Catulle Mendès

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Catulle Mendès

Catulle Mendès, né à Bordeaux le 22 mai 1841 et mort à Saint-Germain-en-Laye le 7 février 1909, est un écrivain et poète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catulle Mendès chez lui (1905).
Les Filles de Catulle Mendès (1888) par Auguste Renoir.Metropolitan Museum of Art de New York.

Catulle Mendès est issu d'une lignée de Juifs portugais. Après une enfance et une adolescence à Toulouse, Mendès arrive à Paris en 1859. Il se fait connaître en 1860 en fondant La Revue fantaisiste, à laquelle collabore notamment Villiers de l'Isle-Adam. Il publie en 1863 son premier recueil de poèmes, Philoméla, et sympathise avec Théophile Gautier jusqu'à ce qu'il décide d'épouser sa fille, Judith Gautier, le 14 avril 1866. Théophile Gautier n'assistera pas à la noce. À la suite d'un voyage en Allemagne qui le laisse ébloui, Catulle Mendès se range avec ardeur dans le camp des défenseurs du compositeur Richard Wagner.

Il entre ensuite dans le groupe d'écrivains qui se réunit chez Louis-Xavier de Ricard tout d'abord, chez Leconte de Lisle ensuite, où François Coppée, Léon Dierx, José-Maria de Heredia et Théodore de Banville comptent parmi les habitués. Sous l'impulsion de Louis-Xavier de Ricard et de Catulle Mendès, naît le Parnasse, dont Mendès se fera l'historien en publiant plus tard La Légende du Parnasse contemporain. Il participe activement aux recueils du Parnasse contemporain.

Le couple Mendès/Gautier ne durera pas. Vers 1869, peut-être même dès 1866, Catulle Mendès entretient une liaison avec la compositrice Augusta Holmès. Après la séparation de son couple en 1878, Mendès s'installe chez Augusta Holmès. Mendès et Holmès auront cinq enfants : Raphaël (1870-1896), Huguette, Claudine, Hélyonne[1] et Marthian (+ jeune)[2] avant de se séparer en 1886, après qu'Augusta eut, semble-t-il, été ruinée par Mendès[3]. Les trois filles sont le sujet du tableau d'Auguste Renoir, Les Filles de Catulle Mendès. Hélyonne, épousera Henri Barbusse. Par la suite, Mendès, qui avait trois autres fils, Marcel, Raymond et Robert[4], se remarie avec la poétesse Jeanne Nette, qui sera sa dernière compagne et dont il aura un dernier fils, Primice Catulle Mendès[5] (1897 - Chemin des Dames, 23 avril 1917, mort pour la France), filleul de Sarah Bernhardt.

Le 8 juin 1891 il se bat en duel avec René d'Hubert directeur du Gil Blas.

Le corps sans vie de Catulle Mendès est découvert le 7 février 1909 dans le tunnel de chemin de fer de Saint-Germain-en-Laye : on a supposé qu'il avait ouvert la porte de son wagon en se croyant à destination.

L'œuvre de Catulle Mendès, très abondante, est tombée dans l'oubli. Il est considéré comme le représentant d'une esthétique fin-de-siècle, utilisant, avec une certaine préciosité, un vocabulaire recherché et brillant. Les critiques de l'époque lui reprochaient une superficialité et une manière ostensible de suivre la mode du jour. Sa poésie, au parfum décadent, était très appréciée de Verlaine. Il est également l'auteur de courts récits érotiques[6].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Il est dit que Catulle Mendès a présenté l'occultiste Éliphas Lévi à Victor Hugo[réf. nécessaire]. En 1876, il propose à Guy de Maupassant d'entrer dans la Franc-maçonnerie, mais celui-ci refuse[7].

