Saint-Pierre-Quiberon

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Saint-Pierre-Quiberon
L'arche de Port Blanc, et en arrière-plan, la maison des douaniers, deux symboles de la commune.
L'arche de Port Blanc, et en arrière-plan, la maison des douaniers, deux symboles de la commune.
Blason de Saint-Pierre-Quiberon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Lorient
Canton Quiberon
Intercommunalité Auray Quiberon Terre Atlantique
Maire
Mandat
Laurence Le Duvéhat
2014-2020
Code postal 56510
Code commune 56234
Démographie
Gentilé Saint-Pierrois, Saint-Pierroise
Population
municipale
2 123 hab. (2011)
Densité 282 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 31′ 06″ N 3° 07′ 56″ O / 47.518418, -3.132133 ()47° 31′ 06″ Nord 3° 07′ 56″ Ouest / 47.518418, -3.132133 ()  
Altitude 10 m (min. : 0 m) (max. : 26 m)
Superficie 7,54 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.saintpierrequiberon.fr/

Saint-Pierre-Quiberon [sɛ̃pjɛʁkibʁɔ̃] est une commune française, située sur la côte sud du département du Morbihan et de la région Bretagne. Saint-Pierre-Quiberon constitue la partie Nord de la Presqu'île de Quiberon, la commune de Quiberon occupant la partie Sud. Les habitants de Saint-Pierre-Quiberon, au nombre de 2289 selon le dernier le dernier recensement de 2007, s'appellent les Saint-Pierrois.

Séparé de Quiberon dès 1653[1] à la suite d'un démembrement de la paroisse, Saint-Pierre-Quiberon devient une commune à part entière en 1856, sous le nom de Saint-Pierre, et prend son nom actuel en 1962.

Saint-Pierre-Quiberon est célèbre pour sa situation sur les bords de la baie de Quiberon qui constitue la partie occidentale de Mor braz, son climat, sa côte sauvage qui a inspiré nombre de peintres et de poètes, notamment au XIXe siècle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Pierre-Quiberon couvre la moitié Nord de la presqu'île de Quiberon. Saint-Pierre-Quiberon est consititué de 16 villages, quartiers ou lieux-dits : Le Praner de Penthièvre, Portivy, Kerhostin, Runaron, Le Roch, Keraude, Le Praner, Kergroix, Kermahé, Kerdavid, Keridenvel, Kerbourgnec, Kervihan, Kerboulevin, Petit Rohu et Grand Rohu.

Le chiffre peut, selon les sources, varier. Ainsi, sur le site officiel de la commune, le chiffre de 14 villages est annoncé. En effet, Runaron est (à tort) considéré comme partie intégrante de Portivy, tout comme le Praner est vu comme le centre même de Saint-Pierre-Quiberon. Enfin, on considère parfois le Rohu comme une entité globale, sans tenir compte de la séparation entre Petit Rohu et Grand Rohu.

La commune compte treize plages accessibles aux baigneurs, dix plages du côté baie : Penthièvre (Baie), Kerhostin, Lizeau, Poul Perneau, Port d'Orange, Kermahé, Kerbourgnec, Beg Rohu, Petit Rohu, Grand Rohu, et trois plages côté océan: Penthièvre (Océan), Château Rouge, et le Fozo. On peut noter l'existence de quatre autres plages sur la Côte Sauvage : Port-Blanc, Port-Bara, Port-Rhu, et Port-Pigeon. Toutefois, la baignade sur ces quatre plages est strictement interdite, compte tenu de la dangerosité de la Côte Sauvage.

Le nom original de la commune était Saint-Pierre lors de la création officielle de la commune en 1856, et il en fut ainsi pendant près d'un siècle, jusqu'en 1962, date à laquelle le nom devint Saint-Pierre-Quiberon, afin de profiter de l'essor touristique de la commune voisine de Quiberon.

