Spectacle équestre

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Spectacle équestre au haras national d'Aurillac.

Un spectacle équestre est un spectacle mettant en scène des chevaux. Héritier des mouvements équestres militaires, il naît en Angleterre au XVIIIe siècle, d'abord pour un public d'aristocrates, avant de gagner d'autres pays comme la France et de se démocratiser grâce au cirque.

De nos jours, le spectacle peut se dérouler dans un théâtre équestre, sur une piste de dressage ou sur une piste de cirque. Le cheval est le seul dénominateur commun parmi une grande variété possible de spectacles, faisant appel à de très nombreuses formes d'art comme la danse, le théâtre, le cirque, le chant, la musique ou encore la peinture.

Les troupes et les structures de spectacle équestre peuvent acquérir une renommée internationale, c'est le cas de Zingaro en France, de Cavalia au Québec et d'Apassionata en Allemagne. Des professionnels comme Mario Luraschi et des chevaux comme Templado sont également connus dans le monde entier. Il existe en France une Académie du spectacle équestre, proposant une formation avec Bartabas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le cirque est indissociable du spectacle équestre. Ici, Arlette Gruss.
Bon nombre de spectacles équestres se sont tenus au cirque d'hiver, à Paris.

Le spectacle équestre trouve son origine dans les mouvements de combat équestres militaires. En Angleterre, au XVIIIe siècle, ces démonstrations se muent peu à peu en spectacles. En 1780, cette pratique arrive en France[1]. Elle évolue beaucoup au XIXe siècle : les représentations initiales se tiennent dans des lieux fixes et sont destinées à un public d'aristocrates. Elles laissent place au cirque, dont les débuts sont indissociables du cheval. Le spectacle équestre se fait itinérant, et les cirques deviennent des ménageries foraines présentant d'autres types de spectacles et d'autres animaux[2]. La naissance du théâtre équestre remonte au début du XIXe siècle, il s'agit à l'origine d'une demande de reconnaissance dans la législation particulière du spectacle narratif, associée aux thèmes napoléoniens, des moyens conséquents sont mis en œuvre pour le rendre spectaculaire[1]. Les premiers spectacles équestres narratifs, durant la première moitié du XIXe siècle, ont pour cadre l'histoire militaire. Les clowns détrônent ensuite le cheval comme symbole du spectacle de cirque[3].

Le spectacle équestre est depuis le début du XXe siècle associé à de grands noms du cirque comme la famille Bouglione, et plus tard la famille Grüss. La France s'illustre de manière internationale en spectacle équestre, à travers le Cadre noir, la troupe de Bartabas à l'académie du spectacle équestre, celle de Mario Luraschi, le cirque ou encore le musée vivant du cheval[4].

Description[modifier | modifier le code]

Cheval faisant la révérence, un mouvement typiquement associé au spectacle équestre.

Le spectacle équestre est multiforme et hétéroclite, il peut faire appel à la danse, au théâtre, au cirque, au chant, à la musique ou à la peinture[5].

Mouvements demandés au cheval de spectacle[modifier | modifier le code]

Les mouvements recherchés chez un cheval de spectacle sont généralement la révérence, le cabrer (pour son côté spectaculaire et impressionnant), par extension les airs relevés et allures acquises par le dressage, telles que le pas espagnol.

Disciplines représentées[modifier | modifier le code]

La voltige se prête bien au spectacle équestre.
La fantasia, une tradition d'Afrique du Nord considérée comme un spectacle.

Certaines disciplines équestres se prêtent mieux au spectacle que d'autres. En particulier le dressage classique qui en est l'origine même avec les écuyers, la voltige en cercle et la voltige en ligne. Certaines traditions sont assimilées à des spectacles, comme la Fantasia au Maghreb.

Lieux et troupes célèbres[modifier | modifier le code]

Le théâtre équestre Zingaro, à Aubervilliers.

le spectacle équestre est représenté dans une grande variété de lieux, aussi bien des cirques (Bouglione, Grüss...) que de grandes écoles de dressage classique (le Cadre noir, l'école espagnole de Vienne...), des musées (le musée vivant du cheval et sa metteuse en scène Sophie Bienaimé...), des parcs d'attraction (Buffalo Bill Wild West show à Disneyland Paris, Raveleijn, la Mer de Sable...), des théâtres équestres spécialement dédiés, comme le théâtre du Centaure et celui de la troupe Zingaro à Aubervilliers. Les chevaux de spectacles sont recherchés pour des prestatiosn variées, aussi bien au cinéma que pour des spectacles qui ne sont pas essentiellement équestres, comme Ben Hur, joué en 2006 au Stade de France.

