Le Tombeau de Couperin

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Le Tombeau de Couperin
Image décrite ci-après
Couverture de la première édition
dessinée par Ravel lui-même.

Genre Suite de six pièces
Musique Maurice Ravel
Effectif piano seul
Dates de composition non datée,
achevée en 1917
Création 11 avril 1919
Salle Gaveau (Paris)
Interprètes Marguerite Long (piano)

Le Tombeau de Couperin est une suite de six pièces pour piano de Maurice Ravel composée entre 1914 et 1917 et créée le 11 avril 1919 par Marguerite Long à la Société de Musique Indépendante (salle Gaveau). Quatre de ces pièces furent ensuite orchestrées par l'auteur en 1919 et jouées pour la première fois le 28 février 1920.

Genèse[modifier | modifier le code]

Œuvre intemporelle, Le Tombeau de Couperin ancre profondément Ravel dans la tradition française initiée par François Couperin ou Jean-Philippe Rameau. Le mot Tombeau dans le titre fait référence à un hommage poétique et musical en usage au XVIIIe siècle. Le compositeur honorait ainsi François Couperin « le Grand », mais aussi toute la musique baroque française de ce siècle.

Mûrie dès 1914, l'œuvre fut presque entièrement composée en 1917 alors que Ravel, malade, était démobilisé. Le caractère apaisé de l'œuvre contraste avec la période tourmentée de sa composition.

Chacune des six pièces est dédicacée à des amis du musicien, tombés au feu au cours de la Première Guerre mondiale.

I
Prélude Vif 12/16
noire pointée = 92
mi mineur à la mémoire du lieutenant Jacques Charlot[note 1]
II
Fugue Allegro moderato 4/4
noire = 84
mi mineur à la mémoire de Jean Cruppi[note 2]
III
Forlane Allegretto 6/8
noire pointée = 96
mi mineur à la mémoire du lieutenant Gabriel Deluc[note 3]
IV
Rigaudon Assez vif 2/4
[note 4]
do majeur à la mémoire de Pierre et Pascal Gaudin[note 5]
V
Menuet Allegro moderato 3/4
noire = 92
sol majeur à la mémoire de Jean Dreyfus[note 6]
VI
Toccata Vif 2/4
noire = 144
mi majeur à la mémoire du capitaine Joseph de Marliave[note 7]
Maison où Ravel composa Le Tombeau de Couperin

L’œuvre pour piano[modifier | modifier le code]

La Forlane (dans le style de Scarlatti) et la Toccata (cette dernière d'une grande virtuosité) sont les plus caractéristiques. L'exécution de l'œuvre dans sa version pour piano réclame environ vingt minutes. La Forlane du Tombeau de Couperin doit moins à Scarlatti qu'à Couperin. Il s'agit incontestablement d'une transcription de la forlane du 4e concert royal de ce compositeur. Ravel lui-même s'en explique dans une lettre à Cipa Godebski datée d'avril 1914[1].

L'adaptation pour orchestre symphonique[modifier | modifier le code]

Prélude, Forlane, Menuet et Rigaudon, 1919, 28 février 1920 (Concerts Pasdeloup) ± 16 '

Écrit pour petit orchestre symphonique, le Tombeau de Couperin est un chef-d'œuvre d'orchestration, proche du concerto pour orchestre tant les parties individuelles sont solistiques, particulièrement celle du 1er hautbois.

Instrumentation du Tombeau de Couperin
Cordes
Violons I,

Violons II,

Altos,

Violoncelles,

Contrebasses,

Harpe.

Bois
2 flûtes, l'une jouant du piccolo

2 hautbois, l'un jouant du cor anglais,

2 clarinettes en La et en Sib,

2 bassons.

Cuivres
2 cors en Fa,

1 trompette en Ut,

Près de 80 ans plus tard, le pianiste et chef d'orchestre hongrois Zoltán Kocsis entreprit d'orchestrer les deux pièces restantes, la Fugue et la Toccata[2].

Partitions[modifier | modifier le code]

  • WIMA Partition de la Toccata.
  • IMSLP Partitions complètes pour piano.
  • IMSLP Partitions complètes pour orchestre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Transcripteur de Ma Mère l'Oye pour piano solo et également dédicataire du second mouvement d’En blanc et noir de Claude Debussy
  2. Fils de la dédicataire de L'Heure espagnole
  3. Peintre basque de Saint-Jean-de-Luz
  4. Exceptionnellement, Ravel n'a pas indiqué de mouvement métronomique
  5. Deux frères, amis d'enfance de Ravel, morts ensemble au front le 12 novembre 1914.
  6. Beau-fils de la mère de Roland-Manuel. Voir aussi [1]
  7. Musicologue et époux de Marguerite Long

Références[modifier | modifier le code]