Cathédrale Saint-Front

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Cathédrale Saint-Front
La cathédrale Saint-Front vue depuis le nord-est.
La cathédrale Saint-Front vue depuis le nord-est.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Périgueux et Sarlat (siège)
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle (restauration)
Style dominant Roman
Byzantin
Protection Logo monument historique Classée MH (1840, 1889)[1]
 Patrimoine mondial (1998)[2]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Dordogne
Commune Périgueux
Coordonnées 45° 11′ 01″ N 0° 43′ 22″ E / 45.18361, 0.72278 ()45° 11′ 01″ Nord 0° 43′ 22″ Est / 45.18361, 0.72278 ()  

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Cathédrale Saint-Front

La cathédrale Saint-Front est une cathédrale catholique romaine, siège du diocèse de Périgueux et Sarlat. Située dans le centre-ville de Périgueux, elle est classée monument historique depuis 1840 et au Patrimoine mondial en 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Remontant dans ses premiers jours aux IVe et Ve siècles, l'édifice fut d'abord une église, puis une abbaye avant de prendre le titre de cathédrale au XVIe siècle, suite au sac par les Huguenots de l'ancien siège épiscopal, l'église Saint-Étienne-de-la-Cité. Restaurée par Paul Abadie durant la seconde moitié du XIXe siècle, la cathédrale Saint-Front a, comme la basilique Saint-Marc de Venise, son plan en forme de croix grecque et ses cinq coupoles sur pendentifs qui rappellent la structure de l'église des Saints-Apôtres. L'édifice, d'abord église abbatiale, a pris le nom de celui qui fut, selon la légende, le premier évêque de Périgueux : saint Front.

Historique[modifier | modifier le code]

Premier statut d'église[modifier | modifier le code]

Une première église s'implanta sur le flanc d'une colline dans l'actuelle ville de Périgueux. Sa construction commença entre 500 et 536[3].

Les invasions normandes qui se déroulèrent dans le Périgord au VIIIe siècle, détruisirent l'église en l'an 732[3], laissant seulement la plus ancienne partie, découverte par les fidèles au XVIe siècle, du double édifice situé dans la cathédrale[4].

Deuxième statut d'abbaye[modifier | modifier le code]

Le clocher de l'abbaye par Eugène Viollet-le-Duc.

En 976, l'évêque Frotaire fit construire l'abbaye de Saint-Front, peut-être fédérée par l'ordre des Bénédictins[5], sur l'emplacement de l'ancienne église, et est consacrée en 1047[note 1],[6],[7]. Le chœur était voûté et abritait le tombeau de saint Front sculpté en 1077 par Guimaunond, moine de l'abbaye de la Chaise-Dieu[5]. Ce tombeau était décoré de nombreuses pierres précieuses et de sculptures, notamment d'un ange peint avec un nimbe réalisé dans des éléments de verre, maintenant conservé au musée du Périgord[8].

Au XIe siècle, l'église abbatiale fut agrandie par l'apparition d'une église à coupoles, afin d'accueillir plus de pèlerins, notamment ceux se dirigeant vers Compostelle. Ces deux édifices attachés partageaient seulement l'autel. En effet, l'ancienne église avait son chœur à l'est et la nouvelle à l'ouest. L'église à coupoles avait à l'est un escalier qui permettait d'accéder à la plus vieille depuis les berges de l'Isle[3].

Un incendie se produisit en 1120[9],[10], au temps de l'évêque Guillaume d'Auberoche, ravageant le bourg et l'abbatiale. La construction de l'église à coupoles fut terminée entre 1160 et 1170[11]. L'église à coupoles fut prolongée à l'est, en 1337, par une chapelle dédiée à saint Antoine[5] et non par une abside de style gothique comme cela était initialement prévu[11]. Cette chapelle fut dotée par le cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord et desservie par des chapelains autonomes[7]. En 1525, elle fut de nouveau agrandie par la construction d'une église paroissiale nommée Saint-Jean-Baptiste puis Sainte-Anne au nord-est, emplacement actuel de la chapelle de la Vierge[3].

En 1575, les huguenots pillèrent la future cathédrale en détruisant une grande partie du mobilier et en volant les reliques de saint Front[12], qui furent emportées et jetées dans la Dordogne[3],[13].

