Eugène Ysaÿe

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Eugène Ysaÿe

alt=Description de l'image Eugène Ysaÿe part.jpg.
Naissance 16 juillet 1858
Liège, Belgique
Décès 12 mai 1931 (à 72 ans)
Bruxelles, Belgique
Lieux de résidence Liège, Paris, Bruxelles et autres villes
Activité principale Compositeur
Violoniste
Chef d'orchestre
Style Néo romantique
Classique
Activités annexes Maître de Chapelle de la Cour de Belgique
Années d'activité 1880-1931
Formation Conservatoire royal de Liège, Conservatoire royal de Bruxelles
Maîtres Désiré Heynberg, Rodolphe Massart, Henryk Wieniawski, Henri Vieuxtemps

Eugène Ysaÿe, né le 16 juillet 1858 à Liège[1] et mort le 12 mai 1931 à Bruxelles[1], est un violoniste, compositeur et chef d'orchestre belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugène Ysaÿe naît dans un modeste deux pièces situé rue Sainte-Marguerite d'une famille originaire de Soumagne. Son grand-père était artisan et violoniste amateur, son père fut chef d'orchestre.

Il commence ses études de violon à l’âge de cinq ans, avec son père, Nicolas, chef d'orchestre au Pavillon de Flore. À sept ans, il entre au Conservatoire de Liège, dans la classe de Désiré Heynberg (1831-1897), d’où on l’expulse au bout de quatre ans à cause de critiques du père concernant les cours et insubordination notoire. Il s'installe dans une cave pour travailler. Henri Vieuxtemps passe dans la rue et l'entend jouer, il prend alors le garçon en charge, le fait travailler et réussit à le faire réintégrer au conservatoire dans la classe de Rodolphe Massart (1840-1914). À l'âge de quinze ans, il obtient son diplôme de fin d’études. Par l’intermédiaire de Vieuxtemps, il reçoit une bourse pour travailler avec Henryk Wieniawski à Bruxelles (qui y avait remplacé Vieuxtemps, devenu paralysé d'un bras). Il part au bout de deux ans pour Paris afin de travailler avec Vieuxtemps qui y résidait alors.

En 1879, le violoniste allemand Joseph Joachim l'introduit dans la vie musicale de la ville de Cologne, où il interprète, avec Clara Schumann, la Sonate en ut mineur de Ludwig van Beethoven. En 1880, il est premier violon à l'Orchestre promenade de Benjamin Bilse, à Berlin, orchestre dont sera issu, plus tard, l'Orchestre philharmonique de Berlin. Toujours à Berlin, Franz Liszt et Anton Rubinstein viennent écouter celui qu'ils appelaient « der famose Kerl » (Ysaÿe avait fait leur connaissance à Paris en 1876, au cours des soirées musicales chez Vieuxtemps, et une admiration mutuelle s'était développée). À partir de 1881, il entreprend des tournées de concerts avec Anton Rubinstein entre autres en Russie, en Norvège, où il rencontre Edvard Grieg, et à Paris. Là, il se lie d’amitié avec son compatriote liégeois César Franck qui composa pour lui sa célèbre sonate (en cadeau de mariage).

Il joua de la musique de chambre avec Hugo Becker et Ferruccio Busoni qui formèrent un trio avec piano.

L'élève de Franck, Ernest Chausson, lui dédie quant à lui son Poème pour violon et orchestre et son Concert pour violon, piano et quatuor à cordes. D’autres musiciens célèbres lui dédient aussi de nombreuses œuvres, Claude Debussy son quatuor, Camille Saint-Saëns une sonate, Gabriel Fauré son second quintette, Edward Elgar, et de nombreux compositeurs belges (Joseph Jongen, etc.). Au cours de ses voyages à Vienne et Bordeaux, il attire beaucoup l’attention avec entre autres, son interprétation du Poème de Chausson qu'il impose dans ses programmes, allant même jusqu'à refuser de jouer si les organisateurs n'incluent pas l'œuvre.

En 1894, il crée et dirige les Concerts Ysaÿe à Bruxelles, ainsi que le Quatuor à cordes Ysaÿe, avec Mathieu Crickboom au second violon. La même année, il se produit aux États-Unis. De 1886 à 1898, il est professeur au Conservatoire royal de Bruxelles. Ses plus prestigieux élèves sont Josef Gingold, William Primrose, Louis Persinger, Alberto Bachmann et Mathieu Crickboom. De 1918 à 1922, il accepte le poste de chef permanent de l'orchestre symphonique de Cincinnati.

Ses instruments personnels sont d'abord un Stradivarius, l'Hercule, qui lui fut volé au cours d'un concert en Russie et un Guadagnini. Plus tard, il joue sur un Guarnerius del Gesù de 1740 (qui fut ensuite la propriété d'Isaac Stern).

Sépulture d'Eugène Ysaÿe[2]

Nommé "Maître de Chapelle de la Cour de Belgique" par le Roi Albert 1er de Belgique, il devint très tôt le conseiller musical de la Reine Élisabeth de Belgique et le concours créé par celle-ci, qui portait d’abord le nom de "Concours Ysaÿe", fut appelé en 1951 Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique (CMIREB).

Chapelle musicale Reine Élisabeth[3] : son origine est liée à deux fortes personnalités : la Reine Élisabeth, élève d'Ysaÿe et soucieuse d'aider les jeunes talents et Eugène Ysaÿe, un des plus grands violonistes et compositeurs de son époque.