Friedrich Nietzsche a dédié ses Dithyrambes pour Dionysos à Catulle Mendès, le célébrant comme « le plus grand et le premier satyre vivant aujourd’hui ― et pas seulement aujourd’hui[6]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sa signature

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Philoméla, Hetzel, 1863
  • Sonnets
  • Pantéléia, Hetzel, 1863
  • Sérénades, Revue française
  • Pagode, dans Le Parnasse contemporain, 1866
  • Soirs moroses
  • Contes épiques, 1870-1876
  • Hespérus, La Librairie des Bibliophiles, Jouaust éditeur, 1872
  • Intermède, 1871
  • Le Soleil de minuit
  • Poésies (1892)
  • Poésies nouvelles (1893)
  • La Grive des Vignes (1895)
  • Les Braises du Cendrier

Alfred Bruneau a mis en musique les poésies de Catulle Mendès : Lieds de France et Chansons à danser. Jules Massenet a mis en musique La Lettre. Le compositeur polonais Ignacy Jan Paderewski a composé des chants sur ses poésies : "Douze mélodies sur des poésies de Catulle Mendès" op. 22.

Romans[modifier | modifier le code]

  • La Vie et la mort d'un clown (1879)
  • Les Mères ennemies (1880)
  • Le Roi Vierge (1881)
  • Le Crime du vieux Blas, éditions Henry Kistemaeckers, Bruxelles, 1882
  • Zo'Har (1886), rééd. 2005, Editions Palimpseste
  • L'Homme tout nu (1887)
  • Luscignole, Dentu, 1892
  • Verger fleuri
  • La première Maîtresse (1894), rééd. 2013, Editions Palimpseste
  • Gog (1896)
  • Méphistophéla (1890) ; réédition Méphistophéla, Séguier, « Bibliothèque Décadente », 1993 (ISBN 2-84049-014-5), présentation Jean de Palacio
  • Les Oiseaux bleus, réédition Séguier, « Bibliothèque Décadente », 1993 (ISBN 2-84049-015-3), présentation Jean de Palacio
  • Grande-Maguet
  • La Femme-Enfant (1891), rééd. 2007, Editions Palimpseste
  • La Maison de la Vieille
  • Rue des Filles-Dieu, 56
  • Le Chercheur de Tares (1898)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Lesbia. — Ce recueil contient : Lesbia • Vieux meubles • Chemise noire • Quittes • L'amour en danger • Regards perdus • Les autres • Idylle d'automne • Le miracle • Les deux avares • Preuves • Le don qui suffit • Le lit enchanté • Le cœur de Balbine • Les fleurs et les pierreries • Justice après justice • L'ombre vaincue • La princesse muette • Tourterelle • Nécessité de l'héroïsme • L'armure • Suite dans les idées • Rompre • L'autographe • Hygiène.
  • Le Rose et le Noir, Paris, E. Dentu, 1885. — Ce recueil contient : Les Hirondelles • L'Inattendue • Don Juan au paradis • Le Portrait ressemblant • Les Fleurs dans l'eau • Danger de la charité • La Nuit de noces • La Cuisine des anges • Fatalité • L'Hôte • Les Ailes déçues • Tristesse des Sirènes • Le Possédé • La Bonne Journée • La Voie inutile • La Robe de noces • L'Incendiaire • La Momie • La Joueuse de flûte • La Layette d'Isamberte • L'Exclu • Mariage aux lucioles • La Convertie • Les Azalées • L'Occasion • Tendresse de la justice • L'Arbre sacré.
  • Le Confessionnal.
  • La Messe rose.
  • Arc-en-Ciel et Sourcil-Rouge.
  • Monstres parisiens.
  • Incendies, recueil de nouvelles, Stalker éditeur, 2006.

Contes[modifier | modifier le code]

  • Les contes du rouet, Frinzine & Cie éditeurs, 1885
  • La petite servante • Il ne faut pas jouer avec la cendre • Mademoiselle Laïs • Touffe de myosotis • La convertie • La bonne journée • Léa, Mariage aux lucioles • L'homme de lettres • La vie et la mort d'une danseuse • Jeanne • Jeunes mères • Le lâche • Le ramasseur de bonnets • Le miroir • Les mots perdus • Les deux marguerites • George et Nonotte • Le mangeur de rêves • Le marquis de Viane • Les hirondelles ;
Séverin en Pierrot dans Chand d'habits !, pantomime de Catulle Mendès
Affiche par Happichy, 1896.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La Part du roi (1872)
  • Les Frères d'armes (1873)
  • Justice (1877)
  • Les Mères ennemies (1882)
  • Le Capitaine Fracasse (1878)
  • La Femme de Tabarin (1887)
  • Médée (1898)
  • La Reine Fiammette (1898)
  • Le Fils de l'étoile (1904)
  • Scarron, musique Reynaldo Hahn, 29 mars 1905, Théâtre de la Gaîté-Lyrique
  • Glatigny, drame funambulesque en vers, mêlé de chansons et de danses, en cinq actes et six tableaux[8] (1906)
  • La Vierge d'Avila (Sainte Thérèse), drame en cinq actes et un épilogue, en vers[9] (1906)
  • Farces.