Les personnes de passages sur la presqu'île (touristes, mais aussi des propriétaires de résidences secondaires.) pensent parfois, à tort, que Saint-Pierre n'est qu'un quartier de Quiberon, alors qu'il s'agit bien d'une commune à part entière, avec sa mairie, son conseil municipal et son code postal.

Les villages ont su conserver leur caractère traditionnel, avec des maisons de famille en pierre aux fenêtres en demi-lune. Portivy, sur la côte sauvage, est un village de pêcheurs, tandis que le village principal de la commune, Saint-Pierre, accueille des touristes en villégiature depuis les premières décennies du XXe siècle.

Saint-Pierre est, l'été, un lieu de vacances familial et tranquille. La baie de Quiberon, l'une des plus belles baies du monde, se prête aux activités nautiques, notamment pour les enfants qui peuvent profiter du club de voile de Saint-Pierre pour apprendre à naviguer.

Sur la côte ouest de la presqu'île, la Côte Sauvage, paysage réputée, est la propriété du conservatoire du littoral. La plupart des sites réputés de la Côte Sauvage, tel l'arche de Port-Blanc se trouve sur la commune de Saint-Pierre-Quiberon. Sur la partie saint-pierroise de la côte, on trouve, du Nord au Sud les lieux-dits suivants : le Fozo, la pointe de Beg-En-Aud, la pointe du Percho, Port-Blanc, Port-Bara, Port-Rhu, et Port-Pigeon. On y trouve une flore précieuse : œillets, bruyère violette, genêt, armérie, œillet marin. L'endroit, magnifique mais dangereux, est interdit aux baigneurs. Cependant, la côte peut se parcourir à pied, en kayak de mer ou à cheval.

Communes limitrophes de Saint-Pierre-Quiberon[2]
Plouharnel
Saint-Pierre-Quiberon[2]
Quiberon

La Côte Sauvage[modifier | modifier le code]

La Côte Sauvage désigne la côte ouest de la Presqu'île de Quiberon, et s'étend sur les communes de Saint-Pierre-Quiberon et Quiberon, sur une dizaine de kilomètres. Sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-Quiberon on trouve les lieux-dits suivants, du sud au nord :

  • Le camp néolithique de Kroh Kolle ;
  • Port Stang ;
  • Port Pigeon ;
  • L'îlot de La Truie ;
  • Port Bara ;
  • Port Rhu ;
  • La pointe de Marie Venell ;
  • Port Blanc, son arche, son dolmen ;
  • La pointe du Percho et la maison des douaniers ;
  • Le Rocher du Lion ;
  • La pointe de Beg-En-Aud.

Penthièvre[modifier | modifier le code]

Penthièvre est le village situé le plus au nord de Saint-Pierre-Quiberon. Il est limité au nord par la forêt domaniale de Quiberon (située sur la commune de Plouharnel), à l’est par la baie de Quiberon, à l’ouest par l’océan, et au sud par le village de Kerhostin.

Outre quelques hôtels et restaurants, le village est essentiellement constitué de résidences secondaires. La chapelle de Penthièvre, à l’est de la route départementale, date du XXe siècle.

C’est à Penthièvre que se situe l’isthme qui forme l’entrée de la presqu’île de Quiberon. En son endroit le plus étroit, l’isthme ne mesure que 22 mètres. Au sud de l’isthme, côté océan, se situe le fort de Penthièvre. En 1748, afin de se prémunir contre une attaque anglaise dont l'objectif était la destruction de Lorient (base de la compagnie française des Indes, rivale de la compagnie anglaise installée à Londres), le duc de Penthièvre, amiral de France et gouverneur de Bretagne, ordonne de fortifier la palisse (ancien nom du promontoire où se trouve le fort actuel). Sur les projets de M. de Marolles, ingénieur du roi, sont effectués la construction de la « redoute » de Quiberon et le terrassement en forme de saillant de trois mètres de hauteur, comportant un logement pour trente hommes et un magasin à poudre.

On a appelé la redoute « fort de Penthièvre » du nom de son fondateur.

