Mulet

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Mulet

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Mulet de bât

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Perissodactyla
Famille Equidae
Genre Equus


Animal hybride sans nom scientifique[Note 1]

Parent mâle de l'hybridation
Equus asinus
×
Parent femelle de l'hybridation
Equus caballus

Le mulet et la mule sont des hybrides statistiquement stériles de la famille des équidés, engendrés par un âne (Equus asinus) et une jument (Equus caballus).

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Le nom de mulet vient du mot latin mulus, de même sens. Aucune étymologie satisfaisante n'a abouti pour ce nom[1]. On appelle mulet l'hybride mâle et mule l'hybride femelle.

Description[modifier | modifier le code]

Le mulet présente les caractéristiques de ses deux parents. D'une taille intermédiaire entre l'âne et la jument, il possède d'un côté la force du cheval et de l'autre la robustesse et la rusticité de l'âne[2]. Il est réputé résistant, le pied sûr, endurant, courageux et intelligent[3]. Il présente un nombre de chromosomes exactement intermédiaire entre celui de ses deux espèces parentales, soit 63 chromosomes[2].

Anatomie[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques physiques du mulet les plus notables sont :

  • infécond (chromosomes issus de deux espèces proches mais différentes qui ne permettent pas d'appariement lors de la méiose et donc l'impossibilité de fabriquer des gamètes)
  • souvent plus grand qu'un âne, il peut être plus grand que ses deux parents
  • robe (pelage) souvent bai ou noire pangaré, plus rarement alezane, grise ou isabelle dun (les robes appaloosa ou pie existent aux États-Unis)
  • tête volumineuse et allongée
  • naseaux peu dilatés
  • oreilles longues, d'une taille idéalement intermédiaire entre celles du cheval et de l'âne
  • arcades sourcilières proéminentes
  • membres fins et secs, tour de canon et sabots plus larges pour les mules de trait.

Le mulet et la mule tirent comme avantages :

  • du cheval, une plus grande force et une plus grande taille que l’âne ;
  • de l’âne, une plus grande sobriété et une plus grande robustesse face aux maladies.

Stérilité[modifier | modifier le code]

Les mulets sont le plus souvent stériles. En cinq siècles, la société muletière britannique n'a enregistré que 60 naissances naturelles dues à des croisements spontanés entre mulets [4], ce qui montre la marginalité du phénomène et la quasi impossibilité en pratique de créer une nouvelle espèce commercialement viable pour les éleveurs.

Contrairement à une idée particulièrement répandue, ce n'est pas le nombre impair de chromosomes du mulet qui bloque la méïose mais la différence des structures chromosomiques chez les deux espèces parentales [5].

Maladies[modifier | modifier le code]

Le mulet et la mule présentent dans 10 % des cas une anémie hémolytique grave liée aux anticorps de la mère contenus dans le colostrum lors des premiers jours de l'allaitement. La cause a été identifiée depuis le milieu des années 1940 et résolu depuis par le biais d'un titrage des anticorps, d'un retard de l'allaitement, et de la transfusion de globules de la mère[6].

Le mulet et l'homme[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les croisements ânes et chevaux remontent à l'antiquité[3] et se sont largement répandus depuis le Ve siècle jusqu'à nos jours[2].

En France, au XIXe siècle, l'industrie mulassière est des plus florissantes. Très réputé à l'étranger, le mulet s'exporte en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, dans les pays nordiques et également en Amérique[7]. Le développement de l'élevage français se fait sur plusieurs zones géographiques : le Poitou, où les mules poitevines sont puissantes et de grandes tailles, le Dauphiné, le Massif central et les Pyrénées, où la mule des Pyrénées est plutôt utilisée pour les travaux légers et pour un usage de luxe. Son déclin s'amorce au début de XXe siècle avec l'arrivée de la motorisation[8].

Utilisations du mulet[modifier | modifier le code]

On distingue le mulet de bât, utilisé en montagne, le mulet de trait, qui rend les mêmes services que rendrait un cheval dans d'autres régions, et le mulet de selle, surtout aux États-Unis, qui est utilisé avec succès dans toutes les disciplines équestres.

Confusion[modifier | modifier le code]

Le bardot, parfois confondu avec les mules et les mulets, est issu du croisement entre une ânesse et un cheval. On a pu croire autrefois à l'existence du joumart, produit du croisement entre un cheval ou un âne et une vache, ou entre un taureau et une ânesse ou une jument. Ce nom désigne, par extension, tout animal de sang mêlé, issu du croisement de deux espèces voisines. Il existe aussi le cerf mulet, qui n'a de rapport que par le nom, et qui est désigné ainsi à cause de ses oreilles similaires à celles d'un mulet. Selon l'historien Thierry Murcia, qui cite diverses sources antiques, on appelait autrefois mule de Libye (ou parfois "âne de Libye"), le fruit du croisement entre un onagre et une jument[9].

