Inégalités de revenu

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Inégalité des revenus (2013) au sein des pays, mesuré par le coefficient de Gini : 0 correspond à une égalité parfaite (toutes les personnes ont les mêmes richesses), et 1 à une inégalité totale (où une personne possèderait tout). Les pays en rouge sont plus inégalitaires que les pays en vert.

Les inégalités de revenu pointent la disparité existant entre les revenus des individus « riches » et ceux des individus « pauvres ». Cette disparité est mise en évidence en mesurant et analysant de manière comparative les revenus au sein d'un même pays ou entre différentes nations du globe.

Mesure[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des cas, ce ne sont pas les revenus bruts qui sont comparés, mais les revenus disponibles comprenant les transferts sociaux.

Faits stylisés[modifier | modifier le code]

Inégalités internationales[modifier | modifier le code]

  • Selon Paul Bairoch [2] : « il n'existe pas de différences importantes entre les niveaux de revenu des diverses civilisations au moment où elles atteignent leur apogée: Rome au Ier siècle, les Califats arabes au Xe siècle, la Chine au XIe siècle, l'Inde au XVIIe siècle, et l'Europe au XVIIIe siècle ». Ainsi à l'aube de la première révolution industrielle, l'écart de revenu par habitant entre l'Europe Occidentale, l'Inde, l'Afrique ou la Chine est probablement inférieur à 30 % seulement[3].
  • Tout est bouleversé avec la révolution industrielle qui creuse brutalement un écart entre les nations. En 1870, le revenu par tête des nations les plus riches est déjà 11 fois plus élevé que le revenu par tête des nations les plus pauvres. En 1995, ce chiffre est multiplié par 5 : Les plus riches sont 50 fois plus riches que les plus pauvres. Le phénomène inégalitaire entre nations est donc « récent » et se trouve être le produit des deux derniers siècles[4].

L'écart de revenus entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres est très important.

Selon des estimations du PNUD, le ratio entre le revenu moyen par habitant dans les 20 % pays les plus riches et les 20 % les plus pauvres est passé de 30 en 1960 à 74 en 1997[5]. Pour Surjit Bhalla, ce ratio est passé de 23 à 36 sur la même période. En suivant les mêmes pays entre ces deux dates, les inégalités entre ces pays ont diminué[6].

L'économiste espagnol Xavier Sala-i-Martin a remis en cause les calculs du PNUD, en montrant que les taux de pauvreté du rapport ont été calculés en prenant les taux de change courants et ont ainsi selon lui éludé le fait que le coût de la vie est beaucoup plus faible dans les pays pauvres. En intégrant ce paramètre, il constate qu'« au lieu de passer de 20 à 74, le taux utilisé par le PNUD pour mesurer les inégalités entre pays a augmenté de 11 en 1960 à 16 en 1980 et qu'il a ensuite lentement décru, pour atteindre 15 en 1988 »[7]. Reprenant ces chiffres, l'essayiste libéral Johan Norberg considère que cette évolution à la baisse des inégalités entre pays est à mettre au crédit de la mondialisation[8]

Inégalités mondiales[modifier | modifier le code]

Xavier Sala-i-Martin a proposé[9] une distribution de revenus mondiale à partir des distributions nationales. Cette distribution ne tient ainsi plus compte des frontières, et permet par exemple de calculer un coefficient de Gini mondial. En utilisant sept critères d'inégalité différents, il parvient systématiquement à la même conclusion : les inégalités entre hommes ont diminué entre 1980 et 1998. La contradiction apparente avec l'augmentation des écarts entre pays s'explique par la pondération : en comparant simplement les pays les plus riches et les plus pauvres, on ignore l'évolution des pays d'Asie, en particulier Inde et Chine, dont la progression a été très importante. En excluant ces deux pays (qui représentent toutefois 40 % de l'humanité), on arrive à des conclusions bien différentes, notamment en Afrique, où la pauvreté et les inégalités ont augmenté de façon importante[10].

De même, le PNUD estime que le nombre de personnes vivant avec moins de l'équivalent d'un dollar US par jour a diminué de près de 250 millions entre 1990 et 2001[11]. Cela correspond à une réduction d'un quart de la part de la population vivant sous ce seuil de revenu dans les pays en développement (de 27,9 % à 21,3 %).

Malgré cette baisse, il restait en 1999 selon le PNUD plus d'un milliard de personnes vivant encore avec moins de 1$ par jour, et près d'un milliard d'individus n'étant pas en mesure de satisfaire leurs besoins de consommation élémentaires[réf. nécessaire]. En 2005, ce même organisme estimait que 2,5 milliards de personnes vivent encore avec moins de 2 dollars par jour[12].

