Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont

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Cathédrale Notre-Dame
de l'Assomption de Clermont
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Clermont (siège)
Style dominant Roman (crypte)
Gothique (reste de l'édifice)
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Coordonnées 45° 46′ 43″ N 3° 05′ 09″ E / 45.778727, 3.08576645° 46′ 43″ Nord 3° 05′ 09″ Est / 45.778727, 3.085766  

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Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Clermont

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Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Clermont

La cathédrale gothique Notre-Dame de l’Assomption à Clermont-Ferrand fut précédée, au même emplacement, de trois sanctuaires chrétiens. La majeure partie de sa construction actuelle date du XIIIe siècle.

Elle se trouve au sommet de la butte centrale qui forme le centre ancien de Clermont-Ferrand, sur la place de la Victoire, juste à côté de la statue du pape Urbain II, qui a lancé la première croisade au cours du concile de 1095.

Étapes de la construction[modifier | modifier le code]

Représentation moderne de Saint-Namacius (Namace) portant la première cathédrale (église Saint-Eutrope à Clermont-Ferrand).

Au Ve siècle, Saint Namace, un évêque de la cité des Arvernes, fit bâtir une première cathédrale obtenant ainsi que le culte chrétien sorte de ce qui était appelé par Grégoire de Tours le « vicus christianorum ». Il dédia cet édifice aux saints Vital et Agricol dont on fit venir les reliques de Ravenne. L'aspect de plan basilical nous est connu par la description qu'en fit Grégoire de Tours. Longue de 43 mètres, elle était ornée de marbre, possédait une nef et deux collatéraux plafonnés, un transept et soixante-dix colonnes. Elle fut détruite en 760 par Pépin le Bref.

Celui-ci, se repentant de son acte, donna une somme importante à l’évêque Haddebert pour financer sa reconstruction qui dura de 764 à 768. Ce second édifice fut à nouveau détruit par les Normands en 915.

L’évêque Étienne II fit bâtir une troisième cathédrale romane, qui fut consacrée en 946. Elle passa pour un modèle inégalé et servit probablement de prototype à de nombreuses églises en Auvergne.

La crypte date du Xe siècle ; elle comprend un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. Elle possède un sarcophage du IVe siècle en marbre blanc.

En 1248, l'évêque Hugues de la Tour décida de lancer le chantier d'une nouvelle cathédrale, s'inspirant de la Sainte-Chapelle qui avait fait son émerveillement lors d'un passage à Paris. Construire une église dans le prestigieux style gothique du Nord lui permettrait ainsi d'affirmer sa suprématie sur une ville qui avait été remise au pouvoir épiscopal juste quelques décennies auparavant. Notre-Dame-du-Port, inspirée de la cathédrale d'Étienne II serait alors de nouveau surpassée.

Façade

Le chantier fut confié à Jean Deschamps à qui l'on doit aussi les cathédrales de Narbonne et de Limoges. Inspiré par Beauvais et Amiens, il réalisa des plans originaux où les fenêtres n'occupent pas tout l'espace disponible entre les supports et ne possèdent pas d'arcs formerets, où les ogives sont à pénétration directe sous la voûte, où le plan elliptique des piliers du rond-point du chœur laisse toute la lumière des fenêtres absidiales pénétrer dans le sanctuaire et où d'ingénieux débords de la terrasse permettent de faire le tour des arcs-boutants.

La principale originalité de l'édifice est le matériau utilisé : la pierre de Volvic (de type trachy-andésitique) qui donne une couleur sombre et dont la résistance permit d'élever des piliers d'une grande sveltesse. Cette particularité lui valut le surnom moqueur de « Cathédrale des charbonniers » par les frères Goncourt[1]

Jean Deschamps travailla de 1248 à 1287 sur le chœur, dans lequel Saint-Louis vint marier son fils, le futur Philippe le Hardi, avec Isabelle d'Aragon. Le roi finança peut-être pour cette occasion, une partie des vitraux qui paraissent sortir du même atelier que ceux de la Sainte-Chapelle. Le chœur, le transept et le début de la nef sont achevés vers 1295.

Pierre Deschamps prit la succession de son père jusqu'en 1325, poussant les travaux au-delà de la croisée de transept. De 1325 à 1340, les tours des bras de transept furent élevées par un maître d'œuvre inconnu. L'une d'entre elles nous est familière : la tour de la Bayette, la plus haute, qui doit son nom au guetteur que l'on postait à son sommet (bayer voulait dire guetter). Elle est surmontée d'un gracieux campanile en fer forgé ouvragé à l'allure méridionale.

Les chapelles Sainte Madeleine et Sainte Agathe abritent de très rares peintures murales datant du XIIIe et XIVe siècle découvertes et restaurées en 1992-1993[2].

De 1340 à 1355, Pierre de Cébazat, connu pour avoir travaillé à la Chaise-Dieu, acheva les trois travées de la nef, qui permettaient de rejoindre les tours romanes de l'église d'Étienne II. Les troubles de la guerre de Cent ans ne lui laissèrent pas le temps d'achever son œuvre. Durant les années qui suivirent, le chapitre se contenta de faire sculpter un nouveau chambranle pour la porte de sa sacristie.