Le fort évolua avec le temps et prit sa forme définitive à la Vauban entre 1841 et 1845.

Le 20 juillet 1795, sa reprise par les Républicains marque la fin de l'Expédition de Quiberon, tentative de débarquement des Royalistes en Bretagne.

Le 23 juin 1933, il est désaffecté et classé monument historique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fait partie du mur de l'Atlantique. D'avril à juillet 1944, il sert de geôle, de tribunal sommaire, de lieu d'exécution et de charnier : 59 résistants du maquis de Locminé y sont exécutés. Un monument élevé sur le glacis du fort rappelle leur sacrifice, qui est commémoré chaque année le 13 juillet.

Depuis 1969, le fort est placé sous la responsabilité du 3e régiment d'infanterie de marine stationné à Vannes. Il sert maintenant de centre d'instruction et d'initiation commando. Certaines parties sont ouvertes à la visite.

Kerhostin[modifier | modifier le code]

Kerhostin est, avec Penthièvre, le seul village de Saint-Pierre-Quiberon à posséder des plages de chaque côté de la presqu’île. Le centre historique du village, constitué de vieilles maisons de granit, est situé du côté baie.

Portivy[modifier | modifier le code]

Portivy est un village de pêcheurs, et le seul port de la Côte Sauvage.

La chapelle Notre-Dame-de-Lotivy (XIe siècle), édifiée à l'emplacement d'un ancien oratoire dédié à Dewi (David), saint du pays de Galles. Il s'agit de la chapelle d'un ancien prieuré (Loc-Dengui ou Lotivy) de Sainte-Croix-de-Quimperlé abandonné dès le XVIIe siècle. Le duc Hoel (1066-1084) et son épouse Havoise font en effet don de leur domaine à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé en 1069. La chapelle est pillée et brûlée par les Anglais en 1746. Elle est reconstruite vers 1845. Les stalles, placées dans le chœur autour de l'autel, datent du XIXe siècle. On y trouve un ex-voto (réplique d'un trois-mâts « le Pierre Déarné ») qui date du XIXe siècle.

C'est en 1069, qu'est fondé le prieuré de Lotivy, à l'entrée de la presqu'île de Quiberon. En 1208, se termine un long procès suscité à l'abbaye de Quimperlé par les forestiers de Quiberon, au sujet d'une pièce de terre, d'un pré et d'un jardin, situés dans le voisinage de Lotivy. L'affaire est tranchée par la cour du Comte, dans le cloître de Saint-Gildas d'Auray, le 20 juin de cette année, en faveur de l'abbaye de Sainte-Croix (Quimperlé). Le prieuré de Lotivy est longtemps occupé par des religieux venus de Quimperlé.

La statue de Notre Dame de Lotivy est exposée désormais en l'église paroissiale de Saint Pierre Quiberon.

Runaron[modifier | modifier le code]

Dolmen de Runaron

Runaron (aussi transcrit Renaron, la colline des aulnes) est un village situé au sud Portivy et au nord de Kergroix. Dans bien des esprits, Runaron est un quartier, une dépendance de Portivy alors qu'il s'agit à l'origine de deux villages bien distincts. On peut voir à Runaron les restes du dolmen de Runaron, dont il ne subsiste que deux pierres. Une stèle en granit -copie de la stèle originale installée sur l'ilôt de Guernic- surmontée d'un casque de la première guerre mondiale, a été érigée près de la plage du Fozo (du breton « fosseu » = les fosses). Elle est dédiée à toutes les mères des jeunes soldats américains qui lors de la première guerre mondiale ont offert leur vie pour que les Français puissent vivre en peuple libre.

Keraude[modifier | modifier le code]

Keraude est un village situé côté baie, au sud de Kerhostin et à l'est du village du Roch. On y trouve l’école privée de la commune. Bel ensemble de villas datant du XIXe siècle en front de mer.

