Assassinat de Sadi Carnot
| Assassinat de Sadi Carnot | |
Représentation de l'assassinat de Sadi Carnot dans Le Petit Parisien : supplément illustré ()[1] | |
| Localisation | Lyon (France) |
|---|---|
| Cible | Sadi Carnot |
| Coordonnées | 45° 45′ 45″ nord, 4° 50′ 09″ est |
| Date | Vers 21 h 15 |
| Type | Assassinat |
| Armes | Poignard |
| Morts | 1 |
| Blessés | 0 |
| Auteurs | Sante Geronimo Caserio |
| Auteurs présumés | Ernest Saurel (?) Tiburce Straggioti (?) |
| Organisations | Compagnonnage anarchiste |
| Mouvance | Anticolonialisme |
| Partie de Ère des attentats - propagande par le fait | |
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L'assassinat de Sadi Carnot, président de la République française en exercice par l'anarchiste italien Sante Caserio a lieu à Lyon dans la soirée du . Il s'agit de l'attentat le plus marquant de l'ère des attentats (1892-1894) et d'une attaque à portée anticoloniale, Caserio visant Carnot lors de la première exposition coloniale française. Cet assassinat est un événement fondamental pour l'histoire de l'anarchisme en France et un événement notable de l'histoire de France.
Suite à la répression accrue contre les anarchistes en France sous la présidence de Carnot, qui soutient les lois scélérates et la répression de début 1894, les anarchistes le considèrent de plus en plus comme une cible centrale – en particulier après son refus de gracier les anarchistes Ravachol, Vaillant et Henry. La mort de Vaillant, surtout, qui laisse sa jeune fille, Sidonie, orpheline, suscite une envie de vengeance qui tuerait le président. Un jeune anarchiste italien du nom de Caserio, réfugié en France, quitte subitement Sète à la fin de juin 1894 et se dirige vers Lyon, essayant d'éviter toute filature – il y arrive et il est placé précisément à droite du cortège, où il serait possible d'assassiner Carnot. Lorsque le président s'engage dans sa rue au milieu de la foule, l'anarchiste se jette sur lui, le poignarde puis essaie de s'enfuir avant d'être battu par la foule et arrêté.
Carnot meurt des suites de ses blessures dans la nuit du 24 au 25 et Caserio est mis en procès. Il nie toute connaissance d'autres anarchistes et assure avoir agi seul – une position remise en question par les historiens mais acceptée par l'appareil judiciaire français, qui cherche à juger Caserio au plus vite. Il est condamné à mort peu après.
La mort de Carnot provoque un choc important parmi la population française, et les hommages se multiplient, notamment dans l'odonymie. Sa dépouille est placée au Panthéon, aux côtés de celle de son grand-père Lazare Carnot.
Cet attentat a pour conséquence l'adoption par la Chambre des députés de la dernière des « lois scélérates », celle qui interdit tout type de propagande anarchiste en France, base du prochain procès des Trente (août 1894), cherchant à détruire le mouvement anarchiste. Le texte de cette troisième loi scélérate est abrogé en 1992. L'attentat provoque aussi des violences xénophobes dirigées contre les Italiens du Rhône.
Contexte
[modifier | modifier le code]Contexte
[modifier | modifier le code]Développement de l'anarchisme en France et propagande par le fait
[modifier | modifier le code]Au XIXe siècle, l'anarchisme naît et se constitue en Europe avant de se propager[2]. Les anarchistes défendent la lutte contre toutes formes de domination perçues comme injustes, en premier lieu la domination économique, avec le développement du capitalisme[2]. Ils sont particulièrement opposés à l'État, vu comme l'organisation permettant d'entériner un bon nombre de ces dominations au travers de sa police, son armée et sa propagande[3]. De manière générale, les anarchistes cherchent à mettre en place des sociétés horizontales, égalitaires et fondées sur la libre association[4].

