Anxiété

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Anxiété
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Emperor Traianus Decius (Mary Harrsch).jpg
Un buste de l'empereur romain Dèce des musées du Capitole. Le traits du visages expriment l'anxiété et l'inquiétude face à une situation psychologique qui dépasse souvent l'individu[1].
MeSH D001007
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L’anxiété est un état psychologique et physiologique caractérisé par des composants somatiques, émotionnels, cognitifs et comportementaux[2].

En l'absence ou en présence de stress psychologique, l'anxiété peut créer des sentiments de peur, d'inquiétude, de difficulté et de crainte[3]. L'anxiété est considérée comme une réaction normale dans une situation stressante. Lorsque l'anxiété devient excessive, elle peut être classifiée sous la dénomination de « trouble de l'anxiété[4] ». L'intensité et le fonctionnement du sujet déterminent s'il s'agit d'une réaction normale ou anormale[5].

Description[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Troubles anxieux.

L'anxiété est une condition qui peut souvent survenir sans stimulus identifiable. Comme telle, elle est distinguée de la peur, qui est une réponse émotionnelle aux menaces perçues. De plus, la peur est liée aux comportements spécifiques de la fuite et de l'évitement, alors que l'anxiété est liée aux situations perçues comme étant incontrôlables ou inévitables[6]. Un point de vue alternatif définit l'anxiété en tant qu'« état d'âme orienté sur l'avenir durant lequel l'individu s'attend à recevoir des réponses négatives[7] », qui suggère que c'est une distinction entre dangers futurs et dangers présents divisant qui fonde la différence entre l'anxiété et la peur.

Les effets physiques de l'anxiété peuvent inclure palpitations du cœur, faiblesse musculaire et tension, fatigue, nausée, douleur thoracique, dyspnée, douleurs abdominales ou maux de tête. Le corps se prépare à affronter la peur : la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent, la sueur, le flux sanguin jusqu'aux muscles augmentent, et les fonctions des systèmes immunitaire et digestif diminuent (réponse combat-fuite). Des signes externes de l'anxiété peuvent inclure une pâleur de la peau, de la transpiration, des tremblements, et la dilatation de la pupille[8]. Un individu en proie à une anxiété peut également faire l'expérience d'un évitement ou d'une panique. Bien que les peurs panique ne touchent pas tous les individus souffrant d'anxiété, il existe des symptômes communs. Les peurs paniques surviennent habituellement sans signe précurseur, et bien que cette peur soit souvent irrationnelle, la perception du danger est réelle. Une personne touchée par la peur panique se sentira souvent comme si elle allait mourir ou s'exposer à un danger.

L'anxiété n'inclut pas seulement des effets physiques mais aussi des effets émotionnels. Ceux-ci incluent des « sentiments d'appréhension ou de menace, des troubles de la concentration, de la tension et nervosité, une anticipation au pire, une irritabilité, une agitation, observer (et attendre) des signes (et actions) de danger, et un sentiment de malaise[9] » aussi bien que des « cauchemars/mauvais rêves, obsessions des sensations, sentiments de déjà-vu, et un sentiment et perception que tout fait peur[8],[10]. » Les effets cognitifs de l'anxiété peuvent inclure des pensées de dangers suspectés, tels que la peur de mourir[10].

Le comportement peut être affecté sous la forme d'un retrait des situations auxquelles les effets désagréables de l'anxiété ont été ressentis dans le passé[11]. Cela peut également affecter le sommeil et avoir d'autres effets physiques (tels que les rongements d'ongles et autres effets moteurs)[11].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les troubles anxieux sont très fréquents. Tel qu'il est défini dans le DSM-IV (Manuel diagnostique et Statistique des troubles mentaux), il concerne près de 30 % de la population américaine et son âge d'apparition est 11 ans[12]. Elle comporte un risque majoré de dépression[13]. Elle est également associée à certaines conduites pouvant générer des problèmes de santé, tel que le tabagisme, l'alcoolisme ou la sédentarité[14].