Le Roch[modifier | modifier le code]

Le Roch est un village situé à l’ouest de la route départementale 768, entre Keraude et Portivy. On y trouve un très beau dolmen à cupules, - ce qui est rarissime - dans un état de conservation exceptionnel. Le calvaire (1913) est l'œuvre de l'entrepreneur Jamet. Il est situé à Roch-en-Aud. Ce calvaire a été béni le 23 mars 1913 par M. l'Abbé Le Senne, natif de Saint-Pierre-Quiberon et futur évêque de Beauvais.

Dolmen du Roch

Kergroix[modifier | modifier le code]

Kergroix est un village situé côté océan. On peut y noter la présence d’une zone artisanale, où se situent notamment les ateliers municipaux, ainsi que l'existence d'un terrain militaire aujourd'hui abandonné. Le blockhaus qui domine Kergroix est un des points culminants de la commune de Saint-Pierre-Quiberon (26 mètres).

Le Praner[modifier | modifier le code]

Situé au cœur de Saint-Pierre-Quiberon, Le Praner est le quartier délimité au nord par Keraude, à l'ouest par la route départementale 768 et à l'est par l'avenue Général de Gaulle. On y trouve un bel ensemble de vieilles maisons bretonnes.

Kerdavid[modifier | modifier le code]

Kerdavid est le village qui, avec le Praner, forme le centre de la commune de Saint-Pierre-Quiberon. On y trouve notamment la mairie, l'école publique Obélix, l’ancien et le nouveau presbytère.

Kermahé[modifier | modifier le code]

Kermahé est un village situé côté baie, entre le Port d'Orange et Kerbourgnec. On peut y admirer la statue Notre-Dame des flots (1889). Au sud du Port d’Orange se trouve la plage de Kermahé.

Kerbourgnec[modifier | modifier le code]

Kerbourgnec est un village situé côté baie, entre au sud de Kermahé et au nord du Rohu. On y trouve un ensemble mégalithique constitué d'un cromlech de 27 pierres, et 23 menhirs disposés sur cinq lignes. L'ensemble est nommé alignements de Kerbourgnec. Le village apparaît sur les registres dressés suite au sac de Quiberon en 1746. À Kerbourgnec est situé le club de tennis, un club de voile, un plan d'eau autour duquel se dresse un parcours sportif et une plage superbe. Un lotissement, nommé résidence de Kerbourgnec, a vu le jour en 2009.

Keridenvel[modifier | modifier le code]

Keridenvel est un village situé à l’ouest de la départementale. On y trouve notamment le stade municipal:le stade Roger Boutet, la salle omnisports (ouverte en mars 2008) et son parking qui sert d'aire de stationnement des camping-cars (suite à la décision de fermer les parkings de la côte sauvage aux camping cars), ainsi que le terrain militaire, à l'abandon depuis de nombreuses années. Une partie des baraquements présents sur ce terrain est rasée en novembre 2010, le reste de bâtiments étant dans l'expectative.

Kervihan[modifier | modifier le code]

Kervihan est un village situé à l’ouest, côté océan. On y trouve l’une des dernières fermes de la commune.

Kerboulevin[modifier | modifier le code]

Kerboulevin, hameau limitrophe de Quiberon, marque la limite sud de Saint-Pierre-Quiberon.

Petit Rohu[modifier | modifier le code]

Le Petit Rohu est un hameau situé côté baie, entre Kerbourgnec et le Grand Rohu. On y trouve notamment l’École nationale de voile qui y abrite les équipes pour la préparation aux championnats du Monde et aux jeux Olympiques. Des championnats au niveau national et mondial y sont organisés régulièrement. Un fortin datant du XVIIe siècle y surplombe la baie.

