Théâtre Déjazet

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Théâtre Déjazet

Type Théâtre
Coordonnées 48° 51′ 58″ Nord 2° 21′ 52″ Est / 48.86611, 2.36444 ()
Inauguration 1851
Nb. de salles 1
Anciens noms Folies-Mayer
Folies-Concertantes
Folies-Nouvelles
Le France (cinéma)
Théâtre Libertaire de Paris (TLP)
Structure-mère SEDAC

Le théâtre Déjazet est une salle de spectacle parisienne ouverte en 1851 sur le boulevard du Temple, au n°41 dans le 3e arrondissement, à l'emplacement d'un ancien jeu de paume.

Historique[modifier | modifier le code]

Plafond de la salle

D'abord café-concert appelé Folies-Mayer (du nom de leur directeur), il devient en 1854 un théâtre d'opérettes sous l'impulsion du compositeur et comédien Hervé. Rebaptisé Folies-Concertantes puis Folies-Nouvelles (et brièvement Troisième Théâtre Français de 1876 à 1880[1]), celui-ci y présente des œuvres de sa composition avec le fantaisiste Joseph Kelm, mais aussi l'une des premières œuvres de Jacques Offenbach : Oyayaye ou la Reine des îles (1855). La troupe s'étoffe rapidement, avec l'arrivée notable de José Dupuis qu'Hervé débauche du théâtre du Luxembourg-Bobino. Il cède la salle en 1859 à la célèbre comédienne Virginie Déjazet qui veut offrir au jeune Victorien Sardou un cadre digne de ses productions et la rebaptise de son nom. Elle le dirigera jusqu'en 1870.

Affiche pour Les Deux Camille (1891)

C'est le seul théâtre du « boulevard du Crime » à avoir échappé aux transformations haussmanniennes de 1862, car il était situé de l'autre côté du boulevard.

Fermé en 1939, transformé alors en cinéma sous le nom Le France[2], spécialisé dans les films de concerts pop et rocks dans les années 1970, il était destiné à devenir un supermarché en 1976, mais est réhabilité en théâtre cette même année, tout en conservant une programmation cinématographique et en reprenant son nom d'origine.

Coluche en fait l'inauguration le 1er février 1977. Fermé administrativement en novembre 1977 puis de nouveau en mai 1981 car considéré comme dangereux par les commissions de sécurité, la SEDAC (société propriétaire du bail commercial présidée par l'ancien créateur de mode Jean Bouquin) le donne en location-gérance aux clowns Macloma qui obtiendront, après travaux, une autorisation de réouverture sous conditions (le théâtre est classé en 4e catégorie ; moins de 300 places) en octobre 1982, autorisation confirmée en mars 1983. Ils géreront le Déjazet jusqu'en 1985. La SEDAC signera alors un nouveau contrat de location-gérance avec la société TLP. Le 1er février 1986 après deux mois de travaux s'ouvre le théâtre Libertaire de Paris ou TLP-Déjazet. De 1986 à 1992, malgré une programmation intense, TLP financera en permanence des travaux importants de restauration de la salle. En 1992, la commission de sécurité classe, enfin, le théâtre en 3e catégorie (jusqu'à 700 places). D'autre part, la profession remarque le travail général de l'équipe en nommant T.L.P. "producteur de l'année" en compagnie de Gilbert Coullier et Jean-Claude Camus (c'est ce dernier qui l'emportera). La société SEDAC résilie alors le contrat de location-gérance et reprend la gestion du lieu.

Léo Ferré, Juliette Gréco, Georges Moustaki, Claude Nougaro, Catherine Lara, Anna Prucnal, Jean Guidoni, Véronique Sanson, Sylvie Joly et bien d'autres s'y sont succédé.

En 1945, Marcel Carné y a tourné les scènes d'intérieur des Enfants du paradis.

L'épopée du théâtre Libertaire de Paris[modifier | modifier le code]

Depuis l'amitié qui liait Proudhon à Courbet, le mouvement anarchiste a toujours été proche du milieu artistique. Dès 1983, Joël-Jacky Julien, musicien de jazz à l'initiative de la création de Radio libertaire (89,4 Mhz), la radio de la Fédération anarchiste et Hervé Trinquier, musicien classique à l'origine de l'achat de la librairie de cette même Fédération anarchiste, rêvaient d'ouvrir une salle de spectacle et le nom de « théâtre Libertaire » s'était imposé. C'est tout-à-fait par hasard qu'un de leurs amis, Bernard Lavilliers - qui lui-même recherchait une salle pour ouvrir une école du spectacle - leur apprit en 1985 que le Déjazet serait à reprendre.

Avec une bande d'amoureux de la chanson, parmi lesquels Corinne Rousseau, Paulette Piedbois (militantes anarchistes), Alain Aurenche (chanteur), Antoine Monnet (architecte) et Claude Attienz (coordinateur de la restauration permanente du théâtre), ils entreprennent la restauration du théâtre et l'inauguration a lieu le 1er février 1986 avec naturellement, Léo Ferré.

Joël-Jacky Julien quittera assez vite le TLP, laissant seul Hervé Trinquier à la direction pour ouvrir un restaurant puis, bien plus tard, le « Forum Léo-Ferré » à Ivry-sur-Seine, toujours en pleine activité malgré son décès.

La rencontre de Jean-Marie Balsano (Jean-Marie Durand) en 1990 va influencer la programmation du TLP. C'est lui qui programmera les concerts Jazz O' TLP.

En juillet 1992, la SEDAC mit fin au contrat de location-gérance du TLP et assumera dès lors la programmation du théâtre Déjazet. Une partie de la programmation prévue par le TLP pour la saison 92-93 sera reportée au théâtre Le Trianon, boulevard Rochechouart (XVIIIe). Trinquier se consacre depuis à la régie de spectacles et a fondé une maison d'édition de livres (éditions TOPS-TRINQUIER) qui réédite les classiques de l'anarchisme.

Établir la liste de tous les artistes programmés au TLP-Déjazet serait fastidieux. Selon les saisons, il y eut entre 300 et 465 spectacles par an sans que ne cesse la rénovation de la salle. Ci-après, un petit aperçu des artistes qui s'y sont succédé.

Programmation[modifier | modifier le code]

Période du théâtre Libertaire de Paris
Après la période du TLP

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Seban, Lieux de spectacle à Paris : abris et édifices, Picard, 1998, p. 61-62 (ISBN 9782708405523)
  • Emilie Roger, Une comédienne en son temps : Virginie Déjazet (1798-1875). Contribution à l'étude de la femme de spectacle au XIXe siècle, UVSQ (mémoire de master en histoire culturelle et sociale, 2007), 337 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lecomte, Louis-Henry (1905). Histoire des théâtres de Paris 1402–1904.
  2. Fiche de la salle sur cinematreasures.com, consultée le 11 août 2009