Musique militaire

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Les musiciens de la Garde républicaine.

Les musiques militaires existent essentiellement depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, c'est-à-dire à l’époque de Louis XIV (1643 – 1715). Elles ont pour rôle principal de rythmer la marche des compagnies et de diffuser les signaux et ordonnances, et elles assurent également les escortes royales, les parades et les défilés.

Mais l’idée d’accompagner les troupes soit au combat, soit pour leur retraite, soit pour clamer la victoire apparaît déjà chez les Grecs, les Romains puis les Francs par l’intermédiaire des bardits (nom masculin du XVIIe siècle, emprunté du latin barditus, chant de guerre des anciens Germains).

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Grecs utilisent le style dorien (mode de do) ayant un caractère guerrier et estiment que pour qu’un guerrier soit honoré, il devait savoir porter d’une main l’épée et de l’autre, la lyre. Hercule aurait prescrit la musique comme complément des études militaires.

Les Romains font sonner les trompettes pendant le combat pour exciter et entretenir l’ardeur des troupes. Puis la musique militaire devient une parure des armées, un emblème de leur force et de leur beauté morale. Après le danger des batailles, vient l’honneur des triomphes.

Les Francs en font la même utilisation que les Romains mais ils y ajoutent le retour à des sentiments d’humanité pour séparer les combattants et aboutir à la paix.

Musique militaire en France[modifier | modifier le code]

Royaume de France avant Louis XIV[modifier | modifier le code]

Quelques percussions, fifres et trompettes composent les embryons de musique militaire, mais priorité et importance sont plutôt données au chant. De nombreux chants guerriers ont été créés aux XIVe, XVe et XVIe siècles puisqu’il en existe pratiquement autant qu’il y a eu de campagnes ou batailles.

C’est à l’époque des guerres d’Italie, donc sous Charles VIII, Louis XII et François Ier (1494 à 1559) qu’apparaissent les premiers corps de musiciens marchant en tête des troupes. Les tambours, fifres, trompettes et timbales sonnent les signaux de manœuvre et transmettent les ordres.

Sous Louis XIV[modifier | modifier le code]

Il faut attendre la réorganisation des armées par Louvois, ministre de Louis XIV, pour parler vraiment de musique militaire. Lully, Philidor et Couperin, entre autres, écrivent pour ses formations. En plus des instruments traditionnels, ils disposent des flûtes, hautbois et bassons. Surtout, on équipe de timbales la cavalerie française, la compagnie de la maison du Roy (sauf les mousquetaires), les hussards et les gens d’armes. Lors des marches ou revues, le timbalier est à la tête de l’escadron, 3 ou 4 pas devant le commandant, alors que pendant le combat, il se trouve sur les ailes des escadrons pour recevoir les ordres du major. Toutes les compagnies de cavalerie sont pourvues de trompettes. Le trompette est attaché au capitaine et a obligation de le suivre. Le trompette major est chargé de l’instruction de ses collègues et des nouveaux venus.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Compagnie franche de la Marine

Le XVIIIe siècle voit l’extension des formations militaires. Une ordonnance de Louis XV en 1764 permet l’existence légale de ces musiques et réglemente les batteries sonneries. On écrit les premiers pas redoublés à 120 pas minutes. La clarinette et le cor enrichissent l’orchestre, ainsi que la percussion. Enfin, les musiques sont chargées de la présentation au drapeau, des parades, des convois dignitaires, défilés, entrées d’honneur ainsi que des messes militaires et parfois, elles ont pour objet de distraire les troupes et les citadins (relation armée nation).

Révolution[modifier | modifier le code]

Deux exemples de musique mulitaire napoléonienne lors d'une reconstitution, grenadier au premier plan et cavalerie au second.

Lors de la Révolution, Lazare Carnot entreprend une réorganisation de l’armée et le capitaine Bernard Sarrette fonde la musique de la Garde française avant d’instaurer une école gratuite de musique, destinée à former les musiciens militaires. Cette école devient Institut national en 1792 puis Conservatoire de musique de Paris (dirigé par un collège de professeurs).

Les formations musicales deviennent l’instrument du gouvernement, séduisent le peuple et leurs effectifs augmentent. Elles permettent aux compositeurs tels que Gossec, Jadin, Méhul, Catel, Devienne et Grétry d’écrire des œuvres de circonstance, des symphonies, des hymnes.

Le tambour-major connaît une grande popularité sous le Directoire tandis que sous le Consulat, David Buhl compose les ordonnances de trompettes et ouvre une école de trompettes à Versailles. En fait, la fanfare de la garde municipale de Paris est créée en 1802 mais aussitôt, Napoléon Bonaparte supprime toutes les musiques de cavalerie pour finalement les rétablir en 1804 (sous l’Empire). La fanfare de la garde municipale de Paris devient fanfare à cheval de la Garde.

Les formations militaires poursuivent leur rôle purement militaire, mais également leur relation armée nation. Une bonne musique militaire peut faire aimer le soldat dans les villes de garnison et le plaisir gratuit qu’elle procure aux pacifiques bourgeois les dédommage des petites tracasseries que leur suscitent parfois l’arrivée ou le séjour des troupes. Elles entretiennent un sentiment de concordance et de fraternité.

Sous la Restauration[modifier | modifier le code]

La Restauration voit se créer en 1827 les musiques de la marine à Brest et à Toulon, ainsi que la Légion étrangère et sa musique en 1831. Cette même année, la famille d’Orléans, qui occupe le trône depuis un an, apporte des mesures inespérées par la création d’un établissement modèle « gymnase musical » destiné à la formation des bons chefs de musique, et par la mise en place de solutions pour la fabrication des instruments qui jusqu’à présent, sonnaient plutôt faux. L’idée du gymnase musical va se répandre dans toutes les grandes villes.

