Lettres à un jeune poète

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne une œuvre littéraire de Rainer Maria Rilke. Pour la lettre de Virginia Woolf, voir Lettre à un jeune poète.
Lettres à un jeune poète
Auteur Rainer Maria Rilke
Genre Épistolaire
Pays d'origine Drapeau de l'Autriche Autriche
Lieu de parution Leipzig
Éditeur Insel
Date de parution 1929

Lettres à un jeune poète (Briefe an einen jungen Dichter en allemand) est une œuvre littéraire de Rainer Maria Rilke parue pour la première fois en 1929 chez Insel à Leipzig.

Ces dix lettres sont adressées par le poète, entre 1903 et 1908, à un jeune homme qu'il ne connaît pas, Franz Xaver Kappus, cadet à l'école militaire de l'Empire austro-hongrois qui l'a sollicité.

Elles furent éditées en traduction française chez Bernard Grasset en 1937. La réédition de 1987 dans la collection des « Cahiers rouges » de Grasset souligne la portée de ce « véritable guide spirituel », de ce « manuel de la vie créatrice de portée universelle ».

Conseils d'un aîné[modifier | modifier le code]

Franz Kappus n'a pas vingt ans lorsqu'il décide d'écrire à son aîné, auteur certes jeune (Rilke a 27 ans) mais jouissant déjà d'une certaine notoriété. Ce sont d'abord les doutes de ce jeune élève officier que l'on entend à travers cette correspondance. Le jeune épistolier s'adresse au poète comme à un confident susceptible de l'aider à surmonter l'alternative qui le tenaille: la carrière militaire ou les risques de la poésie. Rilke répond au désarroi de son puîné en ces termes : « Vous demandez si vos vers sont bons. C'est à moi que vous posez la question. Vous en avez interrogé d'autres auparavant. Vous les envoyez à des revues. Vous les comparez à d'autres poèmes, et vous vous inquiétez si certaines rédactions refusent vos essais. Or (puisque vous m'avez autorisé à vous conseiller), je vous invite à laisser tout cela. »[1]

La correspondance se consacre très peu aux problématiques techniques de la création poétique. Le maître poète renvoie sans cesse son élève à lui-même afin de l'aider à « passer » vers le monde adulte et d'advenir à soi-même : « Mais l'apprentissage est toujours une longue période, une durée à part », peut-on lire dans la septième lettre[2].

La poésie comme recherche d'une vérité intime[modifier | modifier le code]

« Rentrez en vous-même. Cherchez la raison qui, au fond, vous commande d'écrire. […] Creusez en vous-même jusqu'à trouver la raison la plus profonde. […] Et si de ce retournement vers l'intérieur, de cette plongée vers votre propre monde, des vers viennent à surgir, vous ne penserez pas à demander à quiconque si ce sont de bons vers. »

Le succès des Lettres à un jeune poète tient certainement à cette dimension quasi universelle de la réflexion du poète. Rilke explore la raison intime qui détermine les choix d'existence que tout un chacun peut découvrir en soi. La création artistique apparaît, sous la plume de Rilke, comme l'acceptation de ce que l'on est véritablement. La poésie apparaît comme saisie authentique du monde, comme expression d'une expérience vécue et assumée: expérience de la solitude, de l'amour, de la tristesse, de la mélancolie, du conformisme et de l'anticonformisme.

Ainsi peut-on lire dans sa dernière lettre : « Dans toute situation réelle, on est plus proche de l'art, plus voisin de lui que dans les irréelles professions semi-artistiques qui, en faisant croire qu'elles touchent à l'art de près, en nient pratiquement l'existence et l'agrément, comme fait par exemple le journalisme tout entier et presque toute la critique et les trois quart de ce que l'on nomme littérature et qui veut être nommé ainsi. Je me réjouis, en un mot, de voir que vous avez évité de tomber dans ces pièges et que vous restez vaillant et solitaire au milieu d'une dure réalité. »

Annexe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  • Les lettres traduites en Français: [11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extraits de la traduction donnée en 1993 par Claude David (édition de la Pléiade)
  2. Traduction de Marc B. de Launay, poésie Gallimard.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]