À la fin des années 1870, les anarchistes développent la stratégie de la propagande par le fait, visant à transmettre les idées anarchistes par l'action directement, sans passer par le discours, et entraîner la Révolution par des actions incitant le peuple à se révolter, comme en lançant des révoltes ou en assassinant des personnalités politiques ou financières[5]. Des figures de l'anarchisme développent cette stratégie amplement, comme Pierre Kropotkine, Errico Malatesta, Andrea Costa, Carlo Cafiero et surtout Johann Most[6]. En 1879, elle est adoptée par le congrès de la Fédération jurassienne de La Chaux-de-Fonds, elle est discutée deux ans plus tard par le premier congrès exclusivement anarchiste en France, le congrès de Paris, en mai 1881[5]. Elle reçoit une nouvelle centralité au Congrès international de Londres, en juillet 1881[5].
En 1881, le premier attentat de telle nature en France, l'attentat de Saint-Germain-en-Laye, échoue à détruire la statue d'Adolphe Thiers qu'il visait[7]. Dans les années qui suivent, la pratique se généralise dans les milieux anarchistes en France - en particulier alors que la répression de l'État français s'accentue sur eux, ce qui crée des dynamiques de vengeance de la part des anarchistes[8].

Le , deux événements simultanés se produisent pendant la journée de mobilisation ; d'une part, à Fourmies, l'armée française procède au massacre de grévistes pacifiques qui manifestent sur le parvis de l'église[9]. D'un autre côté, des anarchistes qui manifestent entre Levallois-Perret et Clichy se retrouvent dans une confrontation violente avec la police après s'être réfugiés dans un débit de vins - trois d'entre eux, arrêtés après la fusillade, sont transférés puis violemment battus au commissariat par les policiers[9]. Il s'agit de l'affaire de Clichy[9]. Ces deux événements provoquent la colère et la peur des anarchistes, une situation renforcée par le procès des accusés de Clichy, où la police n'est pas inquiétée[9],[10].
Dans ce contexte, des anarchistes comme Ravachol entreprennent des attentats visant les responsables présumés de la répression des anarchistes - en premier lieu le juge de l'affaire de Clichy : Edmond Benoît[11]. En 1892 s'ouvre ainsi une période de l'histoire de France que la presse d'époque et Jean Maitron nomment sous le titre d'Ère des attentats - une période marquée par une grande violence politique entre l'État français, qui accentue encore davantage la répression sur les anarchistes, et ces derniers, qui y répondent par une violence de nature terroriste croissante[12].
Sadi Carnot : un président en conflit avec les anarchistes
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Au centre, à la fois de la théorie de la propagande par le fait - qui veut viser les responsables politiques ou financiers en vue de provoquer des phénomènes révolutionnaires et insurrectionnels où le peuple amènerait la Révolution - et de la volonté de vengeance des anarchistes, se trouve Sadi Carnot. Celui-ci, né le à Limoges, est issu d'une famille comptant de nombreux noms des élites républicaines[13] ; il est en particulier auréolé du prestige de son grand-père, Lazare Carnot, surnommé le « Grand Carnot », membre du Comité de salut public pendant la Terreur et personnage notable de la Révolution française[14].
Sadi suit quant à lui une carrière de haut fonctionnaire, assume de nombreuses charges politiques et gouvernementales : député de la Côte-d'Or, préfet de la Seine-Inférieure, puis sous-secrétaire d'État aux Travaux, il est nommé ministre des Travaux publics, puis des Finances[13]. À la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans le scandale des décorations, Carnot devance Jules Ferry au premier tour de l'élection présidentielle de 1887, puis l'emporte au second tour, le , face au général Félix Gustave Saussier à 616 voix contre 188[13].