Statut de cathédrale depuis le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Front avant sa restauration par Paul Abadie. Photo prise par Médéric Mieusement avant 1893.

La cathédrale sous la Réforme protestante[modifier | modifier le code]

Les destructions faites par les protestants, lorsqu'ils ont pris la ville entre 1575 et 1577, amenèrent l'abandon de la basilique Saint-Front pendant six ans[14], puis de la cathédrale Saint-Étienne de la Cité, qui était le siège du diocèse jusqu'en 1669. Cette même année, l'église Saint-Front la remplaça en acquérant son titre de cathédrale[13],[15].

Entre 1760 et 1764, les coupoles, qui étaient en très mauvais état, furent recouvertes d'une charpente habillée d'ardoises[3].

En 1840, la cathédrale est classée au titre des monuments historiques[1].

Restauration de la cathédrale au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

De 1852 à 1895 eu lieu la restauration de l'église Saint-Front, réalisée par Paul Abadie, futur architecte de la basilique du Sacré-Cœur à Paris, qui n'est pas sans ressemblance avec la cathédrale Saint-Front. Lui et d'autres architectes firent ajouter les clochetons qu'on peut observer aujourd'hui. La cathédrale ne conserva que son clocher du XIIe siècle[13], mais son aspect original avec ses coupoles est rétabli quand Paul Abadie redessina l'ensemble de l'architecture en respectant tout de même le plan et les volumes de l'édifice.

Entre 1855 et 1858, les coupoles sud et nord étaient dangereuses à cause de leur âge, surtout cette dernière qui fut finalement démolie sous ordre du Comité des inspecteurs généraux des Édifices diocésains, après une demande de M. Léonce. Cette évènement provoqua une réaction en chaîne, dont la destruction en 1864 de la coupole sud et celle à l'est entre 1867 et 1871[5]. Les chapelles Sainte-Anne et Saint-Antoine furent détruites mais les cryptes du XIIe siècle ne furent pas modifiées[3].

En 1889, la façade de l'église latine et le cloître sont à nouveau classés au titre des monuments historiques[1].

Depuis la restauration jusqu'à nos jours[modifier | modifier le code]

Images externes
Photo no 1 de la maquette du 1er juin 2000.
Photo no 2 de la maquette du 1er juin 2000.

La cathédrale est inscrite depuis 1998 au Patrimoine mondial de l'Humanité dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, via Lemovicensis[2].

Entre 1999 et 2002, la DRAC d'Aquitaine confia à Françoise Perret, restauratrice à Sergeac, la restauration de l'ensemble du Chemin de croix peint par Jacques-Émile Lafon entre 1849 et 1851[16].

En 2000 sont installées deux maquettes de la cathédrale Saint-Front au parc France miniature, dans les Yvelines.

À cause du dénivelé et des problèmes d'accessibilité, les alentours de la cathédrale ont commencé à être rénovés dès le 26 août 2013, et auraient dû se terminer en avril 2014. Ces travaux comprennent les améliorations de la rue Denfert-Rochereau, de la place et de l'avenue Daumesnil ; le nombre de places de stationnement sera réduit mais les trottoirs seront élargis. Le coût total du projet est estimé en juillet 2013 à 1 296 000 € HT[17],[18], et en janvier 2014 à 1 800 000 € TTC[19]. Les travaux sont prolongés jusqu'en juin 2014[20].

Description[modifier | modifier le code]

L'intérieur de la cathédrale.

Elle a été construite au XIIe siècle dans un style mêlant les influences romane et byzantine.

La cathédrale est aujourd'hui la propriété de l'État[1].

Extérieur[modifier | modifier le code]

La cathédrale vue depuis la place de la Clautre.

Du côté nord de la cathédrale se situe le porche de l'édifice mesurant 25 m de long[21], avec une terrasse comptant cinq travées, l'ensemble étant réalisé par Paul Abadie. Le porche est resté intact depuis la construction de la première église ; il a juste été consolidé par une muraille à la suite de l'incendie de 1120. À l'intérieur de cette dernière a été emménagée une galerie possédant de nombreux mâchicoulis[22]. La porte s'y perçant, nommée la « porte du Gras » ou « porte du Greffe » parce qu'il fallait monter de nombreux degrés à cause du dénivelé, a été refaite pendant les temps modernes car on peut voir inscrit au-dessus des voussoirs la date de 1581[23]. Des statues équestres de Louis IX de France et de Jeanne d'Arc auraient dû être installées dans chaque angle du porche, mais cette requête fut refusée par la ville de Périgueux et ont été donc aménagées dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre[24].

