Georges Migot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Georges Migot est un compositeur français, né le à Paris 11e et mort le à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de médecin, issu d'une famille protestante, sa mère lui prodigue les premiers enseignements du piano dès l'âge de 7 ans. Très rapidement, il commence à composer et à 15 ans produit sa première œuvre éditée : Noël a cappella pour quatre voix.

En 1909, il entre au Conservatoire de Paris et étudie avec Jules Bonval (harmonie), André Gedalge (fugue), Charles-Marie Widor (composition), Alexandre Guilmant et Louis Vierne (orgue), Vincent d'Indy (orchestration), Maurice Emmanuel (histoire de la musique). Il se passionne pour les luthistes et les maîtres de la Renaissance : Couperin et Rameau sont ses maîtres.

Mobilisé lors de la première guerre mondiale, il est grièvement blessé à Longuyon (Meurthe et Moselle) en 1914 et se traîne sur deux béquilles pendant plus d'une année. Pour ses œuvres, il reçoit le Prix Lili Boulanger (1917), le Prix Lépaulle (1919), Le Prix Halphen (1920) et le Prix Blumenthal (1921).

Il échoue à deux reprises au Prix de Rome (1919 et 1922) et ne se représente plus. Aussi, il étudie sérieusement la peinture et il a du talent comme peintre : exposition dans des grandes galeries parisiennes en 1917 – 1919 – 1923. Il est également poète : presque toutes ses œuvres vocales sont écrites sur ses propres textes.

À partir de 1937, il enseigne à la Schola Cantorum et produit des émissions musicales pour Radio-Cité (1937-1939). De 1949 à 1961, il devient le conservateur du musée instrumental du Conservatoire de Paris. La SACEM lui décerne le Grand-Prix de la musique française en 1958.

Le compositeur[modifier | modifier le code]

Il n'est pas facile de juger l'œuvre si abondante. Pourtant, il a le mérite d'avoir choisi des voies difficiles et rejeté les solutions banales. Florent Schmitt écrit à propos des Agrestides : « Dans tout ceci, rien de bas, de banal, ni même de facile. On y sent au contraire des intentions pures, nobles, généreuses, un intense sentiment poétique. Mais autodidacte impénitent, il semble qu'il ait abordé son art par où il aurait dû l'achever ». Feuilleton musical du Temps – 23 mai 1931.

Certains lui reprochent d'être venu à la musique par la peinture. Musicien, il a su traduire à l'aide des sons les jeux subtils des couleurs.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Dramatique[modifier | modifier le code]

  • Hugoromo, symphonie lyrique et chorégraphique pour baryton, chœur et orchestre sur un texte de Migot et Louis Laloy (Monte-Carlo, 9 mai 1922)
  • Le Rossignol en amour, opéra de chambre sur un livret de Migot (1926-1928 ; Genève, 2 mars 1937)
  • Cantate d'Amour, opéra de concert sur un livret de Migot (1949-1950)
  • La Sulamite, opéra de concert sur un livret de Migot (1969-1970)
  • l'Arche, polyphonie spatiale pour soprano, chœur de femmes et orchestre sur un poème de Migot (1971 ; Marseille, 3 mai 1974)

Musique pour orchestre : symphonies[modifier | modifier le code]

  • no 1 Les Agrestides (1919-1920 ; Paris, 29 avril 1922)
  • no 2 (1927 ; Festival de Besançon, 7 septembre 1961)
  • no 3 (1943-1949)
  • no 4 (1946-1947)
  • Sinfonia da chiesa pour instruments à vent (1955 ; Roubaix, 4 décembre 1955)
  • no 6 pour cordes (1944-1951 ; Strasbourg, 12 juin 1960)
  • no 7 pour orchestre de chambre (1948-1952)
  • no 8 pour 15 instrument à vent et 2 contrebasses
  • no 9 pour cordes (incomplète)
  • no 10 (1962)
  • no 11 pour instrument à vent (1963)
  • no 12 (1954-1964 ; Lille, 29 mai 1972)
  • no 13 (1967)
  • Petite symphonie en trois mouvements enchaînés pour orchestre à cordes (1970 ; Béziers, 23 juillet 1971)

