Hortense Schneider

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Hortense Schneider

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Hortense Schneider dans
Barbe-Bleue (1866).

Nom de naissance Catherine Jeanne Schneider
Naissance
Bordeaux, Drapeau de la France France
Décès (à 87 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale cantatrice
soprano
Collaborations Jacques Offenbach

Répertoire

Catherine dite Hortense Schneider, est une cantatrice française, née le à Bordeaux et morte le à Paris qui connut un énorme succès sous le Second Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un tailleur strasbourgeois installé à Bordeaux et mort alcoolique, Hortense commence à chanter dès l'âge de trois ans (1836), monte sur scène à douze (1845), tout en prenant des leçons de chant, puis se joint à une petite troupe de province.

Elle s'installe à Paris en 1855 ; c'est vers cette époque qu'elle abandonne son prénom originel pour celui d'Hortense, qui était celui de la mère de l'Empereur.

Elle devient la maîtresse du chanteur Jean Berthelier, qui la présente au compositeur Jacques Offenbach; celui-ci l'engage immédiatement aux Bouffes-Parisiens, qui venait d'ouvrir le 5 juillet de cette année-là.

Elle débute dans une opérette en un acte basée sur une légende bretonne, Le Violoneux, livret de Joseph Darcier et musique d'Offenbach. Sa « grâce » et son « élégance » lui valent les louanges du journal Le Figaro.

Elle y crée ensuite Tromb-al-cazar et La Rose de Saint-Flour, toujours d'Offenbach, avant d'être embauchée aux Variétés puis au Palais-Royal.

Photographie par
Charles Reutlinger (1868)

Elle retrouve Offenbach pour Le Brésilien, première collaboration du musicien avec les dramaturges Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Elle devient la muse du trio et leur inspire leurs plus grands succès aux Variétés.

En 1858, de sa liaison avec le duc de Gramont-Caderousse naît un fils infirme.

En 1864, elle tient le rôle principal dans La Belle Hélène. Lors de la création de cette pièce, une rivalité l'oppose à l'actrice Léa Silly, au point qu'elle refuse que celle-ci se livre à la moindre fantaisie lorsqu'elles sont ensemble sur scène.

L'année suivante le duc de Gramont-Caderousse s'éteint, lui léguant une partie de sa fortune afin de subvenir aux besoins de leur fils.

Barbe-Bleue est créée en 1866, et en 1867 La Grande-duchesse de Gérolstein est écrite pour l'Exposition universelle. Hortense Schneider y obtient un triomphe, et toutes les têtes couronnées du monde se pressent dans sa loge, l'empereur Napoléon III et le prince de Galles; toujours amateurs de jolies femmes, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, le tsar Alexandre II de Russie mais aussi le khédive d'Égypte Ismaïl Pacha, avec qui elle entretient une liaison. La beauté et le talent de l'actrice font de La Grande-Duchesse de Gerolstein le clou de l'exposition. L'année suivante, elle passe quelques mois en Égypte auprès du khédive toujours épris.

La défaite de 1871, la chute de l'Empire et l'épisode tragique de la Commune de Paris mettent un terme à l'insouciance impériale et la Troisième République naît après un long accouchement dans une atmosphère d'ordre moral (construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre). La carrière d'Hortense, qui a près de 40 ans, décline en France.

Cependant, toujours appréciée à l'étranger, elle est invitée par les cours d'Europe qui dépensent des fortunes pour la faire venir, notamment en Russie. Elle collabore encore avec Hervé pour La Veuve du Malabar (1873,) et La Belle Poule (1875), puis se retire définitivement après la mort d'Offenbach en 1880 pour se consacrer à son fils.

En 1881, âgée de 48 ans, elle épouse un Italien qui se prétend « comte de Bionne » mais qui, en réalité, n'a aucun titre et qui est sans doute plus motivé par la fortune de l'actrice que par l'amour; la séparation a lieu très peu de temps après le mariage.

Elle meurt à Paris en 1920 (la même année que l'impératrice Eugénie) et est inhumée au cimetière protestant de Bordeaux.

Portraits[modifier | modifier le code]

Hortense Schneider par Alexis-Joseph Perignon (v. 1865)

« Mademoiselle Hortense Schneider, dotée d'une voix qu'Auber allait entendre lorsque, disait-il, il voulait se gargariser délicieusement les oreilles, avait une carnation de Rubens, avec cela un sourire vainqueur et des yeux fripons, à ce point de damner un archevêque, comme on disait au XVIIIe siècle[1]. »

  • Paulus (1845-1908), chanteur à succès :

« Hortense Schneider fut la triomphatrice du Second Empire. Sa cour était aussi suivie que celle des Tuileries… et plus amusante. Les souverains[2], en visite à Paris, s'empressaient d'y accourir, aussitôt les hommages officiels rendus et venaient quêter, de la belle étoile, un sourire… et le reste. Or, comme le cœur était aussi hospitalier que la maison, « on » [Léa Silly, sa rivale] l'avait surnommé plaisamment « le Passage des Princes »[3]. »

Edmond Morin a peint une aquarelle représentant La loge d'Hortense Schneider au théâtre des Variétés en 1873 (collection du musée du Second Empire, château de Compiègne)[4].

Principaux rôles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le Décor de la vie sous le Second Empire », L'Illustration n° 4135, 10 juin 1922.
    Article relatif à l'exposition homonyme au pavillon de Marsan du musée du Louvre
  • Denyse Vautrin, Mimi Bamboche ou la Jeunesse d'Hortense Schneider, coll. Documents histoire, Denoël, 1979 (ISBN 2-20722-583-6)
  • Jean-Paul Bonami, La Diva d'Offenbach. Hortense Schneider (1833–1920), Romillat, Paris, 2004 (ISBN 2-87894-080-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Gustave Claudin, Mes souvenirs : Les Boulevards de 1840-1870, Paris, Calmann-Lévy, 1884, p. 236.
  2. Notamment le futur Édouard VII.
  3. Paulus, Trente ans de café-concert, 1908.
  4. Le tableau sur le site de la Réunion des musées nationaux