La Combattante (torpilleur)

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La Combattante
Image illustrative de l'article La Combattante (torpilleur)
Le HMS Tynedale, destroyer de la même classe que La Combattante

Autres noms HMS Haldon (L19)
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Pavillon des forces navales françaises libres Forces navales françaises libres
Commandant André Patou
Statut Coulé le 23 février 1945
Caractéristiques techniques
Type torpilleur de classe Hunt
Longueur 85,3 m
Maître-bau 10,16 m
Tirant d'eau 3,51 m
Propulsion Turbines à vapeur
2 hélices
Puissance 14 000 kW
Vitesse 27 nœuds (max)
Caractéristiques militaires
Armement 2 tourelles doubles de 102 mm
1 pom-pom quadruple de 40 mm
1 pom-pom simple
3 doubles affûts de 20 mm
2 tubes lance-torpilles
Autres caractéristiques
Électronique 3 radars, 1 ASDIC
Équipage 181
Chantier naval Fairfields, Glasgow

La Combattante est un torpilleur des Forces navales françaises libres (FNFL) pendant la Seconde Guerre mondiale. Destroyer britannique de la classe Hunt, il est offert par le gouvernement britannique à la France libre en 1942. Il participe à l'appui feu du débarquement de Normandie le 6 juin 1944 au large de Courseulles-sur-Mer et quelques jours plus tard, le 14 juin, y convoie le général de Gaulle depuis l'Angleterre. La Combattante est coulée par une mine le 23 février 1945 en mer du Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construit sous le nom de HMS Haldon (L19) pour la Royal Navy à Glasgow[1], il est endommagé par un bombardement dans la nuit du 14 mars 1941. Réparé, il est ensuite offert aux FNFL en 1942, et renommé La Combattante.

Escorte et combats contre des S-Boot[modifier | modifier le code]

La Combattante fait sa première sortie le 24 mars 1943, escortant un convoi dans la Manche[2]. Le bateau secourt 68 marins du Stell Traveller, un liberty ship coulé par une mine.

Le 29 mai 1943, elle secourt des équipages d'avions australiens et anglais. Durant une nuit de septembre 1943, elle secourt deux aviateurs britanniques.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1944, La Combattante et la frégate HMS Rowley interceptent un groupe de E-boats allemands ; La Combattante réussit à couler le S-147 et à endommager un autre navire. Dans la nuit du 12 au 13 mai, La Combattante détruit le S-141, le fils de l'amiral Dönitz qui servait à bord est tué[3].

Dans la nuit du 27 au 28 mai, La Combattante croise les vedettes-torpilleurs (Motor Torpido Boat) britanniques MTB-732 et MTB-739 ; par erreur, les deux groupes engagent le combat et le MTB-732 est coulé[3].

Jour J[modifier | modifier le code]

Sous le commandement d'André Patou, La Combattante prend part au débarquement de Normandie, apportant un appui feu rapproché pour le débarquement des troupes à Courseulles-sur-Mer (secteur de Juno Beach). Restant à 3 000 mètres de la plage, dans seulement 4 mètres d'eau, elle tire sur les batteries côtières. Elle s'échoue un moment. Le HMS Venus lui transmet alors en morse : « Je suis content qu'un Français soit le premier à toucher le sol de France ». La Combattante détruit plusieurs batteries, jusqu'à ce que les troupes commencent à débarquer sur la plage. Elle repart ensuite à Portsmouth, escortant un Landing Ship Dock.

La Combattante continue d'escorter des convois dans la Manche, entre l'Angleterre et la Normandie,

Transport du général de Gaulle[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 1944, il est demandé au torpilleur français de se rendre au quai de King's Stairs du port de Portsmouth ; il y a là Charles de Gaulle, les généraux Béthouart et Koenig, l'amiral d'Argenlieu, Gaston Palewski, Pierre Viénot, Pierre Billotte, François Coulet, Pierre de Chevigné, Geoffroy de Courcel, Pierre Laroque et Claude Hettier de Boislambert, attendant pour traverser la Manche et se rendre en Normandie[note 1]. La délégation emporte avec elle un trésor de 250 millions de francs pour contrer l'introduction du billet drapeau, le franc d'occupation américain.

Un photographe est embarqué pour la traversée et une des plus célèbres photographies du général de Gaulle[5] est attachée à cette traversée avant qu'il ne débarque sur une plage entre Courseulles-sur-Mer et Graye-sur-Mer[6]. Mais il semble que cette photo ait en fait été prise un an et demi plus tôt, en janvier 1943 à bord d'une autre vedette[7].

Le général et ses accompagnateurs débarquent le lendemain 14 juin pour une visite d'une journée à Bayeux, Isigny-sur-Mer et Grandcamp-les-Bains avant que de Gaulle et quelques autres ne réembarquent sur La Combattante le soir même[7] pour retourner en Angleterre.

Combats au large de la Normandie[modifier | modifier le code]

Le 25 juin 1944, La Combattante secourt deux pilotes américains.

Elle fait par la suite des patrouilles en Manche. Dans la nuit du 25 au 26 août, elle coule 4 chalands porte-canons allemands, des navires cherchant à quitter Le Havre encerclé et à rejoindre la mer du Nord.

Naufrage[modifier | modifier le code]

Le 23 février 1945, alors qu'elle est en patrouille au large de l'Humber, un grand estuaire de la cote orientale de l'Angleterre ouvrant sur la mer du Nord, une explosion brise La Combattante en deux et le navire coule rapidement. 117 marins sur un équipage de 181 survivent. La commission d'enquêtes conclut que le navire a été coulé par une mine[8].

Du côté allemand, un bulletin de la Kriegsmarine reporte que La Combattante a été détruite à 10 h 28 dans la matinée du 24 février par deux torpilles tirées par l’U-5330, un sous-marin de poche allemand de type Seehund commandé par le lieutenant Klaus Sparbrodt, approximativement à 10 kilomètres du South-Fall Bank. Sparbrodt fut décoré pour son succès allégué. En fait le navire coulé par celui-ci était le poseur de câbles britannique Alert[9].

En 2002, lors d'une expédition du Grieme (Groupe de recherche et d'identification d'épaves Manche Est), la partie arrière de La Combattante est retrouvée, une seconde expédition en 2005 conjointe avec la Marine nationale à bord du chasseur de mines Pégase, n'a pas permis de retrouver la partie avant. Cette zone peu profonde au large de l'estuaire Hamber comprenait de nombreuses épaves après guerre et a largement été « nettoyée » dans les années suivantes pour la sécurité de la navigation, souvent au moyen d'explosifs[10]

Hommage[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle avant de débarquer à Courseulles accorda au navire la Croix de guerre avec palme de bronze.

Un monument dédié[11] à La Combattante a été érigé à Courseulles et une rue nommée en son honneur à proximité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il semble que les ordres exacts n'aient pas été donnés, ce qui provoqua la conversation suivante[4] :

    Commandant Patou : « Je suppose mon général que vous désirez aller en France ? »
    Général de Gaulle : « Vous n'avez pas reçu d’ordres ? »
    Patou : « Non mon général, mais cela n’a pas d’importance car nous connaissons le chemin… »
    L'amiral d’Argenlieu : « Cap sur la Normandie ! »

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]