Miguel de Unamuno

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Miguel de Unamuno

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Miguel de Unamuno en 1925.

Nom de naissance Miguel de Unamuno y Jugo
Activités Romancier, poète, dramaturge, critique littéraire et philosophe
Naissance 29 septembre 1864
Bilbao
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne
Décès 31 décembre 1936 (à 72 ans)
Salamanque
Flag of Spain (1938 - 1945).svg État espagnol
Langue d'écriture Espagnol
Mouvement Génération de 98

Œuvres principales

Miguel de Unamuno, né le 29 septembre 1864 à Bilbao et mort le 31 décembre 1936 (à 72 ans) à Salamanque, est un poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol appartenant à la génération de 98.

Miguel de Unamuno figure parmi les plus grands écrivains de l'Espagne de son époque, dont il est particulièrement représentatif : il est décrit comme un homme de passions animé par de multiples contradictions, ce qui en fait un personnage assez typique de l'Espagne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1888, à l’âge de 24 ans, Miguel de Unamuno postule au poste de professeur de basque (langue qu'il parlait) qui est octroyé à Bilbao par la députation forale de Biscaye. Mais, se trouvant en concurrence avec Sabino Arana (23 ans), fondateur du parti nationaliste basque démocratique, et Resurreccion Maria Azkue (24 ans), qui deviendra président de l’académie de la langue basque en 1919, Unamuno n’obtient pas le poste. Il part ensuite pour Salamanque et, entre 1891 et 1901, il devient professeur de grec à l’université de Salamanque.

En 1897, il traverse une crise religieuse provoquée par une maladie cardiaque dont son Journal intime porte le témoignage. La perte de Cuba lui apparaît comme le symbole du déclin de l’Espagne et devient le point de départ de la Génération de 98, mouvement d’écrivains qui se donnaient pour mission la régénérescence culturelle de leur peuple et qui réunit à côté d’Unamuno, Valle-Inclán, Antonio Machado ou encore Juan Ramón Jiménez. Ils participent dans beaucoup de journaux et de publications collectives littéraires ou culturelles, comme Alma Española, España, Faro ou La España Moderna, où Miguel de Unamuno écrit sur le Pays basque[1], évoque les prémices d'une guerre civile à venir[2], celles de européanisation de l'Espagne[3] et dans lesquelles il aborde beaucoup les différents thèmes culturels de son pays[4],[5],[6].

Il occupe les fonctions de recteur de l’université de Salamanque à partir de 1900, mais se voit destitué de sa charge en 1914 en raison de son hostilité envers la monarchie. Ses articles virulents lui valent d’être contraint de s’exiler aux îles Canaries en 1924. La chute de Primo de Rivera provoque son retour six ans plus tard, en 1930. Il retrouve alors son poste de recteur lors de la proclamation de la République. Élu député, il livre un dernier combat contre tout pouvoir dictatorial lors d’une grande cérémonie franquiste (le jour de la fête de la Race espagnole) où il prononce un discours resté célèbre. Il répond au professeur Francisco Maldonado qui attaque les nationalismes basque et catalan et s’en prend à l’évêque de Salamanque et au général Millán-Astray (fondateur de la légion étrangère espagnole). Il manque d’être lynché. Il ne devra son salut qu’à l’épouse de Franco, Doña Carmen Polo, qui le prit par le bras et le raccompagna jusque chez lui. Il sera destitué de son poste de recteur.

Il meurt assigné à résidence alors qu’il avait initialement accueilli favorablement le soulèvement de Franco contre la république espagnole.

Sa philosophie[modifier | modifier le code]

Principal représentant espagnol de l’existentialisme chrétien, il est surtout connu pour son œuvre Le sentiment tragique de la vie , qui lui valut la condamnation du Saint-Office. Il représente assez fidèlement les tourments de l’âme espagnole quant à l’idée de la possibilité donnée à tous d’être mystique. Dans Le Christ de Vélasquez, il expose sous une forme poétique sa christologie, dans la tradition de Luis de León.

