Connemara (cheval)

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Connemara
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Gentle Dancer, étalon connemara, en Irlande.
Gentle Dancer, étalon connemara, en Irlande.

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Connemara, Drapeau de l'Irlande Irlande
Caractéristiques
Morphologie Poney de sport
Taille 1,28 m à 1,48 m
Robe Généralement gris, toutes admises sauf pie
Tête Moyenne, yeux espacés
Autre
Utilisation Saut d'obstacles principalement

Le Connemara est une race de poney originaire de la côte ouest éponyme de l'Irlande. Ses origines sont obscures. Il a subi de nombreux croisements au cours des siècles avant la création de la Connemara Breeder's Society en 1923 qui fixe les caractéristiques de la race et établit le premier stud-book édité en 1926. C'est un poney compact mais athlétique qui présente le plus souvent une robe grise. Poney de sport, le Connemara est polyvalent. Il se prête tant au dressage qu'au saut d'obstacles, où il se distingue particulièrement. La popularité du poney Connemara s'est étendue à travers le monde. La France et l'Irlande possèdent le cheptel le plus important.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le Connemara tient son nom de la région éponyme située à l'extrème ouest de l'Irlande, au nord de la Baie de Galway et à l'ouest des lacs Corrib et Mask[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans un paysage de landes découpées de bord de mer, un poney gris se tient à l'arrêt regardant vers le large.
Connemara sur l'île d'Inishnee.

Les origines de la race sont obscures et sujettes à légendes. La présence de poneys sur l'île remonterait au quatrième siècle av. J.-C. avec l'installation des Celtes. Leurs montures seraient l'héritage de leur négoce dans le bassin méditerranéen et descendraient probablement du cheval Barbe[2]. Une légende évoque également le naufrage de l'Invincible Armada où des chevaux espagnols auraient rejoint la côte irlandaise et se seraient mêlés à la population chevaline autochtone[2],[3]. Au Moyen Âge, les poneys font l'objet de croisement avec le Irish Hobby, un cheval de selle réputé pour sa vitesse, son agilité et son endurance[2]. Des croisements sont également attestés avec des chevaux espagols du fait des relations commerciales entretenues avec l'Espagne[4]. Au cours des siècles, il subit également l'apport de sang Hackney, Welsh, Trait irlandais, Clydesdale, Pur Sang anglais et arabe[2],[5],[6].

La Connemara Breeder's Society est fondée en 1923 à Galway[6]. Les premières inscriptions au stud-book de la race ont lieu dès 1924[7] et le premier étalon à y être inscrit est Cannon Ball (1904)[5], poney issu d'un étalon welsh et d'une jument locale[6]. Le stud-book est édité dans son premier volume en 1926[7],[8]. Les poneys Rebel (1922) et Golden Gleam (1932) font partie des étalons ayant particulièrement marqué la race[5].

Dans le cadre de son développement de l'interceltisme, en 1974, Polig Monjarret ramène d'Irlande trois de ces poneys. Après la publication d'un article dans la revue Paysan Breton et une prise de contact avec le directeur du haras national de Lamballe, commence une activité d'importation qui concerne sur plusieurs années un total d'une centaine de bêtes[9].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.
Photo d'une ponette isabelle présentée en main de profil.
Jument au modèle.

Le Connemara est un poney compact et équilibré, bien adapté à la selle avec une bonne profondeur et de la substance[10], alliant élégance et force[5]. Sa taille s'étend de 1,28 m à 1,48 m à maturité selon le standard de la race[11], mais du fait de la sélection sportive de la race, il n'est pas rare de rencontrer des sujets hors standards[12].

Tête[modifier | modifier le code]

Tête d'une ponette grise rouannée, le poil épais et les crins abondants.
Détail de la tête d'une ponette connemara.

Sa tête de poney est bien équilibrée, plutôt fine[2],[5] avec un grand espace entre deux grands yeux aimables, des petite oreilles bien érigées[2], et des ganaches bien définies, relativement développées mais pas lourdes[10]. Les narines sont larges et bien ouvertes[2],[3].

Avant-main[modifier | modifier le code]

L'avant-main présente une tête bien greffée sur une encolure moyenne offrant une bonne longueur de rênes[5],[10]. Le poitrail, profond[5], ne doit pas être trop ouvert et l’attache de l’encolure ne doit pas être trop basse[10]. Le Garrot est bien défini[10]. Les épaules sont bien inclinées[5].

Corps et arrière-main[modifier | modifier le code]

Le corps est profond, avec un dos long et droit[4]. L'arrière-main est forte et musclée, les jambes bien développées et les jarrets, plutôt forts, sont placés bas[4],[13]. La croupe est fluide[3] et légèrement inclinée[4].

Membres et allures[modifier | modifier le code]

Les membres sont résistants, bien musclés[3] mais élégants[2]. D'une bonne longueur avec de la force dans l’avant-bras, les genoux bien définis, les canons courts, il présente également un métacarpe principal mesurant le plus souvent de 17 cm à 20 cm[5]. Les pieds, petits et ronds, sont très résistants[5].