À l'est, le chevet culmine le square Dabert, qui permet d'accéder aux cryptes situées sous les coupoles Nord et Sud, pouvant dater du XIIe siècle. On y compte deux salles annexes et deux cryptes. La première, appelée la « crypte des évêques » est dédiée aux derniers évêques de Périgueux. La deuxième sert de lieu de conservation des anciens blocs architecturaux de la cathédrale. Il y a aussi la grotte de Saint-Front, où a vécu le saint comme ermite au IVe siècle[5]. Elle est accessible par le public seulement pendant les Journées européennes du patrimoine[24].

La porte dite du Thouin[note 2], au sud, ayant un tympan sans aucun décor et des grandes consoles fantaisistes[25], permet de passer du cloître de la cathédrale au jardin du Thouin[24]. Mesurant huit mètres de haut et cinq de large[25], elle était avant la troisième entrée de la basilique Saint-Front[21].

À l'ouest, depuis la place de la Clautre, on peut apercevoir, au-dessus de l'arc fracturé, un deuxième arc en plein cintre qui surplombe l'ancien portail[24].

Clocher et clochetons[modifier | modifier le code]

Le clocher de la cathédrale Saint-Front s'élève à 62 mètres. Il est le clocher le plus ancien de France et le seul de style byzantin au monde[26]. Il fut construit à une date inconnue, mais les historiens savent qu'elle a été reconstruite à cause de l'incendie de 1120[27]. Il a une base rectangulaire qui passe successivement au carré, à chaque étage. C'est pour cela qu'il est aujourd'hui renforcé par de nombreux contreforts afin de supporter son poids[24]. À l'intérieur du clocher, au premier étage, y est emménagé une galerie ayant comme seul accès à la lumière une fenêtre ornée de colonnes corinthiennes[28]. Le deuxième étage, mesurant 10,45 m de hauteur, est composé de pilastres de différents types, d'une architrave, d'une frise, de sculptures d'agneaux, d'une corniche reposant sur une cimaise, ainsi que d'autres détails[29]. Le troisième étage, mesurant 9,55 m de hauteur et ressemblant au deuxième, est entouré lui aussi d'une galerie. La taille des fenêtres, quant à elle, réduit au fil des étages. Sinon, chaque étage suit un plan géométrique précis et différent pour chacun d'eux[30]. Le clocher est surplombé d'une coupole conique mesurant 8 m de hauteur et 7 m de diamètre et ressemblant à une pomme de pin[31].

Depuis la restauration d'Abadie, les coupoles et les douze piles d'angles sont dominées par les vingt-trois clochetons. Paul Abadie répéta cette décoration pour le Sacré-Cœur de Paris[24].

Système de toiture[modifier | modifier le code]

Des feuilles de plomb, appliquées directement sur l'extrados des seize grands arcs presque perpendiculaires[32], forment la toiture de la cathédrale, comme pour la plupart des édifices de style byzantin. Mais la toiture n'est pas composée de bois, d'autres métaux ou de tuiles, comme les édifices byzantins les plus pauvres. Dans la toiture, chaque arc se manifeste par un escalier à giron rampant et à double montée[33]. Au-dessus des quatre piliers de la coupole centrale se joignaient les marches des arcs opposés, établissant ainsi des courants d'eau pluviale que quatre gargouilles rejetaient avec des jets d'eau depuis les angles de la croix grecque, giclées incomparables aux autres cathédrales du XIIIe siècle par l'orientation de la trajectoire des eaux[34],[35]. Les gargouilles jaillissaient les eaux de la moitié de la toiture, formant des cascades de 25 m de hauteur[35]. À cause de ça, la pierre a changé de couleur au fur et à mesure du temps[36].

Coupoles et mobiliers[modifier | modifier le code]

Schéma représentant les tracés d'une coupole de la cathédrale.

