Algajola

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Algajola
Algaghjola (co)
Algajola depuis la plage
Algajola depuis la plage
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Calvi
Canton Belgodère
Intercommunalité Communauté de communes de Calvi Balagne
Maire
Mandat
Maurice Pariggi
2008-2014
Code postal 20220
Code commune 2B010
Démographie
Gentilé Algajolais
Algaghjulesi (co)
Population
municipale
292 hab. (2011)
Densité 170 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 36′ 31″ N 8° 51′ 46″ E / 42.6086111111, 8.86277777778 ()42° 36′ 31″ Nord 8° 51′ 46″ Est / 42.6086111111, 8.86277777778 ()  
Altitude 14 m (min. : 0 m) (max. : 269 m)
Superficie 1,72 km2
Localisation

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Algajola (en corse Algaghjola, prononcé [aɾ.ga.ˈɟoː.la]), est une commune française du département de la Haute-Corse, dans la collectivité territoriale de Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Algajola est une commune du littoral de la Balagne, située entre Calvi à l'Ouest et l'Île-Rousse à l'Est. Elle est l'une des 19 communes du canton de Belgodère, intégrée dans celui-ci et non à ceux de Calvi ou de l'Île-Rousse, comme sa situation géographique devrait l'y mettre. Elle fait partie de l'arrondissement de Calvi.

Relief[modifier | modifier le code]

La commune occupe un petit territoire de 172 ha sur le bord de mer, partagé en deux par de petites collines orientées nord - sud, la plus haute qui est « à cheval » sur Algajola et Aregno culmine à 288 m. À l'ouest des collines, Tebina représente la partie plaine, et à l'est, Cocani couvre les pentes des collines descendant vers la station balnéaire. De part et d'autre des collines, leurs flancs étaient autrefois des terres « prises » au maquis (prese[1] ou pièces de terrain), que les gens avaient transformées en terrasses pour cultiver des bandes de terrain (lenze[2]). Depuis longtemps le maquis, ici composé essentiellement de cistes et de lentisques, les chênes verts et quelques oliviers sauvages a repris ses droits sur ces terrasses de culture abandonnées.

Un seul petit cours d'eau, sans nom sur les cartes, nait sur la commune, arrose Tepina et se jette dans le port de San Damiano.

Limites territoriales[modifier | modifier le code]

Les limites d'Algajola peuvent se définir ainsi :

  • au nord, c'est une côte d'environ 3 km de long, baignée par la Méditerranée, en grande partie déchiquetée, avec la Punta San Damiano. À l'est de celle-ci, à l'abri des vents d'ouest dominants, se trouvent le port de San Damiano que les Romains avaient construit déjà en leur temps, et le village d'Algajola avec sa forteresse « les pieds dans l'eau ». Cette côte part d'un point situé à 500 m (distance orthodromique) à l'ouest de Punta San Damiano, pour se terminer avec 200 m de la plage de sable d'Aregno à l'Est. Cette plage est recouverte de posidonies en hiver, d'où peut-être, le nom de la commune (petite algue) ; mais c'est sans doute une étymologie populaire ;
  • à l'est, de la plage d'Aregno, la démarcation part au sud, coupant la RN 197, contournant le camping Cala di Sole et Cocani, vers les collines du lieu-dit Monti (281 m) pour atteindre le point culminant de la commune (269 m) ;
  • au sud, la démarcation suit la ligne de crête des collines vers Capu Luna Piana (345 m - Lumio) sans l'atteindre, jusqu'à un point situé à 251 m d'altitude « à cheval » à la fois sur Algajola, Aregno et Lumio. De là elle repart au nord-ouest vers Ribe en un point à environ 400 m de la côte ;
  • à l'ouest, du point à Ribe ci-dessus, la ligne se dirige vers la mer au nord, coupant la RN 197.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le fort d'Algajola

Algajola était un petit port de pêche, avec un fort sur la mer, qui a été concurrencé par les villes voisines. Les pécheurs (artisans) ont presque disparu et se sont reconvertis dans le tourisme. Algajola a vu en quelques décennies sa population presque tripler alors que son territoire est des plus modestes. L'été venu, ce sont des milliers de résidants, touristes italiens, nord-européens et français qui viennent fréquenter cette remarquable station balnéaire parée d'une forteresse en bord de mer.

La partie occidentale de la commune, celle autour de la marine de San Damiano

Accès[modifier | modifier le code]

Accès ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gare d'Algajola.

