Barbe (cheval)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir barbe (homonymie).
Barbe
{{#if:
Image illustrative de l'article Barbe (cheval)

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Maghreb
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,48 m à 1,58 m en moyenne
Poids 400 à 550 kg
Robe Alezan, bai, gris ou noir pangaré.
Tête Profil convexe ou droit.
Pieds Petits et hauts.
Caractère Calme, doux, équilibré et courageux
Autre
Utilisation Selle, instruction, tourisme et guerre.

Le Barbe est une race chevaline originaire d'Afrique du Nord. Il est traditionnellement associé aux peuples berbères du Maghreb et mentionné dès l'empire romain. Le Barbe gagne l'Europe en nombre à la faveur des conquêtes musulmanes des VIIe siècle et VIIIe siècle. Il est renommé comme monture de dressage classique dans nombre de Cours royales à partir du XIVe siècle. Tombé dans l'oubli au XXe siècle, le Barbe est remis au goût du jour à la fin des années 1980. C'est un cheval de selle de format moyen, parfois peu élégant mais d'une très grande résistance.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Cette race tire son nom des peuples Berbères (Amazigh), réputés pour leur habileté au dressage du cheval barbe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chevaux Barbes d'après l’Encyclopédie pratique de l'agriculteur, 1877

Il y a plusieurs théories sur l'origine de la race Barbe. L'une dit que ce cheval descendrait d'un groupe de chevaux sauvages survivants de l'ère glaciaire. Des docteurs en paléontologie animale soutiennent entre 1987 et 2002 qu’il est vraisemblablement un cheval propre au nord de l’Afrique, issu d’un cheval sauvage domestiqué qui y vivait depuis plusieurs dizaines de milliers d’années. Le cheval Barbe serait l'une des plus anciennes races au monde. Il était établi que le cheval était absent durant la préhistoire saharienne. Celui-ci n'aurait été introduit qu'au IIe millénaire av. J.‑C.. Des recherches menées en Algérie établissent que des ossements d'espèce chevaline sont trouvés dans des gisements datant de 4 000 ans et plus. En Afrique du Nord, le cheval fait partie intégrante de la vie de l'homme, dans toute son histoire. Des peintures rupestres représentant des chevaux ont été trouvées en Algérie. Le cheval Barbe est une race autochtone du Maghreb en Afrique du Nord (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye), d'après des études paléontologiques et des analyses d’ADN. Cette origine est renforcée par les gravures et peintures rupestres et par les monuments qui existent sur le sol de l’Afrique du Nord depuis la Libye jusqu’au Maroc. Ces inscriptions représentent la domestication d’un cheval ayant les caractéristiques morphologiques du cheval barbe actuel. Le cheval Barbe est élevé depuis l’antiquité pour la chasse, la guerre, la parade et le travail. Il est le compagnon traditionnel des nomades et des éleveurs des Atlas et des Hauts Plateaux.

Les sources romaines attestent (sous le nom de cheval de Barbarie) de la présence de ces chevaux chez les « barbares » (Berbères). Ces animaux font l'objet d'un commerce dans tout l'Empire romain, et gagnent de nombreux pays de la Méditerranée comme l'Italie et la France. Monture des Numides, le Barbe est employé par les armées de Jules César déployées pendant la Guerre des Gaules. Aux VIIe siècle et VIIIe siècle, de nombreux chevaux Barbes arrivent en Europe avec les conquêtes musulmanes[1]. Ces chevaux remontent les écuries royales des cours d'Europe depuis le XIVe siècle. Pluvinel vante leurs qualités et leurs aptitudes au dressage classique.

le Barbe a influencé de nombreuses races dans le monde comme le Pure race espagnole et son voisin, le Lusitanien ainsi que le cheval navarrin[1], le Criollo argentin et le Mustang, descendant de chevaux barbes et ibériques retournés à l'état sauvage. Un étalon présumé barbe, Godolphin Arabian, fait partie des trois étalons fondateurs de la race du pur-sang anglais. Erwin Rommel réquisitionne de nombreux chevaux Barbes pour la campagne de Russie[1].

