Psychosomatique

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Psychosomatique
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CIM-10 F40 - F48
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Le terme psychosomatique (du grec ancien : psyché, l'esprit et soma, le corps) désigne une manifestation d'un trouble psychique au niveau de la santé physique sans qu'une autre cause puisse être établie. Plus généralement, ce terme désigne tout ce qui concerne les effets de l'esprit sur le corps humain ou même animal. Il est ainsi question de somatisation pour désigner le processus par lequel un désordre psychique se manifeste sous la forme d'un trouble organique, comme une paralysie observée dans une hystérie de conversion sans que les nerfs soient touchés.

La médecine psychosomatique constitue donc un champ interdisciplinaire entre les dimensions psychologiques, comportementales et sociales de l'individu et la physiologie de l'organisme. Dans ce cadre, les traitements peuvent combiner à la fois des approches psychothérapeutiques (psychologie positive, suggestion, etc.) et médicamenteuses. La médecine psychosomatique a été fortement influencée par la psychanalyse mais elle incorpore aussi des théories venant d'autres approches comme les sciences cognitives.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est dans la seconde moitié du XIXe siècle que le terme psychosomatique est né. Sa paternité est attribuée au psychiatre allemand Heinroth (1773-1843). Ce nouveau courant médical visait à introduire dans le courant organiciste et expérimental de la médecine du XIXe siècle des facteurs d'ordre psychique pour rendre compte de la causalité et de l'étiopathogénie de certaines maladies. Cette approche nouvelle et globale de l'homme malade s'est poursuivie jusqu'à nos jours dans la pratique médicale psychanalytique et constitue l'un de ses courants. Cependant son développement continue de se heurter aux conceptions biologiques qui organisent aujourd'hui les études médicales et la pratique de la médecine au détriment de l'écoute et de la prise en compte de la personnalité du malade dans son environnement.

Introduction[modifier | modifier le code]

Il y a la santé de l’âme comme il y a la santé du corps. C’est le concept d’Euexia, avec la notion de hiérarchie et de domination de certaines parties ou fonctions qui ont à se conformer à cette hiérarchie. Santé morale et santé intellectuelle parachèvent la santé des corps. Le plaisir devient un attribut de la santé. La santé est un mélange, le fruit de deux principes antithétiques : la « limite » et « l’illimité ». La santé est une combinaison de tensions contradictoires en « mélange mesuré ». « La limite dominant les tensions illimitées, voilà la santé du corps, celle de l’âme, celle de la cité. » selon le Philèbe de Platon.

Un de ses traducteurs, Émile Chambry, commentant ce texte, écrit :

« Ni le plaisir, ni l’intelligence ne sont le bien. C’est dans le mélange des deux que nous le trouvons. Parmi les affections que notre corps éprouve, les unes s’éteignent dans le corps même sans parvenir à l’âme, qui se trouve alors dans l’état d’insensibilité ; les autres vont du corps à l’âme et y causent une sorte d’ébranlement propre à chacun et commun à l’un et à l’autre. Cet ébranlement est la sensation, la mémoire est la conservation de la sensation. »

Dans Charmide, Platon rapporte les propos « pré-psychosomatiques » de Socrate sur la santé dans le chapitre « L’incantation », dans lequel est conseillé un traitement par le discours :

« Tout ainsi qu’on ne doit pas entreprendre de guérir les yeux sans avoir guéri la tête, on ne doit pas le faire pour la tête sans s’occuper du corps, de même on ne doit pas davantage chercher à guérir le corps sans guérir l’âme ; mais que, si la plupart des maladies échappent à l’art des médecins de la Grèce, la cause en est qu’ils méconnaissent le tout dont il faut prendre soin, ce tout sans le bon comportement duquel il est impossible que se comporte bien la partie. C’est dans l’âme, que, pour le corps et pour tout l’homme, les maux et les biens ont leur point de départ… Ce sont les discours qui contiennent de belles pensées ; hors les discours qui sont de telle sorte font naître dans l’âme une sagesse morale, dont l’apparition et la présence permettent dorénavant de procurer aisément la bonne santé à la tête comme au reste du corps. »

Psychosomatique psychanalytique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychosomatique psychanalytique.

La psychosomatique psychanalytique s'articule autour de la compréhension de la dimension inconsciente de la vie psychique, et cherche à comprendre l'énigme du passage par le corps de ce qui ne peut pas être résolu par la conscience[1]. La logique psychique intervient dans la logique somatique.

Médecine psychosomatique[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, l'essor d'une médecine veut se définir comme plus globale par les nouvelles acquisitions scientifiques sur le contrôle hormonal et immunitaire, et qui, grâce au concept de stress, tente d'expliquer les liens entre le cerveau et le reste de l'organisme dans un nombre de plus en plus important de maladies (infectieuses, auto-immunes, cancers...).

Traitement[modifier | modifier le code]

Les traitements médicaux et la psychothérapie sont utilisés pour traiter les troubles psychosomatiques[2].

L'accompagnement psychothérapeutique du patient, en lien avec les soignants, permet de prendre en compte la place qu'occupe la pathologie dans son histoire (à travers l'anamnèse entre autre), ainsi que l'anxiété et la dépression en lien avec les symptômes somatiques. Tout l'enjeu de ce travail réside aussi dans le fait de faire prendre conscience aux soignants de la dimension psychique inconsciente des troubles somatiques rencontrés par le patient, quels qu'ils soient[1].

Prévention[modifier | modifier le code]

La prévention est également un volet important en psychosomatique, puisqu'elle permet de comprendre ce qui pousse par exemple les sujets à se droguer, consommer de l'alcool, à l'addiction d'une manière générale, pour combler un manque qui pourrait être traité en amont de cette addiction.

Ce thème, qui rejoint celui de la psychogénéalogie, ou analyse transgénérationnelle, est notamment abordé plus en détails dans l'ouvrage d'Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede Ces enfants malades de leurs parents[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Claire Célérier, « Perspectives actuelles de la psychosomatique », La Carnet Psy, no 126,‎ avril 2008, p. 35-38 (DOI 10.3917/lcp.126.0035, lire en ligne)
  2. (en) Wise TN, Update on consultation-liaison psychiatry (psychosomatic medicine), vol. 21,‎ mars 2008, 196–200 p. (PMID 18332670, DOI 10.1097/YCO.0b013e3282f393ae)
  3. Ces enfants malades de leurs parents, 2003

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede, Ces enfants malades de leurs parents, Petite Bibliothèque Payot,‎ 2003 (ISBN 978-2-228-90021-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]