Pure race espagnole

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Pure race espagnole (PRE)
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Pure race espagnole gris présenté à Valence en 2013.
Pure race espagnole gris présenté à Valence en 2013.

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Drapeau de l'Espagne Espagne
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille Minimum 1,50 m pour les juments et 1,52 m pour les mâles.
Poids 350 kg à 550 kg.
Robe Très souvent gris mais toutes les robes sont acceptées au stud-book.
Tête Profil convexe
Caractère Très bon mental, gentil, curieux et travailleur.
Autre
Utilisation Dressage, équitation de travail, tauromachie, spectacle

Le Pure race espagnole ou PRE (Pura Raza Española), parfois encore appelé andalou, est une race de cheval de selle de souche ancienne originaire d’Andalousie. L’élevage structuré de la race débute au XVIe siècle sous l’impulsion de Philippe II d'Espagne et des moines chartreux pour connaître une période de grande renommée dans toutes les cours européennes au XVIIe et XVIIIe siècles. La race perd de son importance au XIXe siècle avec l’engouement nouveau pour le Pur Sang. Longtemps confidentiel afin de maintenir un niveau suffisant d’effectif chez la race, le pure race espagnole connait un renouveau d’intérêt et est élevé dans le monde entier.

C’est un cheval facilement identifiable avec sa robe très souvent grise, son corps compact, son encolure massive et son aspect très élégant. Ses allures sont également caractéristiques car souvent relevées, avec une aptitude naturelle au piaffer et au passage.

Longtemps utilisé pour tout le travail de haute école, dont l’héritage est assuré par l'école royale andalouse d'art équestre, il pratique le dressage de compétition, de plus en plus à haut niveau. Également employé en équitation traditionnelle, où sa présence dans les arènes est remarquable, ainsi qu’en attelage, il a la faveur des écuyers de cirque et de spectacle, et sert souvent de monture au cinéma où son allure et son bon tempérament sont appréciés.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Dans un cadre champêtre, une jeune femme les cheveux au vent monte au trot un très beau cheval noir montant fort les genoux.
Le Pure Race Espagnole Becario V Yeguada Sarradel-Caron, à Séville.

Historiquement, la race est connue dans les écrits sous le nom de « cheval espagnol » et « cheval andalou » en raison de sa région d’origine d’élevage. En 1913, lors de la publication officielle du stud-book de la race, c’est le nom de « Caballo de Pura Raza Española », soit « Cheval de Pure race espagnole », qui est retenu. Cette appellation est la conséquence de l’extension de l’élevage en dehors du berceau de la race. Mais un autre phénomène va consolider cette appellation et est liée à l’histoire du Portugal. Dans les années 1970, après le retour de la démocratie dans le pays, une ferveur nationaliste a voulu séparer l’élevage de la race entre les deux pays, créant ainsi la race du Lusitanien[1].

« Pure race espagnole » est donc le nom officiel de la race et est de ce fait reconnu et utilisé dans le monde entier, mais le terme d’« andalou » est encore rencontré[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La présence de chevaux dans la péninsule ibérique est attestée dès la préhistoire, entre autres par des peintures rupestres[2]. Pour l'historien portugais Ruy d'Andrade, des tribus espagnoles auraient utilisé des chevaux dès le IVe millénaire av. J.-C.[3]. Une peinture rupestre découverte en Espagne et datant 15 000 ans avant notre ère présente ce qui semble être un harnais peint sur un cheval. Cette découverte tendrait à démontrer l’utilisation du cheval dans la péninsule ibérique bien avant la période communément admise[4],[5]. Cette hypothèse n'est cependant pas reprise par la communauté scientifique. L’artiste aurait seulement voulu accentuer la démarcation de la bouche et les lignes latérales décrivant le côté du crane[4].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Au cours de l’antiquité, les différentes invasions de la péninsule ibérique ont favorisé le brassage des races équines[6]. C’est tout d’abord le cas avec les ibères d’Afrique du Nord qui emmènent avec eux de petits chevaux berbères, puis avec les celtes et les peuplades aryennes. Ces métissages forment un petit cheval celtibère qui devait être proche physiquement du sorraia[7]. La péninsule est par la suite envahie par de nombreux autres peuples comme les phéniciens, grecs, carthaginois, romains, goths et vandales. Ces derniers s’établissent au Ve siècle dans la région dite de « Vandalousie » qui donnera son nom à la région d’Andalousie[6],[7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L’utilisation progressive des armures conduit à la recherche de chevaux plus lourds pour le combat[7]. Cette orientation de production équine s’avère être un mauvais choix. Lors de la conquête musulmane de l'Hispanie en 711, les cavaliers espagnols doivent faire face à l’agilité et la rapidité des cavaliers arabes. Les chevaux présentent certes un morphotype différent, mais ce sont également deux équitations différentes qui s’affrontent : a la brida contre a la jineta[8] ; cette dernière repose sur une chausse très courte des étriers et par l’exécution d’arrêts brusques et de mouvements rapides. Il s’agit là des fondements de ce qui sera plus tard l’équitation de la Renaissance [9]. Cette conquête amène le croisement des races locales avec les chevaux barbes des envahisseurs[10]. La légèreté et la maniabilité du cheval né de ces croisements en font une monture de guerre appréciée et recherchée[2].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Sur l’initiative de Philippe II, un élevage structuré débute en 1571 dans les écuries de Cordoue en Andalousie, région qui donnera son nom à la race des siècles durant, et crée le premier standard de la race[11],[12]. Les moines chartreux des monastères de Séville, de Jerez de la Frontera et de Santa María de la Cueva établissent une sélection pour aboutir au cheval chartreux nomme Cartujano[7].

