Le Kef
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| Le Kef | ||||
Héraldique |
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Kasbah dominant Le Kef |
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| Administration | ||||
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| Pays | ||||
| Gouvernorat | Le Kef | |||
| Délégation(s) | Kef Est Kef Ouest |
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| Maire | Mohamed Sallah Essanfouri | |||
| Code postal | 7100 | |||
| Démographie | ||||
| Gentilé | Keffois | |||
| Population | 45 191 hab. (2004[1]) | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | ||||
| Altitude | 780 m | |||
| Localisation | ||||
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Géolocalisation sur la carte : Tunisie (administrative) Géolocalisation sur la carte : Tunisie (relief) |
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| Liens | ||||
| Site web | www.commune-elkef.gov.tn | |||
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Le Kef (arabe : الكاف) est une ville de Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.
Située au nord-ouest du pays, à 175 kilomètres à l'ouest de Tunis et à une quarantaine de kilomètres à l'est de la frontière tuniso-algérienne, elle compte 45 191 habitants en 2004[1].
Le saint patron du Kef est Sidi Bou Makhlouf qui a donné son nom à un mausolée de la ville.
Sommaire |
Étymologie [modifier]
Connue tout d'abord sous le nom de Sicca à l'époque carthaginoise puis Sicca Veneria à l'avénement de la domination romaine[2], la ville a ensuite porté divers noms tout au long de son histoire : Colonia Julia Cirta, Cirta Nova, Sikka Beneria, Chaqbanariya et enfin Le Kef dès le XVIe siècle. De nombreuses ruines romaines sont toujours présentes[3].
Géographie [modifier]
Grande ville la plus élevée de Tunisie, à 780 mètres d'altitude, sa superficie urbanisée atteint 2 500 hectares dont 45 sont situés à l'intérieur des anciens remparts de la médina.
La municipalité du Kef est répartie sur le territoire de deux délégations, Kef Est et Kef Ouest, qui correspondent aux deux arrondissements municipaux.
Histoire [modifier]
Le Kef est, depuis la plus haute Antiquité, la principale ville du Haut-Tell et du nord-ouest tunisien dont elle constitue, jusqu'à une date récente, le centre politique, le plus important centre religieux et la place forte dominante.
En 688, la ville connaît un premier raid des armées arabes.
En 1600, un premier fort est construit pour abriter à partir de 1637 une garnison permanente (oujaq) ; le dispositif est complété par des remparts fortifiés édifiés par Ali Ier Pacha vers 1739-1740[4]. Ceci n'empêche toutefois pas la prise et le pillage de la cité par les Algériens en 1756, ni l'occupation militaire française à partir de 1881. Par le décret beylical du 8 juillet 1884, Le Kef est érigé en municipalité, l'une des premières du pays[5].
En 1973, la ville accueille un sommet entre les présidents tunisien Habib Bourguiba et algérien Houari Boumédiène ; ce dernier propose la constitution d'une union tuniso-algérienne que Bourguiba décline en mettant en avant le développement de la coopération économique entre les deux pays[6].
- Le Kef au XIXe siècle
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Gravure montrant Le Kef vers 1841
Démographie [modifier]
Édifices religieux [modifier]
Islam [modifier]
Le Kef abrite un certain nombre d'édifices religieux musulmans, de par son rôle comme centre d'un important mouvement soufi. Symbole de ce courant, le mausolée Sidi Bou Makhlouf abrite le tombeau du fondateur de la confrérie des Aïssawa en Tunisie, Sidi Bou Makhlouf. La mosquée El Qadriya est aussi un autre édifice d'importance.
La mosquée Jama el Kébir, dédiée à Sidna Aïssa[8], construite au VIIIe siècle sur le site d'une basilique du IVe siècle, sert de cadre au Festival Bou Makhlouf.
La ville abrite le mausolée d'Ali Turki, le père d'Hussein Ier Bey, fondateur de la dynastie qui règne sur la Tunisie entre 1705 et 1957.
Judaïsme [modifier]
Héritage de l'ancienne communauté juive locale, la synagogue de la Ghriba fait l'objet d'une grande vénération pour les Juifs de la région qui s'y rendaient en pèlerinage chaque année dans la semaine marquée par la fête de Souccot.
Catholicisme [modifier]
Par ailleurs, les vestiges, assez bien conservés, d'une basilique romaine à trois nefs datant du début du Ve siècle appelée Dar El Kous, dédiée à saint Pierre, ont été retrouvés[9],[10].
Culture [modifier]
Musées [modifier]
Le musée des arts et traditions populaires du Kef, abrité par un mausolée édifié au XVIIIe siècle, présente des collections retraçant les habitudes et coutumes sociales ayant cours avant l'indépendance du pays.