Vue de la place de la Victoire

La rose à dominante bleue placée au-dessus du portail nord date du XIVe siècle ainsi que celle à tonalité orangée qui surplombe le portail sud. Toutes les deux s’inscrivent dans un carré de 8,50 mètres de côté.

Entre 1444 à 1474, fut placé au-dessus du chœur le clocher dit « du retour », véritable dentelle de pierre ajourée. Il fut abattu après 1741.

Entre 1507 et 1512 fut élevée une haute toiture couverte de plomb, en remplacement du toit d'origine. Un projet de façade gothique flamboyant fut refusé par le chapitre car son coût était trop élevé.

Durant la Révolution, les révolutionnaires voulurent abattre l'église, mais le bénédictin Verdier-Latour réussit à les persuader qu'elle constituerait un excellent lieu de rassemblement populaire. Seuls jubé, stalles, autel, statues et mobilier, à l'exception du chandelier pascal de Philippe Caffieri, furent détruits et trois des tours des transepts furent rasées. La Bayette ne dut sa survie qu'à son utilité pratique : elle donnait l'heure !

La façade romane de la cathédrale d'Étienne II fut abattue en 1851.

Il fallut attendre 1866 pour que démarrent les travaux d'achèvement, réalisés d'après les plans de Viollet-le-Duc par son élève Anatole de Baudot. En 1884, la façade occidentale avec ses flèches et la dernière travée de la nef étaient enfin achevées dans le respect complet des méthodes de construction du Moyen Âge. Seule la taille un peu plus sèche des pierres marque la différence. Détail peu remarqué, l'intérieur de l'édifice fut entièrement peint en faux appareil. L'emmarchement d'accès sur la rue des Gras ne fut réalisé, quant à lui, qu'au tout début du XXe siècle. Détail curieux, lors de ces travaux la maison natale de Blaise Pascal fut détruite .

Description[modifier | modifier le code]

Plan de la cathédrale de Clermont

Les orgues[modifier | modifier le code]

Le grand orgue Merklin


La cathédrale de Clermont-Ferrand possède un grand orgue et un orgue de chœur, tous les deux construits par le facteur Joseph Merklin.

Le grand orgue a été construit en 1877, en remplacement d'un orgue Ducroquet dont il ré-utilise des éléments. Il comporte 42 jeux, répartis sur trois claviers et un pédalier. Modifié plusieurs fois au fil des décennies, l'orgue devenu partiellement néo-classique et classé Monument Historique[3] a été reconstitué dans sa disposition d'origine, sous la direction de la DRAC et par la manufacture Saby et Olaf Dalsbaek, de 2004 à 2009, à la suite de l'initiative du technicien-conseil Roland Galtier. Le grand orgue ayant ainsi perdu tous ses apports ultérieurs a été béni lors de la messe du dimanche 23 septembre 2012, avec le concours des organistes titulaires François Clément et Didier Coudert. À défaut de l'accord de la DRAC, l'instrument reste toujours en attente d'inauguration.

Un premier orgue de chœur avait déjà été construit par la manufacture Merklin-Schütze, en 1856. En 1887, Merklin construisit un nouvel orgue de chœur en conservant toutefois l'ancien buffet. L'ancienne partie instrumentale de 1856 intégra un nouveau buffet à la tribune de l'église Saint-Pierre-les-minimes de Clermont-Ferrand. L'actuel orgue de chœur de la cathédrale, de 17 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier, restauré en 2010 par la manufacture Simon, fût l'un des premiers instruments français à employer une transmission électro-mécanique (système "Schmoele & Mols").

Photos complémentaires[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ulysse, septembre-octobre 2009, p.11
  2. Yves Morvan. Des témoins ressuscités. Monuments Historiques, n°197, 1995, p. 30-33.
  3. Liste des orgues d'Auvergne classés Monuments Historiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome II-B), Robert Laffont, Paris (France) ; pp. 45–46.
  • François Collombet, Les plus belles cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris (France), ISBN 2-7098-0888-9, 1997; pp. 74–77.
  • Anne Courtillé, Auvergne, Bourbonnais, Velay gothiques, Éditions A. et J. Picard, Paris (France), ISBN 2-7084-0683-3, 2002; pp. 184–205.
  • Pierre Balme, Visite descriptive et historique de la cathédrale Notre Dame de Clermont-Ferrand, 1947.
  • Anne Courtillé, La cathédrale de Clermont, Nonette, Éditions Créer, 1999. ISBN 2-902894-94-5
  • Bernard Craplet, La cathédrale de Clermont, Lyon, 1976.
  • Bernard Craplet, Cathédrale de Clermont : Dossier du visiteur, Lyon, 1976 (complément du précédent ouvrage).
  • Henri Du Ranquet, La cathédrale de Clermont-Ferrand, Paris, 1928.
  • Yves Morvan. Des témoins ressuscités,peintures murales à la cathédrale de Clermont-Ferrand. Monuments Historiques, n°197, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]