Le XVIe siècle est un siècle de conquête pour les espagnols et l’immense empire territorial qui s’étend en Europe des Pays-Bas au nord au détroit de Magellan au sud ont mené à de nombreux brassages équins qui ont marqué la plupart des grandes races de l’époque comme le Napolitain, le Frison, le Frederiksborg, le Lipizzan et le Kladruber[13]. Par le biais des conquêtes du Nouveau Monde, le cheval espagnol, qu’on appellera plus tard « Cheval colonial espagnol », pénètre également le sol américain avec l’avancée des conquistadors[2],[10]. Il est à l’origine de nombreuses races nées sur le continent américain[10] parmi lesquelles le Paso Fino, le Criollo, le mustang et même le quarter horse[14].

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Tableau représentant un jeune homme en costume d'époque tenant en main un cheval gris qui semble piaffer.
Un étalon espagnol sur une peinture de 1603.

Le XVIIe siècle marque le début d’un âge d’or pour le cheval d’Espagne. Il remplace progressivement le cheval napolitain, très populaire au XVIe siècle, dans toutes les cours européennes, devenant ainsi un nouvel idéal chevalin[15]. C’est un cheval de prestige, utilisé pour la haute école, discipline dans laquelle sa souplesse et son équilibre sont idéales[16]. Exporté dans de nombreux pays européens pour apporter du sang et de la légèreté, le sang espagnol va également participer à l’amélioration de plusieurs races[9] notamment parmi les races allemandes à sang chaud, soit l’Hanovrien, le Holsteiner et l’Oldenbourg[13].

En France, c’est le cheval des rois. De François Ier à Louis XIV, tous les souverains possèdent et montent des chevaux espagnols[17]. Il est également utilisé pour la production de chevaux de guerre, mais seuls les riches seigneurs parviennent à s’en procurer[16].

Si l’élevage est prospère, certaines orientations ont parfois conduit à d’immanquables ratés. Ainsi le roi Philippe III charge le napolitain Juan Jeronimo Tiuti d’assurer la tenue de l’élevage espagnol. Celui-ci fait venir à Cordoba des étalons normands, danois, flamands et napolitains, et les croise avec des juments espagnoles. Le résultat s’avère catastrophique, les produits de ces croisements perdant la vitesse et le raffinement caractéristiques de la race pour gagner en muscles et en lourdeur[8].

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Gavure d'un cheval en pied à la robe claire présentant son profil droit dans un paysage andalou.
Un cheval andalou vu par le Baron d'Eisenberg en 1759.