La prise en charge en reste très partielle, près de 40 % des Américains souffrant de troubles anxieux ne recevant aucun soin pour cette affection[15].

Différents types d'anxiété[modifier | modifier le code]

  • Anxiété de séparation : Cette anxiété est décrite chez l'enfant, chez lequel elle peut provoquer des troubles importants.
  • Angoisse existentielle : Des théoriciens tel Paul Tillich et des psychanalystes comme Sigmund Freud ont décrit ce genre d’anxiété comme le « traumatisme du non-être ». L'être humain arrive à un moment dans sa vie, où il se rend compte qu’il existe la possibilité de cesser d’exister (mourir). Il développe ensuite de l'anxiété envers la réalité et l’existence. D’après Tillich et Freud, la religion devient donc un mécanisme important pour faire face à ce type d’anxiété, puisque bien des religions définissent la mort comme une continuité éternelle et divine de la vie sur terre en opposition à la fin complète de l’existence. Selon Viktor Frankl, auteur du livre Man’s Search for Meaning (en anglais), l’instinct de l'être humain en face d'un danger mortel est de rechercher un sens de la vie pour combattre ce « traumatisme du non-être » à l’approche de la mort, lorsque la tentation d’y succomber (même par le suicide) est très forte.
  • Anxiété due aux examens : L’anxiété due aux examens peut se manifester comme une sensation de malaise, d’appréhension ou de peur chez des étudiants qui craignent d’échouer à un examen.
  • Anxiété sociale : Cette anxiété existe à divers degrés chez beaucoup de personnes. Par exemple, le trac des artistes en représentation. Quand elle consiste en une peur persistante et intense d'une ou de plusieurs situations sociales ou de performance qui peuvent exposer la personne à l'observation attentive d'autrui, on parle de phobie sociale, mais ce n’est pas une phobie dans son sens traditionnel.
  • L'anxiété des malades : Certains chercheurs suggèrent qu’on peut améliorer la qualité de la vie des patients du cancer en prenant en charge leur anxiété. Cette forme de traitement comprend généralement de l’aide psychosociale, des techniques de détente ou bien l’utilisation des benzodiazépines.

Traitements[modifier | modifier le code]

Relaxation[modifier | modifier le code]

Simple techniques de respiration (par exemple : respiration diaphragmatique) ou autres techniques de détente (par exemple : méditation, yoga, hypnose, sophrologie, mindfullness). Un état de détente peut être trouvé à l’aide de sons ou de musique relaxants.

Médicaments[modifier | modifier le code]

  • Benzodiazépines
    Les symptômes spécifiques de l’anxiété sont le plus souvent pris en charge à l’aide de certains médicaments comme les benzodiazépines.
    Le diazépam figurait parmi les premiers médicaments utilisés à cet effet. L'administration de ce genre de produits peut s’avérer dangereuse et elle devrait être prise en charge par un médecin de préférence psychiatre. Il est également conseillé de ne pas arrêter soudainement ce type de traitement une fois commencé.

On peut utiliser aussi la buspirone, le méprobamate, ou encore l'étifoxine.

  • Propranolol
    Un béta-bloquant [réf. nécessaire]peut être prescrit : le propanolol. Il peut par exemple être indiqué dans les Troubles de Stress Post-traumatique - TSPT - ( encore dénommés Etats de Stress Post-Traumatique, ESPT ) et est aussi actuellement à l'étude pour empêcher la formation de souvenirs anxiogènes, traumatisants, récurrents, obsédants et les conséquences de ceux-ci qui peuvent entraîner ces états de stress post-traumatique (ESPT) [réf. nécessaire]. Mais, pour que le propanolol ait l'effet recherché dans ce cas, il est nécessaire qu'il soit administré aussitôt après l'évènement possiblement traumatisant.
  • Autres
    Divers suppléments et médicaments librement disponibles dans les pharmacies s’utilisent également pour traiter l’anxiété, bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique concrète quant à l’efficacité de ces produits.

