Bataille de Cuito Cuanavale

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Bataille de Cuito Cuanavale
Informations générales
Date Du 12 au 20 janvier 1988
Lieu Angola
Issue
Belligérants
Afrique du Sud

UNITA

Angola

Cuba

Commandants
Pieter Botha
Forces en présence
7 000 soldats sud Africains
10 000 combattants de l'UNITA
20 000 soldats angolais

5 000 soldats des Forces Armées Révolutionnaires cubaines

Pertes
Afrique du Sud :

31 soldats
3 tanks
5 vécules blindés
3 avions

4 600 soldats
94 tanks
100 véhicules blindés
9 avions
+ autres équipements militaires
Coordonnées 15° 09′ 50″ S 19° 10′ 23″ E / -15.16388889, 19.1730555615° 09′ 50″ Sud 19° 10′ 23″ Est / -15.16388889, 19.17305556  

Descriptif[modifier | modifier le code]

Blindé (Ratel 90) de l'armée sud-africaine

La bataille de Cuito-Cuanavale est une bataille ayant eu lieu lors de la guerre civile angolaise, liée à la guerre sud-africaine de la frontière et qui opposa, en Angola du 12 au 20 janvier 1988, les soldats angolais et cubains aux combattants de l'UNITA, soutenus par l'armée sud-africaine (South African Defence Force). Elle constitue la plus importante bataille engagée sur le continent africain depuis la Seconde Guerre mondiale et fut un élément déclencheur du règlement de la situation politique de la Namibie.

La bataille de Cuito-Cuanavale met aux prises 7 000 soldats de l'armée sud-africaine, 10 000 combattants de l'UNITA contre 20 000 soldats angolais et 5 000 soldats des Forces Armées Révolutionnaires cubaines.

Elle se solde par un échec relatif de toutes les forces engagées, en dépit des proclamations de victoire des uns et des autres, et marque les limites de la solution militaire. Au nombre impressionnant de soldats angolais et cubains tués répond l'absence de conquête territoriale de l'UNITA qui échoue à prendre la ville aux Cubains.

Le gouvernement sud-africain de Pieter Botha est quant à lui mis alors sur la sellette dans les médias sud-africains et par l'opinion publique sud-africaine à propos de l'engagement de ses forces armées dans un pays lointain ne menaçant pas directement sa sécurité nationale, ayant entraîné la mort (officiellement) de trente et un soldats ainsi que des dépenses considérables.

Le Conseil sud-africain de sécurité nationale tergiverse alors entre une solution négociée et une guerre totale à l'issue incertaine contre l'Angola et la SWAPO (mouvement national namibien installé en Angola), nécessitant un investissement financier, humain et militaire important, pouvant aboutir au pire des cas au siège de la capitale angolaise et à une occupation militaire effective de la moitié du territoire. Au vu des contacts établis depuis 1985 avec la SWAPO, du soutien des États-Unis à la solution dit du « linkage » (indépendance de la Namibie contre retrait cubain d'Angola) et de l'avancement des négociations avec l'Angola entrepris depuis 1984, c'est la solution négociée qui logiquement l'emporte au sein du conseil de sécurité.

Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba. Parmi ceux-ci, la mise en œuvre de la résolution 435 prévoyant des élections en Namibie sous le contrôle des Nations unies en contre-partie du repli du contingent cubain.

Le protocole de Genève est signé le 5 août. Les 8 et 12 août, l'Afrique du Sud et la SWAPO, mouvement national namibien installé en Angola, acceptent la cessation des hostilités l'un envers l'autre et le 22 août, l'accord de paix est signé entre l'Angola et l'Afrique du Sud à Ruacana.

Le secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar se rendit alors aux Union Buildings de Pretoria pour préparer l'accord de Brazzaville qui aboutit à la signature du 22 décembre préparant le calendrier de la mise en œuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d'Angola.

Témoignage[modifier | modifier le code]

Selon le colonel Dean Ferreira, chef des opérations militaires de la SADF en Angola, « si la défaite pour l'Afrique du Sud signifie la mort de trente et un soldats, la perte de trois tanks, de cinq véhicules blindés et de trois avions, alors il y a bien une défaite. Si la victoire pour la FAPLA et les Cubains signifie la mort de 4 600 de leurs soldats, la perte de 94 tanks, de 100 véhicules blindés, de 9 avions et d'autres équipements militaires d'origine soviétique d'un montant estimé à 1 milliard de rands, alors ils ont gagné »[1].

Remarque : Ce "témoignage" est en réalité un communiqué de victoire déguisé. Si, comme l'affirment les Sud-Africains, ils ont vraiment subi des pertes en hommes 150 fois inférieures à celles de leurs ennemis, et de trois (avions) à trente (chars) inférieures en ce qui concerne le matériel, on s'explique mal qu'ils ait arrêté leur offensive...[réf. insuffisante]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colonel Dean Ferreira, chef des opérations militaires de la SADF en Angola ; Paratus (magazine de la SADF), mars 1989, p.14

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

  • Christian Bader, La Namibie, Karthala, 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]