Culture associée au mulet[modifier | modifier le code]

Illustration de la fable "les deux mulets" par Grandville, 1838-1840.

Compagnon utilitaire de l'homme, le mulet a longtemps été utilisé dans la langue française où de nombreuses expressions et proverbes y font référence. Les expressions « être chargé comme une mule » ou « être têtu comme une mule » sont rentrées dans le language courant et renvoient directement aux qualités et défauts de l'animal[10],[11]. Le mulet est également présent en littérature, et ce dès l'antiquité, comme par exemple dans les Fables d'Ésope ainsi que chez Phèdre. Jean de La Fontaine l'utilise également dans ses Fables et Alphonse Daudet lui dédie l'une des nouvelles du recueil des Lettres de mon moulin, La Mule du pape[12].

Article détaillé : Mulet dans la culture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les animaux hybrides n'ont pas de nom scientifique propre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Desfayes, Origine des noms des oiseaux et des mammifères d'Europe y compris l'espèce humaine, Editions Saint-Augustin,‎ 2000, 196 p. (ISBN 9782940145263), p. 182
  2. a, b et c Petrus 2003
  3. a et b Farissier 2007, p. 84
  4. http://wwwpsvt.free.fr/svt/bio/caryotype/caryotype.htm : « Le plus souvent, les mules créées par croisement d'un âne (Equus asinus) avec une jument (Equus caballus) sont stériles. Depuis environ cinq siècles, la société muletière britannique a seulement enregistré 60 naissances naturelles de ces hybrides. C'est le nombre impair de leurs chromosomes (63) qui présente une difficulté majeure à la reproduction naturelle en freinant la division cellulaire. Le stade de la méiose se produit en effet normalement par paires. Chez les chevaux, les chromosomes atteignent le nombre de 64, chez les ânes 62. »
  5. Raudsep et al., 1999
  6. Thèse sur les hybrides équidés
  7. Siméon 2008, p. 146-157
  8. Roland Jussiau, Louis Montméas et Jean-Claude Parot, L'élevage en France : 10 000 ans d'histoire, Educagri Editions,‎ 1999, 539 p. (ISBN 9782844440662)
  9. Thierry Murcia, Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne, Turnhout, Brepols, 2014, p. 266-268.
  10. Claude Duneton et Sylvie Claval, Le bouquet des expressions imagées : encyclopédie thématique des locutions figurées de la langue française, Seuil,‎ 1990, 1375 p. (ISBN 9782020099585)
  11. Michel Biard, Parlez-vous sans culotte ?, Tallandier, 328 p. (ISBN 9791021002357)
  12. Anne-Caroline Chambry, L'âne, le livre et l'enfant : La représentation de l'âne dans la littérature enfantine, Editions Cheminements,‎ 2003, 140 p. (ISBN 9782844782212), p. 52

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le bardot, parfois confondu avec les mules et les mulets, mais issu du croisement entre une ânesse et un cheval
  • La famille des équidés
  • Almamula, mule légendaire du folklore argentin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources universitaires[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Carine Petrus, Les hybrides interspécifiques chez les équidés, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort,‎ 2003 (lire en ligne)
  • (en) JL Traub-Dargatz, JJ McClure, C Koch et JW Jr Schlipf, Neonatal isoerythrolysis in mule foals, Journal of the American Veterinary Medical Association,‎ 1995

Article de presse[modifier | modifier le code]

  • Caroline Charpentier, « La mule de A à Z : De la naissance à six mois », Les Cahiers de l’Âne, no 55,‎ Mars-Avril 2013, p. 18-20

Ouvrages de vulgarisation[modifier | modifier le code]

  • Serge Farissier, L'âne, Editions Artemis,‎ 2007, 118 p. (ISBN 9782844166425, lire en ligne)
  • Victor Siméon, Ânes & Mulets - Découverte et techniques d'entretien et de dressage, De Vecchi,‎ 2008, 192 p. (ISBN 9782732892801)
  • (en) Fran Lynghaug, The Official Horse Breeds Standards Guide: The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, Voyageur Press,‎ 2009 (ISBN 1616731710 et 9781616731717)
  • (en) Cynthia Attar, The Mule Companion: A Guide to Understanding the Mule, CCB Publishing,‎ 2009, 4e éd., 194 p. (ISBN 0965177653 et 9780965177658)