Criollo

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Criollo
Crioulo
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Jument criollo d'Argentine baie
Jument criollo d'Argentine baie

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Drapeau de l’Argentine Argentine, Drapeau du Brésil Brésil, Drapeau du Chili Chili, Drapeau de Cuba Cuba, Drapeau de l'Uruguay Uruguay.
Caractéristiques
Morphologie Petit cheval de selle médioligne
Taille 1,40 m à 1,50 m
Poids 450 kg en moyenne
Robe Isabelle avec extrémités noires, Alezane, baie, grise, pie.
Tête Profil convexe
Pieds Sabots robustes
Caractère Frugal et endurant
Autre
Utilisation Polo, travail du bétail, randonnée.

Le Criollo est une race de petits chevaux originaire d'Amérique du Sud. Le criollo argentin, le plus connu, est un petit cheval vif qui s'est fait une solide réputation en polo et lors de randonnées au long cours. La race est nommée crioulo au Brésil et criollo chilien au Chili. Elle existe aussi à Cuba et en Uruguay. Réputé pour sa grande endurance, le Criollo est traditionnellement monté par les Gauchos argentins. Bien que très répandue en Amérique du Sud, la race est méconnue hors de ce continent.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs variétés de Criollo. Si par défaut le nom désigne la race d'Argentine, « Crioulo » est le nom de la variété brésilienne de ce cheval. Criollo (en espagnol) ou Crioulo (en portugais), signifiant « Créole », désignent ce qui est d'origine espagnole[1]. ce mot est utilisé pour désigner le cheval commun et local[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Criollo monté en harnachement traditionnel.

Comme beaucoup de chevaux dans les Amériques, le Criollo est d'ascendance ibérique. Il descend notamment de Barbes et de Sorraias[1]. Les Criollos sont les descendants directs de ces chevaux importés par les colons lors de la conquête du Nouveau Monde, qui se sont échappés pour retourner à l'état sauvage dans la pampa. Dès le XVIe siècle, ces animaux gagnent l'Amérique du Sud et sont parfois capturés par les indiens. Ils héritent de leur vie sauvage une grande résistance. Durant quatre siècles, le Criollo s'adapte aux plaines argentines et les gaúchos l'adoptent comme cheval de chasse et de travail. Ils deviennent des compagnons indispensables pour le travail du bétail dans les haciendas. Une sélection inconsciente s'opère[3].

À la fin du XIXe siècle, l'introduction de nouvelles races de chevaux en Argentine, notamment du Pur Sang, menace l'existence de la race[4]. Un groupe d'éleveurs s'associe pour la sauvegarder et met en place une sélection génétique rigoureuse, en s'appuyant sur des tests d'utilisation[1]. Le Professeur Solanet et ses amis organisent l'élevage[3] puis en 1918, le stud-book argentin de la race est établi[4].

En 1932, les éleveurs de la région brésilienne du Rio Grande do Sul créent à leur tour une association des éleveurs de chevaux Criollo, dans le but de sélectionner la race. En 1941, le stud-book brésilien compte 1387 chevaux. Dans les années 1950, la création de l'International Federation of Criollo Horse Breeders (FICCC) donne un nouveau souffle à la race et fédère les éleveurs des différents pays sud-américains[5].

Mancha et Gato[modifier | modifier le code]

En 1925, Aimé Félix Tschiffely, un cavalier d'origine suisse émigré en Argentine, décide de parcourir à cheval la distance entre Buenos Aires et Washington, D.C., soit plus de 15 000 kilomètres. En plus du défi humain que cela représente, il veut notamment prouver que les Criollos sont les meilleurs chevaux en Amérique, et les plus résistants. Il décide de chevaucher deux criollos : Mancha (« Tacheté »), âgé de quinze ans, et Gato (« Chat »), qui en a seize. Natifs d'Argentine, ces deux chevaux sont déjà âgés et laissés en liberté. Le projet suscite beaucoup de critiques sur sa faisabilité et son réalisme.

