Jacques Legendre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Legendre.

Jacques Legendre
Illustration.
Jacques Legendre en 2013.
Fonctions
Sénateur français

(25 ans)
Élection 27 septembre 1992
Réélection 23 septembre 2001
25 septembre 2011
Circonscription Nord
Groupe politique RPR, UMP puis LR
Président de la commission de la Culture
et de l’Éducation du Sénat

(2 ans, 11 mois et 24 jours)
Élection
Prédécesseur Jacques Valade
Successeur Marie-Christine Blandin
Député français

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Nord
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Circonscription supprimée

(1 mois et 4 jours)
Élection 19 mars 1978
Circonscription 16e du Nord
Législature VIe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Claude Pringalle
Successeur Claude Pringalle

(4 ans et 29 jours)
Élection 11 mars 1973
Circonscription 16e du Nord
Législature Ve (Cinquième République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Raymond Gernez
Successeur Claude Pringalle
Secrétaire d'État chargé de la Formation professionnelle

(3 ans, 1 mois et 10 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Raymond Barre
Gouvernement Barre III
Prédécesseur Poste créé
Successeur Marcel Debarge
Secrétaire d'État auprès du
ministre du Travail

(1 an et 2 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Raymond Barre
Gouvernement Barre II
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
Maire de Cambrai

(15 ans, 7 mois et 5 jours)
Élection 13 mars 1977
Réélection 6 mars 1983
19 mars 1989
Prédécesseur Raymond Gernez
Successeur François-Xavier Villain
Conseiller général du Nord

(6 ans et 7 jours)
Élection 14 mars 1976
Circonscription Canton de Cambrai-Ouest
Prédécesseur Raymond Gernez
Successeur François-Xavier Villain
Biographie
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Paris 15e (France)
Nationalité Française
Parti politique UDR, RPR, UMP puis LR
Profession Professeur de lettres

Jacques Legendre
Maires de Cambrai

Jacques Legendre, né le à Paris (Seine), est un homme politique français.

Après une brève carrière dans l'enseignement, il est élu député du Nord sous l'étiquette UDR en 1973, puis réélu avec l'étiquette RPR en 1978 et 1986. Il est membre du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais de 1973 à 2001 (membre de droit, puis élu en 1986, 1992 et 1998, démissionnaire en 2001), maire de Cambrai de 1977 à 1992, puis toujours membre du conseil municipal, et conseiller général du Nord pour le canton de Cambrai-Ouest de 1976 à 1982.

Il occupe les fonctions de secrétaire d'État auprès du ministre du Travail de 1977 à 1978, puis de secrétaire d'État chargé de la Formation professionnelle de 1978 à 1981 dans les deuxième et troisième gouvernements de Raymond Barre. Il continue ensuite à exercer d’importantes responsabilités locales dans le Nord.

Il est élu sénateur le 27 septembre 1992, et le reste jusqu'en 2017. Il préside la commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication du Sénat de 2008 à 2011. Depuis 2017, il est membre de l'Académie des sciences d'outre-mer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse gaulliste[modifier | modifier le code]

Jacques Legendre naît sous l’occupation allemande dans le 15e arrondissement de Paris, où son grand-père est vendeur de chevaux de fiacre. Son père, Gabriel Legendre (1895-1973), est un agent d'assurance champenois, ancien poilu de la guerre 14-18 et sympathisant gaulliste. Sa mère, Simone Royer (1904-1987), plutôt socialiste, est issue de la petite bourgeoisie parisienne. Ils se sont rencontrés au moment de l'exode, en 1940[1],[2].

Il passe son enfance en Normandie, où il suit sa scolarité jusqu’au cours complémentaire, et prépare ensuite le baccalauréat au lycée à Amiens[2]. Il y commence ses études supérieures et crée le Syndicat des étudiants de lettres[3].

Il milite au sein du mouvement gaulliste dès l'âge de 20 ans, d'abord à l'UNEF, puis adhère en à l’UNR et décide de créer à Lille un groupe d’étudiants gaullistes : l’Action étudiante gaulliste, dont il devient le président national en 1963[1].

En 1965, ses études de lettres modernes terminées, il effectue son service militaire dans la coopération en Afrique. De 1965 à 1966, il est professeur coopérant en République centrafricaine[4]. Lors des événements de Mai 68, il organise des manifestations de soutien au général de Gaulle[5].