En 2006, la part dans le revenu total des 20 % de la population mondiale aux revenus les plus faibles est d’environ 1,5 %. En parallèle, les 500 personnes aux revenus les plus élevés ont un revenu de 100 milliards de dollars, équivalent aux revenus des 416 millions de personnes aux revenus les plus faibles. Les 2,5 milliards d'individus vivant avec moins de 2 dollars par jour, soit 40 % de la population mondiale, représentent 5 % du revenu mondial[13].

Selon la majorité des études, les inégalités de revenus, mesurées par le coefficient de Gini, ont diminué depuis les années 1980[14],[15].

De même la pauvreté absolue diminue fortement depuis 1820 : 84 % de la population mondiale est alors pauvre, en valeur absolue, contre un cinquième aujourd'hui[16]. Il existe encore des inégalités de revenu entre hommes et femmes en entreprise à niveau de qualification et de responsabilité égal.

Pour certains analystes (dont des altermondialistes), ce constat s'expliquait notamment il y a quelques années par la dégradation des termes de l'échange, c’est-à-dire la baisse des prix des matières premières importées des pays du tiers-monde, surtout en Afrique, par rapport aux prix des produits manufacturés des pays développés. Par exemple, le journaliste et économiste de formation François-Xavier Verschave soutient la thèse du pillage occidental du pétrole africain, par des réseaux d'influence français.

Cette analyse a été critiquée sur deux points. D'une part, par la hausse des revenus des matières premières qui n'a pas entrainé de réel développement économique. D'autre part et de façon plus générale, on constate que disposer de richesses naturelles nombreuses qui procurent des ressources importantes en devises n'a que très rarement un effet sensible sur le développement d'un pays, au contraire. Ainsi, Philippe Chalmin, spécialiste français des matières premières, écrit-il que les matières premières sont une malédiction. Ce sont les pays apparemment les plus défavorisés par la nature qui s'en sortent le mieux[17].

Certaines théories (soutenues entre autres par des mouvements altermondialistes) avancent également que les économies des pays africains sont déstabilisées par les importations de produits agricoles subventionnées par les économies occidentales, et que les intérêts de la dette extérieure de ces pays les empêchent de développer des politiques sociales[18].

Cette vision, bien qu'apportant une explication à un grand nombre de situations, tend parfois à occulter la responsabilité des gouvernements locaux dans leurs politiques de développement économique. Une critique avancée est, entre autres, qu'elle n'explique pas, à elle seule, que certains pays aient pu émerger puis devenir à leur tour des pays développés (p. ex. la Corée du Sud). Il semble donc nécessaire de prendre en compte les facteurs politiques, aussi bien extérieurs qu'intérieurs.

Inégalités intranationales[modifier | modifier le code]

On constate qu'un grand nombre des pays inégalitaires se trouvent en Amérique latine ou en Afrique. Dans la moyenne, la Russie est plus inégalitaire que les États-Unis et la Chine, qui sont globalement plus inégalitaires que l'Europe.

Les pays les plus égalitaires sont essentiellement le Japon et les pays du nord de l'Europe : Finlande, Suède, Norvège, Danemark, Belgique et Allemagne.

Au sein des pays développés[modifier | modifier le code]

Selon l'OCDE, la part des 1 % les plus riches dans les revenus avant impôt a augmenté dans la plupart des pays de l'OCDE au cours des trois dernières décennies, surtout dans les pays anglo-saxons (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie), mais aussi dans plusieurs pays nordiques (en partant de bas niveaux) ; cette part varie, pour la dernière année connue (2008 à 2012 selon les pays) de 7 % au Danemark et aux Pays-Bas à près de 20 % aux États-Unis ; les 1 % supérieurs ont capturé une part disproportionnée de la croissance générale des revenus : jusqu'à 37 % au Canada et 47 % aux États-Unis ; ceci explique pourquoi la majorité de la population observe une contradiction entre les statistiques globales de croissance des revenus et la performance très inférieure de leurs propres revenus. Simultanément, des réformes fiscales dans la plupart des pays de l'OCDE ont réduit les taux d'imposition des hauts revenus ainsi que ceux d'autres taxes affectant les contribuables à hauts revenus ; la crise a temporairement stoppé cette tendance, mais n'a pas corrigé l'envolée antérieure des hauts revenus, et dans plusieurs pays, le recul initial du début de crise était déjà largement rattrapé dès 2010[19]. Les données de cette étude sont résumées dans le tableau suivant :