Le village est desservi par une ligne des CFC. Durant la saison estivale, c'est un arrêt du trinighellu (micheline) sur la ligne de desserte des plages entre Calvi et L'Île-Rousse.

Accès routier[modifier | modifier le code]

On accède à la commune que par une seule voie : la RN 197. Une voie parallèle partant de la route d'accès à la plage d'Aregno à l'Est, débouchant au rond-point mis en service en 2010 à l'Ouest, permet de gagner le village en bordure de mer. Du rond-point, une voie donne accès au port de pêche/plaisance de San Damiano et à sa marine.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Mer Méditerranée Mer Méditerranée Mer Méditerranée Rose des vents
Lumio N Aregno
O    Algajola    E
S
Lumio Lumio, Aregno Aregno

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Castellu

Antiquité[modifier | modifier le code]

Algajola serait bâtie à l'emplacement d'une ancienne cité phénicienne qui avait pour nom Argha. Un étymologie commune à Alghero, sur un site similaire en Sardaigne est possible.

D'après les historiens Cluver et Canari, CÆSIÆ littus porté sur la côte septentrionale de la Corse par Ptolémée sur ses cartes, serait le port de l'Algajola. D'après Müller il serait le golfe de Saint-Florent. Selon son étude, Xavier Poli exclut ces hypothèses, allant jusqu'à dire : « Cæsiæ est donc à identifier avec la plage du golfe de Calvi » car littus veut dire plage sablonneuse[3]. La plage d'Aregno qui commence sur la commune est également sablonneuse.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'Algajola, selon d'autres Gabbiola (ou Gabiola)[4], se trouvait dans l'ancienne pieve d'Aregnu.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle vers 1520, la Balagne était une province génoise de la République de Gênes. Elle était composée des pievi de Tuani, Aregnu, Santo Andrea, Pino et Olmia[5]. La pieve d'Aregno qui avait pour lieux habités : l’Arpagiola (o Gabiola), la Corbaia, lo Monticello, Santo Antonino, Santa Riparata, Piaza, Pragola, le Torre, Regno, li Catari, lo Lavatogio, lacona, Spano, Hogio, Aquapessa, comptait environ 1 350 habitants.

Algaiola était la capitale administrative de la province de Balagne. Un tribunal pour les pièves voisines y était établi. Un château forteresse a été construit peu avant 1531 pour à la fois, servir de demeure au « lieutenant » (luogotenente, il était le représentant du pouvoir exécutif à la tête d'une province) de l'Office de Saint Georges, et faire partie du système défensif génois.

Avant la guerre que livra Henri II, roi de France, aux Génois en Corse, l'Algajola était une forteresse très peu importante, située sur la côte ;

« le village, aujourd'hui presque abandonné, était aussi fort petit, puisqu'il n'avait guère que vingt-cinq ou trente feux. Aujourd'hui il est moindre encore. Il est pourtant fort commodément situé ; car quiconque va de n'importe quelle piève de la Balagne à l'Algajola pour ses affaires, peut revenir le soir coucher dans sa maison. C'est sans doute, à cause de cette commodité même que l'Office a choisi cet endroit pour en faire la résidence du lieutenant, de préférence à beaucoup d'autres endroits plus peuplés et peut-être plus sains. Il y a dans cette piève un monastère de Fr. Mineurs construit dans un site vaste et remarquable par la fraîcheur de ses ombrages, la bonté de l'eau et celle de l'air ; si bien qu'à Rome et Gênes un pareil site se paierait bien des milliers d'écus. »

— Mgr Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse -Tome I, page 19.

Durant la guerre des Français contre Gênes[modifier | modifier le code]

  • 1555, en janvier, Manomozzo[6], sergent de Sampiero, est envoyé par le maréchal de Thermes depuis Ajaccio, avec une centaine d'hommes tant Corses que Gascons, pour prendre Saint-Florent. Repoussé par les Génois, il se replie en Balagne et décide d'enlever l'Algaiola, petit château voisin de la marine, où une troupe de vingt-cinq soldats génois s'étaient fortifiés. À l'aide d'échelles, une quarantaine d'hommes, tant Corses que Gascons, descendent dans la place.

« Les Génois postés dans une tour qui dominait la maison, en tuèrent une partie à coups de pierres et d'arquebuses, les autres se rendirent à discrétion et furent faits prisonniers ; quatre ou cinq seulement purent s'échapper en remontant par les cordes qui leur avaient servi à descendre. Il resta dans la place trente-cinq hommes, tant morts que prisonniers. Les Gascons perdirent seulement leurs armes et furent remis en liberté ; mais les huit Corses qui se trouvèrent au nombre des prisonniers furent conduits à Calvi et pendus après avoir subi divers supplices. Cet événement eut lieu pendant le mois de janvier 1555. »

— Marc' Antonio Ceccaldi in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome II, page 169.

