Présidence de Sadi Carnot

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Présidence de Sadi Carnot

Président de la République française

Description de cette image, également commentée ci-après
Le président Sadi Carnot à sa table de travail, par Théobald Chartran.
Type
Type Président de la République française
Résidence officielle Elysée, Paris
Élection
Système électoral Scrutin indirect
Élection 1887
Début du mandat
Fin du mandat
(Décès)
Durée 6 ans, 6 mois et 22 jours
Présidence
Nom Sadi Carnot
Date de naissance
Date de décès (à 56 ans)
Appartenance politique Républicains modérés
Gouvernements
Pierre Tirard I Charles Floquet
Pierre Tirard II Charles de Freycinet IV
Émile Loubet Alexandre Ribot I
Alexandre Ribot II Charles Dupuy I
Jean Casimir-Perier

Divers
Voir aussi Politique de la France

La présidence de Sadi Carnot en tant que 5e président de la République française dura du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894. Le président Jules Grévy ayant dû démissionner à la suite du scandale des décorations, Carnot présenta sa candidature à la Chambre et remporta l'élection à une large majorité. Républicain modéré, son mandat fut marqué par l'agitation boulangiste qui mit un temps en péril les institutions de la Troisième République et par le scandale de Panama en 1892 qui provoqua la démission d'une partie de son gouvernement.

Sur le plan de la politique étrangère, le président Carnot effectua plusieurs visites officielles et renforça notamment l'alliance franco-russe, mais il dût simultanément faire face au mécontentement des syndicats et à la vague d'attentats anarchistes qui frappa Paris à partir de 1892. Dans ce contexte d'agitation sociale, le gouvernement adopta la première loi restreignant les libertés individuelles et la presse et Carnot lui-même refusa d'accorder sa grâce aux anarchistes Ravachol et Vaillant responsables des attaques. Le 24 juin 1894, alors qu'il était en visite à Lyon, Sadi Carnot fut assassiné par le jeune anarchiste italien Sante Geronimo Caserio qui voulait venger la mort de ses camarades. Jean Casimir-Perier lui succéda à la présidence de la République.

Gouvernements[modifier | modifier le code]

Un premier gouvernement présidé par Pierre Tirard est formé le 12 décembre 1887[1]. Ce dernier, ancien ministre du Commerce sous Jules Grévy, appartient à la famille des républicains modérés[2]. Des radicaux et des modérés entrent au gouvernement alors que le général Boulanger échoue à obtenir le portefeuille de la Guerre[3]. S'étant opposé à une révision de la Constitution à la Chambre, il démissionne le 30 mars 1888[4]. Le 3 avril, Sadi Carnot fait appel à Charles Floquet, un radical, pour former un nouveau gouvernement destiné à combattre efficacement la vague boulangiste[5]. C'est notamment la première fois qu'un civil, Charles de Freycinet, accède au ministère de la Guerre. Désavoué par l'aile républicaine, Floquet présente à son tour sa démission le 14 février 1889[1]. Tirard est rappelé au pouvoir et constitue un nouveau gouvernement le 22 février avec Maurice Rouvier aux Finances et Ernest Constans à l'Intérieur. Après avoir échoué à obtenir l'approbation du Sénat sur un projet de traité commercial avec la Turquie[6], le 2e gouvernement Tirard chute le 14 mars 1890[4] et ce dernier est remplacé à la présidence du Conseil par Freycinet à partir du 17 mars[6].

Le gouvernement Freycinet se maintient pendant presque deux ans avant d'être lâché par les radicaux et contraint à la démission le 18 février 1892[6]. Le modéré Émile Loubet qui lui succède chute le 28 novembre 1892 après l'éclatement du scandale de Panama impliquant plusieurs ministres et personnalités politiques de premier plan[7]. Un nouveau ministère est formé le 6 décembre avec Alexandre Ribot à la présidence du Conseil. Le 14, Maurice Rouvier démissionne, mis en cause dans l'affaire de Panama[6]. Ce gouvernement s'achève le 10 janvier 1893, et dès le lendemain, Sadi Carnot nomme à nouveau Alexandre Ribot à la présidence du Conseil des ministres[8]. Dans un contexte de violentes tensions avec l'extrême-droite qui dénonce la corruption de la classe politique, le gouvernement Ribot est renversé le 30 mars 1893[9]. De nouveaux hommes arrivent alors au pouvoir et c'est à Charles Dupuy, député de la Haute-Loire, que le président de la République confie la formation d'un nouveau gouvernement qui entre en fonction le 4 avril 1893, avec notamment Raymond Poincaré au ministère de l'Instruction publique[10].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Hémeret et Janine Hémeret, L'Histoire des Présidents, Morena, , 237 p. (ISBN 2-7434-0389-6). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hémeret et Hémeret 1998, p. 52.
  2. « Pierre Tirard », sur CAEF — Centre des Archives économiques et financières, (consulté le 14 mai 2017).
  3. Jean Leduc, L'enracinement de la République : 1879-1918, Hachette, coll. « Hachette Éducation / Carré-Histoire », , 240 p. (ISBN 978-2-011-81875-1, lire en ligne).
  4. a et b Jean-Marie Mayeur et Alain Corbin, Les immortels du Sénat, 1875-1918 : les cent seize inamovibles de la Troisième République, Paris, Publications de La Sorbonne, , 512 p. (ISBN 2-85944-273-1, lire en ligne), p. 480 et 481.
  5. Serge Berstein et Marcel Ruby, Un siècle de radicalisme, Presses universitaires Septentrion, , 287 p. (ISBN 2-85939-814-7, lire en ligne), p. 42.
  6. a b c et d Hémeret et Hémeret 1998, p. 54.
  7. Thierry Cornillet, Émile Loubet, ou la modération au pouvoir, Grilles d'or, , 284 p. (ISBN 978-2-91788-604-5, lire en ligne), p. 124.
  8. Jean-Yves Mollier et Jocelyne George, La plus longue des Républiques : 1870-1940, Fayard, , 874 p. (ISBN 978-2-21364-813-2, lire en ligne).
  9. Vincent Duclert, La République imaginée : 1870-1914, Belin, , 861 p. (ISBN 978-2-70119-199-7, lire en ligne).
  10. Hémeret et Hémeret 1998, p. 55.