Thérapie cognitive comportementale[modifier | modifier le code]

La thérapie cognitive comportementale (TCC) est le moyen le plus courant pour traiter l’anxiété. Le but de ce genre de thérapie est d’empêcher que le patient évite la source de ses troubles anxieux et d’aider le patient à développer des techniques spécifiques pour y faire face.

Contrairement aux médicaments, l’efficacité de la thérapie cognitive comportementale dépend de divers éléments, y compris le niveau de compétence du thérapeute concerné. En plus des traitements dits « conventionnels », il existe de nombreux programmes cognitifs-comportementaux dont le patient peut se servir pour se soigner. Ceci peut comprendre des techniques servant à :

  • limiter toute pensée négative envers soi ;
  • développer la capacité d’avoir des pensées positives ;
  • développer la capacité de remplacer des pensées négatives par des pensées positives ;
  • exposer étape par étape le patient à la source de sa crainte ;
  • fournir au patient des informations pouvant l'aider à faire face à l’anxiété[16].

Autres stratèges de traitement, la médecine traditionnelle chinoise telle que l'acupuncture peut donner certains résultats bénéfiques en régulant la sécrétion de sérotonine nécessaire à l'organisme réduisant ainsi les troubles anxieux.

Hygiène de vie[modifier | modifier le code]

Il existe pour ceux qui souffrent de l’anxiété de nombreuses et différentes manières de s’aider et de se détendre, qui jouent un rôle important dans le traitement des symptômes de l’anxiété. Ces différentes manières incluent :

  • bonnes habitudes alimentaires — y compris une réduction de la consommation de la caféine, du sucre et une amélioration générale des habitudes alimentaires. La réduction de la consommation de la caféine devrait être étalée. Selon certains patients souffrant de l’anxiété, ces mesures réduiraient de façon significative les symptômes de l’anxiété. Il est aussi conseillé de consommer le plus possible d'acides gras tels que les omégas-3 ;
  • activité physique : l’activité physique serait une mesure efficace pour traiter le stress[17] grâce à sa capacité à réduire le taux de cortisol dans le corps du patient. Il est utile de noter que les palpitations rapides que peuvent entraîner l’activité physique déclenchent dans certains cas une crise de panique, il est donc conseillé d’étaler l’implémentation de tout programme d’activité physique ;
  • sommeil correct.

Médecine non-conventionnelle[modifier | modifier le code]

En 2002, un sondage des CDC[18] a montré que sur les adultes américains qui ont eu recours à la médecine non-conventionnelle, 4,5 % citaient l’anxiété comme motivation.

Anxiété et dépendance (alcool, tabac et drogues dures)[modifier | modifier le code]

Il est fréquent de voir s'installer un « cercle vicieux » entre le besoin naturel de réduire l'angoisse et des solutions inappropriées qui génèrent elles-mêmes de l'angoisse : c'est un des « moteurs » de la dépendance.

Ainsi, réduire ou fuir l'angoisse est une forte motivation à l’abus d’alcool. Cependant, si les boissons alcoolisées ont des effets anxiolytiques incontestables, ces effets sont éphémères et de plus en plus éphémères au fur et à mesure de l'habituation à l'alcool, ce qui encourage le buveur à accroitre les doses d'alcool si l'angoisse persiste. La consommation excessive d'alcool en présence des proches entraîne souvent un regard dérangeant qui peut inciter à une consommation solitaire avec des répercussions néfastes sur le moral et la vie sociale. Le même alcool, qui entraînait l'euphorie à petites doses, devient ainsi un déprimant puissant et dangereux pour la santé. La dissipation de ses effets anxiolytiques peut alors fortement aggraver l'anxiété du buveur. Il lui est alors difficile de sortir de la dépendance.
Des problèmes similaires sont posés par l'usage du tabac et d'autres drogues (légales ou illégales, dures ou non).
De plus, l'alcool, le tabac et les drogues dégradent certains organes puis tout l'organisme, en diminuant la vigilance et en exposant la personne à d'autres risques (accidents, isolement social, comportements sexuels à risque, maladies, difficultés socio-économiques et relationnelles, etc.) ce qui est une source supplémentaire d'angoisse pouvant conduire à des troubles aggravés (phobie, troubles obsessionnels compulsifs (TOC), attaques de panique, délirium tremens…).