Livrets d'opéra[modifier | modifier le code]

Arguments de ballet[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Les 73 Journées de la Commune (du 18 mars au 29 mai 1871) (1871)
  • La Légende du Parnasse contemporain (1884). Texte sur wikisource.
  • Richard Wagner (1886)
  • L'Art au Théâtre, 3 volumes : 1895, 1896, 1897
  • L'Œuvre wagnérienne en France
  • Rapport à M. le ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts sur le mouvement poétique français de 1867 à 1900 ; précédé de Réflexions sur la personnalité de l'esprit poétique de France ; suivi d'un Dictionnaire bibliographique et critique et d'une nomenclature chronologique de la plupart des poètes français du XIXe siècle (Imprimerie nationale, 546 pages, 1902[16])

Citation[modifier | modifier le code]

Reste. N'allume pas la lampe...

Reste. N'allume pas la lampe. Que nos yeux
S'emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.
Nous sommes las autant l'un que l'autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l'océan du soir morne et délicieux.
Lente extase, houleux sommeil exempt de songe,
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli...
Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes,

Quel long fleuve de paix léthargique et d'oubli

Coule dans les cheveux profonds des brumes tristes.
(Soirs moroses, 1876)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle épouse le romancier Henri Barbusse (1873-1935).
  2. "Cinq deuils de guerre 1914-1918", de Stéphane Audoin-Rouzeau - Éditions Noesis, mars 2001 - page 213
  3. Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, Œuvres complètes, édition établie par Alan Raitt et Pierre-Georges Castex avec la collaboration de Jean-Marie Bellefroid, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1986, tome 2, p. 1350-1351.
  4. Voir supra - "Cinq deuils de guerre 1914-1918", où l'auteur laisse entendre qu'ils ont été reconnus par le propre père de Mendès
  5. Site recensant les écrivains morts pendant la Première Guerre mondiale - et dont le nom est inscrit au Panthéon.
  6. a et b Voir Billets de la folie sur Wikisource.
  7. Emmanuel Pierrat et Laurent Kupferman, Les grands textes de la franc-maçonnerie décryptés, Edi8 - First Editions,‎ 2011, 340 p. (ISBN 9782754024617, lire en ligne)
  8. Première représentation : théâtre de l'Odéon, 17 mars 1906, musique d'Olivier Métra, des frères Lyonnet et de Louis Ganne.
  9. Première représentation : théâtre Sarah-Bernard, 10 novembre 1906, musique de scène de Reynaldo Hahn, décors de M. Paquereau.
  10. Théâtre-lyrique, Paris, 2 juillet 1878.
  11. Isoline, conte de fées en trois actes et dix tableaux, poème de Catulle Mendès, musique d'André Messager ; partition éditée par Énoch et Costallat ; représenté au théâtre de la Renaissance à Paris, voir la critique parue dans Le Monde illustré, hebdomadaire, no 1658 du 5 janvier 1889, chronique musicale d'A. Boisnard, p. 11.
  12. La création eut lieu à l'Opéra-Comique le 23 décembre 1903, avec Mary Garden dans le rôle d'Orlanda.
  13. Source : Le Magasin pittoresque, 1er mai 1904, p. III, article publié à la suite d'une représentation à l'Opéra. La première eut lieu le 20 avril 1904
  14. Ariane, opéra créé le 28 octobre 1906 à l’Opéra de Paris.
  15. Bacchus, opéra en quatre actes et sept tableaux, de Jules Massenet, créé à l'Opéra de Paris en mai 1909.
  16. Rapport consultable sur Internet

Liens externes[modifier | modifier le code]

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