Étretat

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Étretat
L’Aiguille, les falaises, la côte à l'ouest du bourg
L’Aiguille, les falaises, la côte à l'ouest du bourg
Blason de Étretat
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Le Havre
Canton Criquetot-l'Esneval
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Criquetot-l'Esneval
Maire
Mandat
Franck Cottard
2014-2020
Code postal 76790
Code commune 76254
Démographie
Population
municipale
1 469 hab. (2011)
Densité 361 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 26″ N 0° 12′ 27″ E / 49.707223, 0.2075 ()49° 42′ 26″ Nord 0° 12′ 27″ Est / 49.707223, 0.2075 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 102 m
Superficie 4,07 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.etretat.fr

Étretat est une commune du département de la Seine-Maritime, dans la région Haute-Normandie, en France. Le site des falaises d'Étretat est classé dans le programme des Opérations Grands Sites (OGS), piloté par le ministère de l'Écologie et du Développement durable[1].

Ses habitants s'appellent les Étretatais.

Naguère modeste village de pêcheurs, Étretat est devenue une station balnéaire de renom. Elle se trouve au nord du Havre en Normandie, sur le littoral de la Manche en pays de Caux. L'aspect extraordinaire et monumental de ses falaises de craie blanche presque immaculée et ses plages de galets grisâtres en ont fait un des lieux du tourisme international. Des peintres comme Gustave Courbet, Eugène Boudin ou Claude Monet ont beaucoup contribué à sa publicité, en en immortalisant la spécificité. Des écrivains comme Gustave Flaubert et Guy de Maupassant ont été des fidèles du lieu tandis que Maurice Leblanc, qui y vécut, contribua au mythe entourant le site dans une aventure d'Arsène Lupin intitulée L'Aiguille creuse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Étretat vu par le satellite Spot

Les falaises d'Étretat sont constituées de calcaire du Crétacé, c'est-à-dire, pour l'essentiel, de la craie blanche à silex du Sénonien [2], plus précisément du Turonien au Coniacien[3]. Il n'y a pas d'autres minéraux, contrairement à ce que l'on observe ailleurs sur ce même littoral cauchois (par exemple le grès au nord du département de Seine-Maritime, aux environs de Dieppe), ni de calcaire oolithique du Jurassique comme celui des falaises du Calvados qui est de teinte plus jaune. On y distingue donc uniquement les strates régulières de silex, ce qui explique la présence de galets sur la plage. En effet, à la suite de l'effondrement de pans de falaise, le calcaire et le silex se trouvent au contact de l'eau de mer qui dissout le calcaire et l'action des vagues polit le silex pour en faire des galets.

Strates de silex qui expliquent la présence de galets sur la plage. Encoches de sapement creusées par la mer au pied des falaises

Plus à l'est, on trouve à Fécamp des falaises calcaires qui comptent parmi les plus hautes de ce type avec 105 m au cap Fagnet et 120 m en haut de la côte de la Vierge, contre seulement 75 m au maximum côté aval et 84 au maximum côté amont à Étretat. Au pied des falaises, on constate la présence d'éboulis qui proviennent de la chute de pans entiers de roche. En effet, l'eau de pluie s'infiltre dans la craie poreuse et l'action du gel peut alors s'ajouter à ce phénomène destructeur. Comparativement, l'action de la mer est moindre, bien que sa responsabilité soit également établie dans le processus de destruction des falaises, car elle en érode la base en pratiquant des encoches de sapement. Autrement dit, « les agents d'érosion les plus actifs sont davantage continentaux que marins. C'est d'ailleurs ce qui permet de comprendre les éboulements fréquents au long de la vallée de Seine, qui ne doivent évidemment rien à la mer. »[4]

L'existence de trois arches successives : la porte d'Amont, la porte d'Aval et la Manneporte ne serait pas liée à l'origine à l'érosion marine, mais à l'action d'une rivière côtière parallèle à la plage qui aurait creusé son lit dans la falaise avant le recul de celle-ci, matérialisé par l'« aiguille » d'un calcaire plus dur qui a empêché sa dissolution définitive, d'où cette extraordinaire création de la nature. Ensuite, la mer aurait élargi les arches, donnant au site l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui. Une autre hypothèse met au contraire l'accent sur une érosion différentielle par la mer, qui serait liée aux caractéristiques de dureté de la craie locale dans la zone de balancement des marées.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du lieu a beaucoup stimulé l'imagination des érudits du passé, des auteurs de sites internet et ne fait pas l'unanimité parmi les toponymistes modernes :

  • Au XIXe siècle, l'Abbé Cochet[26] cherche à établir l'« orthographe » d'Étretat et pour cela, il cite, avec une certaine exhaustivité et précision, les formes anciennes. Cependant, il considère comme des corruptions (sic) les deux formes les plus anciennes Strutat et Strudard. Curieusement, il retient le nom d’Estretal comme pertinent, sans doute parce qu'il est « répété aujourd'hui par beaucoup d'habitants de nos campagnes. » (il veut certainement dire « Étretal »). Par contre, il considère la forme isolée et tardive Étretot (XVIIe siècle) comme étant « évidemment une corruption », puisqu'elle n'apparaît que sous la plume des géographes (qu'il oppose aux habitants de nos campagnes avec un certain bon sens) et il rejette aussi implicitement les formes anciennes récurrentes Estrutat, Estrutart, comme savantes. Selon lui, la désinence tot (sic), si elle est commune en pays de Caux, ne se rencontre pas dans des vallées. L'abbé privilégie une étymologie latine d’Estretal conformément à sa formation : stratœ talus, qui comporterait aujourd'hui un astérisque *Stratae talus, car cette forme n'est pas attestée. Elle signifierait, selon lui, strata, voie perrée, « traduite en français généralement par étré »[27] et il y associe les noms de lieux Étréville (stratae villa, c'est-à-dire *Stratae villa), Étrécauchie (stratae calceia, c'est-à-dire *Stratae calceia), Étrépagny (stratae pagus, c'est-à-dire *Stratae pagus) et Étréham (stratae hammus, c'est-à-dire *Stratae hammus), toutes ces formes étant de son invention. Le second terme talus serait issu du celtique tal et signifierait « marché » ou « extrémité » (sic).