Robe[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.
Deux poneys gris se tiennent à l'arrêt face à un muret de pierres.
Le gris est la robe la plus fréquemment rencontrée chez la race.

Il peut présenter une grande variété de robes, bien que le gris soit le plus fréquent[12]. Le noir, le bai et le bai-brun sont souvent rencontrés[5], alors que l'alezan et le rouan le sont beaucoup plus rarement[4]. L'isabelle, robe primitive avec souvent une raie de mulet, auparavant très répandue, tend à régresser du fait de l'évolution de la race[5],[4]. De nombreux poulains naissent isabelle et deviennent totalement gris vers l'âge de sept ans[4]. Depuis la réforme du stud-book en 2006, le crème aux yeux noirs est également autorisé[11]. Seule la robe pie n'est pas admise[5].

Allures[modifier | modifier le code]

Article connexe : Allure (équitation).

Son action se rapproche de celle d'un cheval de selle[5]. Les allures doivent être libres, faciles et naturelles[4], sans action exagérée du genou, mais actives et couvrant beaucoup de terrain[13]. Son pied est sûr en terrain escarpé[13].

Tempérament[modifier | modifier le code]

Le Connemara fait preuve d'un bon caractère. Il est courageux, endurant, intelligent, fiable, et a le pied sûr[13]. Il convient aussi bien aux enfants qu'aux adultes[6]. La présence, plus ou moins importante, de sang arabe peut cependant nécessiter des cavaliers de bon niveau[12].

Santé et entretien[modifier | modifier le code]

C'est un poney résistant et d'entretien plutôt facile[2]. Certains Connemaras souffrent d'une maladie génétique récessive, le Syndrome de séparation de la paroi du sabot (HWSS)[14].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Un poney gris très clair, selle et harnaché, sur lequel est montée une jeune femme en veste de concours, pose à l'arrêt de profil.
Connemara monté lors d'un concours en Irlande.
Un groupe de cavaliers habillés de parkas et leurs poneys gris marchent au pas sur une plage.
Connemaras sur la plage en Irlande.

Le Connemara est reconnu comme l'un des meilleurs poneys de sport au monde[1],[5]. Très polyvalent, il s’illustre dans toutes les disciplines[15]. Il excelle particulièrement en saut d'obstacles, pour lequel il est naturellement doué[12], ainsi qu'en concours complet et en dressage[13]. Il est également recherché pour l’attelage, discipline dans laquelle il montre de réelles dispositions. Son agilité, sa vitesse, son endurance et son physique sont particulièrement adaptés à la discipline[4]. On le rencontre également en endurance, en TREC, ainsi qu'en polo[5],[13]. Son pied sûr et son endurance font de lui un cheval adapté aux randonnées équestres et au loisir, tandis que son caractère doux permet à des enfants de le monter facilement[5].

En saut d'obstacles, certains connemaras sont devenus des performers internationaux. Dexter Leam Pondi est vice-champion d'Europe par équipe en 2002 et médaillé de bronze en 2004 par équipes aux championnats d’Europe de Jaszkowo[16]. Thunder du Blin est le seul étalon poney ayant plus de 100 produits indicés au-dessus de 120, dont 44 au-dessus de 140, et 13 au-delà de 150. Il a été un performer international, 14ème au Championnat d'Europe de Stockholm en 1992[17].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Au milieu de hautes herbes, une ponette grise au ventre rond est tête bêche avec son poulain isabelle.
Jument Connemara et son poulain dans le Parc national du Connemara.

Le poney Connemara s'est exporté à travers le monde entier, notamment suite à la diaspora irlandaise. Des associations de race existent dans de nombreux pays comme les États-Unis, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège, l'Autriche, le Canada, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, l'Australie, le Danemark, l'Allemagne, la Nouvelle-Zélande et la Suisse[7]. L'Irlande et la France possèdent le cheptel le plus important.

En Irlande[modifier | modifier le code]

La Connemara Pony Breeders Society est chargée de la gestion du stud-book. Elle enregistre les naissances dans les 32 régions d'Irlande, et établit le standard de la race et les règles d'inscriptions pour l'Irlande ainsi que pour toutes les associations des autres pays. L'ssociation est également chargée de la gestion des archives. En 1995, un musée entièrement consacré à la race est créé. Un salon annuel a lieu également tous les ans depuis 1923 et sert de vitrine à la race[7].

On compte environ 2 000 naissances connemara en Irlande chaque année[18].

En France[modifier | modifier le code]

Un poney gris clair mange son foin posé à même le sol dans un paddock.
Connemara dans son paddock en Bretagne.