Sur le modèle de la basilique Saint-Marc de Venise[9],[37], le plan de la cathédrale est en forme de croix grecque et ses cinq coupoles à clochetons annoncent une parenté singulièrement directe avec les édifices religieux de l'Orient[37], comme l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, qui a servi elle aussi d'inspiration pour les architectes de la cathédrale Saint-Front[38]. Les coupoles de la cathédrale Saint-Front étaient autrefois de dimensions différentes, mais ont été remodelées par Paul Abadie pour qu'elles aient une taille unique ; de plus, les cinq coupoles sont symétriques[39]. Les piliers portant les charges de la superstructure font 6 mètres de côté, charges quand même atténuées par deux passages perpendiculaires. La concavité des pendentifs permet d'accéder aisément du plan de base carrée au cercle supérieur. Les coupoles sont inaccessibles au public pour raisons de sécurité[40].

Les chapiteaux couronnant les piliers de la cathédrale sont typiques de l'ordre corinthien et sont décorés de feuilles d'acanthe. Ils sont éparpillés dans l'ensemble de l'édifice[41]. Quant aux pilastres, très peu utilisés dans l'architecture au Moyen Âge, dominent la cathédrale, en n'étant jamais cannelés. L'entablement surplombant les colonnades est comparable à celui du Panthéon d'Agrippa, par la simplicité de sa disposition[42].

Sous la coupole nord, de chaque côté de l'entrée principale, on peut découvrir, à l'est, les fonds baptismaux et à l'ouest une plaque commémorative, bénite le 25 juillet 1999 par Mgr Gaston Poulain, évêque du diocèse, sans aucune autre information supplémentaire, à part la signature de l'association l'ayant conçue[43]. Récemment rénovée, l'absidiole abrite l'autel de la Vierge et a été repensée par Paul Abadie pour remplacer la chapelle extérieure, succédant à l'absidiole romane d'origine, datant de 1524[40].

Statue de saint Jacques dans la cathédrale.

Avant 1968, la coupole est était celle du chœur, expliquant cette hauteur légèrement supérieure aux autres. La restauration d'Abadie a détruit la chapelle Saint-Antoine datant du XIVe siècle placée sous la coupole est, qui était, à cette époque, accolée à la cathédrale. La chapelle est aujourd'hui remplacée par une abside cachée par un grand retable du XVIIe siècle, provenant du couvent des Jésuites de Périgueux. Ce retable évoque l'histoire de l'Assomption de Marie. Les stalles de part et d'autre du chœur proviennent de l'abbaye Notre-Dame de Ligueux, surmontées pour certaines de miséricordes ou d'un cadre sculpté où figurent peints la nativité, la Crucifixion, des Apôtres et des saints. Des peintures du XVIe siècle sont encore visibles sur le mur sud[40].

La coupole sud protège l'absidiole constituée d'anciens murs et une niche contenant une peinture murale du XVIe siècle. Avant 1968, l'autel du Sacré-Cœur, situé sous la coupole, conçu en marbre, fut pendant longtemps celui où les messes étaient célébrées. Il date du XVIIIe siècle et provient de la chartreuse de Vauclaire[40].

Le Grand Orgue se situe sous la coupole ouest, endroit où l'on peut accéder à la vieille église. Aux XIe et XIIe siècles, le chœur fréquenté par les deux églises était à cet endroit. De chaque côté, se trouvent deux chapelles destinées à accueillir des reliques. Celle du nord, datant du VIIe siècle, a perdu une travée et son étage ajouté au XIIe siècle lors de travaux, et c'est actuellement la chapelle honorant saint Jacques. Celle du sud, datée, pour sa part, du IXe siècle, compte deux tableaux, représentant saint Bernard et saint Benoît, datant de la fin du XVe siècle[44], mais également une copie de La Cène de Léonard de Vinci[40].

En 1968, sous la coupole centrale, le sol fut surélevé pour y installer le chœur de la cathédrale. L'autel de pierre qui s'y trouve est une œuvre de Yves-Marie Froideveaux et la décoration (bas-relief) est de Roland Guillaumel. La chaire y représente les évangélistes sur le tour de la cuve[40].

Les cinq lustres suspendus sous chaque coupole, représentant le Jérusalem céleste, ont été dessinés par Paul Abadie et ont éclairé le 29 janvier 1853 le mariage religieux de Napoléon III et Eugénie de Montijo à la cathédrale Notre-Dame de Paris[40].