Professeur certifié de lettres modernes puis agrégé d’histoire-géographie, il a enseigné dans différents lycées du Nord : Fourmies, Tourcoing, Lille et Cambrai[5].

Jeune maire, jeune secrétaire d’État[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1968, il se présente à Maubeuge mais est victime d'un accident de la route qui l'empêche de poursuivre sa campagne[1]. Cinq ans plus tard, il est élu député dans la 16e circonscription du Nord.

Après le décès de Georges Pompidou, il participe à la campagne présidentielle de Jacques Chaban-Delmas. Nommé secrétaire général adjoint de l’UDR par Alexandre Sanguinetti, il est candidat le au poste de secrétaire général contre Jacques Chirac, alors Premier ministre. Il quitte le comité central et ses responsabilités nationales à l’UDR après l’élection à sa tête de Jacques Chirac et poursuit son implantation locale dans le Nord.

Il est rapporteur à l’Assemblée nationale de la loi Haby de 1975 sur la réforme du système éducatif[2].

En 1976, il prend à Raymond Gernez (PS) le canton de Cambrai-Ouest. En 1977, sa liste l’emporte aux élections municipales à Cambrai. Raymond Barre lui propose alors d’entrer au gouvernement comme secrétaire d’État auprès du ministre du Travail. Avec son ministre de tutelle Christian Beullac, il crée le premier pacte national pour l’emploi des jeunes[5].

L’année suivante, il devient secrétaire d'État chargé de la Formation professionnelle auprès du ministre du Travail et de la Participation dans le gouvernement Barre III. La fermeture d’Usinor-Denain en 1978 le confronte à Cambrai et dans toute la région à une crise sociale[5]. Le , il est rattaché au Premier ministre. Il fait voter la première loi sur la formation en alternance et poursuit l’action initiée par Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors en faveur de la formation continue.

Il est battu aux élection législatives de 1981 par le socialiste Jean Le Garrec.

Des municipales aux sénatoriales[modifier | modifier le code]

Jacques Legendre est réélu au premier tour des municipales à Cambrai en 1983 avec près de 60 % des voix.

Au printemps 1986, il est réélu député et conseiller régional, en 2e position sur la liste conduite par Jacques Vernier. Il est rapporteur à l’Assemblée nationale sur les questions de formation professionnelle. Il est de nouveau battu aux élections législatives de 1988 par Jean Le Garrec.

En 1989, il est réélu pour la troisième fois maire de Cambrai. Il devient secrétaire général puis président de l’Association des maires du Nord. Fondateur en 1992 de la communauté de villes, puis d’agglomération de Cambrai dont il a été président jusqu’en 2008[6], il siège en tant que représentant de son agglomération à la commission départementale de coopération intercommunale.

En 1992, il est choisi pour mener la liste RPR-UDF dans le Nord aux élections régionales mais est battu par Marie-Christine Blandin. En septembre de la même année, à la demande des sénateurs sortants Maurice Schumann, André Diligent et Jean-Paul Bataille, Jacques Legendre prend la tête d’une liste sénatoriale RPR-UDF et est élu sénateur du Nord avec Maurice Schumann et André Diligent. Il entre au Sénat le , et démissionne de son mandat de maire de Cambrai.

Il s’inscrit au groupe RPR et devient membre de la commission des Affaires culturelles.

Du sénateur Legendre au président Legendre[modifier | modifier le code]

Actif au sein de sa commission, il est désigné chaque année, de 1993 à 2008, rapporteur pour avis du budget de la Francophonie. Il est rapporteur de la loi sur la langue française présentée par le ministre de la Culture, Jacques Toubon. Il est élu secrétaire général de l'APF de 1986 à 1988 puis de 1995 à 2013[7], et président du groupe d'amitié sénatorial France – Afrique de l'Ouest.

En 2001, il conduit la liste « Une équipe pour le Nord au Sénat » aux élections sénatoriales, face à quatre autres listes de droite ou du centre menées par Jean-René Lecerf, Alex Türk, Joël Wilmotte et Jacques Donnay. Il est réélu.