Grand Rohu[modifier | modifier le code]

Le Grand Rohu est un village limitrophe de Quiberon, il marque la limite sud de la commune de Saint-Pierre-Quiberon, côté baie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Pendant la période du Néolithique armoricain, entre 4500 et 2000 ans avant J.-C., les hommes ont dressé des mégalithes : menhirs, dolmens et allées couvertes sont bâtis sur la presqu'île de Quiberon et aux alentours. À Kerbourgnec (Saint-Pierre-Quiberon), des alignements de menhirs et un cromlech datés du néolithique (entre 3000 et 5000 ans avant Jésus-Christ) peuvent être admirés. On trouve également un dolmen au village du Roch.

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

L'Âge du bronze révolu, les Gaulois du peuple des Vénètes règnent sur un territoire représentant l'actuel Morbihan (ce peuple donna son nom à la ville de Vannes).

« Par leur marine considérable, leur supériorité nautique bien reconnue et leurs relations commerciales avec l'île de Bretagne, les Vénètes étaient devenus un peuple très puissant, dont l'autorité s'étendait au loin sur tout le littoral de la Gaule et de la Bretagne insulaire. Ils possédaient un petit nombre de ports situés sur cette mer ouverte et orageuse à de grandes distances les uns des autres et rendaient tributaires presque tous les navigateurs obligés de passer dans leurs eaux. » (Jules César, La Guerre des Gaules, III, 8)[4]

Suite à l'invasion de la Gaule par les Romains, l'Armorique et les Vénètes sont asservis par ces derniers en 56 avant J.-C.

Vers l'an 435, les Angles et les Saxons conquièrent la Grande-Bretagne. Les Bretons sont voués à l'exil. Ils émigrent en Armorique qui deviendra peu de temps après la Bretagne. C'est à cette époque que débute la christianisation du territoire.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'actuelle presqu'île de Quiberon est une île jusqu'au XIe siècle. Avec le temps et à cause d’un déboisement massif, le sable se déplace progressivement vers la baie, créant un tombolo, entre l'île de Quiberon et le continent. C’est à cette époque que l'île se transforma en presqu'île.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1653[1], Saint-Pierre, même si elle n'est pas encore une commune au sens propre (la commune est une entité administrative créée après la Révolution), est détachée de Quiberon.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1746, la presqu'île voit le débarquement de l’escadre anglaise de l’amiral Lestock, composée de quarante vaisseaux. Les soldats anglais se livre au sac de la presqu'ile. Cette razzia d'une violence inouïe est encore dans toutes les mémoires des Saint-Pierrois. Le capitaine général, de Penhoët, gouverneur de la presqu'île refuse de se rendre. Les combats s'intensifient, l'armée armoricaine est battue et les habitants se voient dans l'obligation de s'enfuir. À la vision des dégâts engendrés par ces combats, le duc de Penthièvre aménage la presqu’île de redoutes. La construction du fort de Penthièvre débute en 1748.

En juin 1795, c'est l'Expédition de Quiberon. Carnac voit débarquer quelque 5 400 émigrés royalistes venus d'Angleterre. 12 000 Chouans du Morbihan qui les attendaient s’allient à eux. Mais les royalistes ne peuvent s'entendre sur les stratégies à adopter (notamment à cause du double commandement du comte de Puisaye et du comte d’Hervilly). L’Armée républicaine, menée par le général Hoche, profite de la discorde et repousse les royalistes sur la presqu’île. Ces derniers se retranchent dans le fort Penthièvre, mais sont assaillis par les républicains le 20 juillet. Le lendemain, à bout de force et divisés, les royalistes capitulent : sur les 6 263 arrêtés, 748 sont fusillés par les républicains contrairement au serment de vie sauve accordé par le général Hoche.

XIXe - XXe siècle[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, le confiseur Nicolas Appert fait une grande découverte concernant la stérilisation des aliments, qu'il publiera, sans déposer de brevet, en juin 1810. De ce fait, le quartier des conserveries de Port Maria (Quiberon) se développe. Quiberon devient le premier port sardinier de France en créant des « usines à sardines », et Saint-Pierre profite de cette expansion.