La vieille église[modifier | modifier le code]

La vieille église est l'ancienne portion de la cathédrale, adjacente à la coupole ouest, composée de deux constructions mérovingienne et carolingienne. Elle est accessible par un portail du XIIe siècle, situé dans la place de la Clautre. La section d'époque mérovingien, constituée d'une nef unique, est actuellement à ciel ouvert. La structure repose sur des piliers avec dans chaque angle des murs quatre tours. Ces piliers devaient normalement maintenir une coupole qui n'a jamais été édifiée. La section d'époque carolingien supporte le clocher du XIIe siècle[45] depuis l'incendie de 1120. Dans le passé, l'autel de cette église se situait sous l'actuel Grand Orgue, sur la crypte de Saint-Front aujourd'hui disparue et entre les deux chapelles qui étaient destinées à abriter des reliques[40].

Vitraux[modifier | modifier le code]

Une partie des vitraux de la cathédrale.

Deux groupes de sept vitraux sont situés à l'ouest, de chaque côté du Grand Orgue. Sur le mur nord, sont illustrées des actions caritatives par saint Matthieu citées dans l'Ancien Testament. Sur le mur Sud apparaissent les Béatitudes de l'évangile selon Matthieu[46].

Au-dessus de la porte, au nord, se distinguent David, Siméon et Isaïe qui déclarent l'arrivée de Jésus-Christ, et face à l'autel de la Vierge apparaissent Judith, Élisabeth et Esther qui divulguent l'approche de Marie[46].

Lors d'une tempête de grêle, les vitraux au sud ont été fendus[46].

À l'est, sept vitraux situés au fond de l'abside, cachés en grande partie par le retable, représentent les sept Églises auxquelles fait référence Jean dans le livre de l'Apocalypse. Les autres sont consacrés à saint Front, par la représentation au Nord de l'autorité religieuse du Christ et au Sud de l'autorité civile du Christ[46].

Tous ces vitraux de la cathédrale ont été réalisés pendant la restauration de Paul Abadie au XIXe siècle par Adolphe Napoléon Didron[46].

Cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître de la cathédrale.

Lors de la construction de l'abbaye de Saint-Front en 1047, les moines de cette dernière y ajoutèrent le cloître. Il fut amélioré pendant la construction de l'église à coupoles en 1173. Voûtes et arcades furent transformées dans le style gothique aux XIVe et XVe siècles. De 1898 à 1907, l'architecte Paul Boeswillwald rénova le cloître. De 1928 à 1929, l'architecte Henri Rapine acheva la restauration de Boeswillwald par la reconstruction de la salle capitulaire dans le style néoroman, couverte d'une charpente en béton armé. De 2001 à 2003, l'architecte Oudin nettoya et fit réparer les voûtes et les murs des quatre galeries. Elles sont désormais éclairées par des spots directionnels fixés au sol[47].

Le cloître a quatre galeries qui étaient, à l'époque où Saint-Front était une abbaye, un lieu de lecture et d'enseignement. Celle au nord est une allégorie des ténèbres et de l'enfer, en faisant face à celle du sud, qui est orienté vers Jérusalem et donc représente la vie et la résurrection. Celle à l'est est le lieu où apparaît le lever de soleil. Et celle à l'ouest est la renonciation au monde. Autrefois les moines ne pénétraient pas dans le jardin car celui-ci était considéré comme une image du paradis[47].

L'orgue et le carillon[modifier | modifier le code]

Images externes
Photo de l'orgue de la cathédrale.

Le premier orgue de Saint-Front date de 1733 ; il a été fabriqué par Marin Carouge[48].

Le grand orgue a été acquis par l'évêché après avoir été présenté à l'exposition universelle de 1867 à Paris par le facteur d'orgue Joseph Merklin, son créateur. Il fut placé sur la tribune à l'ouest de la cathédrale en 1875, une fois le chœur achevé. L'ancien orgue du XVIIIe siècle est désormais en service à l'église Saint-Étienne-de-la-Cité, et l'ancien orgue de chœur, remplacé aujourd'hui par un Cavaillé-Coll, a trouvé sa place dans l'église de Nontron. Faute d'avoir vieilli, l'orgue actuel, le Cavaillé-Coll, était muet dans les années 1980. Il fit l'objet d'une rénovation pendant dix ans. Il abrite désormais dans son buffet plus de 2 000 tuyaux[49].

