Estella Blain

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Estella Blain

Nom de naissance Micheline Estellat
Naissance 30 mars 1930
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France française
Décès 1er janvier 1982 (à 51 ans)
Port-Vendres (France)
Profession Actrice, chanteuse
Films notables Le fauve est lâché
La Bonne Tisane
Les Dragueurs

Estella Blain, née Micheline Estellat le 30 mars 1930 à Paris et décédée 1er janvier 1982 à Port-Vendres, est une actrice et chanteuse française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petite fille issue d'une famille modeste d'origine basque, ayant passé son enfance à Montmartre, tout près des studios de la rue Francœur. Elle a un frère et deux sœurs, dont l'une, Jacqueline Estella, exercera la profession de Conférencière. Elle poursuit ses études jusqu'au brevet. Mais dans son quartier, elle voit les allées et venues des artistes qui viennent dans les studios Pathé de la rue Francoeur, où de nombreux films furent tournés pendant l'occupation. Estella Blain fait la quête dans les rues du Paris d'après-guerre en chantant et faisant l'artiste à la terrasse des cafés.

Partie vivre en province, elle revient à Paris en 1950, contre l'avis unanime de toute sa famille, avec pour tout bagage sa petite valise, sa beauté, son courage et son envie débordante de réussir. Elle s'inscrit pour quelques mois au Cours Simon et le suit avec assiduité, car il est le plus célèbre de l'époque. Au sortir de cette institution, elle entre chez "Gabrielle Fontan", qui dispense quelquefois - gracieusement - ses cours de comédie à de jeunes et futurs comédiens comme, Serge Reggiani, Rosy Varte, Roger Pigaut… et elle devient une comédienne confirmée et commence très vite à travailler, d'abord au théâtre du Grand Guignol dans L'énigme de la chauve Souris en 1953 en compagnie d'un jeune débutant, Michel Piccoli. Elle avoue avoir le trac dans cette première pièce, ce qui inquiète ses partenaires. Elle est ensuite engagée par Jean-Louis Barrault qui dirige le Théâtre Marigny. En 1953, Hervé Bromberger, lui fait faire son premier film à 23 ans Les Fruits sauvages. Elle se transforme physiquement pour réussir. De brune dans son premier film qui est une couleur imposée par l'auteur, elle redevient blonde qui est sa couleur naturelle, et se fait réduire et refaire le nez.

À la même époque elle rencontre, tombe amoureuse et se marie avec le jeune acteur Gérard Blain, par la suite elle va transformer son nom d'actrice en employant les deux patronymes pour devenir Estella Blain.

Suivent 15 années de bonheur : théâtre, cinéma, télévision. Elle passe de la petite fille pauvre et timide, au statut de « star », en quelque temps. Maisons, voitures décapotables, tourbillon médiatique et artistique… Elle s’épanouit dans son métier et y trouve une certaine stabilité. Elle vit pleinement sa vie de jeune première débarquant à Paris et dont la destinée va s’envoler pendant 15 ans. Elle veut ressembler physiquement aux comédiennes de Hollywood des années 1950, coiffure, style d'habillement, maquillage, décolleté vertigineux mettant en valeur sa beauté physique cachée, ce qui lui permet momentanément de fuir les traumatismes de son enfance de par ses origines pauvres. C’est une revanche sur sa vie passée. Elle sort beaucoup et évolue dans le "Paris branché" décrit par Marcel Camus et fréquente entre autres des artistes comme Serge Gainsbourg et Jacques Perrin… Sur le plan professionnel, elle commence aussi une carrière internationale, mais ne joue que des seconds rôles, car les producteurs et metteurs en scène ne s'intéressent qu'à sa beauté et son physique avantageux.

Elle se marie avec Gérard Blain 1953/1957, en deuxième noce 1958/1970 avec Michel Bonjean qui est le frère de la comédienne Geneviève Page qui lui donnera un fils, Michel, en 1959. La même année elle achète une vieille ferme à Montfort-L'Amaury entourée d'un jardin car elle aime la nature (1). En 1971, elle vit une brève amourette avec Demir Karahan et c'est encore un échec. Elle gardera le nom de son premier mari Gérard Blain. Ses échecs amoureux et sa carrière en demi-teinte vont la marquer jusqu'à la fin de sa vie. Le seul homme sur lequel elle aura pu compter sera Pierre Lazareff, directeur de France-Soir, avec qui elle va entretenir une profonde amitié.

Mais la mort de son nouveau compagnon de l'époque en avril 1972, correspond au début de sa chute. Le métier change et évolue. Les cinéastes ne s'intéressent plus à elle et ne l'appellent plus même pour lui donner de petits rôles. Les vieux démons de son enfance resurgissent et lui tournent dans la tête. Une dépression nerveuse latente s'installe définitivement de par sa fragilité et sa sensibilité. Elle ne travaille quasiment plus à partir de 1973. L’habitude de prendre des médicaments antidépresseurs ne va pas l'aider. Cela augmentera petit à petit le décalage entre le personnage public qu’elle s'est créé et sa personnalité profonde cachée.

Dans les années 1960, elle s'essaye à la chanson ayant composée plusieurs œuvres tristes et mélancoliques et apparait dans quelques émissions de télévision (dans Dim Dam Dom en octobre 1967 elle chante solitude) et joue au théâtre d'une façon très irrégulière. Ses contrats sont de plus en plus espacés. Elle chantera en première partie d'un tour de chant de Nana Mouskouri à l’Olympia mais le public ne la suit pas.

De 1977 à 1981, elle va utiliser toutes ses relations professionnelles pour faire travailler son fils qui deviendra bien plus tard comédien et metteur en scène.

On la verra dans son dernier film L'Oiseau Bleu diffusé à la télévision en décembre 1981.

Le 1er janvier 1982 au matin, elle est retrouvée morte à proximité de sa maison qu'elle occupait avec son compagnon d'alors, à Port-Vendres, dans les Pyrénées Orientales. Elle s'est suicidée en se donnant la mort avec une arme à feu, se tirant une balle dans la tempe. Elle avait 51 ans. Pour son dernier voyage, son corps sera transporté à Toulouse et incinéré au crématorium de Cornebarrieu en présence de nombreux artistes et gens du cinéma…

Citations[modifier | modifier le code]

  • (1) "J'aime la nature pour elle-même, non pas comme un décor à des activités spectaculaires, mais pour jouir d'elle en méditant profondément. Je pars toujours sans savoir où je vais aller. Les routes me mènent et j'aboutis le plus souvent selon mon vœu intérieur. Une fois au repos, dans un beau site, je songe à ma vie de comédienne: je veux devenir l'une des premières, ou alors, renoncer !. Je préfère le cinéma au théâtre parce qu'au cinéma, à travers chaque personnage, je demeure dans ma vérité particulière. Je ferai cependant du théâtre pour être une actrice complète, avoir mon métier en main "
  • J'aime la vitesse et rouler vite dans ma petite voiture de sport
  • Je ne pourrais vivre sans jouer ( Ciné-revue janvier 1982)
  • Je suis très superstitieuse et cela provoque chez moi un état de paralysie provoqué par le trac?. Le chef machiniste plante sur mon passage, de la coulisse à la scène, trois petits clous que je touche avant d'affronter le public.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Biographie par Juliette Blain-Estellat, belle-fille d'Estella Blain
  • L'encinémathèque, Le cinéma des origines à nos jours - Article de Christian Grenier - Avril 2012
  • Cinévedette, article de Corinne Le Poulain - 6 mars 2012
  • Mon film, no 649 du 7/1/1959, article de Paule Corday-Marguy - "Estella Blain, jeune première"

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]