En 1856, Saint-Pierre se sépare de Quiberon et devient une commune à part entière, avec sa mairie, son blason, ses administrés, son code postal. La première tentative « d'indépendance » remonte à 1831, et l'idée de séparer les deux communes date du milieu de XVIIe siècle.

Le 23 juillet 1882[5], a lieu l'inauguration de la ligne d'Auray à Quiberon, et l'ouverture de trois gares, Saint-Pierre, Kerhostin et Penthièvre, sur la commune. Cette ligne stratégique est prévue pour transporter des munitions près des batteries disposées le long de la côte. Néanmoins, dès son ouverture quelques touristes attirés par la nouvelle vogue des bains de mer vont l'emprunter.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la presqu'île est occupée par l'armée allemande de juin 1940 au 10 mai 1945. La presqu'île est ainsi libérée deux jours après l'armistice.

En 1962, Saint-Pierre devient Saint-Pierre-Quiberon.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2010, la question d'une fusion entre Saint-Pierre-Quiberon et Quiberon est relancée avec l'adoption du texte définitif du projet de loi de réforme des collectivités territoriales, grandement facilitée puisque ne nécessitant plus que l'accord du préfet et des conseils municipaux des communes concernées.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En breton le nom de la commune est Sant-Pêr-Kiberen.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan).svg

Les armoiries de Saint-Pierre-Quiberon se blasonnent ainsi :

Parti: au un, de gueules à deux clés passées en sautoir, celle en bande d'argent, et celle en barre d'or, au deux, d'azur à une nef d'argent, équipée et flammée du même, voguant sur une mer de sinople; au chef d'hermine.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1856 juillet 1868 Joseph Guillevin    
juillet 1868 mai 1871 Joseph Marie Amédée Le Toullec    
mai 1871 mars 1925 Célestin Marie Le Gloahec    
mars 1925 août 1929 Bernard-André Kolb    
août 1929 octobre 1936 Jean Rue    
octobre 1936 juin 1945 Pierre Josse    
juin 1945 mai 1953 Olivier Pillet    
mai 1953 mars 1965 Louis Corairie    
mars 1965 mars 1971 André Richard    
mars 1971 mars 1977 Jean-Gwenaël Le Porz    
mars 1977 février 1980 Henri Tilly    
février 1980 mars 2001 Jean-Michel Kervadec UDF  
mars 2001 mars 2014 Geneviève Marchand PS  
mars 2014 mars 2020 Laurence Le Duvéhat Divers droite Médecin
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 123 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1861. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 603 1 602 1 623 1 665 1 826 1 848 1 916 1 885 2 092
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 013 2 112 2 007 2 008 2 027 2 005 2 169 2 013 2 100
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
2 012 1 984 2 026 2 184 2 165 2 204 2 123 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

L'arche de Port Blanc et la pointe du Percho.
  • Côte Sauvage, avec les sites de Port Blanc et son arche, Port Bara et Port Ru.
  • Église construite vers 1935
  • Chapelle de Lotivy en 1845
  • Chapelle de Penthièvre
  • l'École nationale de voile et des sports nautiques (ENVSN) du Beg Rohu, établissement public du ministère des Sports, installé coté baie, bénéficie d'un plan d'eau exceptionnel pour les activités nautiques et l'organisation d'évènements sportifs. Ses principales missions sont : l'entraînement des sportifs en voile et dans les sports nautiques, l'aide au développement du milieu sportif, les formations professionnelles en voile, kitesurf, surf, les recherches appliquées à la compétition dans les sports nautiques.

La flotte de l'École Nationale de Voile et des Sports Nautiques a le privilège de compter en son sein Pen Duick II (victoire d'Éric Tabarly dans la transat anglaise de 1964 et Pen Duick V, victoire d'Éric Tabarly dans la première course transpacifique en 1968). Ces deux bateaux de légende sont régulièrement à Port Haliguen, ils participent à de nombreux rassemblements nautiques et courses de yachts classiques, ils accueillent aussi des stages et des formations.