Nullement découragé, Aimé Félix Tschiffely parcourt le continent américain du Sud vers le Nord pendant deux ans et demie (1925 - 1928) en traversant des région s particulièrement rudes[6]. Par ailleurs écrivain, il raconte cette chevauchée de légende à son retour, dans un ouvrage traduit dans de nombreuses langues[7]. Mancha et Gato sont rapatriés en Argentine et ramenés dans leur ranch de départ après cet exploit. Gato meurt le 17 février 1944 à l'âge de 36 ans, et Mancha, le 25 décembre 1947 à 40 ans.

Description[modifier | modifier le code]

Tête d'un Criollo argentin portant la bride traditionnelle des Gauchos.

Le Criollo peut-être considéré comme un équivalent sud-américain du cheval de travail de bétail nord-américain, le Quarter Horse. Comme lui, il présente une conformation très musclée et massive pour un cheval de selle[8]. Bien que provenant de différents pays, les Criollos sont caractérisés par leur sens du bétail et leur endurance[5]. Ils mesurent entre 1,40 m et 1,50 m[1] (1,42 m et 1,52 m selon une autre source)[4]. La tête est plutôt longue, dotés d'un profil rectiligne[4] ou convexe. Exceptionnellement, il arrive de voir un chanfrein concave, mais la tête rectiligne ou légèrement convexe est la norme[9]. La nuque est courte et élégante[6] et d'un front large, avec de longues oreilles et des yeux éveillés[4]. L'encolure est longue et bien musclée[4]. L'épaule est longue et inclinée, permettant des actions longues. Le garrot est bien sorti[1]. Le passage de sangle est profond, associé à une cage thoracique arrondie. Le dos est ramassé et puissant, tout comme l'arrière-main qui est très musclée. Les cuisses sont bien découpées, les jarrets nets et les pieds d'excellente qualité[6]. Les membres sont relativement courts, notamment au niveau du canon, avec des articulations larges[1]. Ces chevaux sont musclés, et ont des crins abondants. Certains amblent naturellement[6].

Le Croulo brésilien ressemble beaucoup au cheval Barbe. Il a plutôt une tête courte et triangulaire, au profil légèrement convexe ou droit, des oreilles courtes et bien séparées, une croupe peu inclinée et un tempérament actif[10]. Il existe aussi une variété de cette race élevée à Cuba[11].

Robe[modifier | modifier le code]

Un Criollo bai en Toscane.

De nombreuses robes se rencontrent chez la race, en particulier avec le gène dun. Le Criollo présente typiquement une crinière claire, une raie de mulet et une liste blanche[9]. Le gène dun est favorisé par les éleveurs[12]. La robe rouanne sous toutes ses variantes est également fréquente. On trouve aussi de l'alezan et du pie[6], mais seulement sous certaines formes de pie. les classiques robes noires, du grises et baies se rencontrent également[4]. Toutes les robes sont admises par le registre argentin de la race, sauf le « pintado » et le tobiano[12]. Les marques blanches sont fréquentes, en particulier sur les membres postérieurs[9], et certains chevaux arborent une raie de mulet[4].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Les Criollos sont réputés particulièrement frugaux, sains, robustes et endurants. Capables de supporter de très lourdes charges sur de longues distances et tous types de terrain[1], ils disposent en plus d'une excellente longévité, généralement supérieure à celle des autres chevaux puisqu'elle atteint facilement 40 ans. Ils sont d'un tempérament autonome et persévérant. Certains disent qu'ils sont sauvages et peu proche de l'homme, d'autres, au contraire, les dépeignent comme très amicaux. La façon dont ils ont été élevés est pour beaucoup dans ces différences. En Argentine, les chevaux sont élevés en extérieur et n'ont aucun contact avec l'homme avant l'âge de trois ans. Le climat rude du pays les ont rendus particulièrement endurants et résistants.

Sélection[modifier | modifier le code]

Différentes analyses effectuées sur le Criollo brésilien ont prouvé une excellente diversité génétique[13],[5]. Ces analyses génétiques effectuées sur le cheptel Criollo du Vénézuela ont révélées la même diversité, en dépit de la baisse de la population de chevaux[14].