En 1789, un premier stud-book de la race voit le jour en Espagne, mais l’empire napoléonien met à mal l’élevage espagnol, emportant et utilisant les meilleurs spécimens de la race[9]. Au XIXe siècle, l'élevage perd en qualité et décline dramatiquement. Les rapporteurs de l’époque craignent même la disparition de la race[18]. Le cheval espagnol souffre en effet d’une baisse de popularité. Trouvé trop robuste, la mode se porte plutôt vers les chevaux plus légers et élancés, beaucoup plus adaptés aux courses et la chasse, très en vogue à l’époque[2]. Quelques monastères chartreux d'Andalousie, dont la chartreuse de Jerez de la Frontera, ainsi que les écuries royales continuent l'élevage et maintiennent un patrimoine génétique de qualité chez la race[19].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le stud-book de la race est créé en 1912 avec une volonté marquée de créer une race nationale et de se démarquer de son « cousin » portugais[17]. Au cours du XXe siècle, la race se reconstruit. Le gouvernement espagnol est obligé de geler les importations durant près de cent ans. Cette interdiction n’est levée dans les années 1960[20].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.
Un cheval noir de profil dans un paddock en sable trotte très fort avec une action des membres très prononcée.
Pure race espagnole au trot dans son paddock.

Sa conformation générale est celle d’un cheval compact, puissant, bien bâti mais très élégant[21]. C’est en effet un cheval très raffiné avec une forte présence[10]. Un léger manque de vitesse est constaté mais celle-ci est compensée par une très grande agilité[11]. La hauteur au garrot est de minimum 1,50 m pour les juments et de 1,52 m pour les mâles[22]. Les PRE sont longtemps restés de petits chevaux mais la race a fort évolué ces dernières décennies, et certains sujets dépassent les 1,70 m[23].

Tête[modifier | modifier le code]

Tête d'un cheval gris à la très longue crinière; penché en avant il mange du foin dans son boxe aux murs blancs.
Tête d’un pure race espagnole à la robe grise.

La tête est de taille moyenne à longue, bien proportionnée et plutôt fine, surtout chez les juments[24],[25]. Le front est large[10] et le profil droit ou subconvexe[25]. L’œil est grand, le regard vif et expressif[24]. Les oreilles sont de petite taille, bien actives[26] et la pointe tournées vers l'extérieur[11]. Les naseaux sont bien formés et peuvent s’étendre pour obtenir une grande quantité d’air à l’effort. La lèvre supérieure est bien mobile et la bouche d’une grande sensibilité[21]. Le bout du nez est légèrement effacé[25].

Corps[modifier | modifier le code]

Son corps est court et robuste[10]. L’encolure est légèrement arquée et bien attaché[11]. Longue et épaisse, elle reste toute fois très élégante[10]. Le poitrail est large et profond. Les épaules sont longues et amples[24]. Le garrot est bien sculpté[10]. La ligne dorsolombaire est droite et le dos est court[21],[11], tout comme les reins[24]. La croupe est bien ronde[21], puissante et inclinée[24]. L'abdomen est assez rond[11]. La queue est attachée assez bas[10].

Membres[modifier | modifier le code]

Les membres sont d’une longueur moyenne, nets et raffinés. Mais cela n’empêche pas leur robustesse[10]. Les articulations sont larges[26]. Les pieds sont bien formés et le sabot est dur[11].

Crins[modifier | modifier le code]

Les crins sont longs et très abondants[10]. Ils sont généralement ondulés[26]. Une queue touchant le sol et des cris très longs sont appréciés, ce qui demande un entretien tout particulier. Des tresses souples sont ainsi confectionnées pour empêcher aux crins de s'emmêler ou se casser[11].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.

La robe la plus répandue chez la race est le gris. Près de 75 % des chevaux sont ainsi concernés[27]. Cette prédominance s’explique par la sélection de la robe grise effectuée par les moines chartreux au cours des siècles. S’agissant d’un gène dominant, la sélection en a été facilitée et la robe s’est répandue[28].

Les robes baies ou noires sont plus rares, mais commencent à devenir plus courantes. L'alezan a longtemps été considéré comme un défaut. Mais depuis un Décret Royal espagnol de décembre 2002, toutes les robes sont admises chez la race. L’alezan est bien entendu concerné, mais ce décret signifie surtout que toutes les robes et particularités sont désormais admises ; les yeux bleus comme les marques primitives[28]. Cette ouverture a entrainé un engouement commercial nouveau pour les robes rares et certains chevaux de couleur peuvent atteindre des sommes très conséquentes à la vente[28].

La robe pie semble avoir totalement disparu chez la race. On en retrouve cependant des traces s’exprimant dans des balzanes haut chaussées ou de grandes listes chez certains sujets[28].