Autres partitions pour orchestre[modifier | modifier le code]

  • Le Paravent de laque aux cinq images (1920 ; Paris, 21 janvier 1923)
  • Trois ciné-ambiances (1922)
  • La Fête de la bergère (1921 ; théâtre Bériza à Paris le 21 novembre 1925)
  • Prélude pour un poète (Paris, 7 juin 1929)
  • Le Livre des danceries, suite orchestrale (Paris, 12 décembre 1931)
  • Le Zodiaque (1931-1939)
  • Phonic sous-marine (1962)
  • Dialogue pour piano et orchestre (1922-1925 ; Paris, 25 mars 1924)
  • Dialogue pour violoncelle et orchestre (1922-1926 ; Paris, 7 février 1927)
  • Suite pour violon et orchestre (1924 ; Paris, 14 novembre 1925)
  • Suite pour piano et orchestre (paris, 12 mars 1927)
  • Suite en concert pour harpe et orchestre (Paris, 15 janvier 1928)
  • La Jungle, polyphonie pour orgue et orchestre (1928 ; Paris, 9 janvier 1932)
  • Concerto pour piano (1962 ; Paris, 26 juin 1964)
  • Concerto pour clavecin et orchestre de chambre (Paris, 12 décembre 1967)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Les Parques pour 2 violons, alto et piano (1909)
  • 3 quatuors à cordes (1921-1957-1962)
  • Quatuor pour flûte, violon, violoncelle et piano (1960)
  • Quatuor pour violon, alto, violoncelle et piano (1961)
  • Quatuor pour 2 clarinettes, cor de basset et clarinette basse (1925)
  • Quatuor de saxophones (1955)
  • Quatuor pour 2 violons et 2 violoncelles (1955)
  • Quintette pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basse (1954)
  • Introduction pour un concert de chambre pour 5 instruments à vent (1964)
  • Trio pour hautbois, violon et piano (1906)
  • Trio pour violon, alto et piano (1918)
  • Livre des Danceries, trio pour flûte, violon et piano (1929)
  • Trio avec piano (1935)
  • Trio pour hautbois, clarinette et basson (1944)
  • Trio à cordes (1944-1945)
  • Trio pour flûte, violoncelle et harpe (1965)
  • Sonate pour guitare et piano (1960)
  • Sonate luthée pour harpe seule (1949)
  • 2 sonates pour violon seul (1951-1959))
  • Sonate pour violon et piano (1911)
  • Dialogue no 1 pour violon et piano (1923)
  • Dialogue no 2 pour violon et piano (1925)
  • Sonate pour alto seul (1958)
  • Sonate pour violoncelle seul (1954)
  • Dialogue no 1 pour violoncelle et piano (1922)
  • Dialogue no 2 pour violoncelle et piano (1929)
  • Sonate pour violoncelle et piano (1958)
  • Sonate pour 2 violoncelles (1962)
  • Suite pour flûte seule (1931)
  • Sonate pour flûte et piano (1945)
  • Pastorale pour 2 flûtes (1950)
  • Suite pour cor anglais et piano (1963)
  • Sonate pour clarinette seule (1953)
  • Sonate pour basson seul (1953)
  • Sonatine no 1 pour flûte à bec soprano et piano (1957)
  • Sonatine no 2 pour flûte à bec soprano et piano (1959)

