Stack (géologie)

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Les Douze apôtres sur la côte de l'État de Victoria en Australie.
Ko Tapu (surnommé l'« île de James Bond » en raison de son apparition dans le film L'Homme au pistolet d'or) dans la baie de Phang Nga en Thaïlande.

Un stack est un pilier, une aiguille ou un pinacle de pierre détaché du littoral par l'érosion et pouvant former ou non une île[1]. Les stacks sont pour la plupart présents le long de côtes formées de falaises et une arche naturelle littorale forme généralement un stack lorsqu'elle s'effondre.

Les stacks sont parfois identifiés dans les légendes locales comme étant des personnages humains ou mythologiques pétrifiés. Ils constituent également des refuges pour la faune sauvage et notamment les oiseaux de mer qui y nidifient.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La falaise avec l’aiguille de pierre et la porte d'aval à Étretat en France.

Le terme générique pour désigner ce type de modelé littoral est stack qui est issu de l'anglais, lui-même emprunté au vieux norrois stakkr, accusatif stakk. Un terme *estak issu du même étymon norrois existait en ancien normand, forme déduite de la version latinisée stakus et des toponymes modernes Étac, Étacq. Il désignait un « rocher marin de forme plus ou moins pyramidale ». Il se perpétue dans la toponymie du Cotentin et des îles Anglo-Normandes où il se réfère à des rochers marins sous les formes Tac, Étac, Étacq ou État.

Jean Renaud propose de voir dans l'étymologie d'Étretat un composé sur le base de stakkr. Pour lui, le second élément serait issu du vieux norrois stakkr « rocher élevé, en mer » bien attesté près des établissements vikings : stakk aux Shetland, stac aux Hébrides, et que l'on retrouve sur la côte du Cotentin sous la forme état, comme l'État à Chausey ou l'État, rocher au large de Jobourg. Le premier élément serait peut-être le vieux norrois stútr utilisé dans le sens de « dressé, projeté ». Selon lui, le nom a dû s'appliquer à la fameuse aiguille d'Étretat : le « rocher dressé »[2]. Cependant, cette proposition qui vise à relier des éléments topographiques à des éléments linguistiques est loin de faire l'unanimité parmi les toponymistes. En effet, les formes anciennes telles que Strutat et Strutart en 1040, ainsi que la phonétique sont difficilement compatibles avec cette explication.

En italien, le terme utilisé est faraglione, au pluriel faraglioni. Dans cette langue, le terme trouverait son étymologie du grec ancien pharos qui désigne à l'origine l'île de Pharos, à Alexandrie en Égypte, puis son phare par métonymie et enfin tous les phares.

En suédois, le terme utilisé est rauk, au pluriel raukar, et désigne spécifiquement les piliers de pierre des littoraux des îles suédoises de Gotland, Fårö, Lilla Karlsö et Öland.

En russe, le terme utilisé est kekur, кекур, qui est employé pour les stacks situés sur les côtes russes des océans Arctique et Pacifique ainsi que pour les piliers rocheux se trouvant dans les bassins versants des fleuves Iana, Léna et Indiguirka[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque des puissances maritimes établies autour de la mer Méditerranée, les faraglioni devaient être signalés par des feux de bois pour éviter tout échouage lors de navigation nocturne.

Localisation[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Le plus célèbre pilier de pierre des côtes de France métropolitaine se trouve à Étretat. Il est surnommé l’Aiguille et se situe près de la porte d'Aval, côté falaise d'Aval, alors qu'un autre moins connu se trouve côté amont à quelques kilomètres, nommé aiguille de Belval[4].

Sur la côte du domaine du château d'Abbadia, à Hendaye, se trouvent deux stacks, appelés les jumeaux.

Italie[modifier | modifier le code]

Baie des faraglioni à Gargano en Italie.

En Italie, les plus célèbres faraglioni se trouvent à Capri, dans la réserve naturelle marine des îles Cyclopes, en face d'Aci Castello et immortalisés par Giovanni Verga dans I Malavoglia et la Fantasticheria, à l'île de Giglio, aux îles Éoliennes, à Pantelleria, à Scopello, à Mattinata dans la province de Foggia et à la localité balnéaire de Torre Sant'Andrea dans le Salento.

La côte sud-ouest de la Sardaigne, en face de la plage de Masua sur la commune d'Iglesias, présente aussi cinq faraglioni fusionnés en un seul bloc central appelé Pan di Zucchero.

Suède[modifier | modifier le code]

Raukar à Gotland.

Les raukar de Suède se trouvent le long des côtes des îles de Gotland, sur les petites îles de Fårö et Lilla Karlsö situées respectivement juste au nord et à l'ouest de Gotland, ainsi qu'à Öland, autre grande île calcaire de Suède dans la mer Baltique.

S'élevant à plus de dix mètres au-dessus de l'eau, il s'agit de piliers aux formes étranges et suggestives sculptés par la mer dans les roches sédimentaires après la dernière glaciation. Ces formes sont dues aux différences de dureté des calcaires et des marnes sur lesquelles l'érosion provoque des effets inégaux. Les raukar ont été comparées par Carl von Linné à des « statues, chevaux et à toutes sortes d'esprits et de diables ». Hoburgsgubben, le raukar le plus connu car facilement accessible, se trouve à la pointe sud-ouest de Gotland.

Portugal[modifier | modifier le code]

La Ponta da Piedade à côté de Lagos.

Dans l'Algarve, près de Lagos, à la Ponta da Piedade, quelques stacks de plusieurs mètres de hauteur jalonnent la côte sur quelques centaines de mètres.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Dans l'Oregon, Haystack Rock est un stack de 72 mètres de hauteur.

Canada[modifier | modifier le code]

Les rochers d'Hopewell.
Le rocher Percé et son stack.

Les rochers d'Hopewell sont situés dans la baie de Fundy au Nouveau-Brunswick au Canada, dans le parc provincial Hopewell Rocks. Ils sont aussi appelés rochers en pots-de-fleurs en raison des arbustes qui poussent à leur sommet. Ils sont connus pour être baignés par l'une des plus grandes marées du monde (10 à 14 mètres).

Le rocher Percé, îlot rocheux aux falaises escarpées, situé dans le golfe du Saint-Laurent à l'extrémité orientale de la Gaspésie, est une imposante île calcaire de 433 mètres de longueur, 90 mètres de largeur et 88 mètres de hauteur à son point culminant, dotée d'une arche naturelle haute de 15 mètres et jouxtée d'un stack, témoin restant d'une deuxième arche écroulée en 1845[5]. Plus avant, le rocher comportait même trois arches décrites en 1815 par l'arpenteur Joseph Bouchette[6].

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Les Pancake Rocks sont des formations de pierre sculptées par érosion maritime et dont certaines forment des stacks.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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