Carquebut

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Carquebut
Église Saint-Ouen
Église Saint-Ouen
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Sainte-Mère-Église
Intercommunalité Communauté de communes de la Baie du Cotentin
Maire
Mandat
Jean Buquet
2014-2020
Code postal 50480
Code commune 50103
Démographie
Population
municipale
310 hab. (2011)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 22′ 24″ N 1° 19′ 43″ O / 49.3733333333, -1.32861111111 ()49° 22′ 24″ Nord 1° 19′ 43″ Ouest / 49.3733333333, -1.32861111111 ()  
Altitude 22 m (min. : 2 m) (max. : 34 m)
Superficie 8,54 km2
Localisation

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Carquebut

Carquebut est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 310 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune est au cœur du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. D'une superficie de 854 hectares, elle est divisée entre marais (Marais des Mottes, Marais de la Pigachière, Marais d'Éturville) et les collines environnantes. L'altitude maximale est de environ 30 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les principaux hameaux de Carquebut sont : Éturville, le Petit Hameau, le Grand Hameau, le Port, les Raillières et Vigilant.

La principale route de la commune est la route nationale 13 qui relie Caen à Cherbourg. De même, la voie de chemin de fer Paris-Cherbourg traverse Carquebut.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette commune est le seul du doyenné de Plain qui semble avoir un nom d'origine entièrement scandinave ou anglo-scandinave. Il est attesté sous les formes Querquebu en 1165/1173[1], Kirkebi en 1204[2], Kerkebu en 1228[3].

Ce nom est issu de la combinaison des éléments kirkja « église »[4] et « maison, ferme; résidence, domaine; village », soit « le village de l'église », « le domaine rural (près) de l'église » ou encore « la maison (près) de l'église ». L'ancien norois s'est ici très probablement croisé avec l'ancien anglais de même origine (forme fléchie ) « résidence », forme sous laquelle il a dû se fixer[5].

Plusieurs villages scandinaves ont le même nom : Kirkeby au Danemark, Kyrkby, Kyrkeby en Suède, et de nombreux Kirby, Kirkby en Angleterre (plus d'une quarantaine d'exemples).

Remarque

De manière assez incompréhensible, le deuxième élément de ce toponyme est expliqué par l'ancien norois buth (variante both) « abri temporaire, cabane; maison » par François de Beaurepaire[3], et à sa suite René Lepelley[6], alors qu'il avait été parfaitement analysé par Auguste Longnon[7], Auguste Vincent[8], Albert Dauzat[9], Adigard des Gautries et Fernand Lechanteur[10], et finalement Ernest Nègre[11]. Or les formes anciennes sont sans appel : nulle trace de dentale à la finale, contrairement aux produits de buth / both qui aboutissent d'ailleurs normalement en Normandie à -bo(t) ou -beu(f) et leurs variantes graphiques diverses.

Histoire[modifier | modifier le code]

Armes des La Luzerne.

La seigneurie de Carquebut a appartenu à la famille de La Luzerne, qui portait D'azur à la croix ancrée d'or chargée de cinq coquilles de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 en cours Jean Buquet[12] SE retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 310 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
498 508 558 590 566 553 589 593 605
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
575 576 539 480 511 476 483 495 484
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
457 444 411 387 396 389 387 399 350
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
314 365 318 298 289 295 297 298 310
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La principale activité économique de la commune est l'agriculture. La déchèterie de la communauté de commune est sur le territoire de la commune. Carquebut compte aussi une maison de retraite.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les marais de Carquebut
  • Château de Franquetot (XVe siècle). Il y avait avant la Révolution une chapelle Saint-Pierre qui était desservie par le curé de Saint-Côme-du-Mont (principal décimateur).
  • Manoir de Courcy (XVIIe siècle). Propriété des Gourmont, famille de Remy de Gourmont.
  • Manoir du Port (dont les dernières traces ont disparu au début des années 1900).
  • Manoir de Martainville (détruit dans les années 1880 pour les pierres).
  • Église du XIIIe et XVIe siècles. Magnifique bâtiment de style gothique, d'une assez grande taille, placée sous le vocable de Saint-Ouen. L'ensemble est composé d'une grande nef, d'un grand chœur, et de trois chapelles latérales. Un logis du sacristain est situé au-dessus de la chapelle dite des hommes. Le clocher, octogonal, est unique dans la région.
  • Fontaine Saint-Ouen inaugurée vers 650 par saint Ouen, évêque de Rouen.
  • Manoir des Fontaines (XVIIIe siècle) actuellement maison de retraite.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Émile Frédéric Jean Alexandre Sevestre est né à Carquebut le 14 octobre 1876 de Frédéric Jean et d’Apoline Désirée qui étaient cultivateurs dans la commune.

