Premier ministre de Grèce

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Premier ministre de la République Hellénique
Πρωθυπουργός της Ελλάδας
Image illustrative de l’article Premier ministre de Grèce
Armoiries de la République hellénique

Image illustrative de l’article Premier ministre de Grèce
Titulaire actuel
Kyriákos Mitsotákis
depuis le

Création
Mandant Président de la République hellénique
Durée du mandat 4 ans
Premier titulaire Spirídon Trikoúpis
Résidence officielle Villa Máximos (Athènes)
Site internet http://www.primeminister.gov.gr/

Le Premier ministre de la République hellénique (en grec moderne : Πρωθυπουργός της Ελλάδος), aussi appelé président du Gouvernement (Πρόεδρος της Κυβερνήσεως), est le chef du gouvernement de la République hellénique.

La Grèce est une république parlementaire depuis 1974, succédant à la monarchie parlementaire en vigueur depuis 1844. Le Premier Ministre joue un rôle prééminent dans la conduite des affaires politiques du pays : il est le chef du gouvernement, responsable devant le Parlement et représente le pays à l'étranger. Il est nommé par le Président de la République, qui demeure le chef de l'État, conformément à l'article 37 de la Constitution. Le Premier Ministre est le chef de la majorité parlementaire.

La villa Maximós à Athènes est le siège du gouvernement depuis 1982, situé dans le quartier politique de la ville, non loin de la Présidence de la République, du Parlement et des principaux ministères.


Histoire de la fonction[modifier | modifier le code]

Durant la guerre d'indépendance (1821-1832)[modifier | modifier le code]

Tout au long de la guerre d'indépendance grecque, il n'y eut pas de capitale établie, et donc aucun siège fixe pour le gouvernement. L'Assemblée Nationale s'établit à Épidaure et élit le 13 janvier 1822 Aléxandros Mavrokordátos. Celui-ci porte le nom de « président de l'Exécutif »[1]. Durant la guerre, trois exécutifs différents se succèdent (1822, 1823 et 1824-1826), bien que n'ayant dans la pratique que peu d'efficacité[2].

Ioánnis Kapodístrias fut le premier à exercer effectivement la fonction de Premier Ministre entre 1827 et 1831.

La fonction véritable de « Premier Ministre » date de 1827, avec l'élection par l'Assemblée Nationale réunie à Trézène d'un administrateur russo-hellène qui servit naguère dans la diplomatie tsariste, Ioannis Kapodístrias[3]. Ce dernier assume les fonctions de chef de l'État et de chef du gouvernement.

Royaume de Grèce : de l'absolutisme au parlementarisme[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 1832, aux termes du troisième traité de Londres, la Grèce devient une monarchie : le prince bavarois Othon, fils du philhellène Louis Ier de Bavière, devient le premier monarque du pays. Il règne entouré de régents bavarois (comme Louis von Armansperg qui incarne parfaitement cette « bavarocratie »), et il faut le coup d'État du 3 septembre 1843 pour qu'il accepte de transformer le régime absolutiste en monarchie parlementaire. La Constitution de 1844 fait de la Grèce un pays à régime parlementaire. La Constitution de 1844 consacra le Parlement comme structure centrale du pouvoir politique. Cependant, deux facteurs contribuaient à l'affaiblir : la structure des partis politiques était faible et rongée par le clientélisme, tandis que le monarque demeurait libre de choisir n'importe quel membre du Parlement pour former un gouvernement.

Le premier Premier Ministre qui fut véritablement le chef du gouvernement fut Andreas Metaxás, entre septembre 1843 et février 1844.

En 1862, Othon et la reine Amélie sont contraints d'abdiquer sous la pression populaire. Le prince Georges de Danemark est choisi pour lui succéder et devient roi des Hellènes sous le nom de Georges Ier. Ce dernier est déterminé à ne pas faire les mêmes erreurs que son prédécesseur, et reste durant tout son règne dans son rôle de chef de l'État. Son règne est marqué par une bipolarisation de la vie politique autour des nationalistes d'Alexandros Moumoundouros et des libéraux de Charílaos Trikoúpis. En 1874, ce sont les libéraux qui remportent les élections : Trikoúpis impose au roi le principe du dedilomeni (αρχή της δεδηλωμένης) : celui qui détient la majorité au Parlement doit être nommé Premier Ministre[4].

Le Premier Ministre le plus illustre au XXe siècle Elefthérios Venizélos, fut chef du gouvernement à de diverses reprises, entre 1910 et 1930[5].

Entre 2015 et 2019, le Premier Ministre de Grèce est Alexis Tsipras (issu de la coalition ΣΥΡΙΖΑ). Lors des élections législatives de 2019, la droite traditionnelle reprend le pouvoir avec la nomination de Kyriákos Mitsotákis par le Président de la République Prokópis Pavlópoulos.