Au début de son mandat, Carnot est relativement apprécié de la population et des partis politiques français ; la gauche et la droite parlementaires s'accordant sur lui, car il donne des gages aux deux orientations politiques des partis représentés au Parlement[13]. Pourtant, au fur et à mesure de son mandat - qui voit le scandale de Panama, ses choix politiques lui aliènent une partie de la population et surtout les anarchistes[15]. À l'été 1892, Ravachol est le premier anarchiste exécuté en France[16] après le refus de sa grâce par Carnot, malgré la campagne de la presse anarchiste pour l'obtenir[15]. Cette exécution provoque un profond choc chez les anarchistes et centralise leur attention sur Carnot[15]. Louise Michel ouvre Aujourd'hui ou demain, peu après l'exécution de l'anarchiste, en écrivant[17] :
Tant mieux si ces bandits ont achevé leur œuvre, l’échafaud a ouvert la fête, l’incendie battra des ailes sur l’apothéose.
Le sang de Ravachol éclabousse, du faux-col aux manchettes, l’homme froid de l’Élysée.
L’Élysée ! c’est le point qui attire les regards !
De là montera dans l’air le bouquet final, et la croix de Notre-Dame de l’hécatombe sera le lampadaire.

La position de Carnot pour les anarchistes, déjà au bord de la rupture complète, atteint le point de non retour après l'attentat de l'Assemblée nationale par Auguste Vaillant - qui s'introduit dans l'édifice avec une bombe de faible calibre et la jette sur les députés[18]. La bombe explose, ne tue personne et blesse légèrement ses victimes - dont Vaillant lui-même, ce qui serait un choix délibéré de sa part, selon lui[18]. Deux jours après cette attaque, une série de deux lois très répressives à l'encontre du mouvement anarchiste, les deux premières lois scélérates, sont déjà rédigées et prêtes à être votées[18],[19]. Soutenues par Sadi Carnot, qui en est l'un des principaux promoteurs, elles accentuent drastiquement la répression des anarchistes et entraînent la répression de janvier et février 1894, où des milliers sont arrêtés sur tout le territoire français[18].

De surcroît, Vaillant, en prison, est jugé rapidement et en quelques semaines se voit condamner à mort. Une partie importante de la population parisienne est touchée par le sort de sa fille unique, Sidonie Vaillant, et de la pauvreté de la famille Vaillant - d'autant plus qu'il vise des députés impopulaires impliqués dans le scandale de Panama, alors en cours[18]. Elle demande la grâce de son père à plusieurs reprises, écrit à l'épouse de Sadi, Cécile Carnot, sans succès - et ses appels restent sans réponse[18].
Vaillant est exécuté le ; dès le lendemain, un pamphlet publié à Londres en français et clandestinement distribué en France appelle à une vengeance qui le viserait - il devient la cible principale des anarchistes en France ; à la fois comme chef de l'État et responsable des persécutions[21]. Ce texte, intitulé À Carnot le Tueur, se conclut en déclarant[22],[21] :
Car il faut que vous creviez, assassins, il le faut pour le salut du peuple, pour la gloire de la Révolution. [...] Tu peux t’entourer de mouchards en bourgeois, de policiers en livrée, tu peux te terrer dans ton repaire de bandit. Rien n’y fera, Sadi-le-Tueur ; passant outre, la Justice du peuple ira t’y frapper, s’il le faut. Car c’est maintenant ta peau qu’on va viser, crapule ! [...] Quand toi et ta bande serez crevés, sublime et triomphante brillera la Révolution, l’Anarchie ! Tu as eu la tête de Vaillant, nous aurons la tienne, Président Carnot !
Il est plausible d'envisager qu'à partir de ce moment au moins, plusieurs groupes anarchistes entreprennent de chercher à l'assassiner pour se venger et il devient une cible privilégiée[23]. En février 1894, les anarchistes illégalistes de la bande à Ortiz et Émile Henry sont à Paris[23]. Il est envisageable de considérer que ce dernier, et certains membres de la bande à Ortiz, comme éventuellement Léon Ortiz ou Paolo Chiericotti souhaitent entreprendre un attentat le visant[23]. En tout cas, Émile Henry s'élance dans Paris, le 12 février 1894, une semaine après l'exécution de Vaillant, et cherche à assassiner Carnot[15]. Ne pouvant s'approcher de l'Élysée à cause d'une présence policière trop importante, il se dirige vers le café Terminus, où il commet un attentat[15].
