Hébrides

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Hébrides
Na h-Innse Gall (gd)
Hebrides
 (en)
Carte des Hébrides intérieures (en rouge) et extérieures (en jaune).
Carte des Hébrides intérieures (en rouge) et extérieures (en jaune).
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 57° N 7° O / 57, -7 ()57° N 7° O / 57, -7 ()  
Superficie 7 285 km2
Nombre d'îles Plus de 150
Île(s) principale(s) Lewis et Harris, Skye, Mull, Islay, Jura, North Uist, South Uist
Point culminant Sgùrr Alasdair (993 m sur Skye)
Géologie Îles continentales
Administration
Nation constitutive Écosse
Council area Highland, Argyll and Bute, Hébrides extérieures
Démographie
Population 44 600 hab. (2001)
Densité 6,12 hab./km2
Plus grande ville Stornoway
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+0

Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni

(Voir situation sur carte : Royaume-Uni)
Hébrides
Hébrides
Archipels du Royaume-Uni

Les Hébrides, en gaélique écossais Na h-Innse Gall, en anglais Hebrides, sont un archipel du Royaume-Uni situé dans l'ouest de l'Écosse. Ces îles sont divisées en deux grands groupes séparés entre eux par le bras de mer baptisé The Little Minch et la mer des Hébrides :

Les Hébrides sont parfois appelées les Western Isles, terme qui en réalité est plus approprié pour désigner les seules Hébrides extérieures.

Les autres groupes des îles d’Écosse, qu'il ne faut pas inclure dans les Hébrides comme c'est parfois le cas, sont les Shetland, les Orcades et les îles du Firth of Clyde (île d'Arran, île de Bute, etc.).

L'archipel des Hébrides est la région du Royaume-Uni où l'écossais est le plus parlé.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les Hébrides constituent une partie des restes érodés et des racines (roches volcaniques et métamorphiques) de la chaîne de montagne qui s'est formée au cours de l'orogenèse calédonienne.

Les Hébrides intérieures et extérieures comptent plus de 500 îles et îlots. Seules quelques dizaines d'îles restent habitées de nos jours.

Beaucoup d'îles ne s'atteignent que par la mer. La traversée en ferry d'Oban à Lochboisdale prend environ cinq heures.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les Hébrides furent parmi les dernières terres des Îles Britanniques à être occupées, peut-être dès l'époque mésolithique, aux environs de -8500 à -8250, dès que les conditions climatiques permirent l'occupation humaine. On trouve des exemples de structures datant peut-être de -3000, l'un des plus beaux exemples étant les pierres dressées de Calanais (Callanish), mais certains archéologues datent le site de l'Âge du bronze. On sait peu de choses des peuples qui occupèrent les Hébrides, mais ils étaient probablement de même origine que ceux qui s'étaient installés en Écosse. Les établissements humains de Northton et Harris ont des habitations caractéristiques de la culture campaniforme et du Néolithique.

Période celte[modifier | modifier le code]

La première mention écrite des Hébrides extérieures est due à l'historien grec Diodore de Sicile en -55. Il évoque une île qu'il appelle Hyperborée (ce qu'on peut traduire approximativement par "loin au nord") où se trouvait un temple circulaire d'où la lune semblait apparaître à faible distance de la terre tous les 19 ans, référence possible au cercle de pierres de Callanais. Pomponius Mela, géographe né en Espagne au Ier siècle, fait référence à un groupe de sept îles auxquelles il donne le nom de Haemodae (Hébrides ?). D'autres auteurs de l'Antiquité tels que Pline l'Ancien, l'astronome égyptien Ptolémée, et Solinus (IIIe siècle) semblent mentionner les Hébrides, ce qui atteste de contacts entre les peuples qui y habitaient et le monde romain.

On sait peu de choses de l'histoire des peuples des Hébrides avant le VIe siècle, étant donné que, comme le reste de l'Écosse, ils n'avaient pas d'écriture. Les premiers témoignages écrits sur ces îles apparaissent avec saint Colomban, au VIe siècle. Ce moine irlandais introduisit le premier le christianisme dans les îles et y fonda plusieurs églises.