Le gouvernement instaure également la nomination du chef après un passage devant jury, l’édition d’un journal avec les œuvres recommandées officiellement, l’usage d’un métronome par musique et d’un diapason fixe, l’équipement de boîtes et étuis pour ranger les instruments, et l’attribution d’un facteur spécialisé par musique pour assurer les réparations des instruments.

Fin du XIXe siècle (après 1830)[modifier | modifier le code]

Outre l’apparition du clairon, l’événement le plus important de cette période est la réforme d’Adolphe Sax. En effet, Sax invente, à partir de la clarinette basse, la famille des saxophones puis à celle des saxhorns, puis il instaure l’usage des clés et des pistons. (premier saxophone employé à l’orchestre dans Le Dernier Roi de Judas en 1844).

En 1840, à l’occasion du 10e anniversaire des Trois Glorieuses, Berlioz écrit une œuvre magistrale pour orchestre d’harmonie, la Symphonie funèbre et triomphale. Un cortège s’étale de la Madeleine à la Bastille pour inaugurer la Colonne de Juillet tandis que 200 musiciens égrènent la Marche funèbre, 1er mouvement de cette symphonie, sur tout le trajet. Berlioz écrira également un traité d’orchestration.

En 1848, Paulus édifie les bases de la musique de la Garde avec 12 trompettes. L’effectif passera à 55 musiciens en 1852, date des débuts officiels de cette formation qui deviendra en 1871 : musique de la Garde républicaine. Pendant les campagnes du Second Empire, les musiciens militaires deviennent systématiquement brancardiers.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, les 163 régiments d’infanterie de l’armée française sont dotés chacun d’une musique composée de 38 exécutants, 1 sous-chef et 1 chef. Chef dont la hiérarchie des grades (sous-lieutenant, lieutenant, capitaine) est établie en 1902, avec dès 1928 possibilité d’accéder au grade de commandant sur concours.

Entre les deux guerres, l’effectif des musiciens passe de 38 à 58, une école de sous-chef de musique ouvre ses portes à Courbevoie en 1930, la sonnerie Aux morts composée par Pierre Dupont[1] est jouée pour la 1re fois à l’Arc de triomphe de l'Étoile le [1], la fanfare de la Garde républicaine (France) voit le jour à Issy-les-Moulineaux en 1934 et la Musique de l’Air est fondée en 1936.

Lors du débarquement du 6 juin 1944, les commandos britanniques de lord Lovat traversent en courant le Pegasus Bridge, au son de la cornemuse de Bill Millin[2].

Après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la naissance d’un orchestre à cordes de la Garde républicaine destiné surtout aux réceptions à l’Élysée. Et dans les années 1960, l’indépendance des colonies françaises voit la disparition des musiques coloniales, mais une assistance technique est instaurée.

La Marine nationale qui possédait déjà deux grands orchestres d'harmonie depuis 1827, la musique des équipages de la flotte de Toulon et celle de Brest qui sera dissoute en 2013, s'enrichit en 1952 d'un bagad celtique qui portera pour nom, le bagad de Lann-Bihoué, du nom de la base de l'aéronavale où il a été créé et où il est affecté.

Par ailleurs, un centre de formation et de perfectionnement des sous-officiers musiciens de l’armée de terre est installé à Rueil-Malmaison en 1963 et, en 1978, il devient conservatoire militaire de musique de l’armée de terre. On crée également la fanfare de cavalerie de la Garde républicaine, notamment pour les escortes présidentielles.

En 1989, une réglementation des musiques prévoit pour l’armée de terre des formations territoriales et régimentaires. Les premières sont divisés en musiques principales – troupes de marine françaises (TDM), Légion étrangère, Metz –, régionales et divisionnaires ; les secondes en musiques régimentaires, fanfares de type infanterie et fanfare de type ABC.

Quant à l’armée de l’air, elle dispose d’une musique principale et de quatre régionales.

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris possède aussi une formation musicale.

La police nationale possède également depuis 1956 une Musique constituée d'un grand orchestre d'harmonie et d'une batterie-fanfare. La Musique de la police nationale, stationnée à Vélizy près de Paris, appartient aux corps des compagnies républicaines de sécurité. La préfecture de police (Paris) possède aussi sa propre musique avec une batterie-fanfare et un orchestre d'harmonie sous le nom de Musique des Gardiens de la Paix.

Musique militaire au Canada[modifier | modifier le code]

Le Canada a une longue histoire de musique militaire. Durant la guerre de Sept Ans, la Compagnie franche de la Marine jouait des airs de chansons anciennes. Au XIXe siècle, les Voltigeurs canadiens, créés lors de la guerre de 1812, jouaient l'air de Vive la Canadienne durant les parades militaires de l'époque. Le Royal 22e Régiment, créé au moment de la Première Guerre mondiale, avait également son groupe d'orchestre militaire.

Aujourd'hui à Québec, chaque année pendant une semaine en août, les orchestres militaires de plusieurs pays exécutent les airs de musiques militaires de leurs pays respectifs.

Répertoire

  • Musique militaire cérémoniale et musique de marche militaire tel que l'hymne national et musique patriotique. Au Canada, l'hymne national fut composé par Calixa Lavallée

Musique militaire en Asie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] « L'histoire de la Sonnerie Aux Morts, composée par Pierre Dupont », Le Journal des Combattants, 3 avril 2010, consulté le 28 mai 2011.
  2. 1st Special Service Brigade

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]