Sante Caserio
[modifier | modifier le code]Sante Geronimo Caserio, né le [24] à Motta Visconti, est un jeune homme d'une vingtaine d'années. Issu d'une famille pauvre, il doit abandonner l'école à un jeune âge et commence à travailler comme boulanger à Milan à l'âge de treize ans[25]. Il est apprécié dans cet emploi et y demeure une partie de son adolescence[25]. À la fin de son adolescence, Caserio rencontre des compagnons anarchistes comme Pietro Gori et rejoint le mouvement anarchiste en Italie. Progressivement, le militant devient un personnage notable des cercles anarchistes de la cité lombarde[25].

Le , Caserio est arrêté par la police italienne pour avoir distribué des tracts antimilitaristes à des soldats, incarcéré jusqu'à son procès où Gori est son avocat, il reçoit une peine de huit mois de prison ferme[25]. Cela le convainc de faire appel et, pendant sa remise en liberté en attendant l'audience, il se procure de faux papiers auprès d'un compagnon et fuit le pays en passant en Suisse, où il est accueilli[25]. Il y reprend son emploi de boulanger, organise une grève puis décide de passer en France car les autorités suisses commencent à être suspicieuses de sa présence, surtout depuis qu'il commence à faire de l'agitation anarchiste[25]. Le militant passe ensuite la frontière avec la France et rejoint Lyon ; où il rencontre un certain nombre d'anarchistes - parvient à éviter la surveillance des autorités françaises car il ne sait pas parler français et ne côtoie donc pas les groupes anarchistes de la ville[25].
Caserio rejoint ensuite Sète, où il recommence à travailler comme boulanger et s'entend bien avec son employeur, qui apprécie son sérieux et le fait qu'il ne boive pas, bien qu'il fume beaucoup[25]. À la fin de l'année 1893 et jusqu'à fin février 1894, donc après l'exécution de Vaillant, il est hospitalisé quelques mois après avoir appris être touché par une maladie vénérienne[25]. Pendant cette hospitalisation, Caserio est vraisemblablement visité par un certain nombre d'anarchistes - en particulier Ernest Saurel - un compagnon sétois qui lui sert de traducteur et d'interface avec les militants français et de Tiburce 'Crispi' Straggiotti, un compagnon italien désormais installé à Lyon[25]. Selon d'autres patients de l'hôpital, Caserio aurait souvent parlé de Ravachol et de Vaillant, en les présentant comme des martyrs de la cause anarchiste[25]. Il sort de l'hôpital à la fin de février 1894[25].
Assassinat
[modifier | modifier le code]Trajets de Caserio
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Le , Sante Caserio se rend à son travail et se dispute subitement avec son employeur, avec qui il est pourtant en très bons termes jusque là[26]. Vers onze heures, il se rend chez l'armurier Guillaume Vaux et lui achète un poignard[26]. Il se rend seul au café du Gard vers 13h30[26]. Il demande au patron l'horaire et le prix du prochain train allant d'Avignon à Lyon[26]. Puis, l'anarchiste se rend chez Saurel et les deux s'entretiennent - selon Saurel, ils ne discutent que du fait qu'il s'est disputé avec Vialla et qu'il partirait à Montpellier pour chercher du travail[26].
À 15 heures, Caserio prend le train pour Montpellier – dès qu'il arrive, il se rend chez un anarchiste du nom de Laborie[26]. Il en sort vers 21 heures et prend le train de 23 heures pour Avignon[26]. Il est impossible de savoir ce qu'il fait dans l'intervalle de deux heures[26]. Caserio change plusieurs fois de train, pour perdre une possible filature, et arrive à Vienne au matin[26]. Là, Caserio rencontre trois compagnons au fil de la journée, qui tous assurent par la suite n'avoir discuté avec lui que de choses triviales[26].
