Artérite virale équine

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L'artérite virale équine est une maladie infectieuse liée à un virus à ARN, de la famille des arteriviridae, ordre des nidovirales.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Identifiée sous ce nom en 1953, par l'américain E.R. Doll à Bucyrus (Ohio), l'artérite virale sévit à l'état endémique depuis au moins le XIXe siècle, avec des poussées régulières d'épizootie[1].

Elle peut être transmise par voie vénérienne, soit directement par un étalon infecté, soit par insémination avec du sperme infecté ou par voie aérienne par contage direct.

Le virus ne semble infecter que les équidés. Sa diffusion est mondiale, à l'exception de l'Islande et du Japon[2].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le virus se multiplie dans les macrophages bronchiques puis, après une période de virémie, vers les cellules endothéliales avec une prédilection pour la media des petites artères musculeuses. La lésion typique est une nécrose de l’intima et de la média, avec un infiltrat périvasculaire lymphocytaire[3].

Signes[modifier | modifier le code]

Après une période d'incubation de 3 à 15 jours, la période initiale est marquée par une forte fièvre (jusqu'à 42°C), avec perte d'appétit et abattement, puis, vers le quatrième jour, apparition d'œdèmes des membres dits «en chaussette» ou d'œdème des bourses chez l'étalon. Il existe fréquemment une conjonctivite avec larmoiement et un jetage contagieux par les naseaux.

Une éruption cutanée sous forme de lésions papuleuses peut également être présente.

La maladie est plus grave chez la jument gestante et entraîne fréquemment un avortement, ainsi que chez les jeunes poulains où elle peut entraîner le décès.

Parfois enfin, l'infection passe inaperçue et n'est révélée que par des examens biologiques.

Évolution[modifier | modifier le code]

La guérison est l'évolution la plus fréquente pour les chevaux adultes. Les juments infectées restent séropositives mais ne sont plus contagieuses, en revanche, les étalons peuvent rester excréteurs asymptomatiques pendant plusieurs années[4].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il peut être sérologique, par mise en évidence d'une ascension des taux d'anticorps, lors de deux prélèvements à deux ou trois semaines d'intervalle.

Une identification sur cultures cellulaires ou par biologie moléculaire est également possible.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement curatif n'est que symptomatique avec mise au repos, la prévention passe par le retrait de la monte des étalons infectés[5] et l'isolement des animaux malades.

Un vaccin (Artervac®) est également disponible. Le protocole vaccinal pour les étalons d'au moins 4 mois est de deux injections en primo vaccination espacées d'un mois, puis des rappels tous les 6 mois[6].

Législation[modifier | modifier le code]

L'Organisation Mondiale de la Santé Animale[7] définit les normes pour l'importation de géniteurs mâles et de semence fraîche ou congelée.

L'artérite virale équine est une maladie à déclaration obligatoire en France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vallat F. et Caillault P. [PDF] L’artérite virale du cheval en France après 1800 Bull.soc.fr.hist.méd.sci.vét., 2004
  2. The Merck veterinary manuel
  3. Croisier F., Étude des vascularites chez le cheval, thèse, 2006
  4. Fédération Normande du Selle Français, Conseil des Chevaux de Basse Normandie, Haras Nationaux, Artérite virale équine en Normandie, Fiche technique, 2007
  5. Organisation Mondiale de la Santé Animale, Code sanitaire pour les animaux terrestres, 2006, Chapitre 2.5.10
  6. Sous-commission sanitaire du stud-book français du cheval de pur-sang
  7. Organisation Mondiale de la Santé Animale, Code sanitaire pour les animaux terrestres - 2006>