Utilisation[modifier | modifier le code]

En Argentine, c'est la monture exclusive des Gauchos[1]. Ce cheval de bât et de travail du bétail est également très à l'aise dans les épreuves de TREC et d'équitation Western. Le croisement du Criollo et du Pur Sang produit les fameux poneys de polo argentins[1].

Croisements[modifier | modifier le code]

L'anglo-Argentino, silla argentino ou selle argentin, est issu de croisements entre le Criollo argentin et des chevaux de sang, dont des Pur Sangs[15].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

L'Argentine, le Brésil, le Chili, Cuba, le Paraguay, et l'Uruguay forment les pays officiellement membres de l’International Federation of Criollo Horse Breeders (FICCC). Les échanges sont fréquents entre les éleveurs et utilisateurs de ces différents pays[5]. Peu connu en dehors de sa région d'origine, le Criollo est pourtant l'une des races de chevaux les plus importantes numériquement au monde[1]. Le Criollo brésilien est élevé dans la région du Rio Grande do Sul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Edwards 2006, p. 152
  2. (en) Gordon Collier et Ulrich Fleischmann, A Pepper-pot of Cultures: Aspects of Creolization in the Caribbean, Rodopi,‎ 2003 (ISBN 9042009284 et 9789042009288), p. 60
  3. a et b Ganné 2004, p. Résumé
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Bongianni 1988, p. 82
  5. a, b, c et d (en) M.A.P. Costa1, R.M.C. Bressel, D.B. Almeida, P.A. Oliveira, L.N. Bassini, C.G.A. Moreira, V.H.B. Manzke, F. Siewerdt et H.L.M. Moreira, « Genotyping in the Brazilian Criollo Horse Stud Book: resources and perspectives », Genet. Mol. Res., no 3,‎ 24 août 2010, p. 1645-1653
  6. a, b, c, d et e Edwards 2006, p. 153
  7. Tschiffely 2002
  8. Willoughby 1974, p. 190
  9. a, b et c Willoughby 1974, p. 191
  10. Fiche du crioulo brésilien
  11. Criollo cubain
  12. a et b Hendricks et Dent 2007, p. 46
  13. (en) Myriam Elizabeth Vinocur, Karin Erica Brass, Mara Iolanda Batistella Rubin et Carlos Antonio Mondino Silva, « Genetic variability in the Brazilian Criollo horse breed », Ciência Rural, vol. 33, no 1,‎ février 2003 (ISSN 0103-8478, lire en ligne)
  14. (en) E.G. Cothran, J.L. Canelon, C. Luis, E. Conant et R. Juras, « Genetic analysis of the Venezuelan Criollo horse », Genet. Mol. Res.,‎ 7 octobre 2011 (lire en ligne)
  15. (es) races de chevaux d'Argentine

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aimé-Félix Tschiffely, Le Grand Raid - A Cheval De Buenos Aires À New York (1925-1928), Belin, coll. « Les cavaliers de l'aventure »,‎ 6 novembre 2002, 269 p. (ISBN 978-2701134277)
  • [Edwards 2006] Elwyn Hartley Edwards, « Criollo », dans Les chevaux, Éditions de Borée, coll. « L’œil nature »,‎ 2006 (ISBN 2844944493 et 9782844944498, lire en ligne), p. 152-153
  • [Bongianni 1988] (en) Maurizio Bongianni, « Criollo », dans Simon & Schuster's Guide to Horses & Ponies of the World, Simon and Schuster,‎ 1988 (ISBN 0671660683 et 9780671660680), p. 82-83
  • [Hendricks et Dent 2007] (en) Bonnie L. Hendricks et Anthony A. Dent, « Criollo », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 9780806138848)
  • [Willoughby 1974] (en) Willoughby, The empire of Equus, A. S. Barnes,‎ 1974 (ISBN 0498010473 et 9780498010477), p. 190-191
  • Cédric Ganné, Indiens et chevaux dans la pampa : évolution d'une culture et d'une race chevaline : Thèse de doctorat en Espagnol sous la direction de Jean-Pierre Sánchez à l'université de Rennes II Haute-Bretagne, Rennes,‎ 2004