Peu après, un capitaine français envoyé d'Ajaccio par Thermes, avec une galère et un canon accompagné d'abondantes munitions, vient appuyer les troupes de Manomozzo. « Le capitaine, de sa galiote, tira quelques coups sur le château, tandis que Manomozzo tirait par terre avec le canon qui avait été débarqué[Note 1]. Se trouvant ainsi resserrés, ceux du château furent contraints de se rendre. - Abbé Letteron in Histoire de la Corse Tome II page 170. »

Thermes fit transporter une grande quantité de vivres à l'Algaiola par quinze galères qui les avait apportés de Marseille. Deux cents Gascons, soit deux compagnies, sont envoyés par Giordano Orsino pour garder les importants approvisionnements de vivres qu'on y avait déposés.

Sampiero étant absent sur l'île, les populations prennent partout les armes en faveur des Génois. Effrayés, les Gascons s'enfuient sans attendre le secours, abandonnant les vivres qui s'y trouvaient, aux Balanais qui en emportèrent une grande quantité, parce que le pays souffrait beaucoup de la disette. Grechetto Giustiniano[Note 2] envoyé par Quilico Spinola, commissaire et colonel de la Signoria qui commandait à Calvi, arriva avec sa compagnie, pour enlever les vivres qui restaient et les faire transporter à Calvi. lorsqu'arrivèrent à l'Algaiola, cinq galères françaises envoyées par Giordano[Note 3] afin d'empêcher les Calvais de sortir de la place.

« Sur ces galères se trouvaient cinq compagnies gasconnes qui débarquèrent sur le rivage. Lorsqu'elles virent que les soldats génois emportaient les vivres de l'Algaiola, elles leur barrèrent le chemin. Surpris par une attaque si soudaine, les Génois prirent la fuite et regagnèrent Calvi. »

— Marc' Antonio Ceccaldi in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome II, page 201.

Mais les Génois qui étaient à Calvi ne laissaient guère de repos aux ennemis qui se trouvaient dans le voisinage. À leur départ de Balagne, les Français avaient brûlé quelques tours dans les villages favorables aux Génois ; lorsqu'ils furent partis, les Génois sortirent à leur tour de Calvi et brûlèrent les tours qui restaient dans les villages favorables aux Français, notamment celle de Francesco de Sant'Antonino et quelques autres. Ils rasèrent ensuite jusqu'aux fondements les murs de l'Algaiola, pour empêcher les Français de s'y établir à l'avenir.

  • 1556, Le 5 février, une trêve de cinq ans est conclue entre les députés de l'empereur, du roi de France et du roi d'Angleterre à l'abbaye de Vaucelles.

Monseigneur de Beaujourdain, neveu de Thermes, est nommé gouverneur de la Balagne.

  • 1558 - Treize galères génoises et espagnoles, sous la conduite de Giovan Andrea D'Oria, faisant voile pour Calvi, allèrent se présenter devant l'Algaiola où elles tirèrent une quarantaine de coups de canon sur une tour encore occupée par une petite garnison française. Les quelques soldats que Giovan Andrea voulut débarquer pour faire des dégâts dans le pays, furent vigoureusement repoussés par les Français.

Cité génoise[modifier | modifier le code]

  • 1559 - La guerre étant terminée, la Corse est restituée aux Génois[Note 4] ; Giordano Orsino devait remettre entre leurs mains, les forteresses occupées. Après Saint-Florent, en compagnie d'Orsino, les Génois firent voile pour Calvi, prenant en route possession de l'Algajola, qui était au pouvoir des Français. Ils y mirent une forte garde[7].

« La Signoria de Gênes envoya en Corse quatre galères commandées par Paolo di Vivaldi. Elles amenaient Giovan Battista Grimaldi et Cristoforo Saoli qui venaient, avec le titre de commissaires, prendre pacifiquement possession de la Corse. C'était l'an de grâce 1559. Les commissaires étaient accompagnés d'un grand nombre de gentilshommes génois, qui avaient voulu les escorter ou avaient la curiosité de visiter la Corse. Ils débarquèrent à Calvi, où le gouverneur était alors Marco Gentile, etc. »

— Anton Pietro Filippini in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome III, pages 5-6.