Nomination[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre est nommé par le président de la République. Conformément à l'article 37 de la constitution grecque :

« Le président de la République nomme le Premier ministre et, sur proposition de ce dernier, nomme et révoque les autres membres du gouvernement et les secrétaires d’État. Est nommé Premier ministre le chef du parti qui dispose à la Chambre des députés de la majorité absolue des sièges. Si aucun parti ne dispose de la majorité absolue, le président de la République donne un mandat exploratoire au chef du parti relativement majoritaire, afin de scruter la possibilité de formation d’un gouvernement jouissant de la confiance de la Chambre. »

Le Président de la République désigne le chef du parti qui a recueilli la majorité absolue des sièges au Parlement lors des élections législatives. Si aucun parti n'obtient de majorité absolue, le président de la République donne mandat exploratoire de former un gouvernement au chef du parti qui détient la majorité relative afin qu'il forme son gouvernement. Si celui-ci n'y parvient pas, le président de la République donne mandat exploratoire au chef de file du second parti, puis le chef du troisième parti. Chaque mandat exploratoire dure trois jours. En cas d'échec, il convoque tous les chefs de partis afin de former un gouvernement technique et confie au président du Conseil d’État ou de la Cour de cassation ou de la Cour des comptes la formation d’un gouvernement jouissant de la plus large acceptation possible, afin que ce dernier procède à des élections, et dissout la Chambre. Le Premier ministre sera alors chargé de former un gouvernement intérimaire pour diriger le pays sans heurts dans la conduite de nouvelles élections législatives.

Prestation de serment[modifier | modifier le code]

Le Président Károlos Papoúlias et Aléxis Tsípras le jour de la prestation de serment de celui-ci en tant que Premier Ministre, le 21 septembre 2015.

Avant sa prise de fonction, le Premier ministre prête serment au Palais présidentiel. Jusqu'en 2015, tous les premiers ministres ont été assermentés par l'archevêque d'Athènes et de toute la Grèce, chef de l'Église orthodoxe de Grèce, lors d'une cérémonie religieuse. L'archevêque commence par quelques prières et le Kyrie eleison, puis le Premier ministre nommé place sa main sur la Bible elle-même placée entre deux bougies allumées, le tout sur une table positionnée entre lui et l'archevêque. Après l'archevêque, le Premier ministre récite alors le serment :

« Je jure au nom de la sainte, consubstantielle et indivisible Trinité de sauvegarder la Constitution et les lois et de servir l'intérêt général du peuple grec. »

L'archevêque récite alors des bénédictions et les participants se signent à trois reprises. L'archevêque félicite ensuite le nouveau Premier ministre, qui serre alors la main du président avant de signer les documents officiels.

Alexis Tsipras, qui se déclare athée, devient Premier ministre le . Il refuse de prêter serment sur la Bible et devant l'archevêque d'Athènes[6]. Il est assermenté par le président Károlos Papoúlias à la place de l'archevêque d'Athènes et, au lieu de prêter le serment ci-dessus, il déclare :

« Monsieur le Président, je tiens à vous assurer, sur mon honneur et conscience, que je suivrai la Constitution et les lois et servirai toujours l'intérêt général du peuple grec. »

Il serre ensuite la main du président, qui le félicite, avant de signer les documents officiels.

Bureau officiel[modifier | modifier le code]

La Villa Máximos (Μέγαρο Μαξίμου) est le siège officiel du Premier Ministre de la Grèce depuis 1982. La villa est construite en 1912 par l'architecte Aléxandros Michalinós pour la famille de Dimítrios Máximos, qui achète le bien dans les années 1920, complète les travaux. En raison de sa situation géographique favorable, situé au cœur d'Athènes et très proche du Parlement hellénique, le Premier Ministre Andréas Papandréou décide en 1982 d'en faire le siège du gouvernement. Cependant, son utilisation comme bureau du Premier ministre a été décrite comme problématique ces dernières années, en raison de sa taille plutôt réduite. Depuis les années 2000, différentes propositions de déménagement dans d'autres locaux plus pratiques ont été examinées, le Zappéion étant considéré comme la meilleure solution possible[7].

Premiers ministres successifs[modifier | modifier le code]

La fonction de Premier ministre de Grèce est mise en place dans l'État grec insurgé de à au début de la guerre d'indépendance grecque. Aléxandros Mavrokordátos exercera le premier cette fonction. 187 chefs du gouvernement se sont succédé en Grèce.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Great Britain Foreign and Commonwealth Office, British and Foreign State Papers, H.M. Stationery Office, (lire en ligne)
  2. Armand Carrel, Résumé de l'historie des Grecs modernes, depuis l'envahissement de la Grèce par les Turcs jusqu'aux derniers événemens de la révolution actuelle; par Armand Carrel, Lecointe et Durey, (lire en ligne)
  3. (en) « Ioánnis Antónios, Komis Kapodístrias | Greek statesman », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 9 juin 2020)
  4. (en) Theodore A. Couloumbis, Theodore C. Kariotis, Fotini Bellou et Hellenic Foundation for European and Foreign Policy (ELIAMEP), Greece in the Twentieth Century, Psychology Press, (ISBN 978-0-7146-5407-2, lire en ligne)
  5. Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Elefthérios Venizélos », sur www.larousse.fr (consulté le 9 juin 2020)
  6. Smyrnaios 2015.
  7. (el) Ν Χασαποπουλος, « O Πρωθυπουργός σκέφτεται (σοβαρά) να μετακομίσει », sur Ειδήσεις - νέα - Το Βήμα Online,‎ (consulté le 9 juin 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constitution de la Grèce, Site du parlement grec (lire en ligne)
  • « Juncker : « Il n’y a pas de nécessité urgente à agir » sur la dette grecque », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Nikos Smyrnaios, « Grèce : le nouveau gouvernement de Syriza laisse une large place aux activistes et aux chercheurs », Bastamag,‎ (lire en ligne)

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]