Part du centile supérieurs des revenus*
Pays 1981 2012 année
Drapeau des États-Unis États-Unis 8,2 19,3 2012
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 6,7 12,9 2011
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 10,7 12,7 1998
Drapeau du Canada Canada 8,1 12,2 2010
Drapeau de la Suisse Suisse 8,4 10,5 2009
Drapeau de l'Irlande Irlande 6,7 10,5 2009
Drapeau du Portugal Portugal 4,3 9,8 2005
Drapeau du Japon Japon 7,2 9,5 2010
Drapeau de l'Italie Italie 6,9 9,4 2009
Drapeau de l'Australie Australie 4,8 9,2 2010
Drapeau de l'Espagne Espagne 7,5 8,2 2010
Drapeau de la France France 7,6 8,1 2009
Drapeau de la Norvège Norvège 4,7 7,8 2011
Drapeau de la Finlande Finlande 4,3 7,5 2009
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 5,7 7,4 2010
Drapeau de la Suède Suède 4,1 7,1 2012
Drapeau du Danemark Danemark 5,1 6,4 2010
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 5,9 6,3 2012
Moyenne OCDE 6,5 9,7
* Part des 1% supérieurs des revenus dans le revenu total
avant taxes et hors plus-values,
1981–2012 (ou dernière année connue)
Source : OCDE[20]

Selon l'OCDE, « autour de l'année 2000, les inégalités ont été les moins prononcées dans certains pays nordiques, elles ont été moyennes en France, Belgique et Allemagne, et par contre plus prononcées au Mexique et en Turquie, puis en Pologne et États-Unis. »[21]

Les inégalités de revenus augmentent légèrement au sein des pays développés depuis les années 1980 : « En France, les inégalités sont restées relativement stables. Depuis le milieu des années 1980, on a observé, en France et moyenne dans l'OCDE, un léger glissement de la part des revenus, des revenus moyens vers les plus riches, des jeunes vers les plus âgés (notamment chez les seniors de 51 à 65 ans), et l’effet de l’intervention de l’État par les prestations sociales et l’impôt qui freine véritablement les inégalités. »[21] « Quant à l'évolution générale des inégalités depuis les dernières décennies, il n' y a eu d'accroissement généralisé, mais on a observé un accroissement pour certains groupes de pays, à certaines périodes : les pays anglo-saxons autour de 1980, certains pays d’Europe continentale autour de 1990, et récemment une forte croissance dans certains pays nordiques. »[21]. Aux Canada, l'écart entre les riches et les pauvres est plus grand que jamais : les travailleurs les moins bien payés reçoivent 20 % de moins que ce qu'ils obtenaient en 1980, et ce malgré la croissance économique des années 1990 et les baisses d'impôts des années 2000[22].

Aux États-Unis[23], les revenus du centième d'Américains les plus riches représentent 20 % de la somme des revenus, quand la moitié de la population ayant les revenus les plus faibles en représente 12,6 %[24]

Dynamique de l'inégalité[modifier | modifier le code]

courbe de Kuznets : niveau d'inégalité en ordonnée, revenu en abscisse
Article détaillé : Courbe de Kuznets.

À long terme, de nombreux pays connaissent une évolution suivant une courbe en « U inversé » (augmentation des inégalités, puis stabilisation, puis diminution), proposée pour la première fois par Simon Kuznets. Ainsi, pour la France, le rapport de salaires P90/P10 était de 3,25 en 1950, 4,20 en 1966, et 3,20 en 1998[25].

Cependant, cette évolution est loin d'être universelle. En effet, un rapport de l'OCDE[26] constate des évolutions divergentes pour dix pays depuis les années 1970 : diminution des inégalités pour quatre pays, stabilité pour trois, augmentation pour trois. Par ailleurs, l'évolution récente entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990 montre une augmentation des inégalités dans onze pays sur vingt.

Depuis le début des années 1980, la part du revenu détenue par les 1% les plus riches de la population a plus que doublé aux États-Unis. Cette évolution est similaire dans les pays développés anglo-saxons (Canada, Royaume-Uni, Australie) mais n'est pas vraie dans d'autres pays développés comme l'Allemagne, le Japon ou la France[27].

Causes[modifier | modifier le code]

Facteurs d'accroissement[modifier | modifier le code]

  • Facteurs démographiques

Le vieillissement de la population peut également augmenter mécaniquement les inégalités de revenu.
L’inégalité de capacité entre les hommes explique une forte disparité des revenus. Le handicap physique ou mental a une forte incidence sur le niveau de revenu.

  • Facteurs culturels

Mais l’inégalité naturelle n’est pas le seul facteur en jeu. Le revenu est également corrélé avec le sexe : à même niveau de qualification, les hommes, en moyenne, gagnent plus que les femmes. Les femmes sont également moins souvent promues à des postes de responsabilité, ce qui accroit, au niveau global, l’écart des salaires moyens entre hommes et femmes.