L'École Nationale de Voile.

Depuis plus de vingt-cinq ans, la commune de Saint-Pierre-Quiberon possède un Centre culturel très actif qui organise des conférences pendant les mois de juillet et d'août chaque été.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Deux écoles primaires à Saint-Pierre-Quiberon : l'école publique Astérix-Obélix est située rue Georges-Clemenceau, tandis que l'école privée Saint-Jospeh est à Keraude.

Sports[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre-Quiberon regroupe différents équipements sportifs : le stade municipal Roger Boutet, qui abrite les équipes de football et le club de boule bretonne, une salle de tennis et une base nautique à Kerbourgnec, un skatepark à Keridenvel. Depuis mars 2008, la commune de Saint-Pierre-Quiberon dispose d'une salle omnisports flambant neuve située à Keridenvel.

Saint-Pierre-Quiberon est un haut lieu du surf Breton avec sa partie côte sauvage (Port Blanc, Port Rhu, Port Bara). De nombreux professionnels du surf y ont fait escale (Nat Young, Jay Moriarity, Martin Potter, Richard Schmidt, Robert Wingnut, Tom Curren, Cory Lopez, Michel Bourez, Patrick Beven, Didier Piter). Avec le développement, du surf des écoles ont vu le jour : École de surf du Spirit et École de surf Surfing Paradise.

Transports[modifier | modifier le code]

De juin à septembre, la SNCF met à la disposition des touristes, un TER, appelé « Tire-Bouchon », qui fait la liaison entre Auray et Quiberon, et dessert les villages de la presqu'île (Les Sables Blancs, Penthièvre, Saint-Pierre-Quiberon...)

Un bus « Presqu'île » circule pendant les deux mois de vacances, et met à la disposition deux lignes :

  • Ligne 1 : Kerhostin - Portivy - Saint Pierre Quiberon - Quiberon gare SNCF - Quiberon place Hoche - Quiberon Port Maria
  • Ligne 2 : Kerné - Port Maria - Place Hoche - Thalasso - Conguel - Port Haliguen - gare SNCF - Kerné.

D'autres autocars offrent des liaisons entre Quiberon (gare maritime et gare SNCF), Auray, Vannes via Carnac et La Trinité-sur-Mer.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La plage de Kerbourgnec vue depuis le petit Rohu. À gauche, en arrière-plan, la jetée du Port d'Orange.

Saint-Pierre-Quiberon et la Côte Sauvage sont assez réputées pour attirer de nombreux touristes. La population décuple pendant les deux mois de vacances d'été. Les nombreuses plages de sable blanc et fin sont également des atouts de taille. La commune met à la disposition de ces derniers trois campings : Penthièvre (le plus grand camping du Morbihan avec ses 765 emplacements et ses 20 hectares), Kerhostin et Le Rohu, une dizaine d'hôtels, sans compter les locations saisonnières gérées par les agences immobilières de la région.

Santé[modifier | modifier le code]

La ville regroupe deux médecins généralistes, un cabinet de kinésithérapie, un chirurgien dentiste, plus quelques auxiliaires médicaux. Une pharmacie est à la disposition des habitants. L'hôpital le plus proche se situe à Auray.

Cultes[modifier | modifier le code]

  • Culte catholique : l'église de Saint-Pierre Quiberon, située entre Kermahé et Kerdavid, la chapelle de Lotivy, et la chapelle de Penthièvre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://museequiberon.port-haliguen.com/articles.php?lng=fr&pg=8
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée » (consulté le 28 avril 2010)
  3. Lire à ce sujet Préhistoire[s] l'Enquête.
  4. http://www.ville-quiberon.fr/fr/Historique/10.html
  5. Site de la commune, Tourisme/Histoire : La gare de Saint Pierre Quiberon lire en ligne (consulté le 8 août 2010).
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier DUBOIS, Histoire de Quiberon et de Saint-Pierre, Éditions du Menhir, 2012, 188 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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