En réalité, selon les principes de la phonétique historique, Strutat aboutit à Estrutat et Strudard à Estrudard, et l'évolution de Strutat en Étretat est régulière et récurrente en langue d'oïl (cf. par exemple le gallo-roman STUDIA > estudie (XIIe siècle) > estuide > étude)[28]. Aussi, même s'il fut employé par les habitants des campagnes, Estretal n'a pas beaucoup plus de raisons qu'Estretot d'être l'« orthographe originelle » du toponyme. Quant à l'affirmation de l'abbé sur la « désinence tot », qui est en fait un appellatif toponymique suffixé -tot, selon laquelle -tot ne s'applique jamais à un lieu situé dans une vallée, elle est contredite sur un simple exemple : Hautot-sur-Seine. Outre le fait qu'elle ne correspond à aucune attestation ancienne, son explication par *Stratae talus, composé pour le moins insolite, se heurte à de sérieux arguments. De plus, l'abbé semble ignorer l'existence en ancien français du terme estrée « route », issu effectivement du latin strata (via) et qui, comme il le pressent, constitue bien le premier élément d'Estrée-Cauchy, mais celui-ci est identifié comme tel dès l'origine : Estrées en 1096[29], forme sans rapport avec les attestations anciennes d'Étretat à la même époque. Quant aux autres toponymes cités, leurs formes anciennes véritablement attestées ne montrent aucune relation avec l'ancien français estree : Étréville (Sturivilla vers 1054), Étrépagny (Sterpiniacum 628, Stirpiniaco 872) et Étréham (Œsterham 1350). En outre, ni -ville, ni -ham ne sont généralement associés à un appellatif roman comme premier élément et pagus ne peut pas aboutir régulièrement à -pagny. Il y a bien un élément tal en celtique, ou plus précisément le gaulois talu qui signifie « front, surface »[30]. Il apparaît dans le radical du mot gallo-roman TALUTU qui a certes donné talus, mot français, mais apparemment aucun autre dérivé. Le latin classique talus en revanche signifie « osselet du paturon de certains animaux, qui servait à jouer aux osselets » et ne convient pas ici. Il est probable que le mot prononcé [etrœtal] (et non pas [etretal]) soit le résultat d'une évolution populaire de la forme Estrutart où la finale [-ar] aurait fait place à [-al] : cette altération a pu être motivée par l'analogie avec les noms en -dalle, fréquents dans le pays de Caux cf. aussi le hameau de Taintal (ancien lieu-dit au sud de Valmont, cf. Cassini), attesté sous la forme Stendala au XIIe siècle.

L'abbé fait cependant remarquer avec une sagesse toute scientifique « les rapprochements sont la meilleure voie, la seule peut-être où doive marcher l'étymologie, si elle veut jamais s'élever jusqu'au rang de science » et « hâtons-nous de sortir du royaume des conjectures et des tâtonnements, pour nous placer sur le terrain de l'histoire et des réalités ».

Ce type d'explications se retrouve encore dans divers ouvrages sur l'histoire d'Étretat[31] et sur plusieurs sites internet[32]. À titre d'exemple : « Étretat pourrait venir de ostreosa statio qui signifie station d'huître, d’estre qui veut dire étroit et pourrait évoquer la configuration d'Étretat serré entre deux falaises, ou encore estruere, verbe latin signifiant « trouer, percer. »[33] Ces différentes hypothèses ne correspondent en rien à la nature des formes anciennes mentionnées plus haut et ne sont pas basées sur une analyse linguistique des éléments attestés, ainsi le latin ostrea a donné oistre en ancien français (jusqu'au XVIIe siècle) et huître parallèlement. *Ostreosa (non attesté) aurait donc évolué en *oistreuse ou *huîtreuse et statio en estacïon (estacion attesté fin XIIe siècle, moderne station, forme savante attestée à partir de la fin du XIIe siècle également). Quant à estre, on peut supposer qu'il s'agit d'une forme parallèle à « étroit », issu du latin strictus, en réalité ce terme n'existe pas en ancien français avec cette signification, mais au sens de « ce qui est à l'extérieur » (terme issu du latin exterus) et quel élément expliquerait -tat ? On ne trouve aucune tentative d'explication à ce sujet. E(x)struere est avec ce sens un terme de latin médiéval[34], forme fabriquée d'après le latin exstruere (italien estruere) « construire, édifier, amasser », contaminée par l'ancien français troe « trou » (issu d'un bas latin *traucum) même chose que pour l'hypothèse précédente, d'où procède -tat ?

  • Les toponymistes, au contraire, analysent les différents éléments composant Étre-tat ou Étr-etat, à partir des formes les plus anciennes (Stru-tat, Stru-tard), les plus régulières, et dont l'évolution s'explique par les lois de la phonétique historique. Ils notent le caractère insolite de la finale -at, dans une région de langue d'oïl comme la Normandie. En effet, il ne peut pas s'analyser comme une terminaison -at issu du suffixe gallo-roman *-ATU, inexistant en Normandie sous cette forme, car son évolution aurait régulièrement abouti à la terminaison , éventuellement à -et, -ey ou -ay. Or, cette mutation est antérieure au IXe siècle. Par conséquent, il ne peut pas s'agir d'un nom de lieu celtique ou gallo-latin terminé par -at- (cf. le toponyme gaulois Condate devenu Condé au nord de la France) et c'est une formation toponymique postérieure à cette évolution phonétique. Il s'agit vraisemblablement d'une formation médiévale du IXe, Xe ou XIe siècle.
    • Albert Dauzat et Charles Rostaing considèrent ce toponyme comme obscur[35].
    • François de Beaurepaire hésite sur la nature des deux éléments contenus dans ce nom de lieu. Il reconstruit les formes *Sturstat et *Turstat. Le second élément -stat serait issu du vieux norrois stadr (staðr) « lieu, place », tout comme les noms de lieux du Jutland en -sted et d'Angleterre en -stead. Il pense sans doute que l'alternance des formes anciennes en -ard et en -at peut se justifier par le [r] de l'ancien scandinave staðr qui se serait amuï, engendrant une forme parallèle en -at. Quant au premier élément, il s'expliquerait par l'adjectif vieux norrois stur « grand » (cf. norvégien stor même sens), aussi porté comme anthroponyme, ou encore Thor (Þórr), fréquemment attesté comme nom de personne en Normandie dans les noms de lieux de type Tourville par exemple[11].
    • Ernest Nègre reprend l'analyse de Fr. de Beaurepaire sur la base, toutefois, d'un surnom scandinave un peu différent : Styrr (variante vieux danois Styr[36]) > latinisé en Esturus dans les textes[37].
    • René Lepelley se contente de l'explication de Fr. de Beaurepaire[38].
    • Jean Renaud est le seul a donner une version radicalement différente de l'étymologie du lieu. Le second élément serait issu du vieux norrois stakkr « rocher élevé, en mer » bien attesté près des établissements vikings : stakk aux Shetland, stac aux Hébrides, et que l'on retrouve sur la côte du Cotentin sous la forme état, comme l'État à Chausey ou l'État, rocher au large de Jobourg (cf. stack). Le premier élément serait peut-être le vieux norrois stútr utilisé dans le sens de « dressé, projeté ». Selon lui, le nom a dû s'appliquer à la fameuse aiguille d'Étretat : le « rocher dressé »[39]