.

Débarqués à l'Algajola, ils firent prêter le serment de fidélité aux populations de la province de Balagne. La Corse jouissait d'une paix profonde.

Giorgio D'Oria, colonel et commandant général des troupes génoises en Corse, était tenu en grande considération par les Corses. Il ambitionnait la gloire de faire rentrer les Corses sous l'autorité de Gênes, afin de s'en retourner en portant cette heureuse nouvelle et d'être regardé à Gênes comme le pacificateur de l'île. Il fit publier un pardon général pour tous ceux qui furent rentrés sous l'obéissance des Génois.

Les commissaires génois, en Corse, firent dresser l'état des biens possédés par chacun et imposèrent une taille extraordinaire et écrasante à toutes les populations. Mais ils éprouvèrent de grandes difficultés à lever l'impôt car les gens ne voulaient pas se résigner au nouvel impôt qu'ils ne voulaient payer à aucun prix.

Durant la guerre de Sampiero[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, banni de sa patrie et dépossédé de tous les biens qu'il avait autrefois en Corse, Sampiero Corso réfléchissait aux moyens de rallumer la guerre en Corse contre les Génois, puisqu'il s'était déclaré leur ennemi irréconciliable.

« En vrai Corse qu'il était, il avait toujours gravé dans le cœur l'affront qu'il avait reçu lorsque Giovan Maria Spinola gouvernait la Corse. On se souvient qu'il avait été jeté en prison et qu'il s'en était peu fallu qu'il ne fût mis à mort. »

— Anton Pietro Filippini in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome III, page 20

.

Il est tenu informé, notamment par écrit du rebelle Bartolommeo de Vivario, que les populations sont tellement opprimées par les Génois qu'elles prendraient immédiatement les armes en sa faveur s'il revenait sur l'île.

  • 1564 - Sampiero arrive en Corse avec une galère et une frégate et aborde le 12 juin dans le golfe de Valinco, dans le Delà des Monts ; il ne tarda pas à passer dans le Deçà des Monts, soulevant les populations.

En apprenant la déroute complète de ses troupes et des pertes qu'elles avaient subies à Vecovato puis à Caccia, le Sénat envoya en toute hâte en Corse Stefano D'Oria, seigneur de Dolce-Acqua, avec le titre de commandant général des troupes génoises. Conformément aux ordres qu'il avait reçus récemment de la Signoria, il fit prélever de force chez certains habitants de la Balagne qui obéissaient volontiers à Sampiero, plus de douze cents charges de blé et d'orge de la nouvelle moisson qu'il fit transporter à Calvi et à l'Algajola.

Le nouveau commissaire, Giovan Pietro Vivaldi avait envoyé à l'Algajola Manfredo de' Franchi, Girolamo Cazero et Geronimo Roccatagliata, avec leurs compagnies à cheval pour tenir tête à Sampiero. Après leur départ pour Saint-Florent, lorsque Sampiero eut passé dans le Nebbio, Girolamo Roccatagliata resta seul à l'Algajola, où il escarmouchait, sans relâche avec Lodovico de Casta, Paolo della Leccia, Giovan Martino et Giorgiucolo de Caccia.

À nouveau génoise[modifier | modifier le code]

  • 1643, l’Arpagiola fut prise et saccagée par les Ottomans. Les corsaires barbaresques venaient prélever dans l'île leur tribut d'esclaves. Les Génois qui persistaient à exiger la démolition des tours et des châteaux, à interdire de porter des armes, sauf sur la côte, accorderont quatre fusils à Algajola. Deux ans après, il n'y avait plus que des ruines[8].
  • 1664, Gênes fit fortifier son château qui fut la résidence du lieutenant jusqu'en 1764.

Algajola deviendra par la suite une communauté de la pieve du Regino, l'une des trois pievi de la vallée du Regino.

