Arnaldo Ochoa Sánchez

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Arnaldo Ochoa Sánchez (né en 1930 - fusillé le 13 juillet 1989) était un général de division de l'armée cubaine. Compagnon de route de Fidel Castro, il est exécuté pour « haute trahison à la patrie ». Il est accusé avec plusieurs hauts officiers du ministère de l'Intérieur (dont le ministre lui-même) de corruption et de trafic de drogue[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ochoa est né à La Havane d'une famille de paysans. Il a fait partie dès le début des premiers partisans de Fidel Castro lors de la révolution cubaine dans les années 1950. Dès mars 1957 il rejoint la guérilla castriste dans les montagnes de la Sierra Maestra pour combattre les forces du dictateur Fulgencio Batista. Ochoa a joué un rôle majeur dans la chute de Santa Clara et devient un ami proche de Raúl Castro. Il a également été un combattant actif lors des événements de la baie des Cochons.

Dans les années 1960 Ochoa dirige une insurrection communiste au Venezuela mais il échoue dans ses manœuvres.

En 1965 il devient membre du parti communiste cubain, parti dont il fut un membre du comité central pendant plus de 20 ans. Il s'occupe de mettre en place une école militaire au Cuba et part lui-même se former en Union soviétique. Entre 1967 et 1969 il s'occupe de l’entraînement des rebelles congolais.

En 1975 Ochoa se voit confier une mission périlleuse en Angola pour engager, au côté du FNLA, des combats à Luanda. Il gagne de cette campagne le respect et l'estime des commandants soviétiques et cubains. En 1977 il est nommé commandant des forces expéditionnaires cubaines en Éthiopie sous le commandement du général soviétique Petrov. Ses succès contre l'armée somalienne ont impressionné le commandement soviétique sur le champ de bataille. En 1980 Ochoa est considéré comme un grand internationaliste et a été récompensé du titre de « héros de la révolution cubaine » par Fidel Castro.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1986 les guerres du régime castriste étaient financées par le soutien inconditionnel de l'Union soviétique. Mikhaïl Gorbatchev, qui renoue des relations amicales avec les États-Unis, cesse alors d'assister le régime du petit frère cubain. Ainsi la poursuite de la guerre d'Angola et l'entretien du corps expéditionnaire cubain doit être supporté uniquement par Cuba, complètement exsangue d'aide extérieure et sous embargo strict. Jusqu'en 1987 les troupes cubaines en Angola sont en perdition et Arnaldo Ochoa Sanchez, considéré comme le meilleur général cubain, prend le commandement des troupes cubaines pour sauver la situation. Sans réel soutien matériel de Cuba, il est amené à différents petits trafics[2].

Il parvient, avec ses 70 000 soldats, à renverser la situation et à mettre en retraite les rebelles angolais et l'armée sud-africaine, supportés financièrement et militairement par la CIA. En décembre 1988, des accords de paix entre les belligérants sont signés, et Ochoa Sanchez rentre à Cuba. Il est à ce moment prédestiné à prendre le commandement de l'« armée occidentale », le contingent militaire principal de Cuba, chargé de la défense directe du pays.[réf. nécessaire]

Son procès[modifier | modifier le code]

Le 12 juin 1989, le ministre des forces armées révolutionnaires annonce l'arrestation et l'enquête portant sur le général de division Arnaldo Ochoa Sanchez, soupçonné de corruption, de détournements de fonds et de trafic de drogue en lien notamment avec Pablo Escobar[3].

Dès le 16 juin il est jugé avec quelques autres officiers par un tribunal d'honneur militaire. Le procès est médiatisé par le gouvernement cubain qui bouscule les programmes de la télévision nationale pour diffuser en léger différé[réf. nécessaire] les audiences jour après jour. Devant le tribunal, Ochoa, qui apparaît visiblement épuisé, reconnaît sa culpabilité. L'un après l'autre, 47 officiers réclament la peine de mort[réf. nécessaire]. À l'issue de son procès militaire il est déclaré coupable et condamné à être fusillé avec trois autres officiers, le colonel Antonio de la Guardia, le capitaine Jorge Martinez et le major Amado Padrón. Le ministre de l'Intérieur, José Abrantes, est condamné à vingt ans de prison pour complicité et meurt en détention le 21 janvier 1991. Le 9 juillet 1989, le Conseil d'État ratifie les sentences à l'unanimité[1].

Selon certaines sources[Lesquelles ?], les deux procès d'Ochoa seraient similaires aux sinistres procès de Moscou staliniens. Ils auraient été conçus pour l'éliminer, détruire son image et le coiffer du chapeau d'un trafic de drogue destiné à procurer des devises à l'État cubain. Ils auraient permis aux frères Castro de réaffirmer leur pouvoir et d'éliminer la vague de perestroïka et de glasnost qui touche l'ensemble des pays communistes à cette période.[réf. nécessaire]

Le 13 juillet 1989 Arnaldo Ochoa et les trois autres officiers sont fusillés par un peloton d'exécution. Une simple déclaration est parue dans le journal Granma le lendemain pour annoncer les exécutions.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ignacio Ramonet, Fidel Castro : Biographie à deux voix, Éditions Fayard, Paris 2007, page 619 et 620
  2. Conversation au clair de lune. Jean Edern Hallier, Fidel Castro. Castro reconnait "le groupuscule du ministère (de l'intérieur) qui s'est lancé dans cette affaire (de drogue) ne l'a pas fait dans un but d'enrichissement personnel mais dans le but d'aider le pays.
  3. Ignacio Ramonet, Fidel Castro : biographie à deux voix, Éditions Fayard, Paris 2007, page 341 et 342

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]