Le premier élément semble se retrouver dans Éturville (Sturvilla 1165, Manche, Basse-Normandie), dans Étréville (Sturivilla v. 1054, Esturvilla v. 1148, Eure, Haute-Normandie) et dans Éturqueraye (Eure, Haute-Normandie, Stortreta, lire Storcreta, vers 1040)[40]. Il s'agit probablement du nom de personne masculin d'origine scandinave Styr(r) ou *Stur qui se perpétue dans les noms de famille normands Estur, encore en usage dans le pays de Caux et Étur, dans le pays de Caux et le Cotentin[41], et qui a subi une métathèse de Estur- en Estru-, phénomène fréquent en phonétique. Ce mot fait directement écho sur le plan phonétique, avec un ancien anthroponyme normand Esturman, latinisé en Strumannus, mentionné dans le Cartulaire de Jersey et dont la forme originelle est Sturmannus, issu du vieux norrois stýrimaðr[42] ou vieux danois Styrman. Le premier élément peut aussi s'interpréter comme le nom de personne vieux danois Thori (vieux norrois Þórir, variante ÞúriR), comme tous les Tourville de Normandie, dans la mesure où il a parfois évolué en Tur- lorsqu'il est associé à un autre mot norrois. Ex : NL Toretot XIIIe siècle > Turretot, *Torcleville (Torclevilla 1158) > Turqueville; NP Thorgisl > Turgis, Thorketill > Turquetil. En outre, on constate aussi des métathèses et des évolutions de la voyelle initiale, comme dans NP Turquetil > Truptil (Pays de Caux); NL *Tormodeville (Tormodi villa 1025) > Trémauville. Le passage de *Thoristadr à *Stor[e]ta(r)t / *Stur[e]ta(r)t et enfin Struta(r)t vers 1040 serait la conséquence de deux métathèses successives. L'avantage de cette dernière hypothèse est qu'elle prend en compte les formes anciennes qui n'attestent que d'un seul [s] initial, alors qu'il n'existe aucune trace graphique d'un second [s], si l'on émet l' hypothèse *Sturstadr. Parallèlement, on note l'extrème fréquence des métathèses dans le dialecte local, le cauchois, exemple : eune frémi « une fourmi ». Dans l'hypothèse *Thoristaðr, il existe un nom de lieu équivalent en Norvège, Torstad, situé sur le littoral dans le Nord-Trøndelag.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après des découvertes archéologiques, l'occupation humaine du site remonterait à l'Antiquité. Cependant, on ignore tout des détails de la vie et du rôle tenu historiquement par le village, et même son nom ancien. L'activité a toujours dû être liée à la pêche, avant le développement du village en tant que station balnéaire au XIXe siècle et la disparition des pêcheurs à la fin du XXe siècle.

Une vieille légende attribue la fondation du village à des Vikings, qui surgissant de leur esnèque (drakkar), auraient tenté d'abuser d'une Dame Olive, une sainte femme fort riche, qui avait coutume de se baigner ou de laver son linge dans la fontaine au pied d'un rocher. Le nom de « Fontaine Olive » a subsisté pour désigner sur la plage, une source devenue sous-marine par le recul du littoral et matérialisée par une enceinte carrée d'époque antique.

Les origines[modifier | modifier le code]

Agglomération secondaire dans l'Antiquité, Étretat était reliée à Jvliobona ou Iuliobona (Lillebonne) par une voie romaine. Plusieurs traces de ce passé gallo-romain ont été mises au jour : un aqueduc de trois kilomètres détruit dans la première moitié du XIXe siècle, des monnaies, des vases, une villa, un cimetière à incinération relativement modeste de cinq à six urnes en terre cuite accompagnées d'assiettes en terre rouge et de clous en fer, ensuite l'abbé Cochet a encore exhumé quatre nouvelles sépultures avec dix-huit vases. Comme ailleurs, ces objets et infrastructures caractéristiques de la civilisation romaine n'indiquent pas la présence de Romains, mais la conversion progressive des populations celtiques, en l'occurrence les Calètes, à la civilisation romaine perçue par les élites comme plus raffinée. En outre, on note qu'aucune tombe de militaire romain, ni de camp romain datant du Haut Empire n'a jamais été mis au jour par des archéologues dans le Nord-Ouest de la Gaule.