Musique [modifier]
La ville du Kef est connue pour son patrimoine culturel riche et se distingue notamment dans la musique et les chants populaires. C'est dans ce contexte que le Festival Bou Makhlouf est organisé chaque année, au mois de juillet, et le Festival Saliha, une fois tous les deux ans ; ce dernier tire son nom de la chanteuse Saliha originaire de la région.
Fêtes [modifier]
La fête de Mayou, appelée aussi fête du borzgane, remet au goût du jour le traditionnel couscous keffois. Seule la ville continue de perpétuer cette tradition dans le respect d'un rituel millénaire.
Arts du spectacle [modifier]
Siège du Centre national des arts dramatiques et scéniques du Kef, la cité organise aussi le festival « 24 heures de théâtre non-stop ».
Médias [modifier]
Radio Le Kef, la radio régionale fondée le 7 novembre 1991, couvre le nord-ouest du pays.
Enseignement [modifier]
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- Écoles et instituts :
- Institut supérieur des études appliquées en humanités du Kef
- Institut supérieur de musique et de théâtre du Kef
- Institut supérieur de l'informatique du Kef
- Facultés :
- Institut supérieur de l'éducation physique du Kef
- École supérieure d'agriculture du Kef
- Institut supérieur des sciences infirmières du Kef
Gastronomie [modifier]
La gastronomie du Kef se différencie par deux préparations spécifiques à la région. D'une part, un pain typique de la région, le mjamaa ou khobz el aid, se prépare en période de fête, surmonté d'un œuf et décoré avec de la pâte. D'autre part, le borzgane (bourzguène) est un type de couscous légèrement sucré car agrémenté en alternance de couches de fruits secs, de dattes et de viande d'agneau.
Politique [modifier]
Le Conseil municipal se compose de 22 membres dont un président, un vice-président, un président d'arrondissement, six adjoints et treize conseillers. Le 8 avril 2011, une délégation spéciale remplace temporairement le Conseil municipal suite à la révolution tunisienne.
Économie [modifier]
Transports [modifier]
La Société de transport du Kef est la seule société offrant un service de transport en commun par autobus. La ville est reliée aux villes environnantes par un réseau de taxis appelés « louages » et à la capitale Tunis via une ligne de chemin de fer régionale passant par Dahmani.
Sport [modifier]
Au plan sportif, l'Olympique du Kef, club de football de la ville fondé en 1922, évolue durant la saison 2012-2013 en Ligue I, marquant ainsi la cinquième ascension de l'histoire du club. L'Institut supérieur du sport et de l'éducation physique du Kef évolue quant à lui dans le championnat de Tunisie de football féminin alors que l'Avenir sportif keffois de Barnoussa évolue en première division du championnat amateur (Ligue du Nord-Ouest).
Accords de coopération [modifier]
Bourg-en-Bresse (France) depuis 1993, scellé officiellement en 1999 et 2000 avec la signature d'un protocole d'échange et d'amitié
Notes et références [modifier]
- (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
- (en) Trudy Ring, Robert M. Salkin et Sharon La Boda, International Dictionary of Historic Places: Middle East and Africa, éd. Taylor & Francis, Londres, 1996, p. 456
- (fr) Émile Espérandieu, Notes sur quelques ruines romaines de la subdivision du Kef (Tunisie), éd. Louis Larguier, Paris, 1883
- Néji Djelloul, Les fortifications en Tunisie, éd. Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, Tunis, 1999, p. 92
- Sir Hamilton Alexander Rosskeen Gibb, Johannes Hendrik Kramers, Bernard Lewis, Charles Pellat et Joseph Schacht, The Encyclopaedia of Islam, vol. IV, éd. Brill, Leyde, 1954, p. 403
- (fr) Nicole Grimaud, La politique extérieure de l'Algérie (1962-1978), éd. Karthala, Paris, 1984, pp. 218-219
- (fr) Histoire de la ville du Kef (Municipalité du Kef)
- Sir Robert Lambert Playfair, Handbook for travellers in Algeria and Tunis, éd. John Murray, Londres, 1895
- François Baratte, Féthi Béjaoui et Zeïneb Ben Abdallah, Recherches archéologiques à Haïdra : miscellanea, 2, éd. École française de Rome, Rome, 1999, p. 73
- Charles Diehl, L'Afrique byzantine : histoire de la domination byzantine en Afrique. 533-709, éd. Franklin, New York, 1959, p. 422
Bibliographie [modifier]
- Tahar Ayachi, El Kef, éd. Office national du tourisme tunisien, Tunis, 2007
- Abdelhamid Larguèche [sous la dir. de], Revoir El Kef, éd. MC-Editions, Carthage, 2005 (ISBN 9973807502)
- Camille Mifort, Vivre au Kef. Quand la Tunisie était française, éd. MC-Editions, Carthage, 2008
- Cornelia Smet, Si ma grand-mère était Keffoise, éd. MC-Editions, Carthage, 2005 (ISBN 9973807553)