Allures[modifier | modifier le code]

Les allures sont historiquement relevées, avec une aptitude naturelle au piaffer et au passage ; cette dernière étant d’ailleurs l’une de ses allures les plus brillantes[17]. La sélection mène de plus en plus à des sujets aux allures plus étendues, avec un geste aérien et énergique. Le « billardage[29] », défaut fréquemment rencontré chez la race, tend à disparaître[25].

Tempérament[modifier | modifier le code]

Au niveau du caractère, le PRE est un cheval facile et intelligent[27]. S'il est fier et courageux, il garde toujours un tempérament agréable. Sa bouche délicate en fait un cheval fin et obéissant, quand il est monté correctement[20].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Dressage[modifier | modifier le code]

Par son élevage et sa sélection, le pure race espagnole est avant tout un cheval de selle[10]. Ses prédispositions naturelles en font un cheval très apprécié pour le dressage que ce soit pour la basse ou la haute école[17]. Cette haute école est encore pratiquée et mise en valeur et ce, principalement, par l’action notable de l’École royale andalouse d'art équestre. Dépositaire directe et naturelle de l’équitation académique espagnole de la Renaissance, elle a, parmi ses nombreuses missions, la promotion du cheval de pure race espagnole[30].

Dans une carrière officielle d'un concours de dressage, une jeune femme en redingote portant un chapeau effectue un trot allongé sur un cheval gris très compact mais allongeant bien son antérieur droit vers l'avant.
PRE lors d’une compétition internationale de dressage.

Au niveau des compétitions de dressage, le pure race espagnole est régulièrement présent sur la scène internationale et certains sujets ont marqué l’histoire du dressage espagnol. C’est ainsi le cas d’Invasor, qui, avec son cavalier Rafael Soto, a remporté de nombreuses compétitions nationales et internationales de dressage, notamment une médaille d’argent par équipe aux Jeux olympiques d'été de 2004 à Athènes. Cette équipe médaillée est d’ailleurs composée d’un autre PRE, Oleaje, monté par Ignacio Rambla[31]. Plus récemment, lors des Jeux olympiques d'été de 2008 à Pékin, deux chevaux PRE prennent part à la compétition : l’étalon Rociero XV pour les États-Unis et Fuego XII pour l’Espagne[1]. Le pure race espagnole a cependant encore du mal à s’imposer lors des grandes compétitions internationales où la concurrence face aux chevaux allemands et hollandais est très difficile. Les compétitions officielles sont en effet soumises à une approche germanique du dressage où le mouvement en avant, les allures amples et la rectitude sont privilégiés. Avec son dos court et son modèle compact, le pure race espagnole est morphologiquemement pénalisé par la faible étendue de ses allures, mais également par sa grande souplesse qui le rend difficile à maintenir droit et rend compliqué certaines figures comme le changement de pied au temps[32]. Pour pallier ces difficultés inhérentes à la race, un soin tout particulier a été porté sur l’élevage ces dernières années pour l’améliorer, et notamment en produisant des chevaux plus grands et aux allures plus étendues[23],[27].

Équitation traditionnelle[modifier | modifier le code]

Dans une arène, un cavalier en costume traditionnel galope sur un cheval gris très rassemblé dont la queue a été attachée.
Présentation de doma vaquera.

Très lié à la culture espagnole, il est de ce fait utilisé dans plusieurs formes d’équitation traditionnelle, que ce soit en équitation de travail, en doma vaquera et en tauromachie. Sons sens du bétail et sa forte mobilité latérale sont autant d’atout dans ces différentes pratiques[27]. La doma vaquera est ainsi une discipline dans laquelle le pure race espagnol excelle. Ce travail du bétail a la particularité de posséder des mouvements spécifiques, d’un haut niveau technique voire artistique, qui demande au cheval une grande réactivité et une osmose parfaite avec son cavalier[33]. Lors des corridas, les rejoneadors chevauchent également des chevaux de pure race espagnole. Ces chevaux sont de grandes qualités et extrêmement bien dressés[34].

