Jean-Baptiste Massillon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Massillon.
Jean-Baptiste Massillon
Statue de Massillon ornant la fontaine Saint-Sulpice à Paris
Statue de Massillon, place de la République à Hyères, sa ville natale

Jean-Baptiste Massillon, né le 24 juin 1663 à Hyères et mort le 28 septembre 1742 à Beauregard-l'Évêque, est un homme d'Église français, évêque de Clermont en Auvergne.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il rejoignit la congrégation des oratoriens, présents à Hyères, sa ville de naissance, à l'âge de 18 ans et commença d'abord par enseigner dans les collèges de son ordre et au séminaire de Vienne. Ayant remarqué très tôt ses talents d'orateur, on fit appel à lui dès 1691 pour prononcer l'oraison funèbre de l'évêque de Vienne, Mgr Henri de Villars, puis ensuite celle de l'archévêque de Lyon, Mgr Camille de Neufville de Villeroy en 1693. Après ces "succès", il se réfugia à l'abbaye cistercienne de Septfonds. Le cardinal de Noailles, évêque de Paris, le rappela alors pour diriger le séminaire de Saint Magloire.

Très vite, il acquit une réputation de grand prédicateur, en 1700, il prêcha l’Avent à Versailles devant Louis XIV. Celui-ci, après avoir écouté un de ses sermons lui dit :

"Mon père, j'ai entendu plusieurs grands orateurs, J'en ai été content mais, après vous avoir entendu, je suis très mécontent de moi-même."[1]

La Marquise de Sévigné écrivait à son propos dans sa lettre du 3 mars 1704 :

"Le père Massillon réussit à la cour comme il a réussi à Paris ; mais on sème souvent dans une terre ingrate, quand on sème à la cour, c'est-à-dire que les personnes qui sont fort touchées des sermons, sont déjà converties, et les autres attendent la Grâce, souvent sans impatience ; l'impatience serait déjà une grande grâce."

Il prononça plusieurs oraisons funèbres, entre autres celles des princes du sang, le Prince de Conti (1709), le Dauphin (1711), et celle du roi (1715) qui commençait par ces mots :

"Dieu seul est grand, mes frères et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre".

Nommé évêque de Clermont en 1717, il fut élu membre de l’Académie française en 1718, en remplacement de l'Abbé de Louvois. Mais il ne s'y rendit qu'une seule fois, le 23 février 1719, jour de sa réception, préférant rester près de ses fidèles dans son diocèse.

En 1718, il prêcha les sermons du Petit carême devant Louis XV alors âgé de 8 ans.

Très apprécié dans son diocèse, il ne retourna à Paris qu’une seule fois pour prononcer à la basilique de Saint-Denis l’oraison funèbre de la duchesse douairère d'Orléans (la fameuse princesse Palatine), mère du Régent en 1722.

Au XVIIIe siècle, il fut souvent comparé à Bourdaloue et Bossuet. Ses sermons connurent de nombreuses éditions et ses Œuvres complètes furent plusieurs fois publiées au cours du XIXe siècle.

Voltaire, qui se faisait lire Le Petit carême pendant ses repas, disait de lui :

"Le prédicateur qui a le mieux connu le monde ; plus fleuri que Bourdaloue, plus agréable, et dont l’éloquence sent l’homme de cour, l’académicien, et l’homme d’esprit ; de plus, philosophe modéré et tolérant." [2]

En 1897, la ville de Hyères honora Massillon avec un monument réalisé pour la statue par William Pécou et pour le piédestal par Émile Eude qui y traça les armes de Hyères et de Clermont-Ferrand.

Il est un des 4 évêques prédicateurs représentés sur la Fontaine Saint Sulpice devant l'Église Saint-Sulpice (Paris 6) érigée par l'architecte Louis Visconti en 1847.

[modifier] Citations

Wikisource-logo.svg

Wikisource propose un ou plusieurs textes écrits par Jean-Baptiste Massillon.

  • "Nous sommes un mystère à nous-mêmes."
  • "Si nous ne naissons que pour les plaisirs des sens, pourquoi ne peuvent-ils nous satisfaire, et laissent-ils toujours un fonds d'ennui et de tristesse dans notre coeur ?"
  • "Tout ce qui fait la grandeur des rois sur la terre en fait aussi le danger."
  • "Nous disons sans cesse que le monde n'est rien, et nous ne vivons que pour le monde." (oraison funèbre du Grand Dauphin)

[modifier] Ouvrages sur Massillon

Jean-Baptiste Massillon.jpg
  • Abbé Blampignon : Massillon, d'après des documents inédits (Paris, 1879)
  • Abbé Blampignon : L'Épiscopat de Massillon d'après des documents inédits, suivi de sa correspondance (Paris, 1884)
  • D'Alembert : Eloge de Jean-Baptiste Massillon
  • Chateaubriand : Chapitre III du Génie du christianisme
  • Ferdinand Brunetière : L'Éloquence de Massillon in "Études critiques" (Paris, 1882)
  • Père Ingold : L'Oratoire et le jansénisme au temps de Massillon (Paris, 1880)
  • Michel Cohendy, « Correspondances, Décisions, Ordonnances et autres œuvres inédites de Jean-Baptiste Massillon, Évêque de Clermont », in "Bulletin Historique et Scientifique de l’Auvergne", 1882, tome XXIV, pp.145-320.
  • Marcel Laurent, « J. Soanen et J.-B. Massillon », in "Chroniques de Port Royal", 1975, pp.41-100.
  • Marcel Laurent, « Massillon et le Cardinal de Bissy », in "Etudes sur Massillon", Institut d’Études du Massif Central, 1975.

[modifier] Notes et références

  1. cité par E. Deschanel dans la présentation du Petit Carême de Massillon, Dezobry, E. Magdeleine et Cie, libraires-éditeurs, Paris, sans date (vers 1845)
  2. Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le Siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps in Le siècle de Louis XIV, 1751)

[modifier] Liens externes

Commons-logo.svg

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Jean-Baptiste Massillon.


Précédé par
Camille Le Tellier de Louvois
Fauteuil 4 de l’Académie française
1718-1742
Suivi par
Louis-Jules Mancini-Mazarini
Précédé par Jean-Baptiste Massillon Suivi par
Louis de Balzac Illiers d'Entragues
Évêque de Clermont
1717-1742
François-Marie Le Maistre de La Garlaye