Une autre dépendance peut être la dépendance aux anxiolytiques chimiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Chris Scarre, Chronicle of the Roman Emperors, Thames & Hudson, 1995. p. 168-169.
  2. (en) Seligman, M.E.P., Walker, E.F. & Rosenhan, D.L.).Abnormal psychology, (4th ed.) New York: W.W. Norton & Company, Inc.
  3. (en) Bouras, n. et Holt, G. (2007). Psychiatric and Behavioural Disorders in Intellectual and Developmental Disabilities 2nd ed. Cambridge University Press: UK.
  4. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. DSM-IV-TR.
  5. (en) Phil Barker, Psychiatric and Mental Health Nursing: The Craft of Caring, Oxford University Press, USA,‎ 8 avril 2009, 166–167 p. (ISBN 9780340947630, lire en ligne).
  6. (en) Ohman, A. (2000). « Fear and anxiety: Evolutionary, cognitive, and clinical perspectives » in M. Lewis & J. M. Haviland-Jones (Eds.). Handbook of emotions. (p. 573-593). New York: The Guilford Press.
  7. (en) David H. Barlow, Unraveling the mysteries of anxiety and its disorders from the perspective of emotion theory,‎ novembre 2002, 1247–1263 p. (PMID 11280938, lire en ligne).
  8. a et b « Symptômes de l'anxiété », sur Doctissimo (consulté le 20 mars 2011).
  9. (en) Smith, Melinda (juin 2008). « Anxiety attacks and disorders: Guide to the signs, symptoms, and treatment options ». Consulté le 3 mars 2009, depuis Helpguide.
  10. a et b (1987-2008). « Symptômes de l'anxiété ». Consulté le 3 mars 2009, depuis (en)Anxiety centre.
  11. a et b (en) Barker, P. (2003) Psychiatric and Mental Health Nursing: The Craft of Care. Edward Arnold, Londres.
  12. (en) Kessler RC, Berglund P, Demler O, Jin R, Merikangas KR, Walters EE. Lifetime prevalence and age-of-onset distributions of DSM-IV disorders in the National Comorbidity Survey Replication, Arch Gen Psychiatry. 2005;62:593-602.
  13. (en) Kessler RC, Nelson CB, McGonagle KA, Liu J, Swartz M, Blazer DG. Comorbidity of DSM-III-R major depressive disorder in the general population: results from the US National Comorbidity Survey, Br J Psychiatry Suppl. 1996:17-30.
  14. (en) Bonnet F, Irving K, Terra JL, Nony P, Berthezène F, Moulin P. Anxiety and depression are associated with unhealthy lifestyle in patients at risk of cardiovascular disease, Atherosclerosis. 2005;178:339-44.
  15. (en) Kroenke K, Spitzer RL, Williams JBW, Monahan PO, Löwe B. Anxiety disorders in primary care: prevalence, impairment, comorbidity, and detection, Ann Intern Med. 2007;146:317-25.
  16. Par exemple, on peut dire à un patient souffrant de la panique que les palpitations qu’il ressent ne peuvent pas en fait nuire à la santé de façon significative.
  17. (en) Herring MP, O’Connor PJ, Dishman RK, The Effect of exercise training on anxiety symptoms among patients, a systematic review, Arch Intern Med, 2010;170:321-331.
  18. (en) sondage (voir la table en page 9 – en anglais).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]