Dans le jardin du presbytère, un autre cimetière recouvrait des ruines d'époque romaine. Il date des Mérovingiens et regroupait, entre autres, des tombes de militaires, comme habituellement dans la région, qui ont livré : une spatha, des agrafes en bronze, des plaques de ceinturon, un scramasaxe. Une douzaine de squelettes, voire davantage était inhumée en position assise, comme à Londinières, Envermeu, Selzen [43] , au Danemark et en Angleterre (Yorkshire, Northamptonshire). Postérieurement, on a déterré d'autres sépultures contenant des squelettes avec des silex au pied et du mobilier : trois breitsaxes, des boucles et des plaques en fer damasquinés, des épingles en os. Le mobilier recueilli, la présence d'armes, la répartition géographique limitée de tels rites funéraires indiquent l'installation d'étrangers francs ou saxons dans la région, comme il a été analysé avec précision ailleurs, par exemple à Frénouville ou à Vron. On notera également que les Germains tout comme les Celtes, tendaient à la romanisation et à l'assimilation dans l'Empire.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

C'est une période charnière pour Étretat qui, de village de pêcheurs, va devenir ville balnéaire. Peu à peu, l'activité traditionnelle de la pêche va être supplantée par le tourisme. C'est aussi l'époque où va être abandonnée définitivement le projet récurrent de François Ier à Napoléon Ier de construire un port militaire.

Du début jusque vers le milieu du siècle, on compte pas moins de vingt-cinq à trente bateaux de pêche sur le perrey. Cependant, dès 1850, leur nombre diminue fortement pour ne plus atteindre qu'une seule unité. Ils sont remplacés par des canots qui pratiquent la pêche côtière.

Les clinques, des bateaux traditionnels à clin, naviguaient jusqu'à Dieppe pour pêcher le hareng à la fin de l'automne et le village ne comptaient pas moins de 250 à 300 marins. La seule activité restée florissante à Étretat en cette fin de siècle est la pêche au maquereau, que l'on pratique pendant les trois mois d'été.

La présence de galets et l'absence totale de sable sont sans doute en partie responsables du moindre succès de l'endroit pour la baignade, par rapport à des lieux comme Trouville-sur-Mer ou même Dieppe et le Havre. Cependant, la raison principale est autre : des difficultés d'accès sont engendrées par la mauvaise qualité des voies de communication.

Aussi Étretat ne succombe-t-elle à la mode des bains de mer qu'après 1843. Alphonse Karr, auteur d'un roman à succès sur la ville, va beaucoup contribuer au lancement de la petite station. C'est à cette époque que l'on construit la route de Fécamp et la route du Havre. On établit des liaisons régulières par omnibus à cheval. Finalement, une ligne de chemin de fer et une gare en 1890 achèveront de désenclaver ce lieu de villégiature déjà reconnu.

C'est aussi à cette époque que l'on commence à bâtir des villas en style balnéaire, à un rythme de plus en plus soutenu, alors que ce n'était guère le cas avant 1830. On reconstruit également le village, tout comme les villas, avec des silex taillés et des briques.

En 1852 s'ouvre un casino de planches et d'ardoises, sous l'égide de la société des Bains de mer d'Étretat nouvellement créée. On y donne des spectacles tel Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Cet opéra-bouffe va donner son nom à la villa étretataise de son auteur.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Si le site naturel d'Étretat reste inchangé, bien que la biodiversité et la qualité des eaux soient menacées, ce sont surtout les aménagements et l'atmosphère même du bourg qui ont subi une grande mutation au XXe siècle par rapport au siècle précédent, déjà prodigue en bouleversements. On peut situer ce tournant surtout après la Première Guerre mondiale. En effet, une grande partie de l'intelligentsia parisienne, des écrivains, artistes et hommes politiques qui le fréquentaient l'été, va déserter ce lieu de villégiature pour des cieux plus cléments et pour échapper au tourisme de masse. L'institution des congés payés va marquer, comme ailleurs le début d'une ère nouvelle. En cela, elle va permettre d'appliquer à la lettre les propos d'Alphonse Karr selon qui, s'il devait faire découvrir à un ami la mer, ce serait à Étretat. D'autre part, la pêche traditionnelle disparaît totalement dans les années 1990, le dernier pêcheur ayant cessé son activité professionnelle à cette époque.

Étrave d'une "caïque" à Étretat, héritée du bateau viking

Depuis les années 1960, les clinques improprement appelées « caïques » avaient été complètement supplantées par des bateaux plus modernes.

La Seconde Guerre mondiale va mettre un frein à cette croissance du tourisme, favorisée en partie par de meilleurs conditions de vie et une plus grande facilité de transport. Le front de mer va être mutilé par l'occupant allemand, qui va jusqu'à détruire le casino et les villas pour améliorer la défense du site en cas de débarquement allié. Après la guerre, la façade maritime fait l'objet d'une reconstruction moderne dans laquelle le béton domine.

De plus en plus, le lieu prend des allures de rendez-vous touristique international, stimulé par la célébrité des falaises popularisées par les toiles de Claude Monet, dont la cote n'a jamais été aussi élevée, et de Gustave Courbet. La proximité de Paris, du Havre et de Rouen, grâce aux moyens de transport modernes, ne sont pas étrangères au succès de l'endroit. Cependant, la « classe des estivants » subsiste toujours. Ces estivants sont des familles originaires le plus souvent de Paris et de sa région. Ils possèdent parfois une résidence à Étretat depuis plusieurs générations et les rapports avec les autochtones n'ont pas toujours été des plus cordiaux[44].

Le tourisme de masse engendre un véritable problème de cohabitation entre les piétons et les automobiles dans les rues étroites, au moment des week-ends en saison et des vacances d'été. Les autorités locales ont construit de grandes aires de stationnements visant à réduire le trafic en centre ville et à délester les zones saturées de véhicules. Elles sont situées rue Guy-de-Maupassant, près de la petite église protestante où s'est marié, notamment, André Gide, autre célébrité d'Étretat, et à côté de la résidence pour personnes âgées Germaine Coty. Plus récemment, un grand parking a été construit sur la route du Havre.