Spectacle équestre[modifier | modifier le code]

Par son charisme et sa facilité d’apprentissage, le pure race espagnole est un très bon cheval de spectacle. On le rencontre fréquemment au cirque, dans les spectacles équestres et également au cinéma. Au cirque, Alexis Grüss et les Knie emploient des chevaux ibériques dans leurs spectacles[35]. Dans les spectacles et films auxquels il participe, Mario Luraschi utilise également une grande majorité de chevaux ibériques, et donc des pures races espagnoles[35],[36]. L’académie équestre du Puy du Fou utilise également des chevaux PRE dans ses spectacles[37]. Le cabaret équestre Zingaro, Yves Bienaimé au Musée vivant du cheval de Chantilly, et bien d’autres ont utilisé des chevaux ibériques pour une ou plusieurs réalisations de spectacles équestres[35].

Attelage[modifier | modifier le code]

Le pure race espagnole a depuis tout temps été attelé en Andalousie[27]. L’attelage traditionnel, dit « a la calesera » présente des chevaux ornés et harnachés de très nombreux pompons et clochettes aux couleurs les plus variées. Ce type d’attelage est fréquemment rencontré lors des ferias[38]. La participation du PRE en attelage de compétition est encore récente[38], mais on trouve déjà des sujets tournant à haut niveau en compétition[27]. Dans cette discipline, l’épreuve de maniabilité est son point fort. Mais il pêche encore sur l’épreuve de marathon, épreuve demandant de grandes qualités d’endurance que le PRE n’a pas développé au cours des siècles. Une sélection toute particulière a été mise en place progressivement afin d’améliorer cette qualité chez la race[38].

Autres disciplines[modifier | modifier le code]

cheval noir monté par une femme et passant au-dessus d'un obstacle
Pure race espagnole sur un concours de saut d'obstacles.

Le pure race espagnole est également adapté à la pratique d'autres disciplines. C’est un bon cheval de loisir et de randonnée où son caractère stable et ses allures confortables sont très appréciées[17],[39]. En Espagne, les PRE peuvent également être rencontrés sur des épreuves de saut d’obstacles. Certains sujets se défendent même sur des hauteurs d'1,40 m[39]. Dans le reste du monde, leur utilisation dans cette discipline est beaucoup plus anecdotique, des races spécialement sélectionnées pour le saut d’obstacles leur étant préférées[40].

Croisements[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Aztèque (cheval) et Hispano-arabe (cheval).

Le pure race espagnole est parfois utilisé en croisements pour créer d'autres races. Il entre ainsi dans la formation de l'Hispano-arabe, nommé aralusian aux États-Unis, issu du croisement des pure-race espagnole et des pur-sang arabes[41]. Il est aussi à l'origine de l'aztèque, issu d'un croisement avec des quarter horses[42], et de l'ispazon ou warlander, issu d'un croisement avec des frisons[43].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Le long d'un mur, vue de derrière d'un dizaine de jeunes chevaux noirs grisonnants qui se déplacent.
Regroupement de très jeunes PRE.

Si l’élevage de chevaux pure race espagnole est intimement lié à l’Espagne et à l’Andalousie, la race est présente et élevée dans de nombreux pays dans le monde, tout particulièrement en France[44].

En Espagne[modifier | modifier le code]

Principalement centré sur sa région historique, l’Andalousie, l’élevage de chevaux de pure race espagnole est très rigoureux et sélectif. Seuls un certain nombre d’éleveurs est reconnu officiellement pour élever la race. Les produits naissant sont ainsi le fruit d’un choix et d’une sélection stricte des reproducteurs. Le livre généalogique de la race est géré par la Jefatura de cria caballar y remonta, une administration militaire, qui possède également ses propres haras et dépôts d’étalons. Les élevages privés sont quant à eux composés de près de 3 000 juments et de 800 étalons en 2006[45]. Le stud-book de la race est dit « fermé », c’est-à-dire que le pure race espagnole ne peut être croisé avec aucune autre race[23].

En France[modifier | modifier le code]

En France, la race a été reconnue par les Haras nationaux en 2005[46]. L’élevage est très important dans le pays. Il s’agit en effet du second producteur de chevaux PRE dans le monde[44]. Il est fortement représenté sur le bassin méditerranéen, mais quelques élevages existent également au nord de la Loire. L’Association Française des Eleveurs de Chevaux de pure race Espagnole est l’association chargée de promouvoir la race sur l’ensemble du territoire. Elle tient également le stud-book français de la race[45].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

A l'entrée d'une carrière improvisée, un groupe vu de dos de cavaliers en costume traditionnel, certains ayant des jeunes femmes aux robes colorées et froufroutantes en croupe, attendent d'effectuer leur prestation.
Chevaux en attente à la Feria de Nuestra Señora de la Salud de Cordoue.

