Article 6 de la Constitution de la Cinquième République française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'article 6 de la Constitution de la Cinquième République française détermine le mode d'élection du président de la République.

Texte[modifier | modifier le code]

« Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.

Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.

Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique. »

— Article 6 de la Constitution[1]

La loi organique en question est celle n°62-1292, crée en 1962, qui régule notamment l'âge minimal du vote, l'accès aux moyens de propagande ou les parrainages nécessaires[2].

Évolution de l'article[modifier | modifier le code]

  • Avant 1962, le président était élu par un collège de grands électeurs. La rédaction de l'article était alors la suivante :

« Le président de la République est élu pour sept ans par un collège électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et des assemblées des territoires d'outre-mer, ainsi que les représentants élus des conseils municipaux.

Ces représentants sont :

  • le maire pour les communes de moins de 1 000 habitants ;
  • le maire et le premier adjoint pour les communes de 1 000 à 2 000 habitants ;
  • le maire, le premier adjoint et un conseiller municipal pris dans l'ordre du tableau pour les communes de 2 001 à 2 500 habitants ;
  • le maire et les deux premiers adjoints pour les communes de 2 501 à 3 000 habitants ;
  • le maire, les deux premiers adjoints et trois conseillers municipaux pris dans l'ordre du tableau pour les communes de 3 001 à 6 000 habitants ;
  • le maire, les deux premiers adjoints et six conseillers municipaux pris dans l'ordre du tableau pour les communes de 6 001 à 9 000 habitants ;
  • tous les conseillers municipaux pour les communes de plus de 9 000 habitants ;
  • en outre, pour les communes de plus de 30 000 habitants, des délégués désignés par le conseil municipal à raison de un pour 1 000 habitants en sus de 30 000.

Dans les territoires d'outre-mer de la République, font aussi partie du collège électoral les représentants élus des conseils des collectivités administratives dans les conditions déterminées par une loi organique.

La participation des États membres de la Communauté au collège électoral du président de la République est fixée par accord entre la République et les États membres de la Communauté.

Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique. »

— Ancien article 6

Un président directement élu par les Français[modifier | modifier le code]

L'élection directe d'un président (au suffrage universel qui plus est) tend à renforcer les pouvoirs de celui-ci, étant donné la légitimité que lui accorde un tel mode d'élection. Une élection directe coïncide souvent avec un parlementarisme dualiste où les pouvoirs du président sont importants. Le système moniste s'oppose au système dualiste où les pouvoirs du président s'effacent devant les pouvoirs du gouvernement et du premier ministre.

Toutefois, le régime semi-présidentiel français unique au monde complexifie cette analyse.

Un mandat de cinq ans[modifier | modifier le code]

Il s'agissait initialement, lors de son adoption en 2000 par un référendum marqué par son absentéisme, d'un quinquennat renouvelable sans limitation du nombre de mandats. Ce dispositif permet néanmoins de réduire les risques de cohabitations, d'où la théorisation d'un fait majoritaire.

La limitation[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, son renouvellement consécutif n'est désormais autorisé qu'une seule fois. C'est Nicolas Sarkozy qui en fit la demande pour éviter la monopolisation de la fonction politique[3],[4],[5]. La mesure n'était initialement pas requise par le comité Balladur et, durant la navette parlementaire, les termes furent modifiés à plusieurs reprises[5]. Plusieurs politiques tel le député Jacques Myard ou le sénateur Hugues Portelli déplorèrent que cette mesure est un mimétisme de la constitution des États-Unis, notamment du XXIIe amendement, d'autant qu'aucune autre fonction électorale n'est concernée par cette mesure[6],[7].

Aucun président de la Ve république n'a concouru pour un troisième mandat[8] : les deux seuls présidents ayant fait deux mandats consécutifs entiers sont François Mitterrand, qui ne se représenta pas à la suite du cancer dont il succomba peu après la fin de sa présidence, et Jacques Chirac, qui avait envisagé de se représenter pour la troisième fois mais renonça en raison des mauvais sondages, de son âge, du bilan mitigé de la présidence et de la montée de Sarkozy[9],[10],[11]. Les causes d'interruption (empêchement, vacance et destitution) sont prévues à l'article 7 et au nouvel article 68. En cas d'interruption de mandat, le nouveau président élu bénéficie d'un quinquennat entier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]