Toujours membre de la commission des Affaires culturelles, il en devient vice-président. Jacques Legendre a aussi été membre de la mission commune d’information sur la désindustrialisation des territoires ainsi que président de la commission de la Culture de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où il a représenté le Sénat de 1995 à 2008.

Il devient en 2008 président de la commission de la Culture, de l’Éducation et de la Communication du Sénat[8]. Il perd la présidence de la commission en 2011, après un renouvellement sénatorial favorable à la gauche.

Membre du comité de pilotage sur les rythmes scolaires mis en place par Luc Chatel le , il est nommé le membre du Conseil supérieur des programmes créé par Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale[9].

En 2014, il devient membre de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

Il soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[10].

Après 25 années passées au palais du Luxembourg, il ne se représente pas aux élections sénatoriales de 2017[5]. Il est toujours conseiller municipal de Cambrai et vice-président de la CAC, chargé des équipements culturels.

Membre de l’Académie des sciences d’outre-mer[modifier | modifier le code]

Le , il est élu membre titulaire de l'Académie des sciences d'outre-mer. Il succède à Alain Decaux (1925-2016), historien et ancien ministre chargé de la Francophonie, lui aussi originaire du Nord[11]. Il fait partie de la 3e section : « Sciences juridiques, économiques et sociales »[4].

Il est inscrit aux domaines et régions « Langue française », « Afrique noire, centrale et de l’Ouest » et « Outre-mer français »[4].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

En 1970, Jacques Legendre épouse Madeleine Compagnon. Ils ont trois enfants : Philippe, Thomas et Sophie[2]. Son fils aîné, Philippe Legendre, était son assistant parlementaire lorsqu’il était sénateur, après avoir fait des études de droit, une licence d’histoire et un master de sciences politiques[12].

Récapitulatif des fonctions politiques[modifier | modifier le code]

En 2017, selon un classement publié par le site d'information Mediacités, il est le premier homme politique du Nord par le cumul des mandats, avec 114 années de mandats cumulées (ses années comme conseiller régional n'ont pas été prises en compte dans le classement, comme celles en tant que secrétaire d’État)[13],[14].

Mandats en cours[modifier | modifier le code]

Anciens mandats[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions parlementaires[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Littérature négro-africaine d’expression française (Bangui, 1966) ;
  • Le Thème du Sahara dans le romain français (DES Lille, 1965) ;
  • Le Système allemand de formation professionnelle (rapport pour l’OCDE, en collaboration, Paris, 1980).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Témoignage de Jacques Legendre », sur www.cme-u.fr (consulté le 11 août 2018).
  2. a, b, c et d « N° 38 — Jacques LEGENDRE [note biographique] », sur www.persee.fr (consulté le 21 août 2018).
  3. « Conservatoire des mémoires étudiantes – Jacques Legendre », sur www.cme-u.fr (consulté le 11 août 2018).
  4. a, b et c « Fiche de Jacques Legendre », sur www.academieoutremer.fr (consulté le 10 août 2018).
  5. a, b, c, d et e « Après 25 années au Sénat, Jacques Legendre tire sa révérence », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  6. « Changement d'ère à la communauté d'agglomération de Cambrai ? », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  7. « Motion exceptionnelle de remerciements à M. Jacques Legendre, sénateur, secrétaire général de l’APF », sur apf.francophonie.org, (consulté le 10 août 2018).
  8. « Sénat : Rohan réélu de justesse à la commission des Affaires étrangères », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  9. « Arrêté du ministre de l'Éducation nationale du 9 octobre 2013 », sur www.education.gouv.fr, .
  10. Ludovic Vigogne, « Primaire à droite : la liste des premiers soutiens parlementaires », sur lopinion.fr, .
  11. « Jacques Legendre élu à l’Académie des sciences d’outre-mer », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  12. « Ces parlementaires du Nord et du Pas-de-Calais qui travaillent en famille », France 3 Hauts-de-France,‎ (lire en ligne).
  13. Sylvain Morvan, « Cumul des mandats : le hit-parade des dinosaures », Mediacités,
  14. « Cumul des mandats dans le Nord : Cambrai sur le podium », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  15. « Des sénateurs français en RCA pour aider à la mise en place du Sénat centrafricain », Journal du Cameroun,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]