Représentant typique du folklore et de la culture hispanique, le pure race espagnole est présent dans toutes les manifestations traditionnelles, que ce soit les ferias ou les romerias[47]. Mais son charisme et son physique font de lui un cheval très populaire et très apprécié, et ce bien au-delà des frontières espagnoles[48]. Il est souvent choisi comme modèle en photographie, en comparaison d’autres races, pour symboliser la force, la sagesse et la liberté, éléments indissociables de l’imaginaire populaire du cheval[49],[50]. Il est également présent au cinéma où sa présence dans de nombreux films d’époque ou de fantasy est remarquée. Dans la trilogie du Seigneur des anneaux, les personnages de Gripoil et d’Asfaloth sont joués par des chevaux de pure race espagnole. Il en est de même pour la licorne que chevauche Peter dans Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique, ainsi que la monture de Mel Gibson dans Braveheart ou encore les deux licornes du film Legend de Ridley Scott[51].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Lynghaug 2009, p. 623
  2. a, b, c et d Fitzpatrick 2008, p. 40
  3. (pt) Ruy d´Andrade, Esgrima de Lança á Gineta
  4. a et b Hendricks et Dent 2007, p. 30
  5. Elwyn Hartley Edwards, « La domestication », dans Les chevaux, éditions de Borée, coll. « L’œil nature »,‎ 2006, 12-13 p. (ISBN 2844944493 et 9782844944498)
  6. a et b Hendricks et Dent 2007, p. 29
  7. a, b, c et d Bataille 2008, p. 92
  8. a et b Hendricks et Dent 2007, p. 31
  9. a, b et c Françoise Racic-Hamitouche et Sophie Ribaud, Cheval et équitation, Editions Artemis,‎ 2007, 287 p. (ISBN 9782844164681), p. 272
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Draper 2006, p. 26-27
  11. a, b, c, d, e, f, g et h Ravazzi 2002, p. 56
  12. Lynghaug 2009, p. 622
  13. a et b Vasquez 2001, p. 27
  14. Vasquez 2001, p. 33-36
  15. Revue historique, vol. 625 à 628, Librairie G. Baillère,‎ 2003, p. 834
  16. a et b Alfred Edmund Brehm, La vie des animaux illustrée : description populaire du règne animal, J.B. Baillière,‎ 1869, p. 369
  17. a, b, c, d et e Collectif 2006, p. 26
  18. Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, contenant la grande et la petite culture, l'économie rurale et domestique, la médecine vétérinaire, etc., ou Dictionnaire raisonné et universel d'agriculture, vol. 4, Chez Deterville,‎ 1821, p. 506
  19. Ravazzi 2002, p. 56
  20. a et b Fitzpatrick 2008, p. 42
  21. a, b, c et d Lynghaug 2009, p. 625
  22. Bataille 2008, p. 93
  23. a, b et c Lætitia Bataille, « Rafael Soto : "Il faut monter avec inspiration" », Cheval Savoir, no 14,‎ octobre 2010 (lire en ligne)
  24. a, b, c, d et e Collectif 2006, p. 24
  25. a, b, c et d Bataille 2008, p. 94
  26. a, b et c Hendricks et Dent 2007, p. 33
  27. a, b, c, d, e et f Bataille 2008, p. 95
  28. a, b, c et d Lætitia Bataille, « Les robes chez le cheval ibérique », Cheval Savoir, no 22,‎ juin 2011 (lire en ligne)
  29. Un cheval billarde lorsque ses antérieurs décrivent un arc de cercle vers l'extérieur lorsqu'il se déplace au trot.
  30. Alain Laurioux et Guillaume Henry, Les hauts lieux de l'art équestre : Vienne, Saumur, Jerez, Lisbonne, Belin, 208 p. (ISBN 9782701146676)
  31. (en) Jennifer O Bryant, Olympic Equestrian : A Century of International Horse Sport, Eclipse Press,‎ 2008, 270 p. (ISBN 9781581501797), p. 239
  32. Vasquez 2001, p. 122-124
  33. (en) Fran Lynghaug, « Pura Raza Española », dans The Official Horse Breeds Standards Guide: The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, Voyageur Press,‎ 2009, 672 p. (lire en ligne), p. 552
  34. Elwyn Hartley Edwards, Les chevaux, De Borée,‎ 2006, 272 p. (ISBN 9782844944498), p. 54
  35. a, b et c Vasquez 2001, p. 114-115 d’après B. Celeyron, « Le cheval andalou dans le spectacle équestre », Plaisirs équestres, no 12, numéro spécial andalou,‎ 1985, p. 63-65
  36. Serge Farissier, « De la cascade équestre au travail en liberté… », Cheval Savoir, no 1,‎ juin 2009 (lire en ligne)
  37. Philippe de Villiers, Les Secrets du Puy du Fou, Albin Michel,‎ 2012 (ISBN 9782226272560, lire en ligne)
  38. a, b et c Vasquez 2001, p. 111-112
  39. a et b Vasquez 2001, p. 112-114
  40. Vasquez 2001, p. 121
  41. Collectif, « Hispano-arabe », dans Les races de chevaux et de poneys, Éditions Artémis,‎ 2006, 127 p. (ISBN 9782844163387, lire en ligne), p. 40
  42. (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Azteca », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848), p. 58
  43. (en) « The Warlander - Introduction », sur International Warlander Society & Registry (consulté le 21 août 2014)
  44. a et b Bataille 2008, p. 96
  45. a et b Collectif 2006, p. 24-25
  46. Bataille 2008, p. 91
  47. Euroferia Andaluza de Bruselas, Frédéric Gallo (ISBN 9782805201080, lire en ligne), p. 67-81
  48. C. Hercy, E. Feuillerac, F. Halm et N. Lazarus, « Zoom sur les 23 plus belles races », Cheval pratique, no 178,‎ 2005, p. 42-95
  49. (en) Lesli Groves, Photographing Horses : How to Capture the Perfect Equine Image, Globe Pequot Press,‎ 2006, 208 p. (ISBN 9781592282302)
  50. (en) Margrit Coates, Connecting with Horses : The Life Lessons We Can Learn from Horses, Random House,‎ 2012, 176 p. (ISBN 9781448146710), p. 173
  51. « Le cheval andalou, l’élégance à l’état pur », sur Passeport vers… Iberostar (consulté le 18 août 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