Doué d'une grande intelligence, le jeune Émile rentre au Collège diocèsain de Valognes où il suit de brillantes études et remporte plusieurs prix d'excellence, notamment le prix d'honneur de la dissertation de philosophie et le prix d'honneur de l'enseignement religieux. En 1895, il sort du collège et le 29 juin 1899, il est ordonné prêtre. Ensuite appelé à sa mission pastorale, il est successivement vicaire de Saint-Sauveur-Lendelin, missionnaire à Notre-Dame sur Vire, vicaire à Saint-Nicolas de Coutances, professeur au petit séminaire et au collège de Valognes et vicaire à Saint-Croix de Saint-Lô. Mais finalement, le 14 décembre 1905, il se retire à Carquebut pour se consacrer au travail d'historien qui va le rendre célèbre.

Dès lors, c'est une montagne de travaux d'une grande qualité qui se succèdent. Son domaine de prédilection, l'histoire religieuse de la Révolution française occupe une grande partie de son œuvre. On peut en citer quelques titres (une bibliographie complète est proposée par Remy Villand dans sa monographie sur Carquebut) :

  • L'Histoire, le texte et la destinée du Concordat, Angers, Siraudeau, 1903.
  • Étude critique des sources de l'Histoire religieuse de la Révolution en Normandie.Paris, Picard, 1916.
  • Le Personnel de l'Église constitutionnelle en Normandie (1791-1795), Paris, Picard, 1925.

Une autre particularité de l'abbé Sevestre, est qu'il est le seul habitant de Carquebut à avoir été chargé de cours à l'école pratique des Hautes Études, et professeur à l'école des Sciences sociales de Paris. Il est également l'ami d'Alphonse Aulard, fondateur de la Ligue des droits de l'homme, ce qui lui attira la méfiance des autres prêtres du diocèse.

Cependant, tout ne va pas pour le mieux pour notre abbé. En effet, son caractère particulier, son âge avançant, l'abbé Sevestre, retiré à Carquebut, se trouve de plus en plus isolé et meurt dans l'indifférence le 18 avril 1952 dans sa maison de Carquebut (actuelle maison de Mme Cécile Barbey). Cependant, son œuvre grandissime lui vaut l'hommage de ses pairs. Ainsi, M. Gabriel Le Bras, président de la Société d'Histoire ecclésiastique de la France, dit d'Émile Sevestre en parlant des morts de l'année : « Combien de nos compatriotes ont connu l'histoire religieuse de la Révolution française comme l'abbé Émile Sevestre ? ».

Émile Sevestre lui-même écrit ces phrases touchantes : « Mes ouvrages ont été pendant ma vie mes meilleures consolations et mes avocats les plus éloquents. Ils m'ont fait oublier les mesquineries et les tristesses de la vie. Ils m'ont vengé des attaques injustement dirigées contre ma personne. À ma mort et après ma mort, ils ne m'abandonneront pas. C'est le seul cortège que je souhaite. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, t. I, Imprimerie Nationale, Paris, 1916, p. 540, § CCCCXII.
  2. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, OREP éditions, 2009, p. 89.
  3. a et b François de Beaurepaire, Les Noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 93.
  4. L’ancien norois kirkja « église » représente un emprunt au germanique occidental °kirika (cf. anglais church, néerlandais kerk, allemand Kirche), lui-même tiré du grec médiéval ϰυριϰόν (kūrikón), réfection de ϰυριϰαόν [δῶμα] (kūriakón [dōma]) « [maison] du seigneur »), adjectif (ici neutre) dérivé de ϰύριος (kūrios) « seigneur ». Ce dernier mot est issu d'un radical indo-européen °kū-ro- « puissant » (d’abord « enflé, gonflé »), forme suffixée du degré zéro de °keuə- « enfler ».
  5. L'ancien norois a comme équivalents modernes l'islandais (même sens), le suédois by « village », le danois by « ville », etc. Il se rattache au radical °bū- « habiter, résider » < indo-européen °bʰū-, degré zéro allongé de la racine °bʰeu- « être », initialement « croître, devenir » (cf. anglais to be, breton bout, russe быть (byt’) « être »).
  6. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, 1993, p. 86b.
  7. Auguste Longnon, Les Noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 ; rééd. Champion, Paris, 1979, p. 283, § 1178-1181.
  8. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, p. 159, § 372.
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 150a.
  10. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les Noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie, XVI (juin 1966), § 586.
  11. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1015, § 18283.
  12. a et b Réélection 2014 : « Carquebut (50480) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 18 juin 2014)
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Sources[modifier | modifier le code]

  • Textes de l'abbé Émile Sevestre à propos de Carquebut.
  • Archives municipales de Carquebut
  • Notice sur Carquebut par Rémy Villand.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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