Miguel de Unamuno fait reposer sa philosophie sur l’idée d’un sentiment premier et spontané que nous avons du monde ; sentiment qui détermine ce que nous appelons idées, raison et tout le registre des sentiments ; l’opposition du cœur et de la raison n’étant que circonstancielle. Ce sentiment est en effet pour l’essentiel constitué par une sensibilité à la finitude, s’exprimant particulièrement par une soif d’immortalité que rien d’extérieur ne peut étancher. Ce sentiment premier impose donc la réconciliation du cœur et de la raison, condition d’un rapprochement subjectif avec l’éternité et avec Dieu.

Du point de vue de la religion, Miguel de Unamuno met l’accent sur la dimension de lutte : lutte qu’il considère comme au cœur de la foi chrétienne ; lutte qu’il pose comme dimension essentielle de la vie « La lutte pour la vie est la vie elle-même ». Ainsi, la vérité est-elle dans la vie ainsi conçue, c’est-à-dire loin d’un donné auquel il faudrait se soumettre ; ce qui en fait un précurseur de l’existentialisme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Drapeaux de Bilbao et fleurs en hommage à Miguel de Unamuno, sur la place Unamuno, à quelque cent mètres de sa maison natale, dans le vieux centre de Bilbao.
Essais
  • Autour de la caste, 1895.
  • Trois essais, 1900.
  • La Vie de Don Quichotte et de Sancho Pança, 1905.
  • Le Sentiment tragique de la vie chez les hommes et chez les peuples, trad. par Marcel Faure Beaulieu, 1912.
  • « Abel Sánchez. Une histoire de passion », 1917, trad. par Emma H. Clouard, 1939.
  • L’Essence de l’Espagne, cinq essais trad. par Marcel Bataillon, 1923.
  • L’Agonie du christianisme, trad. par Jean Cassou, 1925.
  • Comment se fait un roman, où il justifie le recours à la forme romanesque comme mode d’exposition philosophique.
Romans
Poésie
  • Le Christ de Velazquez, trad. de Mathilde Pomès, 1938; et nouvelle trad. de Jacques Munier, 1990.
Nouvelles
  • Le Roman de Don Sandalio, joueur d’échecs, trad. d’Yves Roullière, 1997.
  • La Tía Tula, écrite en 1907, publiée en 1921
Théâtre
Posthume
  • Journal intime, trad de Paul Drochon, 1989.

Quelques citations de l’auteur[modifier | modifier le code]

« Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale. »

« Dire que Dieu existe, sans dire ce qu’est Dieu et comment il est, équivaut à ne rien dire. »

« Ni le sentiment n'arrive à faire de la consolation une vérité, ni la raison n'arrive à faire de la vérité une consolation. »

« Il n’est pire intolérance que celle de la raison. »

« Il n’y a pas d’opinions, mais des gens qui donnent la leur. »

« Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit... »

— Miguel de Unamuno lors de sa dispute avec Millán-Astray

« La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant. »

« Quelle surabondance de philosophie inconsciente dans les replis du langage ! L’avenir cherchera le rajeunissement de la métaphysique dans une métalinguistique. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Miguel de Unamuno, « Alma vasca », Alma Española, Madrid, no 10,‎ 3 janvier 1904, p. 3-5 (lire en ligne)
  2. (es) Miguel de Unamuno, « Guerra civil », Alma Española, Madrid, no 23,‎ 30 avril 1904, p. 2-4 (lire en ligne)
  3. (es) Miguel de Unamuno, « Sobre la europeización (arbitrariedades) », La España Moderna, Madrid, no 216,‎ décembre 1906, p. 64-83 (lire en ligne)
  4. (es) Miguel de Unamuno, « Por el Estado a la cultura: Clasicismo del Estado y romanticismo de la región », Faro, Madrid, no 216,‎ 22 mars 1908, p. 49-50 (lire en ligne)
  5. (es) Miguel de Unamuno, « El presupuesto de cultura de Barcelona », España, Buenos Aires, no 240,‎ 5 juillet 1908, p. 401-402 (lire en ligne)
  6. (es) Miguel de Unamuno, « Su Majestad la Lengua Española », Faro, Madrid, no 37,‎ 1er novembre 1908, p. 481-482 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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