Thèse[modifier | modifier le code]

  • Marie-Isabelle Vasquez, Corrélation entre la morphologie et les aptitudes du cheval de pure race espagnole : Applications pratiques, Thèse de l'École Nationale Vétérinaire de Toulouse,‎ 2001, 129 p. (lire en ligne [PDF]) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]

  • [Ravazzi 2002] Gianni Ravazzi, « Andalou (Pure race espagnole) », dans L'encyclopédie des chevaux de race, Bergame, Italie, De Vecchi,‎ 2002, 190 p. (ISBN 9782732825946), p. 56-58 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, « Pure race espagnole », dans Les races de chevaux et de poneys, Editions Artemis,‎ 2006, 127 p. (ISBN 2844163386, lire en ligne), p. 24-26 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Draper 2006] Judith Draper (trad. Sophie Smith, ill. Rodney Paull, photogr. Kit Houghton), « L’Andalou : les races, les aptitudes, les soins », dans Le grand guide du cheval, Romagnat, Éditions de Borée,‎ 2006, 256 p. (ISBN 2844944205 et 9782844944207, OCLC 470405910, notice BnF no FRBNF40173187, lire en ligne), p. 26-27 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Hendricks & Dent 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Andalusian (Purebred Spanish Horse) », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848), p. 28-33 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Bataille 2008] Lætitia Bataille, « Pure race espagnole », dans Races équines de France, Éditions France Agricole,‎ 2008, 286 p. (ISBN 9782855571546, lire en ligne), p. 91-96 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Fitzpatrick 2008] Andrea Fitzpatrick, « Andalou », dans Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit,‎ 2008, 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 40-43 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Lynghaug 2009] (en) Fran Lynghaug, « Pura Raza Española », dans The Official Horse Breeds Standards Guide: The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, Voyageur Press,‎ 2009, 672 p. (lire en ligne), p. 622-625 Document utilisé pour la rédaction de l’article