Albéric Magnard

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Albéric Magnard

Description de l'image  Lucien_Albéric_Magnard.jpg.
Nom de naissance Lucien Denis Gabriel Albéric Magnard
Naissance
Paris, Drapeau français Empire français
Décès (à 49 ans)
Baron, Drapeau français France
Activité principale Compositeur de musique classique
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Théodore Dubois, Jules Massenet
Enseignement Schola Cantorum

Lucien Denis Gabriel Albéric Magnard, né à Paris, dans le 18e arrondissement, le [1] et mort à Baron, dans l'Oise, le , est un compositeur français, parfois surnommé le « Bruckner français ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Francis Magnard (1837-1894), rédacteur en chef du Figaro, et d'Émilie Bauduer (1837-1869), Albéric Magnard perdit sa mère à l'âge de 4 ans. Son père se remaria avec Olympe Broye[2]. Albéric fit des études de droit avant d'entrer au Conservatoire de Paris en 1886 ou 1887, après avoir vu une représentation de Tristan et Isolde à Bayreuth. Il y devint l'élève de Théodore Dubois et Massenet. Il étudia par la suite pendant quatre années avec Vincent d'Indy, dont l'amitié ne se démentira pas, en dépit d'opinions politiques et religieuses divergentes.

Le 15 février 1896, Albéric épousa Julia Maria Créton à Paris[3], avec laquelle il eut deux filles, Ève (1901[4]-1980) et Ondine (1904-?). Il dédia à sa femme son Hymne à Vénus. La même année il composa sa troisième (et plus célèbre) symphonie, et commença à enseigner le contrepoint à la Schola Cantorum, fondée à Paris en 1894 par Bordes, Guilmant et d'Indy.

Son œuvre comporte 21 opus. Il composa quatre symphonies — à l'orchestration riche, digne de César Franck, dont la Symphonie n° 3 op. 11 (1895/6) et la majestueuse Symphonie n° 4 (1911-1913) — un Chant funèbre op. 9 pour orchestre (1895), très émouvant, dédié à la mémoire de son père, une sonate pour violon et piano qui fut souvent interprétée par Eugène Ysaÿe et Raoul Pugno, une sonate pour violoncelle, un trio avec piano, un quatuor à cordes, un quintette pour vents et piano ainsi que des œuvres lyriques (Yolande, opéra en un acte terminé en 1892, Guercœur, et Bérénice, tragédies en musique terminées respectivement en 1900 et 1909. Bérénice fut représenté en 1911). Maurice Boucher, ancien élève de l'École normale supérieure, consacra un livre à cet opéra au lendemain de la Première Guerre mondiale. Albéric Magnard écrivit par ailleurs quelques chroniques musicales pour Le Figaro.

En 1914, il fut tué après avoir tenté de repousser des Allemands de son manoir de Baron, dans l'Oise. Le manuscrit de deux des trois actes de Guercœur ainsi que tous les exemplaires de Yolande furent détruits. Guy Ropartz, son ami depuis le Conservatoire, reconstitua par la suite la partition de Guercœur à partir de la réduction pour piano déjà publiée et de ses souvenirs de la représentation du troisième acte qu'il avait dirigée en 1908. Guercœur fut représenté pour la première fois en 1931 à l'Opéra de Paris.

Mort pour la France, il est enterré au cimetière de Passy. En 1927, une rue du 16e arrondissement de Paris, la rue Richard-Wagner, a reçu le nom de rue Albéric-Magnard.

La vie de Magnard fut marquée par un certain nombre d'engagements : il dédia sa quatrième symphonie à une organisation féministe et démissionna de l'armée en tant que dreyfusard après avoir écrit son Hymne à la justice en soutien au capitaine Dreyfus.

« D'un caractère plutôt méditatif, fier, altier, Albéric Magnard fut toute sa vie suspicieux des expressions d'admiration, hors celles issues de son petit cercle d'amis. Fait plus dommageable, il est connu pour s'être exclamé un jour : “L'artiste qui ne puise pas sa force dans l'abnégation est ou près de sa mort ou près du déshonneur.” Bref, il fit tout pour être ignoré du grand public. Et c'est ce qui lui advint. De tous les compositeurs français de son époque, il est certainement le plus méconnu. Son œuvre pourtant, outre qu'elle constitue un jalon essentiel sur le chemin qui mène du XIXe au XXe siècles (on songe, par exemple, à l'aspect “stravinskien” de la sonate pour violoncelle), est magnifique. »

— D'après Francis Pott, présentation des symphonies nos 3 et 4 - Hyperion

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres symphoniques
Œuvres lyriques
Musique de chambre

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Bibliographie commentée[modifier | modifier le code]

La vie de Magnard donna lieu a une première biographie de Gaston Carraud (La vie, la mort et l'œuvre d'Albéric Magnard, chez Rouart et Lerolle, 1921. En 2001 Simon-Pierre Perret et Harry Halbreich ont publié une importante biographie chez Fayard, accompagnée de commentaires analytiques des œuvres et de citations musicales (ISBN 978-2213608464).

Des études ont été réunies dans un numéro spécial de la revue Zodiaque (revue de l'Abbaye de la Pierre-qui-Vire), en 1986 (no 147). Les quatre symphonies avaient donné lieu quant à elles à une étude fouillée et accessible, par le musicologue Jean Maillard (1926-1985), dans Musiciens de France, numéro spécial de la Revue Musicale (1979), travail d'un pionnier, qui anticipe sur la redécouverte de Magnard par le chef d'orchestre Michel Plasson.

L'œuvre lyrique d'Alberic Magnard a été étudiée par Frédéric Ducros, dans une thèse de musicologie non publiée. Sa correspondance a été publiée par Claire Vlach (Société française de musicologie, 1997), petite-fille du compositeur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 18/1904/1865, sur l'acte, la profession de son père est : homme de lettres (consulté le 20 juin 2012)
  2. Acte n°1105 du 10/12/1879 à Paris 17ème, Archives de Paris en ligne
  3. à Paris 20ème, Acte n°148, registre V4E10714, Archives de Paris en ligne
  4. née à Paris 16ème le 02/03/1901, acte n°278 du 05/03, Archives de Paris en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]