Le carillon de la cathédrale Saint-Front est composé de dix-sept cloches, dont dix fixes et sept dites « de volée », célébrant les évènements religieux. Ces dernières ont été installées sur trois étages en 1847. Le gros bourdon pèse 2 088 kg et la plus petite cloche environ 391 kg. Le carillon de Saint-Front a été enregistré en 1938, pour être utilisé par la radio nationale comme annonce du programme religieux dominical[49].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle constitue ce qu'on nomme aujourd'hui « la vieille église ».
  2. Également appelée « porte du Touin », elle tient ces dénominations des petits corbeaux situés à gauche de ses consoles, en latin porta de Tecto (Verneilh-Puyraseau 1851, p. 75).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Notice de la cathédrale de Périgueux », base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 18 mars 2014.
  2. a et b « Liste des lieux inscrits au Patrimoine mondial au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France », sur le site de l'UNESCO (consulté le 19 janvier 2013).
  3. a, b, c, d, e, f et g « La cathédrale Saint Front de Périgueux », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 19 janvier 2013).
  4. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 50.
  5. a, b, c, d et e Delphine Costedoat, « Saint-Front de Périgueux : vers la cathédrale idéale », Le Festin, no 50,‎ juin 2004 (lire en ligne)
  6. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 174.
  7. a et b Aubert 1928, p. 6.
  8. Aubert 1928, p. 10.
  9. a et b Aubert 1928, p. 3.
  10. Aubert 1928, p. 11.
  11. a et b Aubert 1928, p. 22.
  12. Aubert 1928, p. 21.
  13. a, b et c « La cathédrale Saint-Front », sur www.franciae.fr (consulté le 19 janvier 2013).
  14. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 43.
  15. Laroche 1999, p. 267-280.
  16. Nathalie André et Françoise Perret, Du noir à l'or, conserver, restaurer, valoriser,  éd. de la Lauze,‎ 2006, 166 p. (ISBN 978-2-912032-84-3, présentation en ligne)
  17. « Abords de la cathédrale Saint-Front : début des travaux », Périgueux le magazine des Périgourdins, no 20,‎ juillet/août/septembre 2013, p. 8.
  18. Hervé Chassain, « Ça se passera (peut-être) en 2014 », Sud Ouest, no 21547,‎ 6 janvier 2014, p. 14-15.
  19. « Aménagements des abords de la cathédrale Saint-Front », Périgueux le magazine des Périgourdins, no 22,‎ janvier/février/mars 2014, p. 7.
  20. « L'aménagement des abords de la cathédrale Saint-Front dans sa deuxième phase », À Périgueux, no 1,‎ mai 2014, p. 10.
  21. a et b Verneilh-Puyraseau 1851, p. 26.
  22. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 57.
  23. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 25.
  24. a, b, c, d, e et f « Extérieur de la cathédrale », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 22 janvier 2013).
  25. a et b Verneilh-Puyraseau 1851, p. 75.
  26. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 145.
  27. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 146.
  28. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 51.
  29. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 52.
  30. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 53.
  31. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 54.
  32. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 66.
  33. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 36.
  34. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 37.
  35. a et b Verneilh-Puyraseau 1851, p. 38.
  36. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 41.
  37. a et b Verneilh-Puyraseau 1851, p. 6.
  38. Aubert 1928, p. 4.
  39. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 65.
  40. a, b, c, d, e, f, g et h « Intérieur de la cathédrale Saint-Front », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 20 janvier 2013).
  41. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 69-70.
  42. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 71-72.
  43. « Les monuments et les tronçons de chemins », sur le site des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle de l'UNESCO (consulté le 4 février 2013).
  44. « Notice no PM24000269 », base Palissy, ministère français de la Culture. Consulté le 4 février 2013.
  45. Verneilh-Puyraseau 1851, p. 91.
  46. a, b, c, d et e « Les vitraux de la cathédrale Saint-Front », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 20 janvier 2013).
  47. a et b « Le cloître de la cathédrale Saint-Front », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 20 janvier 2013).
  48. Guy Penaud : Le grand livre de Périgueux. Périgueux, La Lauze, 2003, p. 475
  49. a et b « L'orgue et le carillon de la cathédrale », sur le site des Amis de la Cathédrale Saint-Front de Périgueux (consulté le 20 janvier 2013).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]