En France, la race est re-découverte à la fin du XXe siècle après une longue période d'oubli[2]. En 1987, une poignée de passionnés Français organisent la journée mondiale du cheval Barbe à Alger[3]. Le stud-book est ouvert en 1989 en France. On compte à peine plus de 100 naissances dans le stud-book français de la race en 2006[4].

Description[modifier | modifier le code]

Tête du Barbe marocain Ouadoud, offert à la France par le roi du Maroc Mohammed VI en 2009.

Il existe différent types de Barbes, mais ils partagent de nombreuses caractéristiques. Le Barbe est classé parmi les 23 plus belles races chevalines du monde d'après la revue Cheval pratique[5].

Taille et poids[modifier | modifier le code]

Le Barbe présente des variations de taille car il est plus grand et plus robuste à l’est qu’à l’ouest. On distingue trois grands types chez la race : le Barbe des plaines littorales, plus grand et mieux développé ; le barbe des montagnes, plus petit et plus sûr de pied ; et le Barbe des Hauts-plateaux à la limite du Sahara, réputé pour sa frugalité[6]. Le cheval Barbe est de taille moyenne, toisant couramment de 1,48 m à 1,58 m au garrot[6]. Certains modèles très anciens avaient été sélectionnés comme chevaux de guerre et ont été élevés dans ce but. Ils toisaient de 1,55 m à 1,60 m comme les chevaux des spahis. Certains éleveurs en France tentent de retrouver ces caractéristiques et donnent par concours d'élevage le label Royal Maure à ces barbes un peu plus grands. Ce cheval pèse entre 400 et 550 kg.

Morphologie[modifier | modifier le code]

C'est un cheval assez court et fin, un peu anguleux et pouvant manquer d'élégance[6]. « Carré » et médioligne, sa longueur (scapulo ischiale) est égale à sa taille, l'indice corporel T/L est égal à 1 (cheval carré).

La tête possède un profil rectiligne ou subconvexe, parfois moutonné, avec un front souvent bombé[6]. Elle est étroite, chargée en ganache et porte des naseaux effacés. Les arcades sont elles aussi effacées, l'œil en amande est peu ouvert. Les oreilles sont droites et plutôt courtes. L'encolure est courte[6], recherchée épaisse, bien greffée et rouée. Le garrot est bien sculpté, souvent noyé. L'épaule présente une inclinaison moyenne[6], elle est recherchée puissante et plate, bien inclinée. La poitrine est haute, recherchée large et profonde. Le dos est court, parfois tranchant[6], souvent droit et recherché solide. Le rein est court et puisant, parfois légèrement voussé. La croupe est large et puissante, légèrement inclinée (dite « en pupitre »).

Il possède des canons longs qui lui donnent beaucoup d'« air sous le ventre »[6]. Les membres sont forts et le tour de canon doit être supérieur à 18 cm. Les pieds sont petits, ronds et durs, avec des talons plutôt hauts[7]. La queue fournie est attachée bas, les crins sont abondants et épais[7], parfois longs.

Robe[modifier | modifier le code]

Généralement gris, notamment en Algérie, le Barbe peut aussi être alezan (robe fréquente en Tunisie), bai ou bai-brun (au Maroc) ou bien noir. La robe rouanne est acceptée, bien que très rare[7].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

C’est un cheval particulièrement rustique, d'une grande sobriété, en particulier sous les climats chauds du fait de sa résistance à la sécheresse et aux aléas climatiques. Il demande notamment une ration alimentaire moindre par rapport à des chevaux de sang de type Pur Sang ou Selle français[8]. Un célèbre dicton sur lui dit qu'« il peut la faim, il peut la soif, il peut le froid, il peut le chaud, jamais il n’est fatigué ». Le Barbe s'acclimate parfaitement à la vie dans le désert. Son tempérament très fiable en fait un cheval d'instruction idéal. Calme, doux, équilibré et courageux, il est énergique et apprécie le travail. Il est d’une douceur incontestable et d’un dressage facile.

Les allures du Barbe peuvent être courtes, mais elles sont énergiques[7].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Guerriers berbères avant une fantasia.

