Fondation Claude Monet

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Fondation Claude Monet
La maison de Claude Monet vue du jardin
La maison de Claude Monet vue du jardin
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Giverny
Adresse 84 rue Claude-Monet
27620 Giverny
Coordonnées 49° 04′ 31″ N 1° 32′ 02″ E / 49.0753559, 1.5337515 ()49° 04′ 31″ Nord 1° 32′ 02″ Est / 49.0753559, 1.5337515 ()  
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 530 000 (2010)
Site web fondation-monet.com

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Fondation Claude Monet

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Fondation Claude Monet

La Fondation Claude Monet présente les jardins et la maison de Claude Monet à Giverny (Eure). Avec 530 000 visiteurs par an en 2010, elle est le deuxième lieu le plus visité en Normandie après le Mont-Saint-Michel[1]. La maison et les jardins ont reçu respectivement les labels « Maison des Illustres »[2] et « jardin remarquable ». La propriété fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 avril 1976[3].

Historique[modifier | modifier le code]

L'allée centrale du Clos Normand
Le "Pont Japonais", vu du bassin des Nymphéas

La maison où vit Claude Monet de 1883 à 1926, est réaménagée à ses soins : gardant le crépi rose, il la repeint aux couleurs de sa palette (portes et volets verts ; salle à manger jaune de chrome vif, ornée d'estampes japonaises des XVIIIe et XIXe siècles à la dominante bleue, cuisine avec ses murs carrelés de faïence bleue et blanc en céramique de Rouen, et ses meubles laqués bleu ciel. De même pour le jardin, il fait détourner un bras de l'Epte pour alimenter un étang franchi par le pont japonais. Collectionneur de revues horticoles, il se montre perfectionniste pour son jardin : engageant jusqu'à sept jardiniers, dont l'un est chargé quotidiennement d'enlever les gouttes de pluie ou de rosée sur les nénuphars[1].

Lors du décès de Claude Monet, le 5 décembre 1926, Michel, son seul fils survivant, hérite de la propriété de Giverny, des tableaux qui s’y trouvent et de l’importante collection d’estampes japonaises. Préférant courir les safaris en Afrique, il n’est pas attiré par la demeure familiale. Blanche Monet-Hoschedé, fille d’Alice et veuve de Jean, le fils aîné de Monet, entretient la maison et le jardin, avec l’aide du chef jardinier Lebret. À la mort de Blanche en 1947, le jardin est presque abandonné et la nature reprend ses droits…

Michel Monet meurt en 1966 dans un accident de voiture. Sans héritier, il avait légué par testament la propriété et les collections de Giverny à l’Académie des beaux-arts. Jacques Carlu, l’architecte du Palais de Chaillot, membre de l’Académie des beaux-arts et à ce titre conservateur du musée Marmottan, ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour entreprendre une réelle campagne de restauration. Il refait néanmoins la toiture, protège les estampes et transporte ce qui reste de la collection de peintures au musée Marmottan.

À la disparition de Jacques Carlu en 1977, l’Académie des beaux-arts confie le sauvetage de Giverny à Gérald Van der Kemp, auréolé du succès des campagnes de restauration du château de Versailles, dont il était le conservateur. La maison est en piteux état, et la désolation règne dans le jardin : le clos normand est envahi de ronces et de mauvaises herbes, de nombreux arbres sont morts, les serres n’ont plus de vitres, les supports de plantes et treillis sont totalement rouillés… Dans le jardin d’eau, le pont japonais pourrit dans une eau noire et les berges sont détruites par les ragondins.

Les budgets alloués par l’Académie des beaux-arts et le conseil général de l'Eure n’étant pas suffisants, Gérald Van der Kemp et son épouse Florence font appel aux mécènes américains pour sauver Giverny. Les donations affluent, principalement de la Versailles Foundation-Giverny Inc. de New York : elles permettent de mener à bien ce travail de restauration.

Durant trois années, des travaux considérables sont poursuivis. La maison, les ateliers, le mobilier et les estampes sont restaurés. Gérald Van der Kemp et Gilbert Vahé, le jeune chef jardinier formé à l’École nationale supérieure d'horticulture, font renaître les jardins. Les arbres morts sont abattus, les parterres labourés, les allées retracées et le « pont japonais » est reconstruit à l’identique, en conservant les glycines que Monet avait plantées. Le bord des berges est consolidé par des palplanches. Les archives, les innombrables photographies et les souvenirs de ceux qui avaient connu le jardin aident à retrouver les plans et les variétés préférées de Monet. Certains cultivars ayant disparu, ils sont remplacés par d’autres, similaires. Enfin, le jardin devant accueillir des visiteurs, les allées sont élargies, cimentées et bordées de briques.