Dans les années 2000 se sont terminés les travaux de reconstruction et de consolidation de la digue-promenade, le perrey et du casino, qui a retrouvé un cachet perdu jadis.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1794 1796 Jean-Baptiste Morin    
1796 1797 Jean Goument    
1797 1800 Adrien Dechamps    
1800 1808 Jean Goument    
1808 1811 Adam Grandval    
1811 1821 Pierre Legros    
1821 1830 Jean-Pierre Feugueray    
1830 1831 Pierre-Simon Blanquet    
1831 1843 Jacques-Guillaume Fauvel    
1843 1848 Étienne-François Gentil    
1848 1852 Philippe Le Dentu    
1852 1858 Jacques-Guillaume Fauvel    
1858 1860 Jean-Baptiste Lenud    
1860 1864 André-Alphonse Loth    
1864 1870 Charles Mottet    
1870 1871 Martin Vatinel    
1871 1875 Augustin-Thomas Monge    
1875 1876 Charles Mottet    
1876 1883 Pierre Jules Ono-dit-Biot Républicain  
1883 1884 Adolphe Boissaye    
1884 1884 P.-M. de Miramont    
1884 mai 1892 Adolphe Boissaye    
1892 1898 Prosper Brindejont    
1898 mai 1904 Alexandre Chouet    
1904 décembre 1919 Georges Flory    
1919 1921 Paul Level    
1921 mai 1925 Henri Sarazin-Levassor    
1925 mai 1929 Georges Flory    
1929 mars 1959 Raymond Lindon   Avocat puis magistrat
1959 1961 Lucien Delajoux    
1961 mars 1965 Françoise Lieury    
1965 mars 1971 Henri Collin    
1971 mars 2001 Henri Dupain    
2001 2005 Monique Chevessier-Xiberas    
2005 mars 2008 Jean-Bernard Chaix dd  
2008 en cours Franck Cottard se Professeur des écoles
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 469 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
925 860 1 066 1 424 1 518 1 591 1 014 1 442 1 501
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 560 1 655 1 825 1 906 2 033 2 026 2 131 2 015 1 950
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 944 2 024 1 973 1 740 1 734 1 721 1 636 1 908 1 876
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 565 1 472 1 525 1 577 1 565 1 615 1 531 1 505 1 469
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis Insee à partir de 2004[46].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Elle repose essentiellement sur le tourisme qui engendre un commerce local florissant. En effet, la ville se hisse au tout premier rang des sites touristiques haut-normands les plus visités avec le palais Bénédictine à Fécamp, la cathédrale de Rouen et la Fondation Claude Monet à Giverny.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le site naturel et le village[modifier | modifier le code]

La falaise d'Aval[modifier | modifier le code]

L'Arche et l'Aiguille[modifier | modifier le code]

Une rivière souterraine, puis l'érosion marine ont formé une arche naturelle et une aiguille haute de 55 mètres[47], morceau relique de la falaise. Maurice Leblanc la décrit en ces termes : « Roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d'aplomb sur sa base de granit[48] » dans L'Aiguille creuse, 1909. Guy de Maupassant quant-à-lui, compare cette porte d'Aval à un éléphant plongeant sa trompe dans l'eau.

À son époque déjà, le site attirait de nombreux touristes parmi lesquels des « lupinophiles », admirateurs d'Arsène Lupin : des étudiants américains venus chercher la clé de la grotte, où le « gentleman cambrioleur » avait retrouvé le trésor des rois de France. Le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé, sorti en octobre 2004, offre de nombreuses vues sur la falaise et l'Aiguille.

La Manneporte[modifier | modifier le code]

De l'ancien français manne porte, « grande porte, porte principale », le mot man(ne) issu du latin magnu / a- « grand » est un terme d'ancien français magne, main(e), normand *man(e) (Cf. Manneville-la-Goupil, Manéglise, Mandeville). Elle est plus large que la porte d'Aval et est située derrière elle.

Description[modifier | modifier le code]

Sur l'estran dégagé par la mer au pied de la porte d'aval, on note creusés dans le socle calcaire et couvert partiellement d'algues vertes, d'anciens parcs à huîtres, dont la culture n'a duré que quelques années. Au-dessus, à côté de l'arche, on remarque un énorme trou noir dans la falaise: le « trou à l'homme » qui tiendrait son nom d'un marin suédois, seul survivant du naufrage de son navire dû à une violente tempête qui aurait duré près de 24 heures. Il aurait été projeté par une lame dans cette cavité, assurant du même coup sa survie. Le « trou à l'homme » auquel on accède par une échelle de fer est toujours hors-d'eau au moment des marées et nombre de personnes s'y laisse enfermer, nécessitant l'intervention des pompiers ou une attente de près de six heures pour la marée basse.

Le long tunnel sur lequel s'ouvre le « trou à l'homme » aboutit à la crique du Petit-Port au débouché de la valleuse[49] de Jambourg, en fait une plage au pied de l'aiguille et encadrée par les deux grandes portes. On peut accéder au sommet de la falaise par un escalier directement au bout du Perrey, suivi d'un chemin bien aménagé, en pente et qui longe le terrain de golf, à droite on monte jusqu'au sommet. On jouit à la fois, de la vue sur le village, sur l'aiguille et sur la Manneporte. On peut également pénétrer dans le petit refuge naturel surnommé « Chambre des Demoiselles[50] », décrit par Maurice Leblanc dans L'Aiguille creuse.

La falaise d’Amont[modifier | modifier le code]

La porte d'Amont est la plus petite des trois portes.

Au sommet de la falaise se dresse la silhouette de pierre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs. L'édifice actuel succède à une chapelle du XIXe siècle.

On peut également accéder à la falaise mais l'escalier est beaucoup plus abrupt. Au sommet de la falaise se dresse la silhouette de pierre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs. L'édifice actuel succède à une chapelle du XIXe siècle en briques et en pierres néo-gothique. Elle a été détruite par l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Puis, on arrive au pied du monument et du musée réalisés par l'architecte Gaston Delaune et dédiés à Charles Nungesser et François Coli, deux pilotes qui tentèrent de rallier New York en 1927 et qui furent aperçus pour la dernière fois à cet endroit, après avoir décollé du Bourget à bord de l'Oiseau blanc.