Il existe en France une académie du spectacle équestre, tenue par Bartabas et destinée à la formation de nouveaux cavaliers de spectacle. La France héberge aussi un spectacle équestre annuel où se mettent en scène les meilleurs artistes de ce domaine, les Crinières d'or chaque année pendant Cheval Passion à Avignon.

Certaines entreprises ont monté des spectacles équestre de grande ampleur, notamment Cavalia dont le siège social est basé à Montréal, dans la province du Québec au Canada. Elle a produit deux spectacles internationaux : Cavalia, Un rêve de liberté et Odysseo. Elle héberge une cinquantaine de chevaux. Les spectacles équestres produits par Apassionata, entreprise domiciliée à Berlin, ont attiré plus de cinq millions de personnes dans toute l'Europe[6],[7].

Dresseurs et chevaux de spectacle célèbres[modifier | modifier le code]

Le cheval assit, un autre grand classique du spectacle équestre, ici à Cavalia.

La famille Pignon, notamment Frédéric Pignon et Jean-François Pignon, s'est faite connaître par ses spectacles en liberté. Un grand nom du spectacle équestre de cirque est l'écuyer Alexis Grüss, qui a reçu en 1975 le Clown d'Or du Festival international du cirque de Monte-Carlo. Mario Luraschi s'est pour sa part spécialisé dans le dressage de chevaux de cinéma qu'il montre régulièrement en spectacle. Le 29 janvier 2010, en ouverture des Rencontres internationales du cinéma de patrimoine et de films restaurés de Vincennes, après être arrivé dans les salons de l'hôtel de ville de Vincennes sur son cheval Quijote, il reçoit le Prix Henri-Langlois Arts et Techniques du Cinéma. Bartabas, metteur en scène et cavalier de la troupe Zingaro, s'est fait connaître dans les années 1980 grâce à son sens de la mise en scène et ses performances de dressage, comme le galop en arrière.

Les chevaux ne sont pas en reste, certains devenant aussi célèbres voir plus encore que leur dresseur. Felous, un cheval de trait alezan aux crins lavés d'origine inconnue, était initialement destiné à être abattu. Il a été dévoilé dans Le marquis ivre et a depuis joué parmi de nombreuses troupes[8]. Gazelle, jument de Jean-François Pignon trouvée maigre et promise elle aussi à la boucherie[9], a vu un film entier lui être consacré. Quijote, un ibérique de Mario Luraschi, a été photographié par le studio Harcourt[10]. Nikito, cheval de Jean-Marc Imbert, voué lui aussi à la boucherie, a été le 1er cheval à réaliser un tableau équestre en liberté monté, sans selle ni bride en 1993. Cette qualité l'a entraîné dans des tournées jusqu'en Australie. Tao, un percheron du théâtre du Centaure, est monté à cru[8]. Templado, étalon lusitanien de Frédéric Pignon, est devenu une star internationale grâce à son sens de la scène et à son apparence de « cheval de conte de fée »[11]. Zingaro, le frison noir de Bartabas, a donné son nom à la troupe[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Angleys 2007, p. 9
  2. Angleys 2007, p. 8
  3. Angleys 2007, p. 10
  4. Jacky Lebrun, Les enjeux et les perspectives de la filière équine en France, Avis et rapports du conseil économique, social et environnemental de la république française,‎ 2010 (lire en ligne), p. 14
  5. Irondelle 2012, p. présentation éditeur
  6. http://www.apassionata.com/fr/we-care/a-propos-de-nous/
  7. http://www.derwesten.de/freizeit/zehn-jahre-apassionata-ross-und-reiter-im-rampenlicht-id7312031.html
  8. a et b Lhermite 2011, p. 30
  9. Lhermite 2011, p. 36
  10. Lhermite 2011, p. 35
  11. Lhermite 2011, p. 29
  12. Lhermite 2011, p. 38

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clotilde Angleys, « Le spectacle de cirque en 1930, traditions et influence », dans Positions des thèses, Librairie Droz,‎ 2007, 228 p. (ISBN 2900791901 et 9782900791905)
  • Aurissia Irondelle, En quête du spectacle équestre: Art équestre, théâtre, danse : cheval comédien!, Éditions universitaires européennes EUE,‎ 2012, 172 p. (ISBN 384179601X et 9783841796011)
  • Melina Lhermite, « Quarante destins », Cheval magazine, no 480,‎ novembre 2011