Peu avant sa mort, il put encore entendre, de son lit d'hôpital, la retransmission en direct de la création de sa dernière œuvre, un opéra en langue wallonne : Pier li Houyeu. Il put même, grâce à un duplex avant-gardiste (1931) organisé par la Reine Élisabeth, s'adresser directement au public du Théâtre royal de Liège, tandis que son portrait était projeté sur un grand écran.

Eugène Ysaÿe a été choisi comme un des "Cent Wallons du siècle", par l'Institut Jules Destrée, en 1995.

Il est inhumé au cimetière d'Ixelles.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Théo Ysaÿe (né en 1865 à Verviers - décédé le 23 mars 1918 à Nice), frère d'Eugène, pianiste et compositeur, a fait ses études musicales aux conservatoires de Liège, de Berlin et de Paris. Il fut pendant quelque temps l'accompagnateur de son frère mais, de santé fragile, il ne pouvait pas suivre le rythme des tournées de concerts et s'est consacré à la composition. Il était professeur au conservatoire de Genève et nous a laissé un grand nombre de compositions peu éditées.
  • Antoine Ysaÿe, un de ses fils (1894-1979) : biographe de son père; organisateur des Concerts Ysaÿe - Conseiller technique à la SABAM - Président de la Fondation Ysaÿe.
  • Serge Ysaÿe (né en 1919, décédé en 2007 à Bruxelles), docteur en médecine, petit-fils d'Eugène Ysaÿe, fils aîné d'Antoine Ysaye.
  • Jacques Ysaÿe, chef d'orchestre à la télévision belge sous le nom de Jack Say, est le petit-fils d'Eugène. Compositeur, il remporta la "Gondole d'or" de Venise avec son Caprice Jazz pour violon et grand orchestre. Il a orchestré le 8e Concerto pour violon et orchestre à cordes de son grand-père, et Paganini Variations, notamment.
  • Michel Ysaÿe, né en 1934, est le troisième petit-fils d'Eugène Ysaÿe. Il s'attelle à perpétuer la mémoire de son grand-père par l'intermédiaire des réseaux sociaux et réunit des documents iconographiques et autres concernant Eugène Ysaye dans le but de les mettre à la disposition du public.
  • Marc Ysaÿe, batteur du groupe rock Machiavel et directeur des programmes de Classic 21, une des radios de la RTBF, est l'arrière-petit-fils d'Eugène.
  • Delphine Ysaÿe alias "Delphine Pointbarre", arrière-arrière-petite-fille d'Eugène est comédienne ainsi qu'animatrice radio et télé.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Buste d'Eugène Ysaÿe au Boulevard Piercot à Liège

De nombreuses œuvres pour violon et orchestre dans une forme qu'il affectionnait particulièrement: le poème.

  • Poème élégiaque, op. 12 (Roméo & Juliette) pour violon et orchestre (qui servit de modèle à Chausson pour son propre poème dédié à Ysaÿe) ;
  • Scène au rouet, op. 13 pour violon et orchestre ;
  • Rêve d'enfant, op. 14 pour violon et orchestre réduit ou piano;
  • Chant d'hiver, op. 15 pour violon et orchestre ;
  • Poème de l'Extase, op. 21 pour violon et orchestre ;
  • Poème de l'amitié, op. 26 pour 2 violons et orchestre ;
  • Poème Nocturne, op. 29 pour violon, violoncelle et orchestre ;
  • Harmonie du soir, op. 31 pour quatuor solo et orchestre à cordes ;
  • Exil!, op. 25 pour orchestre à cordes sans basses.

Et encore une "Fantaisie pour violon et orchestre, op. 43, un Divertimento, op. 24 (dont son petit-fils s'est servi pour réaliser un "concerto d'après deux poèmes", en y intercalant le dernier mouvement du poème de l'Extase comme adagio), deux trios à cordes, un quintette dont son petit-fils tirera un "concerto n°8" pour violon et orchestre à cordes et enfin de nombreuses petites pièces de moindre importance, mais qui n'en sont pas moins belles (Rêve d'enfant, op. 16, Berceuse de l'enfant pauvre, op. 20, Les Neiges d'antan, op. 23, mazurkas, etc.)

Affaibli par le diabète, il ne put achever son second opéra La vièrge di pièr (La Vierge de pierre).

Mémoire[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Maxime-Benoît Jeannin
Eugène Ysaÿe : Le dernier romantique ou Le sacre du violon (page de titre)
  • José Quitin, Eugène Ysaÿe, étude biographique et critique, Genève, Bosworth,‎ 1938
  • Ernest Christen, Ysaÿe, Genève, Labor et Fides,‎ 1946
  • Antoine Ysaÿe, Eugène Ysaÿe : sa vie, son œuvre, son influence, Bruxelles, l'Écran du Monde,‎ 1947
  • Michel Stockhem, Eugène Ysaÿe et la musique de chambre, Liège, Pierre Mardaga,‎ 1990
  • Maxime-Benoît Jeannin, Eugène Ysaye : Le dernier romantique ou Le sacre du violon, Bruxelles : Le Cri, 1989 (ISBN 2-87106-021-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1206
  2. L'inscription se lit: "Monument érigé par le Comité national belge de la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique.
  3. (en) Site officiel de la Chapelle musicale Reine Élisabeth
  4. Kraggerud H, Monsen B, Tomter LA, Ree OE, notice de l'enregistrement de la sonate pour deux violons par Kraggerud et Monsen, éditions Naxos

Liens externes[modifier | modifier le code]

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