Polynésie

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La Polynésie (du grec πολύς et νῆσος, « îles nombreuses »), une des trois régions traditionnelles de l'Océanie selon Dumont d'Urville, est un large groupement d'îles situées dans l'est et le sud de l'océan Pacifique. Les Polynésiens parlent des langues austronésiennes du sous-groupe dit « océanien ». Ce regroupement qui peut être qualifié d'historique est désormais contesté[1] par les géographes et les océanistes. Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison écrivent ainsi : « il n'y a sans doute pas de coupures profondes, culturelles et même ethniques, entre les sociétés mélanésiennes, polynésiennes et micronésiennes qui, de long temps, se sont nourries de multiples contacts » (Atlas des îles et États du Pacifique Sud)[2]. Dans le grand public et dans les ouvrages de vulgarisation, cependant, cette nomenclature est couramment adoptée.

Les îles situées à l'intérieur du triangle forment la Polynésie : 1 - Hawaï ; 2 - Nouvelle-Zélande ; 3 - Île de Pâques ; 4 - Samoa ; 5 - Tahiti.
Dans ce drapeau non officiel des Polynésiens en vente dans les boutiques d'Honolulu, l'île mythique d'Hawaiki est représentée par un petroglyphe en jaune d'or, et les principales îles réelles par des étoiles.
La Polynésie traditionnelle avec ses eaux territoriales (en blanc).
Carte du peuplement de la Polynésie

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Délimitations[modifier | modifier le code]

En 1831, Jules Dumont d'Urville propose à la Société de géographie (Paris) une nouvelle organisation, en quatre parties, du Pacifique, après avoir exploré celui-ci à deux reprises :

  • la Polynésie (« les îles nombreuses »)[3] ;
  • la Mélanésie (« les îles noires ») ;
  • la Micronésie (« les petites îles ») ;
  • et la Malaisie qui sera plus tard retirée du continent océanien.

Avec la Polynésie traditionnelle, il s'agissait de faire plus ou moins artificiellement coïncider un territoire à un groupe ethno-linguistique parlant une langue relativement inter-compréhensible (le polynésien), et en excluant les peuples « non-polynésiens » (comme les habitants de Fidji ou de Micronésie), bien que ceux-ci soient aussi locuteurs de langues océaniennes.

Cette organisation ancienne est désormais un simple héritage de l'histoire de la géographie : aujourd'hui les scientifiques lui préfèrent le découpage en « Océanie proche », et « Océanie éloignée » (dont relève toute la Polynésie traditionnelle). En effet, à Hawaii comme en Nouvelle-Zélande (Aotearoa en maori) les hawaïens et les maoris sont devenus minoritaires ; les Hawaii sont pourtant plus fréquemment considérées comme faisant partie de la Polynésie, que la Nouvelle-Zélande. De plus, des langues polynésiennes sont parlées en dehors du « triangle polynésien » dans des exclaves polynésiennes à la suite d'une installation relativement récente de Polynésiens en dehors de leur foyer initial. C'est le cas des langues parlées en Mélanésie à Tikopia, Anuta, Luangiua, Nukuria, Rennell et Takuu (îles Salomon), à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie, îles Loyauté), à Ifira-Mele, Emae, Aniwa et Futuna (Vanuatu), ainsi qu'aux États fédérés de Micronésie à Nukuoro et Kapingamarangi.

Traditionnellement[4], la Polynésie forme un triangle entre Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l'île de Pâques. Les îles Samoa et Tonga et la Polynésie française constituent les autres principaux groupes d'îles. Les Kiribati, dont l'archipel le plus occidental (gilbertin) est micronésien, fait tout de même partie de la Polynésie par la plus grande partie de son étendue (notamment maritime : îles de la Ligne). Si culturellement, la Polynésie se divise en Polynésie de l'Est et la Polynésie de l'Ouest, géographiquement on a coutume de distinguer Polynésie septentrionale (Hawaii et les autres îles américaines proches des Kiribati), Polynésie occidentale (Tuvalu, Wallis-et-Futuna, Tonga, Niue, Îles Samoa, Îles Cook, îles néo-zélandaises) et Polynésie orientale (Polynésie française, Îles Pitcairn et l'île de Pâques).

Territoires[modifier | modifier le code]

Pour 5 millions d'habitants (dont 4,5 à Hawaii et en Nouvelle-Zélande, pour la plupart non-Polynésiens), la Polynésie compte 19 entités territoriales :

Près de 90 % de la surface de ces entités est constituée d'eaux territoriales, les terres émergés représentant seulement 10 %.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir entre autres, cette source du CREDO par Anne Piazza [1] ou cet article de Serge Tcherkézoff [2], tous deux membres de la Société des Océanistes.
  2. Benoît Antheaume, Atlas des îles et états du Pacifique Sud, Montpellier Paris, GIP RECLUS PUBLISUD, (ISBN 2866004175 et 978-2866004170, notice BnF no FRBNF37663084)
  3. Le terme de "Polynésie" a d'abord été inventé par Charles de Brosses, un écrivain français en 1756 et s'est d'abord appliqué à toutes les îles des mers du Sud. Ce n'est qu'en 1831 que Dumont d'Urville en restreint l'usage à l'occasion de ladite conférence à la Société de Géographie.
  4. Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison : Atlas des îles et états du Pacifique sud, éd. Gip Reclus/Publisud, 1988, (ISBN 2-86600-417-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Tcherkézoff, Polynésie/Mélanésie: L'invention française des "races" et des régions de l'Océanie (XV1e - XXe siècles), Papeete, Au vent des îles, , 376 p. (ISBN 978-2-9156-5452-3, lire en ligne)
  • Jean Guiart, Return to Paradise. Les dossiers oubliés ː le fardeau de l'homme blanc, Le Rocher-à-la-Voile, Nouméa 2011,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]