Pointe de la Torche

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Pointe de la Torche
Image illustrative de l'article Pointe de la Torche
Localisation
Pays France
Coordonnées 47° 50′ 12″ N 4° 21′ 16″ O / 47.8368, -4.3545347° 50′ 12″ Nord 4° 21′ 16″ Ouest / 47.8368, -4.35453  
Étendue d'eau baie d'Audierne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pointe de la Torche

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Pointe de la Torche

La pointe de la Torche (Beg an Dorchenn, en breton) est une presqu'île naturelle barrant l'extrémité sud-est de la baie d'Audierne, sur la commune de Plomeur, en pays Bigouden, dans le Finistère, en Bretagne. Ce promontoire garde les empreintes d'une présence humaine au mésolithique (amas coquillier) et au néolithique moyen (dolmen). Le plan d'eau est très fréquenté par les amateurs de sports de glisse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Du côté nord de la presqu'île s'étire la plage de Tréguennec, qui se prolonge sur plusieurs kilomètres tout au long de la baie, jusqu'à Plozevet. Du côté sud-ouest, se trouve la plage de Pors Carn (commune de Penmarc'h). La plage se prolonge jusqu'à Saint-Guénolé, où se trouve le musée de la Préhistoire finistérienne, témoin de l'existence très ancienne d'une activité humaine dans le pays.

La houle déferlante et les courants violents rendent parfois la mer très dangereuse aux abords de la pointe de la Torche.

La presqu'île fait partie, depuis le décret du 12 avril 1989, du site naturel classé que constitue la baie d'Audierne, de Plovan à Saint-Guénolé[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Torchenn signifie « coussin », et torgenn « tertre, éminence, hauteur, colline »[2]. Beg an Dorchenn pourrait donc se traduire par « la pointe du coussin »[3], tandis que Beg an Dorgenn voudrait dire « la pointe du tertre ». Le nom est improprement traduit en « pointe de la Torche ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le promontoire est longuement fréquenté au mésolithique, où le niveau de la mer est de 10 mètres plus bas qu'aujourd'hui. Les occupants ont laissé là un important amas coquillier, qui a pratiquement disparu du fait de l'érosion et des fouilles[3]. Ces hommes se nourrissaient d'huîtres, de palourdes, de coques, de bigorneaux, de berniques, et aussi de crabes, de poissons, de coquilles Saint-Jacques, de peignes et de couteaux. Ils étaient par ailleurs des chasseurs de sanglier et de cerf. On a trouvé des traces de foyers, d'outils et d'une structure d'habitation[4].

Bien plus tard, au néolithique moyen, un tumulus est érigé au sommet du promontoire granitique. Il en reste un dolmen à court couloir et à deux compartiments latéraux. On y a trouvé des ossements humains, datés d'environ 4300 ans avant J.-C.[5]

Article détaillé : Dolmen de la pointe de la Torche.

Plus tard encore, le couloir est allongé, sur la pente du promontoire, d'« une sorte de couloir-allée couverte[6] », où est trouvé du mobilier d'époque tardive.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands construisent là des blockhaus, endommageant le dolmen[3]. L'un des blockaus est, jusque dans les années 1980, un refuge de SDF. Il est aujourd'hui transformé en poste de secours.

La presqu'île est classée monument historique par arrêté du 13 juin 1960[7].

Loisirs[modifier | modifier le code]

La Torche est un lieu très visité permettant les activités de sports de glisse et de voile, notamment le surf, le planche à voile, le kitesurf, le wave-ski, le bodyboard et le char à voile. Il s'y pratique aussi la pêche au bar et aux poissons plats (sole, turbot, etc.)

Ornithologie[modifier | modifier le code]

La pointe de la Torche abrite en été une colonie nicheuse de guêpiers d'Europe, la seule de Bretagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Liste des sites classés du département du Finistère », sur bretagne.developpement-durable.gouv.fr, 19 octobre 2011.
  2. Émile Ernault, Gériardurig brezonek-gallek, Saint-Brieuc, Prud'homme, 1927, p. 630 et 631. Laurent Stéphan, Visant Séité, Lexique breton-français, français-breton, Brest, Emgleo Breiz, 1998, p. 147. Pour certains, torchenn et torgenn sont un seul et même mot. « Comprendre les noms de lieu en pays Bigouden », sur ville-pontlabbe.fr. À l'île de Batz, on appelle torgenn mamm-gaer (que l'on traduit par « coussin de belle-mère ») une variété de plante grasse. « A lavar ma vamm-gaer », sur pennarbed-anarvor.over-blog.com.
  3. a, b et c Pierre-Roland Giot, La Bretagne des mégalithes, Ouest-France, 2007, p. 61.
  4. Jean-Laurent Monnier, in Pierre-Roland Giot, Jean-Laurent Monnier, Jean L'Helgouac'h, Préhistoire de la Bretagne, Ouest-France, 1998, p. 200 et 201.
  5. Entre 4500 et 4090 ans avant J.-C. Jean L'Helgouac'h, in Pierre-Roland Giot, Jean-Laurent Monnier, Jean L'Helgouac'h, Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 258.
  6. Jean L'Helgouac'h, op. cit., p. 258.
  7. Base Mérimée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul du Chatellier, Exploration des tumulus de Run Aour et de la Torche, en Plomeur, Saint-Brieuc, Guyon, 1881.
  • Charles Bénard Le Pontois, P.-M. Favret, Georges A. L. Boisselier, Importance archéologique de la presqu'île de la Torche, Penmarc'h, Finistère, Quimper, Jaouen, 1919.
  • Pierre-Roland Giot, « Le tumulus mégalithique de Beg-an-Dorchenn en Plomeur (Finistère) », Gallia, t. 5, 1947, p. 167-170.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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