Il commence alors à se diriger vers Lyon à pied[26], où Sadi Carnot doit participer à une parade le soir pour l'Exposition universelle, internationale et coloniale de Lyon de 1894, première exposition coloniale française[27]. Son acte à venir s'inscrit dans une poussée anticoloniale assez fréquente au sein de l'anarchisme[27]. En tout cas, vers 15 heures, le , il demande à boire à un fermier de Simandres (alors en Isère). Une heure et demie plus tard, il traverse Saint-Symphorien-d'Ozon[26].
À partir de ce moment, il n'est plus vu jusqu'à l'attentat, ce qui compte pour la compréhension de l'attentat[26], car il est probable que – contrairement à ce que soutient Caserio lors de son procès – l'anarchiste soit aidé ou coordonné avec un petit groupe d'anarchistes lyonnais pour mettre en place son projet[28],[29].
Peu avant 21 heures, Caserio est placé sur le trajet du président Carnot à l'endroit précis où il serait capable de l'assassiner[28], c'est-à-dire à droite du cortège, dans le sens contraire au sens de la marche[26]. La voiture, qui part du Palais du Commerce, s'engage dans la rue où se trouve l'anarchiste, au milieu d'une foule de personnes qui acclament et se pressent autour d'elle[26].
Trajets de Carnot
[modifier | modifier le code]Le , à l'occasion de l'Exposition universelle, internationale et coloniale qui se déroule au parc de la Tête-d'Or à Lyon, le président Sadi Carnot participe à un banquet organisé en son honneur par la chambre de commerce au palais du Commerce, place des Cordeliers. Dans son discours, il semble indiquer qu'il ne sera pas candidat à un second mandat lors de l'élection présidentielle prévue à la fin de l'année.
Avant d’assister à une représentation d'Andromaque par la Comédie-Française, au Grand-Théâtre de la ville - un événement réservé à un public très restreint - le chef de l’État prend la décision de saluer la population locale à bord de la voiture présidentielle, puis de rentrer quelques minutes à la préfecture du Rhône pour se reposer et se changer[30]. Alors que Sadi Carnot souhaite faire le trajet à pied, le docteur Antoine Gailleton, maire de Lyon, le convainc de monter dans un landau très bas[31].
Peu après 21 h[32], le cortège présidentiel, escorté par des cavaliers, quitte le banquet par une issue secondaire. L'itinéraire prévoit un passage par la rue Sainte-Bonaventure (devenue depuis rue du Président Carnot), puis par la rue de la République jusqu'à la place des Terreaux. Le président est assis sur la banquette arrière du côté droit du landau. À sa gauche, se trouve le général de brigade Léon Borius, ancien chef de la Maison militaire du président ; le général Nicolas Joseph Voisin, gouverneur militaire de Lyon, est en face du président, et le docteur Antoine Gailleton, maire de Lyon, à la droite de ce dernier.
Assassinat et arrestation de Caserio
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Lorsque les derniers cavaliers de l'escorte passent devant lui, Caserio - masqué d'une casquette, pousse les deux personnes devant lui et se jette sur le président ; la lame de son poignard étant dissimulée dans un journal[33]. Il donne un coup unique et fort de sa main droite et crie[33] : « Vive la Révolution ! » Il s'enfuit ensuite, alors que le président tombe sur le dos et perd connaissance et que le maire de Lyon, Antoine Gailleton ne comprend d'abord pas ce qu'il vient de se produire - pensant qu'on vient de jeter un bouquet de fleurs sur le président[33].
