur en scène[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Niels Arestrup est officier de l'ordre national du Mérite[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]