En 1980, la Fondation Claude Monet est créée et, le 1er juin, la propriété ouvre ses portes au public. Très rapidement, elle devient une destination prisée par des visiteurs toujours plus nombreux venant du monde entier. Second site touristique le plus visité de Normandie après le Mont-Saint-Michel, la maison et les jardins reçoivent environ 530 000 passionnés d'avril à novembre.

À la mort de son mari en décembre 2001, Florence Van der Kemp, membre correspondant de l’Académie des beaux-arts, devient conservateur de la Fondation Claude Monet, et poursuit les travaux jusqu’à sa disparition en février 2008.

Hugues Gall est élu directeur de la Fondation Claude Monet par l'Académie des beaux-arts en mars 2008.

La maison[modifier | modifier le code]

Une vue des jardins en 1917 (autochrome).

Dans la maison où vécut Claude Monet pendant 43 ans, on peut visiter :

  • au rez-de-chaussée : le « petit salon bleu » (salon de lecture), l'épicerie (entrepôt), le salon-atelier, la salle-à-manger (sur les murs, la collection d’estampes japonaises) et la cuisine (aux carreaux bleus de Rouen, une immense cuisinière et des ustensiles de cuivre) ;
  • au premier étage : les appartements privé avec la chambre de Monet (bureau à cylindre et commode du XVIIIe siècle), la chambre d'Alice et leurs cabinets de toilette.

Les jardins[modifier | modifier le code]

Devant la maison, les jardins reconstitués à l’identique se composent du Clos Normand et du Jardin d'eau.

  • Le Clos-Normand a été façonné à partir des connaissances picturales de Monet. Quand Monet s’installe à Giverny, il est conquis par le jardin d’un hectare constitué d’une pommeraie et d’un potager qui longe la maison. Une grande allée bordée de cyprès et d’épicéas mène du portail à la porte d’entrée, et les massifs sont bordés de buis taillés. Il consacrera des années à faire du Clos Normand un « tableau exécuté à même la nature ». Il fait supprimer les buis et les épicéas et les remplace par des arceaux métalliques. Il plante le jardin de milliers de fleurs selon un plan rectiligne, parmi lesquelles des capucines, roses, jonquilles, tulipes, narcisses, iris, pavots d'orient et pivoines.
  • L'œuvre de Monet témoigne d'une passion pour les jeux de lumière et les reflets des nuages sur l’eau. En 1893, il fait l’acquisition d’un terrain situé au fond du Clos Normand qui deviendra le « jardin d’eau » passé à la postérité, notamment avec les Nymphéas, ensemble de toiles monumentales débutées en 1897. Le Jardin d'eau témoigne de la fascination de Monet pour le Japon. Il y fait construire un pont japonais peint en vert et y adjoint des végétaux orientaux tels que les bambous, les ginkgos biloba, les érables, les pivoines arbustives du Japon, les lis et les saules pleureurs. Enfin, Monet plante des nymphéas au fond du bassin. Le jardin d'eau fut dès le début l'objet de soins minutieux et constants, occupant un jardinier à temps plein.

La collection d'estampes japonaises[modifier | modifier le code]

La majeure partie de l'œuvre de Claude Monet est conservée au musée Marmottan Monet. En revanche, la maison de Monet abrite plus de 200 estampes de l'ukiyo-e, datant des XVIIIe et XIXe siècles parmi lesquelles des œuvres majeures de Kitagawa Utamaro (1753-1806), Katsushika Hokusai (1760-1849) Utagawa Hiroshige (1797-1858). La passion de Monet pour les estampes japonaises remonte à ses années de formation artistique au Havre et est visible dans certains des choix esthétiques faits à Giverny, notamment au Jardin d'eau. Parmi les estampes les plus célèbres figurent un des exemplaires de La Grande Vague de Kanagawa et le Mont Fuji d'Hokusai.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Des scènes du film Minuit à Paris de Woody Allen y ont été tournées le 6 août 2010[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Émission Secrets d'histoire, « Claude Monet : jardins secrets à Giverny », 30 août 2011
  2. Ministère de la Culture
  3. « Notice no PA00099435 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Woody Allen tourne en Normandie », Paris Normandie, 6 août 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Joyes, Claude Monet à Giverny, la visite et la mémoire des lieux, Éditions Claude Monet/Gourcuff/Gradenigo, 2010 (ISBN 978-2-35340-076-8)
  • Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes. Paris et ses alentours, p. 224-229, Parigramme, Paris, 2004 (ISBN 2-84096-227-6)

Lien externe[modifier | modifier le code]