La plage et le front de mer[modifier | modifier le code]

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Encerclée par ses falaises, la plage est relativement protégée des vents dominants. Elle est constituée de galets et descend vers la mer. L'amplitude de la marée ne se fait pas trop sentir à cet endroit. Très fréquentée l'été, elle prend un air de fête, pour retrouver son aspect sauvage et grandiose hors saison. La présence exclusive de galets rend assez malaisée la promenade sur la plage. Cependant, ces « cailloux » sont un rempart naturel nécessaire à la protection du littoral. En effet, ils y contribuent en jouant le rôle d'un « amortisseur à vagues », tout comme le ferait un empierrement artificiel. Pour cette raison, la collecte des galets sur la plage est interdite, d'autant plus qu'ils ont tendance à être déplacés vers le large et vers le nord par les courants marins. Jadis, on pouvait voir des chevaux sur le rivage, auxquels étaient fixés des paniers qui servaient à contenir les pierres ramassées. Ces galets, après triage et calibrage, étaient ensuite revendus, notamment aux entreprises fabriquant de la porcelaine, de la faïence ou du verre, qui utilisent la silice composant en partie certains cailloux ou encore aux industries qui se servaient de sa dureté pour écraser d'autres matériaux.

La plage est séparée du village par une longue digue-promenade que l'on nomme le perrey ou perré, terme dialectal signifiant l'« empierré » et qui ne s'appliquait jadis qu'à la partie servant de lieu d'échouage aux bateaux. Cette digue est absolument nécessaire pour protéger la ville des tempêtes, surtout au moment des grandes marées d'équinoxe.

L'ancien front de mer, dont le casino « art nouveau », a été détruit pendant la seconde guerre mondiale par les nazis, pour des motifs de défense du littoral et ainsi améliorer la visibilité. Au pied de la falaise d'aval subsistent des bunkers du mur de l'Atlantique.

Toujours vers la porte d'Aval, les « Caloges », terme dialectal signifiant « cabane », sont d'anciens bateaux convertis par les pêcheurs en abris et en locaux pour entreposer le matériel utile à leur activité. Ils sont recouverts d'une toiture en chaume.

Le village[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame[modifier | modifier le code]
Vue générale de l'édifice et des tombes blanches des militaires du Commonwealth

Elle est située à l'écart du centre du bourg. C'est un grand édifice comparativement à l'importance du village autrefois, qui peut s'expliquer par sa dépendance ancienne à la puissante abbaye de Fécamp. Sa construction remonte aux XIIe et XIIIe siècles. Il a été remanié au XIXe siècle et classé monument historique. L'église a un plan traditionnel en croix latine. Au-dessus de la croisée du transept s'élève une tour lanterne sur quatre piliers, caractéristique des styles gothiques normand et anglais. Elle est éclairée par huit fenêtres à lancettes. Les deux niveaux d'élévation de la nef sont communes dans le style normand.

La façade (sauf le tympan du XIXe siècle) ainsi que les six premières travées de la nef sont de style roman. Le reste de l'église a été achevé plus tard, en style gothique : le chœur et les bas-côtés sont fin XIIe et début XIIIe siècle ; le transept a été érigé au milieu du XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le jubé qui séparait la nef et le chœur, est détruit, comme dans la plupart des églises françaises. Les fenêtres sont agrandies pour faire entrer plus de lumière. À la suite d'un incendie, il faut reconstruire le clocher. Les voûtes sont refaites au XIXe siècle, une sacristie est ajoutée et de nouveaux vitraux sont posés.

La façade est caractéristique du style roman régional avec son mur « écran » surmonté d'un pignon qui cache le reste de l'édifice. Elle n'est encadrée par aucune tour. Hormis un tympan du XIXe siècle (en mauvais état), elle ne présente aucune statue. Le portail est en plein cintre et les voussures présentent un décor géométrique (bâtons brisés, fleurettes, frettes crénelées), représentatif de l'art roman en Normandie.

Le corps de l'église est entouré par une série de corbeaux pittoresques romans.

Le chevet de Notre-Dame

Le chevet rectangulaire se dissimule derrière la sacristie qui fut rajoutée au XIXe siècle. La tour lanterne et son escalier en vignot sont typiques de l'architecture gothique. Des soldats du Commonwealth, morts pendant la Première Guerre mondiale), reposent dans une partie du cimetière autour de l'église. Un hôpital militaire fonctionnait en effet à Étretat durant cette période. À l'intérieur, les six premières travées présentent une apparence toute romane (arcs en plein cintre, décor géométrique, piliers massifs). Les chapiteaux sont dans leur majorité épannelés. Ceux du chœur, plus tardifs, révèlent les influences françaises du début du XIIIe siècle (chapiteaux carrés à feuilles d'eau). Le mobilier se compose d'une statue de la Vierge du XIVe siècle dans le bas-côté nord. L'orgue Cavaillé-Coll date du XIXe siècle. La nef est décorée de drapeaux qui rappellent la vocation maritime d'Étretat.

Les halles[modifier | modifier le code]
Le clocher.
L'intérieur.

Les halles d'Étretat sont une reconstitution de halles traditionnelles en bois, exécutée en partie avec des matériaux anciens, qui proviendraient pour certains d'une grange de Brionne, par des charpentiers originaires de la Manche. Elle abrite des commerçants et des artisans qui y vendent souvenirs et objets divers.

Châteaux, manoirs et villas[modifier | modifier le code]

Étretat compte plusieurs châteaux, manoirs ou villas remarquables:

Domicile de Maurice Leblanc, le Clos Lupin, aujourd'hui musée
  • Le Clos Lupin, situé rue Guy de Maupassant et à proximité de l'ancienne maison de ce dernier « la Guillette », est le cabinet de travail de Maurice Leblanc, un ermitage à colombages, entouré d'un jardin à la française. L'écrivain devait y résider plus de vingt ans et le racheta en 1918. Il le baptisa Le Clos Lupin, en hommage à son héros et aux fleurs, des lupins qu'il y avait planté. Il fut réquisitionné par les nazis. Vendu en 1952 puis racheté en 1998 par Florence Boespflug-Leblanc, petite-fille de Maurice Leblanc, qui le fait restaurer. Le manoir a été transformé en musée (conçu en sept tableaux avec, à la clé, la résolution d'une énigme lupinienne) qui, depuis son ouverture en 1999, attire en moyenne 25 000 visiteurs par an[51]. En 2011, la propriété et le fonds de la collection ont été rachetés pour 639 000 € par la Région Haute-Normandie (45 %), le Département de la Seine-Maritime (45 %) et la commune d'Étretat (10 %) qui l'ont inscrit au réseau départemental des maisons d'écrivains[52].
Petite lucarne XIXe siècle du Manoir de la Salamandre
  • Le Manoir de la Salamandre est une maison admirée des touristes et située dans la rue principale près de la halle, mais du côté opposé et dont on voit sur la photo ci-contre, le détail d'une lucarne. Elle fait partie des édifices les plus anciens d'Étretat, mais il s'agit d'un remontage. En effet, cette demeure, caractéristique d'une habitation citadine du pays d'Auge, se trouvait jadis à Lisieux, Grande Rue, au n°50. Elle était à l'enseigne de Plantefor cirier. Elle fut démontée de son emplacement d'origine en 1889 pour être rebâtie ici, mais en en modifiant quelques éléments, par exemple : un encorbellement a été ajouté sur le pignon ; la grande lucarne couverte d'un essentage de tuiles (et non plus d'ardoises) se trouvait autrefois à gauche du pignon et la petite (représentée sur la photo) n'existait pas. En outre, le nom est usurpé, car le Manoir de la Salamandre était un autre logis de Lisieux, sis dans la Rue aux Fèvres, aujourd'hui disparu. Seules quelques sculptures sont en fait imitées du Manoir[53].
  • La Villa Orphée, qui domine la baie d'Étretat avec sa vue sur la falaise d'aval, a été construite par Jacques Offenbach en 1858 grâce au succès d'Orphée aux Enfers. Jacques Offenbach y organisa de nombreuses réceptions et y séjourna à maintes reprises jusqu'à sa mort, le 5 octobre 1880.
Château des Aygues

Dans les arts[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

« Quand on en approche, on aperçoit par dessous l'aiguille d'Étretat qui se trouve à 500 ou 600 mètres plus loin contre la porte d'Aval. Il faudrait que Bouvard tombât sur le varech glissant pour laisser à P[écuchet] le temps de gagner la porte d'Aval sous laquelle on peut aussi passer à mer basse en enjambant de rocher en rocher, parfois en sautant, car il y a presque toujours de l'eau sous cette porte, ce qui ferait reculer Bouvard, lorsqu'il arriverait naturellement à vouloir passer par là. La petite baie formée entre les deux portes a cela de particulier qu'on aperçoit vers le milieu une sorte de demi-entonnoir gazonné, où serpente un sentier très rapide, qu'on appelle la Valleuse de Jambour. Bouvard épouvanté par l'eau sous la porte d'Aval, et ne pouvant enjamber comme P. de rocher en rocher, au risque de se noyer dans les intervalles qui sont très profonds, retournerait sur ses pas et apercevrait la valleuse. Voici l'aspect de cette valleuse [suit un dessin]. J'indique l'herbe par les petits traits et le sentier par la ligne noire. On monte d'abord sur un reste d'éboulement qui mène au pied de la falaise, puis le sentier la longe de A à B, et devient ensuite très rapide, très glissant, avec des pierres qui roulent sous les pieds et les mains, et se termine par de brusques zigs-zags. Les gens craintifs se cramponnent aux herbes. (Cette valleuse, praticable même aux femmes hardies jusqu'à cette année, n'est plus accessible aujourd'hui qu'aux hommes très souples et très accoutumés aux falaises ; on doit la réparer). Autrefois une corde attachée au rocher, allait jusqu'au bas de la descente. Une fois en haut, on aperçoit Étretat, et on y arrive par une descente douce sur l'herbe, de 1 kilomètre environ. Il y a dans le haut de cette montée une butte en terre. On s'y réfugie, par crainte du rhume, après avoir gravi le sentier. »

Dans la peinture[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

À partir de l'époque romantique, Étretat devient un sujet pittoresque et dramatique pour les peintres à la recherche d'effets de lumière puissants dans une station balnéaire desservie à partir de 1890 par un train qui part de la gare Saint-Lazare. La liste des peintres ayant traité ce sujet est longue :

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans la musique[modifier | modifier le code]

  • Le clip de La Lettre de Renan Luce tourné à Étretat et réalisé par Romain Vaudaux.
  • Une chanson de l'album Collection particulière de François Morel s'appelle Étretat.
  • Une chanson de l'album Quelque part… C'est toujours ailleurs de Pierre Bachelet s'appelle Étretat.
Dans la musique classique[modifier | modifier le code]