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • Cortège d'Amphitrite pour 4 voix et 4 archets sur un texte d'Albert Samain
  • 6 Tétraphones pour baryton, flûte, violon et violoncelle sur un texte de Migot (1945)
  • 7 Petites Images du Japon pour voix et piano (1917)
  • Vini vinoque amor (l'amour du vin et par le vin) pour 2 voix, flûte, violoncelle et piano (1937)
  • Liturgie œcuménique pour 3 voix et orgue (1958)
  • Chansons de Margot poèmes de Philéas Lebesque
  • Psaume XIX pour chœur et orchestre
  • Nombreux trios et quatuors vocaux sans accompagnement, des chœurs sacrés a cappella, des doubles et des triples chœurs a cappella
  • La Mise au Tombeau, oratorio sur un texte de Migot (1948-1949) pour petit chœur et quintette à vent
  • La Nativité de Notre Seigneur, mystère lyrique pour solistes, chœur et instruments sur un texte de Migot (1954)
  • La Passion, oratorio en douze épisodes (1939-1946 ; Paris, 25 juillet 1957). On peut l'entendre aujourd'hui sur CD ARION ARN268468 orchestre et grand chœur de la radio hollandaise.
  • Saint Germain d'Auxerre
  • L'Annonciation, oratorio (1943-1946)
  • Mystère orphique, pour voix et orchestre (1951 ; Strasbourg, 18 mars 1964)
  • Cantate d'amour, opéra de concert sur des textes de Migot (1949-1950)
  • La Résurrection, oratorio (1953 ; Strasbourg, 28 mars 1969)
  • Du ciel et de la terre, symphonie spatiale pour un film (1957)
  • Le Zodiaque chorégraphie lyrique sur un livret de Migot (1958-1960)
  • La plate, vaste savane pour soprano et instruments (1967)
  • 3 chansons de joie et de souci pour voix et guitare (1969)
  • 3 dialogues pour voix et violoncelle (1972)
  • 5 chants initiatiques pour voix et piano (1973)
  • Également beaucoup de musique liturgique, un groupe d'albums de pièces caractéristiques pour piano et de nombreuses œuvres pour orgue (on peut écouter l'enregistrement sur CD ARION ARN55435 Yvonne Monceau à l'orgue)

Ses écrits[modifier | modifier le code]

  • Essais pour une esthétique générale (Paris, 1920 – 2e éd. 1937)
  • Appoggiatures résolues et non résolues (Paris, 1922-1931)
  • Jean-Philippe Rameau et le génie de la musique française (Paris, 1930)
  • Lexique de quelques termes utilisés en musique (Paris, 1947)
  • 2 volumes de poèmes (Paris, 1950-14951)
  • Matériaux et inscriptions (Toulouse, 1970)
  • Kaléidoscope et Miroirs ou les images multipliées et contraires autobiographie (Toulouse, 1970)
  • Les écrits de Georges Migot, un recueil d'articles (4 volumes, Paris 1932)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Vallas : Georges Migot (Paris, 1923)
  • Pierre Wolff : La route d'un musicien : Georges Migot, étude générale (Paris, Leduc 1933)
  • Maurice Henrion : La musique vocale de Georges Migot in Revue Musicale (novembre 1946)
  • Marc Honegger : Georges Migot in Revue Musicale Suisse (1954)- éd. Catalogue des œuvres musicales de Georges Migot (Strasbourg, 1977)
  • Max Pinchard : Connaissance de Georges Migot musicien français (Les éditions ouvrières, 1959)
  • Alain Pâris : Georges Migot in Universalis (1977)
  • C. Lathan : éd. Et trad. Georges Migot : the man and his work (Strasbourg, 1982)
  • René Aigrin : Le Psaume de Georges Migot (La Vie Catholique, 30 avril 1932)
  • Clarendon : La Passion de Migot (Le Figaro, 18 décembre 1946)
  • Paul Le Flem : La Jungle (Comœdia, 11 octobre 1932) et Le Livre des Danceries (14 décembre 1931)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire biographique des musiciens de Théodore Baker-Nicolas Sloninmsky, éditions Robert Laffont), 1995. (ISBN 2221901037)
  • Histoire de la musique : tome V la première moitié du XXe siècle de René Dumesnil, éditions Armand Colin, 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 11/1146/1891, avec mention marginale du décès (consulté le 5 juillet 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]