Salve Regina
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L'antienne Salve Regina est une prière catholique, en latin, dédiée à la Vierge Marie. Elle est chantée. Son incipit littéraire (qui sert de titre) signifie Salut, ô Reine en français. Elle aurait été composée par Hermann de Reichenau (abbaye de Reichenau, sur une île du lac de Constance, au sud de l'Allemagne).
Guillaume Durand, l'un des auteurs liturgiques les plus importants du Moyen Âge, l'a cependant attribuée à Pierre de Monsoro, évêque de Compostelle, en Espagne. D'autres l'ont aussi attribuée à Adhémar, l'évêque du Puy-en-Velay qui fut le premier à demander la permission d'aller en Croisade.
Les frères dominicains ont commencé à l'utiliser pendant l'office des Complies en 1221 ; les cisterciens, eux, la prient depuis 1251. Les chartreux la chantent chaque jour lors des Vêpres depuis le XIIe siècle, sous une forme légèrement différente du texte reçu communément (voir l'article Rite cartusien).
Saint Bernard serait l'auteur des trois dernières invocations : O Clemens, O Pia, O Dulcis Virgo Maria. En effet, d'après les récits de ses miracles, il se trouvait dans la cathédrale de Spire (Speyer), en Allemagne, en présence de tout le clergé, quand il se mit trois fois à genoux, disant à chaque agenouillement l'une des trois invocations. L'Église aurait ensuite décidé d'incorporer ces prières à la fin du Salve[1]. Selon une autre tradition, il se trouvait dans la basilique Notre-Dame d'Avioth quand il chanta le Salve Regina pour la première fois[2]. D'autres sources attribuent au saint la composition de toute l'antienne.
Le réformateur du XVIe siècle Martin Luther trouvait que cette prière exagérait le rôle de Marie dans l'histoire du salut de l'âme[3]. De fait, dans l'Église catholique, le langage de la dévotion n'est pas le même que celui des dogmes et cela put l'irriter. Au XVIIe siècle, les jansénistes ont voulu changer certaines paroles de la prière.
On raconte que Christophe Colomb l'a chantée avec les Indiens d'Amérique. Le pape Léon XIII a prescrit sa récitation (fin du XIXe siècle). Au XVIIIe siècle, le compositeur napolitain Giovanni Battista Pergolesi (Jean-Baptiste Pergolèse) l'a mise en polyphonie. Il est bien sûr loin d'être le seul à l'avoir mise en musique. Au XXe siècle, Francis Poulenc l'a fait également.
Un usage liturgique traditionnel veut qu'on incline la tête en prononçant les noms de Jésus et Marie, par respect pour leurs personnes.
Sommaire |
[modifier] Le texte de la prière
[modifier] Latin (texte commun)
- Salve, Regina, mater misericordiae. Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
- Ad te clamamus, exsules filii Evae.
- Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
- Eia ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
- Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.
- O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria ! (Amen.)
[modifier] Français
- Salut, Reine, Mère de Miséricorde, Vie, Douceur, et notre espérance, salut.
- Vers toi nous élevons nos cris, pauvres enfants d'Eve exilés.
- Vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
- Tournes donc, ô notre Avocate, tes yeux miséricordieux vers nous.
- Et, Jésus, le fruit de tes entrailles, montre-le nous après cet exil.
- Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
[modifier] Français (variante)
- Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre espérance, salut !
- Enfants d'Ève exilés, nous crions vers vous ;
- Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
- O vous notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants.
- Et, après cet exil, faîtes-nous voir Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
- Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie ! Amen.
[modifier] Notes et références
- Voir les pages 75 et 76 des Petits Bollandistes : [1] et [2].
- Site officiel de Notre Dame d'Avioth : "La tradition veut que le Salve Regina ait été chanté pour la première fois par Saint-Bernard en visite à l'abbaye d'Orval, et de passage à Avioth."
- (en) Salve Regina, University of Dayton
