Louis de Wecker

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Louis de Wecker
Identité
Naissance 29 septembre 1832
Francfort-sur-le-Main, Allemagne
Décès 24 janvier 1906
Paris, France
Famille de Wecker puis Gayat de Wecker
Activités
Autres
Distinction 1870 - Chevalier et Baron

Louis de Wecker (en allemand Ludwig Wecker puis Ludwig von Wecker) est un ophtalmologue et docteur en médecine allemand puis autrichien et enfin français (en 1870). Considéré à l'époque (dixit son contemporain le docteur Julien Masselon) comme le « père de l'ophtalmologie moderne », il est né à Francfort-sur-le-Main (Allemagne) le 29 septembre 1832 et est mort à Paris le 24 janvier 1906. L'empereur François-Joseph Ier d'Autriche le créa chevalier et baron le premier juin 1870.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis de Wecker est le fils du chevalier Ährenfried III Wecker (1798-1870), et le petit neveu du criminaliste allemand et chevalier Paul Johann Anselm von Feuerbach (1775-1833). Il descend du sénateur de Francfort Johann Michael Wecker. Il fit ses études médicales à Vienne, où il devint l'élève et ami intime d'Edouard de Joeger, puis à Wurzbourg (Allemagne) où il fut reçu docteur le 4 avril 1855. Après avoir passé deux ans en Russie comme médecin particulier du comte Stroganoff, cousin du tsar Nicolas Ier et avec qui il aurait participé à la rédaction d'un traité, il vint en France, d'abord à Montpellier en 1857 afin de passer ses équivalences françaises (il y soutient sa thèse de doctorat), puis à Paris en 1861 et fréquenta la clinique de Desmarres dont il fut l'assistant. Il alla ensuite à Vienne et à Berlin chez les illustres de Graefe et Wirschow pour compléter ses connaissances. De retour à Paris, il remplace dans son cabinet et dans son dispensaire le docteur Charles Deval décédé brutalement le 6 avril 1862. Il ouvrit le 12 mai suivant un cours de clinique ophtalmologique dans ce même dispensaire. Il fonda ensuite une modeste clinique au 18 rue Visconti qui devint rapidement un haut lieu de l'ophtalmologie (1864-1867).

Il loua une seconde clinique au 55 rue du Cherche-Midi dans laquelle il donnait des cours libres. Plus tard il passait quelques mois par an sur la côte basque pour s'occuper de sa clientèle étrangère et en particulier espagnole. Il possédait une clinique à Biarritz et fréquentait la clinique de Bayonne ; en 1878 il fit construire la « villa de Wecker » à Biarritz face à la mer (devenu depuis villa Béribou, elle sera détruite en 1978). De même il fit construire en 1884 son hôtel particulier à Paris avenue d'Antin (aujourd'hui 31 avenue Franklin Roosevelt). Resté célibataire, il adopta son neveu et sa nièce, enfants de sa sœur dont le père, le docteur Joseph Gayat (plus jeune titulaire de la Légion d'Honneur à 20 ans), était décédé. Ainsi, son neveu et fils adoptif, le consul Louis Gayat (1871-1965) devint Gayat de Wecker le 27 mai 1903 et deuxième baron de Wecker à la mort de l'ophtalmologue. Atteint d'endocardite, Louis de Wecker effectua avec grand succès sa dernière opération, une opération de la cataracte, le 14 ou 16 décembre 1905 avant de succomber d'un infarctus un mois et demi plus tard. Il est enterré au cimetière de Passy.

Ophtalmologie[modifier | modifier le code]

Louis de Wecker est surtout connu pour avoir été le premier Français à maîtriser et à enseigner l'opération de la cataracte. Il est aussi, peut-être, le premier scientifique à avoir réussi avec succès une greffe, dès 1886. En effet, afin de couvrir une plaie, il préleva un lambeau de chair sur une personne morte accidentellement.

Il vulgarisa la sclérotomie, l'iridectomie et imagina le procédé de l'avancement capsulaire pour la guérison du strabisme. Il inventa plusieurs instruments de chirurgie dont le célèbre ciseau-pince (ciseau de Wecker, pince droite et courbe de Wecker). Il rédigea plusieurs ouvrages dont son fameux Traité théorique et pratique des maladies des yeux publié en 1863 et qui fut une révélation. Il enseignait régulièrement sa science et eut de très nombreux élèves et disciples français et étrangers réputés : les docteurs Laigner, Rizal, Masselon… Une partie de ses cours a d'ailleurs été recueillie et publiée dans deux volumes par le docteur Masselon : la Thérapeutique oculaire et la Chirurgie oculaire.

Honneurs et décorations[modifier | modifier le code]

Sa réputation d'éminent oculiste dépassa rapidement les frontières françaises. Il devint l'ami intime de nombreuses personnalités de l'Europe et de têtes couronnées, en particulier l'archiduc Maximilien de Habsbourg (1832-1867), empereur du Mexique, François II, roi des Deux-Siciles (ou de Naples) (1836-1894), le duc Charles-Théodore en Bavière (1839-1909), frère de l'impératrice d'Autriche Élisabeth et qui devint oculiste (le duc et son épouse Maria Josepha du Portugal servaient d'assistants au docteur de Wecker), la reine Isabelle II d'Espagne (1830-1904) que le docteur (qui fut un temps son médecin particulier et son confident) soignait à Biarritz.

Le baron de Wecker connut également l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier (1830-1916).

C'est lui qui procéda à l'énucléation de l'œil de Léon Gambetta (1838-1882) en 1867.

Il est fait chevalier puis officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre de François-Joseph (Autriche), chevalier puis commandeur de Charles III (Espagne), commandeur du Christ (Portugal), chevalier de la Couronne d'Italie, chevalier de l'Ordre de Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), chevalier de la Rose (Brésil), chevalier de Simon Bolivar (Vénézuéla). Il reçoit le prestigieux ordre de la Couronne de fer (Autriche), chevalier de IIIe classe, et entre dans la noblesse autrichienne le 1er juin 1870.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Traité théorique et pratique des Maladies des yeux, 1863
  • Traité des maladies du fond de l'oeil et Atlas d'ophthalmoscopie, 1870, en collaboration avec Edouard de Jaeger de Jaxtthal
  • De l'iridotomie, 1873
  • Traité complet d'Ophtalmologie, 1878, en collaboration avec E. Landolt
  • Thérapeutique oculaire, 1879
  • Traité des maladies du fond de l’œil, 1890, en collaboration avec Edouard de Jaeger de Jaxtthal
  • Ophtalmoscopie clinique, 1891, en collaboration avec Julien Masselon
  • Échelle métrique pour mesurer l'acuité visuelle, le sens chromatique et le sens lumineux, 1899, avec J. Masselon, 3e édition, Octave Doin Éditeur, Paris