Durant la grande révolte contre Gênes[modifier | modifier le code]

Extraits de la Chronologie écrite par Antoine-Dominique Monti, président de l'ADECEC, publiée par celle-ci en 1979[9]

  • 1730
    • 21 février. Felice Pinelli gouverneur génois élu le 1er avril 1728, apprend que Farinole, Patrimonio, Saint-Florent et Algajola sont assiégés et que Corte et Rogliano sont tombés aux mains des Corses. Il envoie en Balagne Petru Pizzini, un des Nobles-Douze, et le lieutenant Domenico Maria Mariani.
    • Mars. Algajola est assiégée pendant quelques jours.
  • 1731
    • Mars Algajola reste fidèle à la République génoise
    • 5 avril. Les gens de la Balagne, mécontents des tentatives de corruption du lieutenant d'Algajola, font le siège de la place. Les habitants se réfugient à Calvi et à Gênes sans attendre l'assaut. La tour de L'Île-Rousse est prise par les Corses.
  • 1736 - 6 juin. Théodore de Neuhoff passe en Balagne accompagné des généraux de la Nation Giacinto Paoli et Luigi Giafferi. Le roi fera attaquer, sans grand succès, Calenzana et Algajola.
  • 1737 octobre. Situation militaire en Balagne : Calvi, Lumio, Calenzana et Algajola sont aux mains des Génois ; les Nationaux sont à Montemagiore, Lunghignani, Cassano, Ziglia, Corbara, Monticello, Santa-Reparata-di-Balagna.
  • 1739 - 18 mai. Les Corses attaquent, sans succès, à Piève et Algajola.
  • 1745 - 29 novembre. Une circulaire de Domenico Rivarola[Note 5] annonce la prise de Bastia, San Pelegrino et la Padulella aux habitants de la Balagne et leur commande de faire le blocus de Calvi, Algajola et l'Île-Rousse.
  • 1753 - Les Français quittent l'île. La préside d'Algajola reste encore génoise.
  • 1762
    • Avril. Les Génois fortifient San Pellegrino qu'ils ont de nouveau occupé, résistent à Macinaggio et conservent l'Algajola.
    • Nuit du 17 au 18 juillet. 150 volontaires nationaux tentent en vain de surprendre l'Algajola.
  • 1764 - 6 août. Deuxième traité de Compiègne entre la France et la République de Gênes, signé par Choiseul et Sorba. La France reçoit en dépôt pour quatre ans : Bastia, Ajaccio, Saint-Florent, Calvi et Algajola[Note 6].
  • 1765 - ars. Sous prétexte de l'échange de prisonniers entre Gênes et la Corse, Marbeuf obtient une entrevue de Paoli. En réalité le commandant français désire s'entretenir de la liberté de commerce entre les présides et l'intérieur. Il obtient l'ouverture de marchés les mercredi et samedi pour ses garnisons, à la tour de Caldano à Lumio pour celles de Calvi et d'Algajola.
  • 1767 - 30 juillet. Les Français ont évacué les trois places maritimes. Algajola a été occupée par les Corses. Calvi est bloquée.

En 1789, la pieve du Regino devient le canton d'Algajola.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1954, Algajola comptait seulement 138 habitants et appartenait au canton de Muro composé des communes de Algajola, Aregno, Avapessa, Cateri, Feliceto, Lavatoggio, Muro, Nessa et Speloncato[5].

1971-1973 : de nouveaux cantons sont créés dont celui de Belgodère avec la fusion imposée des anciens cantons de Muro, Belgodère et Olmi-Cappella.

Son contentieux électoral est célèbre et a fait l'objet de nombreuses décisions judiciaires. Son maire actuel est M. Maurice Pariggi, retraité de la fonction publique, proche du Parti radical de gauche (il était 31e sur la liste "Pour la Corse dans la République" aux élections territoriales 2004, liste Zuccarelli Alfonsi).

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Maurice Pariggi PRG  
mars 2008 2014 Maurice Pariggi PRG  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 292 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 7],[Note 8].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
158 143 221 209 212 259 236 225 210
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
191 159 135 149 167 177 193 196 147
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
153 137 130 147 158 142 121 138 129
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
129 178 228 211 216 268 292 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Algajola est devenue une petite station balnéaire très prisée. Se trouvant en Balagne, l'un des deux pôles touristiques de la Corse, avec un arrière-pays très riche en villages, en édifices et monuments historiques, c'est un endroit idyllique à découvrir pour tous les amoureux de la mer, des couchers de soleil et de bonnes tables.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • Le petit port de San Damiano. Il se situe à 7 km à l'ouest de L'Île-Rousse et 15 km de Calvi, abrité par la Punta San Damiano des fréquents et forts coups de vent de nord à ouest.

Autrefois port romain, il sera abandonné après leur départ au VIe siècle et ce jusqu'au XIIe siècle, époque qui verra la construction d'une tour de défense. Dès lors, les activités commerciales et de pêche reprennent. En 1620 le port devient le second port de l'île. Aujourd'hui Algajola possède le petit port de pêche de San Damaiano, sans pêcheur à l'année.

