Chantal Akerman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Akerman.

Chantal Akerman

Nom de naissance Chantal Ackerman
Naissance 6 juin 1950 (64 ans)
Bruxelles
Belgique
Nationalité Drapeau de la Belgique Belge
Profession réalisatrice
Films notables Je, tu, il, elle,
Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles,
La Captive

Chantal Akerman, ou Chantal Ackerman[1], est une réalisatrice belge, née le 6 juin 1950 à Bruxelles.

Parcours[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Chantal Akerman est issue d'une famille juive polonaise. Ses grands-parents et sa mère ont été déportés à Auschwitz, seule sa mère en est revenue.

L'angoisse chronique de sa mère est un thème majeur de son œuvre[réf. nécessaire]. Avec les rapports sexe/amour/argent, l'ennui et le vide existentiel, l'humour triste et la solitude[réf. nécessaire]. Elle analyse les comportements humains en posant la question du bonheur[réf. nécessaire].

C'est Pierrot le fou de Jean-Luc Godard qui a provoqué sa vocation. Formellement, Michael Snow sera sa deuxième profonde influence[réf. nécessaire]. Chantal Akerman a déclaré le 5 juin 2004 au Centre Pompidou : Godard m'a donné de l'énergie et les formalistes m'ont libérée. Son travail est contemporain de celui du Wim Wenders des débuts.

André Delvaux l'a soutenue dès son premier court métrage (Saute ma ville, 1968), un film pré-punk[réf. nécessaire] où l'adolescente exprimait de manière explosive son besoin vital de libération.

New York[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Après un court passage à l'Institut national supérieur des arts du spectacle, en 1967-1968[1], et la réalisation en 1971 de L'enfant aimé ou je joue à être une femme mariée, un deuxième film (depuis longtemps invisible) que la cinéaste estime raté[réf. nécessaire] parce que pas assez construit, précis, dirigé, Chantal Akerman est partie avec Samy Szlingerbaum[réf. nécessaire] à New York où elle a fréquenté assidûment l'Anthology Film Archives (cinémathèque). Elle y a découvert le cinéma expérimental américain (Michael Snow, Andy Warhol, Jonas Mekas, etc.). Ils m'ont ouvert les yeux sur beaucoup de choses : les rapports entre un film et son propre corps, le temps comme la chose essentielle d'un film, le temps et l'énergie. C'est en regardant leurs films que j'ai trouvé le courage de tenter autre chose.

Vivant de petits boulots[réf. nécessaire], elle est parvenue à tourner plusieurs films. En 1972, La chambre, un court-métrage à base d'un lent panoramique horizontal qui balaie l'espace à 360 degrés plusieurs fois et Hôtel Monterey, 63 minutes, une suite de plans fixes précisément cadrés et de lents travellings dans les couloirs, la musique apparaissant lorsque l'on sort de l'immeuble par le toit où un panoramique balaie l'horizon urbain. Puis, en 1973, Hanging Out Yonkers, son premier essai de documentaire (sur des adolescents à problèmes fréquentant un centre social), inachevé. Les rushs sont parfois projetés en cinémathèque ou lors de rétrospective.

Chantal Akerman a ensuite vécu à Paris. Elle retournera à New York en 1976, après sa reconnaissance internationale, pour réaliser News from home (89 minutes), une lecture des lettres inquiètes et plaintives que lui envoyait sa maman pendant son séjour, accompagnée par des plans monumentaux (façades, rues, métro) de la mégapole. Le film se clôt par un très long travelling arrière, la caméra posée sur un bateau s'éloignant des tours jumelles du World Trade Center. La cinéaste reviendra dans cette ville pour tourner Histoires d'Amérique en 1988 et Un divan à New York en 1996.

Jeanne Dielman et la reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Dans le Nouvel Observateur en 1989, Chantal Akerman explique[2] : « Je me retournais dans mon lit, inquiète. Et brusquement, en une seule minute, j'ai tout vu Jeanne Dielman… »

Parmi les films de sa longue carrière, les plus importants[réf. nécessaire] sont Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) (son chef-d'œuvre[réf. nécessaire]), une description méticuleuse, en illusion de temps réel (proche de l'hyperréalisme) de l'aliénation, avec Delphine Seyrig (C'est un film sur l'espace et le temps et sur la façon d'organiser sa vie pour n'avoir aucun temps libre, pour ne pas se laisser submerger par l'angoisse et l'obsession de la mort) ; Les Rendez-vous d'Anna (1978) avec Aurore Clément, un très autobiographique road movie en train (d'Allemagne à Paris en passant par Louvain et Bruxelles) ; la comédie musicale Golden Eighties (1986) (une variation à la Jacques Demy de ses thèmes habituels avec Lio) ; sa tentative de comédie romantique américaine à la Ernst Lubitsch (ou à la Woody Allen) Un divan à New York (1996, avec William Hurt et Juliette Binoche) et La Captive (2000, avec Sylvie Testud et Stanislas Merhar), son adaptation, écrite avec Eric de Kuyper, de La prisonnière de Marcel Proust, influencée par Vertigo d'Alfred Hitchcock[réf. nécessaire] et les mélodrames morbides de Ievgueni Bauer[réf. nécessaire].

En 2006, Chantal Akerman détourne une commande[réf. nécessaire] (un documentaire sur Israël) pour revenir à un travail plus personnel[réf. nécessaire], son plus intime depuis les années 1970 (voix off autobiographique accompagnant des plans fixes hyperréalistes tournés en vidéo), tourné à Tel-Aviv et monté à Paris, sur l'exil, l'exil des autres, l'exil de soi-même, le repli sur soi, le déséquilibre mental, le temps, l'espace et les tâches ménagères qui deviennent des « actes héroïques de la vie quotidienne ». La conclusion de ce film, intitulé Là-bas, est « Le paradis n'existe pas ».

Documentaires[modifier | modifier le code]

La cinéaste a réalisé des documentaires (Un jour Pina a demandé...,1983 ; D'Est, 1993 ; Sud, 1998 ; De l'autre côté, 2003) qui se distinguent par une recherche plastique et formelle[réf. nécessaire] et une attentive écoute humaniste[réf. nécessaire] (Je suis comme une éponge qui écoute d'une manière flottante.)

Professeur[modifier | modifier le code]

Elle est professeur à la European Graduate School de Saas-Fee (Suisse) où elle dirige un atelier de cinéma pendant l'été. Sa voix erraillée due à des cordes vocales de synthèse[réf. nécessaire] parvient à captiver son auditoire.

Elle enseigne à la City University of New York[3].

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Chantal Akerman a présenté une installation filmique intitulée Woman sitting after killer à la Biennale de Venise 2001 et une autre, From the other side à Documenta 11 (2002).

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dictionnaire du Cinéma, volume 1 - Jean-Loup Passek, p. 21, Larousse in extenso. (ISBN 2-03-750001-7)
  2. Chantal Akerman, le Nouvel Observateur, Septembre 1989.
  3. Entretien avec Chantal Akerman et Marie Losier réalisé par Nicholas Elliot à New York le 16 août 2012, Cahiers du cinéma, n° 681, septembre 2012, p. 32
  4. (en) Chantal Akerman sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]