Domination norvégienne[modifier | modifier le code]

Dès avant le IXe siècle, les Norvégiens commencèrent à s'installer aux Hébrides et à les contrôler. Ces îles étaient connues sous le nom de Suðreyar ou îles du sud en vieux norrois. La domination norvégienne des Hébrides fut formalisée en 1098 quand Edgar Ier d'Écosse reconnut les prétentions de Magnus III de Norvège. La reconnaissance écossaise de la souveraineté de Magnus III sur les îles suivit la conquête par les Norvégiens des îles Orcades, des Hébrides et de l'Île de Man au cours d'une rapide campagne menée cette même année contre les divers chefs locaux norvégiens qui contrôlaient ces îles. Magnus III soumit les Normands qui s'étaient emparés de ces îles des siècles auparavant et les unifia sous son contrôle royal direct.

Le contrôle des Hébrides intérieures et extérieures par les Norvégiens fut à l'origine de guerres incessantes jusqu'au partage de 1156. Les Hébrides extérieures restaient la possession du Royaume de Man et des Îles tandis que les Hébrides intérieures s'en détachèrent sous la conduite de Somerled, un parent celto-normand de Lulach et de la maison royale de Man. Bien que les Hébrides intérieures, connues à partir de 1156 sous le nom de Royaume des Hébrides, fussent encore en droit sous la souveraineté norvégienne, ses chefs étaient écossais de langue et de culture plus que scandinaves.

Après sa victoire en 1156, Somerled conquit deux ans plus tard l'île de Man elle-même et devint le dernier roi de Man et des Îles à régner à nouveau sur l'ensemble des îles que comprenait autrefois le royaume. Après sa mort en 1164, les souverains de Man cessèrent de contrôler les Hébrides intérieures.

Domination écossaise[modifier | modifier le code]

En 1262 eut lieu un raid écossais sur Skye, ce qui amena le roi de Norvège Håkon IV à se rendre en Écosse afin de régler l'affaire. Vers la fin de l'année 1263, Håkon fit voile vers l'Écosse avec une armée d'invasion forte de 200 navires et de 15 000 hommes. La flotte norvégienne essuya des tempêtes près des côtes écossaises, et il fallut transporter quarante navires par voie de terre jusqu'au Loch Lomond. Finalement eut lieu une petite escarmouche à la bataille de Largs, dans laquelle les Norvégiens et leurs alliés de Man commandés par Magnus III de Man n'obtinrent qu'un léger avantage tactique sur les Écossais commandés par Alexander Stewart. Après la bataille, le mauvais temps obligea la flotte norvégienne et mannoise à se retirer vers les Orcades. À son arrivée à Kirkwall, Håkon, malade et fatigué, décida de passer l'hiver dans le palais de l’évêque Heinrkr pour reprendre sa campagne l'été suivant. Ses plans furent cependant déjoués lorsqu’il mourut en décembre.

Sa couronne passa à son fils Magnus VI de Norvège, qui jugea que faire la paix avec les Écossais était plus important que de maintenir les possessions norvégiennes sur les îles à l'ouest de l'Écosse et en mer d'Irlande. Le traité de Perth de 1266 laissa les Hébrides et l'île de Man à l'Écosse pour 5 000 marcs et un tribut annuel de 100 marcs. L'Écosse confirmait en même temps la souveraineté norvégienne sur les îles Shetland et les Orcades. Cependant le contrôle de Man par les Écossais ne devint effectif qu'après la défaite des Mannois et de leur dernier roi norvégien, Godfred Magnuson de Man, à la bataille de Ronaldsway en 1275.

Administration[modifier | modifier le code]

Les Hébrides font partie des Council areas de Highland, des Hébrides extérieures et d'Argyll and Bute.

Culture[modifier | modifier le code]

L'écossais est la langue majoritaire dans l'archipel, surtout dans les Hébrides extérieures. Il est officiel avec l'anglais. L'écossais est parlé et enseigné parmi la population des Hébrides. La signalisation routière est affichée double forme écossaise/anglaise[1]. Comme dit plus haut, l'archipel des Hébrides est la région du Royaume-Uni où l'écossais est le plus parlé.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans la pièce de Georges Feydeau On purge bébé, les Hébrides occupent la conversation des premières scènes. Le livre Whisky à gogo, de Compton Mackenzie (1947), se passe sur une île de l'archipel des Hébrides, tout comme The Wicker Man de Robin Hardy (1973).

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]