  • La Citadelle. Algajola fut longtemps une position génoise avancée devant Calvi. La petite forteresse aujourd'hui bien entretenue, présente une agréable silhouette avec son échauguette protubérante.

Le château fort d'Algajola[modifier | modifier le code]

Le fort

Le château fort d'Algajola, U Castellu, a été construit au début du XVIe siècle, peu avant 1531, sur les ruines de la tour des Lomellini (noblesse génoise) pour être la résidence du gouverneur de Balagne pour Gênes jusqu'en 1764. Il est aujourd'hui une propriété privée.

Le château fort a été classé Monument historique par arrêté du 15 juillet 1965[12].

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Georges[modifier | modifier le code]

L'église et sa confrérie ont été bâties au XVe siècle. L'église a été incendiée par les Sarrasins, et remaniée en 1618. L'édifice intégré au système défensif du village possède un original clocher carré. Elle recèle des œuvres remarquables :

  • une Descente de croix, tableau du XVIIe siècle de l'École italienne, propriété de la commune et classé MH par arrêté du 16 mars 1908[13] ;
  • un orgue de tribune en ébène, du XVIIIe siècle, également propriété de la commune. La partie instrumentale de l'orgue a été classée MH par arrêté du 18 janvier 2007[14] ; le buffet d'orgue et la tribune ont été classés par arrêté du 20 février 1978[15] ; l'orgue par la suite a été classé en totalité par arrêté du 18 janvier 2007[16].

Autres[modifier | modifier le code]

  • La chapelle Saint-Michel. Érigée en bordure de mer au XIIe siècle à l'est du village, cette petite chapelle des marins a été récemment restaurée en raison des incessantes attaques du temps et de la mer.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Fêtes et loisirs[modifier | modifier le code]

  • L'atelier d'art Caruli, rue a Marina, face à la chapelle Saint-Michel. Cet atelier de céramique est ouvert au public en saison estivale, de 9 à 12h et de 14 à 17h.

De ce fait, Algajola se trouve située sur l'itinéraire Strada di l'Artigiani (la Route des Artisans de Balagne) créée avec le soutien du Conseil général de Haute-Corse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. d'une précédente galiote qu'une tempête avait brisée sur certains écueils près de l'entrée du port de l'île d'Or
  2. Leonardo Giustiniano, surnommé le Grechetto, sergent-major génois à Calvi puis capitaine à Bastia.
  3. Giordano Orsini, officier français qui a poursuivi l'expédition de Corse entreprise par le maréchal de Thermes
  4. L'acte de restitution de la place de S. Florent, le premier en date, est du 5 septembre 1559. L'acte général de la restitution de la Corse, signé à Bonifacio, est du 18 septembre. - Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse - Tome III, pages 13.
  5. Comte Dumenicu Rivarola, ancien consul d'Espagne à Bastia, qui habitait Livourne où il recrutait des Corses pour l'armée espagnole. Son fils, Francesco Rivarola, physicien, en 1735, était lieutenant-colonel du régiment corse au service de l'Espagne
  6. En 1764, par un second traité de Compiègne conclu entre la France et Gênes, les troupes françaises s'engagent à tenir garnison dans Ajaccio, Calvi et Saint-Florent, ainsi qu'à Bastia et à Algajola pendant quatre ans
  7. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  8. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. INFCOR Définition de presa en français
  2. INFCOR Définition de lenza en français
  3. Xavier Poli - La Corse dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge Librairie A. Fontemoing Paris 1907
  4. Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, traduction de la Description de la Corse d'Agostino Giustiniani - Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse, 1888 – Tome I, page 19.
  5. a et b ADECEC Eléments pour un dictionnaire des noms propres
  6. Francesco d'Attalà , surnommé il Manomozzo, c'est-à-dire, le manchot - Abbé Letteron in Histoire de la Corse -Tome II, page 19
  7. Anton Pietro Filippini in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome III, page 6.
  8. Histoire de Corse Colonna de Cesari Rocca Louis Villat - Anc. Lib. Furne Boivin & Cie Éd. 1916
  9. La Grande révolte des Corses contre les Génois 1729-1769 A-D Monti ADECEC 1979
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  12. « Notice no PA00099152 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Notice no PM2B000665 », base Palissy, ministère français de la Culture
  14. « Notice no PM2B000794 », base Palissy, ministère français de la Culture
  15. « Notice no PM2B000793 », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PM2B000001 », base Palissy, ministère français de la Culture