Le Barbe a historiquement beaucoup servi de cheval de guerre[8]. C'est un cheval d'une grande polyvalence, rapide et endurant, qui peut être employé dans la plupart des disciplines équestres. Cependant, il est limité en saut d'obstacles et en dressage[8]. En endurance, ses représentants obtiennent par contre des résultats notables. On le retrouve en équitation de loisir et particulièrement dans le tourisme équestre[8]. C'est aussi un bon cheval de spectacle, grâce à ses facilités d'apprentissage[8]. Il est d'une impressionnante rapidité sur de courtes distances. Sa finesse athlétique est alliée à des qualités fonctionnelles accrues par la sélection. C'est un cheval idéal pour l’apprentissage de l’équitation.

Il est particulièrement associé à la fantasia, un spectacle culturel typique de l'Afrique du Nord[1]. En Europe, il a longtemps fait partie des chevaux de dressage classique employés pou l'équitation de Cour. En France, le barbe a fait la renommée des Spahis[1]. Il a fait partie des montures employées par les premiers centres équestres[2] de France, alors nommés des « sociétés hippiques », après la dissolution des derniers régiments de Spahis[8].

Arabe-barbe[modifier | modifier le code]

Les produits issus du croisement très fréquent des chevaux barbes avec les chevaux arabes sont nommés les chevaux arabe-barbe'. Ils sont très communs dans toute l'Afrique du nord, la péninsule Ibérique et la France.

Chevaux barbes célèbres[modifier | modifier le code]

Plusieurs barbes célèbres ont figuré dans l'histoire. Le jeune Louis XIII a monté Le Bonite, un étalon Barbe mentionné par Pluvinel[8]. Godolphin Arabian, présumé barbe, est l'un des trois étalons à l'origine de la création du pur-sang anglais. Il y a cependant controverse sur la race de Godolphin Arabian, souvent appelé Godolphin Barb. Issu d'un pays de chevaux Barbes (la Tunisie), les récits d'époque parlent de cheval barbe à son sujet. Les représentations et descriptions contemporaines de Godolphin décrivent un cheval aux lignes très typées Pur-sang arabe. De plus, les deux propriétaires anglais (Coke et Godolphin) l'ont tous deux inscrit dans leur Stud-book personnel comme cheval arabe. Napoléon a possédé plusieurs chevaux présumés Barbes, dont Marengo et le Vizir, tous les deux parfois classés par certains historiens comme étant des Arabes. Roan Barbary, un cheval Barbe rouan, fut la monture favorite de Richard II[8].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Son berceau comprend tous les pays du Maghreb : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye. À l'époque où l'Algérie est sous domination française, ces chevaux sont importés et arrivent par bateau à Sète et Marseille[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Bataille 2007, p. 42
  2. a et b Bataille 2007, p. 41
  3. http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1//SRCH?IKT=12&TRM=143754068&COOKIE=U10178,Klecteurweb,D2.1,Ee27d7ec9-1b3,I250,B341720009+,SY,A%5C9008+1,,J,H2-26,,29,,34,,39,,44,,49-50,,53-78,,80-87,NLECTEUR+PSI,R109.190.164.15,FN
  4. Bataille 2007, p. 46
  5. C. Hercy, E. Feuillerac, F. Halm et N. Lazarus, « Zoom sur les 23 plus belles races » dans Cheval pratique n° 178, 2005, p. 42-95
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Bataille 2007, p. 43
  7. a, b, c et d Bataille 2007, p. 44
  8. a, b, c, d, e, f, g et h Bataille 2007, p. 45

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Gouraud, Les sept vies du barbe
  • Stéphanie Claux, Le cheval barbe : situation actuelle au Maroc, Toulouse, École nationale vétérinaire de l'Université Paul Sabatier,‎ 2010
    Thèse de Doctorat Vétérinaire
  • Dr Y. Chaid-Saoudi, Les origines d’equus caballus en Algérie et les Origines de domestication, Université d’Alger.
  • Organisation mondiale du cheval Barbe, Le cheval Barbe : tous les textes officiels, Caracole,‎ 1989, 193 pages p. (ISBN 2828903303 et 9782828903305)
  • Mme G. Aumassip et M. Kadri, Ithypalliques, Traditions orales, Monuments Lithiques et Art rupestre au Sahara.
  • Laetitia Bataille, « Barbe », dans Races équines de France, France Agricole Editions,‎ 2008 (ISBN 2855571545 et 9782855571546), p. 41-46