La ville d'Etretat est le lieu de villégiature de nombreux compositeurs et chanteurs d'opèra célébres du XIXe siècle qui y ont leurs villas où qui résident régulièrement dans ce décor d'opéra-comique :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Étretat
Étretat
  • De sinople aux deux clefs d'argent passées en sautoir, au chef cousu d'azur chargé de trois coquilles d'or.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Cochet, Petite histoire d'Étretat, Éditions PyréMonde, 2006.
  • Isabelle Rogeret, Carte archéologique de la Gaule : la Seine-Maritime 76, Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 1997.
  • Guides bleus et Paris-Normandie, Normandie, éditions Hachette, 1994 (ISBN 2-01-016749-X)
  • Jean-Pierre Thomas, Un village né de la mer Étretat, éditions OREP,‎ 2010
  • Marie-Hélène Desjardins, Des peintres au pays des falaises, Éd. des falaises, 2004
  • Pierre Auger et Gérard Granier, Le Guide du Pays de Caux, Éd. la Manufacture 1993.
  • Jacques-Sylvain Klein, Lumières normandes, les hauts-lieux de l'impressionnisme, Éd. Point de vues, 2013 ; La Normandie des Impressionnistes, Guide du Routard, Hachette, 2013 ; La Normandie, berceau de l'Impressionnisme, Éd. Ouest-France, 1996.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Document officiel du programme (pdf)
  2. Pierre Auger et Gérard Granier, Le Guide du Pays de Caux, Éd. la Manufacture 1993, p. 76 - 77.
  3. Bernard Hoyez, Les Falaises du Pays de Caux, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2008 (ISBN 978-2-87775-463-7)
  4. P. Auger et G. Granier, Op. cit. p. 79.
  5. Abbé Cochet, Petite histoire d'Étretat, Éditions PyréMonde, 2006, chapitre 2, p. 12.
  6. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ 1979, 180 p. (ISBN 978-2-7084-0040-5, liens OCLC? et LCCN?), p. 75
    Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  7. Abbé Cochet, Ibidem.
  8. Chartes des abbayes de Valmont, du Valasse, de Fontenelle et de Fécamp, Rôles de l'échiquier, bulle des papes.
  9. Neustria pia, p. 855.
  10. Pouillé d'Eudes Rigaud
  11. a, b et c F. de Beaurepaire, Op. cit.
  12. Sir William Dugdale, Monasticon Anglicanum t II, p. 994.
  13. Magni rotuli Scaccarii Normanniae sub regibus Angliae : Les Grands Rôles de l'échiquier de Normandie, publication de la Société des antiquaires de Normandie, t. XV. p. 48.
  14. Bulle d'Innocent III à l'abbaye de Montivilliers, copie du XVIIIe siècle dans l'Antimoine du curé de Rouelles.
  15. Cartulaire de l'abbaye de Fécamp.
  16. Lucas Janszoon Waghenaer, Speculum nauticum super navigatione maris occidentalis, Leyde, Frans Van Raphelengen, 1586.
  17. Gérard Mercator, Atlas sive cosmographicae meditationes de Fabrica Mundi et Fabricati Figura Primum a Gerardo Mercatore inchoatae deinde a Iudoco Hondio Piae memoriae ad finem perductae, Iam vero multis in locis emendatae et de novo in lucem editae, Hendrick Hondius, Amsterdam, 1630 ; Johann Cloppenburg, Amsterdam, 1632.
  18. Nicolas Tassin, Les Plans et profils de toutes les principales villes et lieux considérables de France, Plans et profilz des principales villes de la province de Normandie, avec la carte générale et les particulières de chascun gouvernement d'icelles (1631)
  19. François Ranchin, Description générale de l’Europe quatriesme partie du monde avec tous ses empires royaumes, estatchroniques, et republiques, Claude Sonnius et Denys Bechet, Paris, 1643.
  20. Description dv pais de Cavx, carte dessinée par Jean Le Clerc et gravée par Salomon Rogers, 1600 - 1650
  21. Gaspard Mérian, Topographia Galliœ, Francfort 1657.
  22. Carte particulière du diocèse de Rouen dressée sur les lieux par Mr Frémont de Dieppe sous les yeux et par les ordres de feu Mre Jacques Nicolas Colbert, archevesque de Rouen / gravée par Berey, Paris, 1715
  23. Carte réduite de la Manche par Belin, 1766.
  24. Les Côtes de France, d'après les plans levés en 1776 par MM Lacouldre de la Bretonnière et Méchain, publié en 1792, pour le service des vaisseaux de la République.
  25. Noël de la Morinière, Essai sur la Seine-Inférieure, 1795
  26. op. cit. pp. 12 - 13 - 14.
  27. On dirait aujourd'hui que l'appellatif toponymique estrée est le réflexe du latin strata (via).
  28. Cette évolution correspond à un phénomène d'épenthèse dans le groupe [s] + consonne en gallo-roman.
  29. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 274b.
  30. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2001, p. 244.
  31. Raymond Lindon, Étretat, son histoire, ses légendes, les Éditions de Minuit 1963.
  32. Histoire et étymologie d'Étretat sur Etretat-info.com
  33. Le Patrimoine des communes de la Seine-Maritime, t. I, Haute-Normandie, Éd. Flohic 1997. p. 305.
  34. Site de la Sorbonne : Dictionnaire de latin médiéval par Ducange
  35. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 277.
  36. Site de Nordic Names : Styrr, Styr
  37. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. 2. Formations non-romanes…, vol. 2, Librairie Droz 1991. p. 1015 n° 8292.
  38. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2). p. 118.
  39. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, éditions OREP, 2009. p. 36.
  40. François de Beaurepaire, Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Éd. Picard 1981. (ISBN 2-7084-0067-3).
  41. Géopatronyme : Répartition du nom de famille Estur
  42. Elisabeth Ridel, Bateaux de type scandinave en Normandie (Xe siècle - XIIIe siècle) p. 311. in Colloque international de la Hague, L'Héritage des Vikings en Europe de l'ouest, Université de Caen 2002.
  43. Ludwig Lindenschmit, Wilhelm Lindenschmit: Das germanische Todtenlager bei Selzen in der Provinz Rheinhessen dargestellt und erläutert. von Zabern Verlag, Mayence 1848 (réimpression, avec préface de Kurt Böhner éditeur, 1969
  44. Interview de Benoît Duteurtre, dans Les États d'Étretat, film documentaire télévisé produit par France 3 Normandie en 1991.
  45. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  46. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  47. Donald W. Olson, Celestial Sleuth, Springer Science+Business Media, 2014 (ISBN 978-1-4614-8402-8) : l'astronome américain a procédé en août 2012 à des mesures à l'inclinomètre et au sextant : « Nous avons observé, qu'au moment de la marée la plus basse, le sommet de l'aiguille se trouve 54,5 m au-dessus de sa base. »
  48. À ne pas confondre avec le granite, roche inconnue dans la région.
  49. Valleuse ou avalleuse est un terme dialectal à l'origine signifiant une sorte de vallée sèche débouchant sur la mer, sans lui donner nécessairement accès, « une vallée sèche suspendue » en quelque sorte.
  50. Selon une légende, cette grotte serait le refuge de trois demoiselles décédées, dont les fantômes continueraient de hanter les lieux et qui surtout, poursuivaient partout jusque dans son château le chevalier de Fréfossé, qui les avaient fait précipiter du haut de la falaise dans trois tonneaux dans lesquels étaient enfoncés de longs clous. En effet, ces demoiselles avaient eu le mauvais goût de refuser les avances de ce méchant seigneur.
  51. Franck Ferrand, « Maurice Leblanc », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 25 mai 2012
  52. « Nouveau tournant pour le " Clos Lupin " », sur www.seinemaritime.net,‎ 8 février 2011
  53. Georges Bernage, Patrimoine normand n° 53, 2005. p. 29 - 36 -37.