Caserio parvient presque à s'enfuir mais, criant « Vive l'anarchie » pendant sa fuite, l'escorte qui l'a dépassé se retourne pour l'arrêter et il ne parvient pas à rejoindre et se perdre dans la foule, qui se ferme devant lui[33]. La foule se jette sur lui pour le saisir et le bat avant que des policiers ne l'arrêtent tandis que Carnot est transféré d'urgence à l'Hôtel Dieu[34],[33]. Touché au foie sur deux endroits, il n'a que peu de chances de survie et meurt quelques heures plus tard, le vers 0h30[33].
Suites et conséquences
[modifier | modifier le code]Coma et mort du président
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Rapidement après les faits, le cortège fait demi-tour et fonce vers l'hôtel de préfecture du Rhône, dans le 3e arrondissement de Lyon, tandis que le docteur Gailleton prodigue les premiers secours au président agonisant. À la préfecture, la plaie est examinée par de nombreux médecins et chirurgiens qu'on a fait venir de la faculté de médecine de Lyon. L'intervention chirurgicale est conduite par le professeur de médecine opératoire et de clinique chirurgicale Antonin Poncet, entouré des professeurs Jean Lépine et Louis Léopold Ollier, Fabre et Michel Gangolphe. Cependant, les chirurgiens ne peuvent venir à bout de l’hémorragie interne. Le président de la République meurt des suites de cette importante hémorragie peu après minuit (décès constaté à 0 h 38) le 25 juin 1894, dans les locaux de la préfecture du Rhône[32].
Cécile Carnot, veuve du président, refuse dans un premier temps que le corps de son défunt époux ne soit autopsié ; elle se laisse finalement convaincre par Antoine Gailleton, qui invoque l’intérêt national, mais à la condition que l’examen soit effectué par le professeur Ollier. En présence d’une dizaine de professionnels, dont Alexandre Lacassagne, Antonin Poncet, Fleury Rebatel et le médecin personnel du président, François Planchon, le Dr Ollier peut ainsi sonder une plaie de dix centimètres au foie et constater un double sectionnement de la veine porte[35].

Sadi Carnot est le premier président de la République française à mourir en fonction, et le premier à avoir été assassiné. Les funérailles nationales ont lieu le à Paris, à la cathédrale Notre-Dame. Il est inhumé le même jour au Panthéon, au côté de son grand-père Lazare Carnot.
Émeutes anti-italiennes
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Bien que très symbolique, la mort de Sadi Carnot ne remet pas en question la stabilité des institutions républicaines, confortées par les échecs du projet de Troisième Restauration et du boulangisme[36]. Les quatre jours suivant l'attentat sont le théâtre d'exactions contre la communauté italienne de Lyon. Les maisons, magasins et commerces des ressortissants italiens sont incendiés et pillés (les voleurs s'intéressent en particulier aux produits de luxe tels que le chocolat)[37] ; des Italiens sont violentés. L'armée quadrille les rues à partir du 26 juin jusqu'au 5 juillet pour contenir les émeutes, et protège le consulat[37]. 1 300 personnes sont arrêtées, 348 sont jugées en correctionnelle et de nombreuses peines de prison, allant jusqu'à trois mois ferme, sont prononcées[37]. Les dégâts matériels seront mal indemnisés, et ce cinq ans après les faits. Le consulat italien de Grenoble est également mis à sac[37].
Le bilan humain est de trois morts : un policier, deux émeutiers mais aucun Italien. En revanche des milliers d'Italiens quittent la région lyonnaise dès le début des émeutes ; on compte également au moins un suicide d'Italien directement lié aux troubles, un marchand de légumes ruiné par les dégâts subis par son magasin[37].
Vote de la troisième loi scélérate
[modifier | modifier le code]L'assassinat commis par Caserio entraîne le vote par le Parlement de la dernière et de la plus marquante des lois dites « scélérates » visant les anarchistes, dont le but est de compléter l'arsenal répressif contre les menées anarchistes, qui sont privés de tout type de communication. Ce texte est abrogé en 1992.