Dans les années 1960, les premiers poneys Connemara sont importés en Normandie et en Poitou-Charentes[15]. Les premiers statuts de l'Association Française du Poney Connemara (AFPC) sont déposés à la préfecture de Lisieux le 22 septembre 1969. L'association est reconnue et approuvée par la Connemara Pony Breeders' Society[13]. La race se développe ensuite en Bretagne dans les années 1970 et y trouve un nouvel élan notamment sous l'impulsion de Jacques Lippens, directeur du Haras national de Lamballe à cette époque[15]. Les régions Morvan-Bourgogne font également parties des régions pionnières en terme d'élevage. La race est depuis présente dans toutes les régions de France, où en plus des régions historiques, les Pays de la Loire, l'Auvergne, le Midi-Pyrénées et le Rhône-Alpes montrent un réel dynamisme en matière d'élevage[13]. Le pays compte le deuxième plus gros cheptel de la race au monde, derrière l'Irlande, avec environ 10 000 sujets[15]. En 2013, on dénombre 552 naissances chez la race, ce qui représente 16 % des naissances de poneys en France. Cette même année, 838 ponettes ont été saillies dont 671 pour produire en Connemara pur. On compte également 273 étalons en activité et 411 élevages présents sur le territoire français[13].

Année 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Nombre de naissances en France[13]. 542 534 555 633 630 601 590 552

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Collectif 2006, p. 73-74.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Fitzpatrick 2008, p. 106-107.
  3. a, b, c et d Ravazzi 2002, p. 97.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Hendricks et Dent 2007, p. 139-140.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Edwards 2006, p. 232-233.
  6. a, b, c et d Draper 2006, p. 146-147.
  7. a, b, c et d (en) « History », sur Connemara Pony Breeders Society (consulté le 15 janvier 2015).
  8. Bataille 2008, p. 184.
  9. Erwan Chartier, La construction de l'interceltisme en Bretagne, des origines à nos jours : mise en perspective historique et idéologique, Rennes, thèse de l'université Rennes 2,‎ 2010, 722 p. (lire en ligne), p 504.
  10. a, b, c, d et e Bataille 2008, p. 185.
  11. a et b (en) « Breed standards », sur Connemara Pony Breeders Society (consulté le 11 janvier 2015).
  12. a, b, c et d Farissier 2004, p. 37.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Association Française du poney Connemara, « Le Connemara », sur Les Haras nationaux ifce (consulté le 17 janvier 2015)
  14. (en) Erica Larson, « Researchers Study Connemara Hoof Wall Separation Syndrome », sur The Horse,‎ 30 novembre 2013 (consulté le 12 janvier 2015).
  15. a, b, c et d Rebts 2014, p. 78-81.
  16. « Dexter Leam Pondi », sur Syndicat Linaro (consulté le 16 janvier 2015).
  17. « Thunder du Blin », sur poneys-de-sport.com (consulté le 16 janvier 2015).
  18. (en) « Connemara Pony », sur Irish Horse Gateway (consulté le 21 janvier 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

  • [Taillebois 1999] Olivier Michel Taillebois, Le poney connemara : historique, description, utilisation, élevage,‎ 1999, 254 p.

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]

  • [Ravazzi 2002] Gianni Ravazzi, « Poney Connemara », dans L'encyclopédie des chevaux de race, Bergame, Italie, De Vecchi,‎ 2002, 190 p. (ISBN 9782732825946), p. 97 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Farissier 2004] Serge Farissier, « Le Connemara (Irlande) », dans Le poney, Éditions Artémis,‎ 2004, 119 p. (ISBN 9782844162519, lire en ligne), p. 37 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Collectif 2006] Collectif, « Connemara », dans Les races de chevaux et de poneys, Editions Artemis,‎ 2006, 127 p. (ISBN 2844163386, lire en ligne), p. 73-74 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Draper 2006] Judith Draper (trad. Sophie Smith, ill. Rodney Paull, photogr. Kit Houghton), « Le Connemara », dans Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins, Romagnat, Éditions de Borée,‎ 2006, 256 p. (ISBN 2844944205 et 9782844944207, OCLC 470405910, notice BnF no FRBNF40173187, lire en ligne), p. 146-147 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Edwards 2006] Elwyn Hartley Edwards, « Connemara », dans Les chevaux, Éditions de Borée,‎ 2006, 272 p. (ISBN 2844944493 et 9782844944498, lire en ligne), p. 232-233 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Hendricks & Dent 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Connemara », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848), p. 139-140 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Bataille 2008] Lætitia Bataille, « Connemara », dans Races équines de France, Éditions France Agricole,‎ 2008, 286 p. (ISBN 9782855571546, lire en ligne), p. 183-188 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Fitzpatrick 2008] Andrea Fitzpatrick, « Connemara », dans Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit,‎ 2008, 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 106-108-240 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Lynghaug 2009] (en) Fran Lynghaug, « Connemara », dans The Official Horse Breeds Standards Guide: The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, Voyageur Press,‎ 2009, 672 p. (lire en ligne), p. 449-453

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • [Rebts 2014] Marie-Eve Rebts, « Le connemara, pour toutes les ambitions », Cheval Magazine, no 513,‎ août 2014, p. 78-81 Document utilisé pour la rédaction de l’article