Dans les pays où la population n’est pas ethniquement homogène, on constate des disparités salariales, parfois très fortes, entre ethnies. La discrimination positive cherche à pallier ce biais.

Dans le cas américain, Christian Broda de l'université de Chicago souligne le rôle du différentiel d'inflation et du libre-échange. Les produits consommés par les personnes aux revenus les plus élevés ont généralement une inflation plus forte que les produits consommés par les personnes aux revenus inférieurs. Cette différence explique un tiers de la hausse des inégalités aux États-Unis entre 1994 et 2005 selon les études de Broda. Il souligne en particulier le rôle du commerce international pour garder bas le prix des produits consommés par les plus pauvres, avec le rôle de la Chine[28].

Facteurs de réduction[modifier | modifier le code]

La variation à la baisse des rémunérations peut être limitée par la loi avec, par exemple, l’instauration d’un salaire minimum, ou par des négociations patronat-salariat.

Une politique sociale visant à assurer un niveau minimum de subsistance, favoriser l’emploi des personnes handicapées peut diminuer l’impact de cette inégalité naturelle.

Le revenu est fortement corrélé avec le niveau de l’éducation. Plus une personne est diplômée, plus son revenu est élevé par rapport à la moyenne. Au niveau mondial, il y a une forte corrélation entre le niveau d’alphabétisation et le niveau des revenus.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La feuille de calcul au tableur pour le coefficient de Gini, l'indice de Theil, l'indice de Hoover (en anglais)
  2. Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l'Histoire économique, Paris, La Découverte 1994
  3. Daniel Cohen, Richesse du monde, Pauvretés des Nations, Flammarion, Paris 1997, collect Champs
  4. Daniel Cohen, Op cit
  5. (en) Human development report 1999, PNUD p. 36 et 38.
  6. (en) Surjit Bhalla, Imagine There's No Country: Poverty, Inequality, and Growth in the Era of Globalization, chapitre 2, p. 24 à 26, cité également par Sudhir Anand et Paul Segal, « What do we know about global income inequality? », p. 8
  7. Xavier Sala-i-Martin, The Disturbing « Rise » of Global Income Inequality, NBER Working Paper W8904, avril 2002.
  8. Johan Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, 2003, chap.1, p.46
  9. Xavier Sala-i-Martin, The Disturbing “Rise” of Global Income Inequality
  10. Source: Banque Mondiale, indicateurs 2005
  11. (en)PNUD, The Millennium Development Goals Report, 2005, disponible en ligne
  12. Rapport mondial sur le développement humain du PNUD présenté aux dirigeants mondiaux à la veille du Sommet mondial 2005 du 14 au 16 septembre disponible en ligne
  13. (en) Human Development Report 2006 du PNUD p. 269.
  14. (en) Imagine There's No Country: Poverty, Inequality, and Growth in the Era of Globalization, chapitre 11, p. 174
  15. Sudhir Anand et Paul Segal, « What do we know about global income inequality? », p. 61
  16. (en) Imagine There's No Country: Poverty, Inequality, and Growth in the Era of Globalization, chapitre 9, p. 144 et 145.
  17. [1]
  18. Afrique : abolir la dette pour libérer le développement par Éric Toussaint et Arnaud Zaccharie, 2001. ed. Syllepse
  19. (en)Top Incomes and Taxation in OECD Countries: Was the crisis a game changer?, site de l'OCDE consulté le 5 mai 2014.
  20. (en)Focus on Top Incomes taxation in OECD countries : Figures and Data (April 2014), site de l'OCDE consulté le 5 mai 2014.
  21. a, b et c [PDF] (en) Income Distribution and Poverty in OECD Countries in the Second Half of the 1990s, working paper, et résumé de L’évolution des inégalités de revenus en France et dans les pays de l'OCDE. source: OCDE, 2005.
  22. Presse Canadienne. L'écart entre les riches et les pauvres s'accroît 1 mai 2008
  23. Voir aussi : (en) en:Income inequality in the United States
  24. Le Monde, 18 janvier 2008
  25. Thomas Piketty, Income Inequality in France 1901-98, Centre for Economic Policy Resarch, juillet 2001
  26. Rapport de l'OCDE: Distribution des revenus et pauvreté dans la zone de l'OCDE : tendance et déterminants, mai 2001
  27. Facundo Alvaredo, Anthony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, « The Top 1 Percent in International and Historical Perspective », Journal of Economic Perspectives, vol. 27, no 3,‎ 2013, p. 3-20 (lien DOI?)
  28. "Inequality and Prices: Does China Benefit the Poor in America?", Christian Broda et John Romalis, mars 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]