Procès de Caserio
[modifier | modifier le code]Instruction par le juge Henri Benoist
[modifier | modifier le code]Le juge Henri Benoist est chargé de l'instruction quasi immédiatement après le crime, le soir du [38]. À cette époque, l'avocat n'est pas encore obligatoire pendant l'instruction ce qui permet de multiplier les interrogatoires[39]. Le juge Benoist commence ainsi son travail le à 23 h, et finit le 16 juillet, soit 3 semaines en tout[40], avec 9 interrogatoires de Caserio en tête à tête[41].
Caserio nie connaître un seul anarchiste en France, à Sète, Lyon ou Vienne[42]. Il reconnaît tous les faits[43], parle de son voyage depuis l'Italie mais jamais de ses liens potentiels avec d'autres militants, refusant de répondre aux questions qui concernent ces points[42]. De manière étrange, lors des confrontations préalables à son procès, Guillaume Vaux, qui lui aurait vendu le poignard utilisé, déclare qu'il ne le reconnaît pas et qu'il ne s'agit pas de la personne venue lui acheter le poignard[42]. Il soutient aussi que le poignard aurait été acheté la veille et pas par Caserio en fin de matinée[42]. Caserio n'est pas d'accord avec ce témoignage et arrive à décrire relativement correctement l'intérieur de l'armurerie de Vaux, ce qui fait que ce dernier accepte finalement son témoignage[42]. Le juge fait de manière générale peu attention aux éléments intéressants de l'enquête et la « bâcle et l'expédie »[44], pour que Caserio puisse passer en procès le plus vite possible[42]. Ainsi, un soldat incarcéré pour insoumission, qui se trouve à l'hôpital en février 1894 en même temps que Caserio soutient l'avoir entendu préparer l'attentat contre Carnot avec Saurel - les deux auraient notamment discuté du fait qu'une bombe ne serait pas la meilleure manière de tuer leur cible, et qu'il faudrait le cibler pendant l'exposition coloniale organisée quelques mois plus tard, ce que l'anarchiste nie avec vigueur[42]. Cependant, le juge ne traite pas ce témoignage avec attention et considérant probablement qu'il s'agit d'une rumeur lancée pour obtenir une remise de peine, le laisse de côté[42].
Le 16 juillet, le juge Benoist se dessaisit du dossier et Caserio est renvoyé devant la cour d'assises du Rhône[45].
Procès
[modifier | modifier le code]Caserio est jugé en cour d'assises les 2 et 3 août suivants[45]. Il est assisté de l'avocat italien Maître Alfredo Podreider, né à Paris et travaillant à Milan[46] et de Maître Dubreuil, bâtonnier au barreau de Lyon. Les deux avocats veulent plaider la maladie mentale[47], mais Caserio les en dissuade, ne souhaitant pas faire passer sa famille pour des fous et expliquant : « Moi non plus je n'ai jamais été fou et, quoique je me trouve en prison, je ne le suis pas. Si j'ai tué le président de la République, ce n'est pas parce que je suis fou, c'est mon idéal anarchiste »[48].
Le procès de l'anarchiste s'ouvre le et est présidé par le juge Breuillac, qui commence le procès par une déclaration à charge contre l'accusé[44]. Berthoud met en évidence des réponses lors du procès où il déclare avoir ciblé Carnot à la fois en tant que président et donc représentation de l'État et comme responsable personnel des répressions[21]. Il déclare par exemple[21] :
« – Je ne sais pas si M. Carnot était riche ou non. Ce que je sais, c'est qu'il représentait toute la société bourgeoise, toute la justice bourgeoise. Et s'il faisait la charité aux pauvres, il la faisait avec de l'argent qu'on lui donnait au moyen de taxes payées par les gens qui travaillent.
– Avez-vous pensé, en frappant cet homme, au milieu des exclamations de la foule, qu'il avait une épouse et des enfants dont il était tendrement aimé ?
– Je n'ai pas pensé à la femme et aux enfants de M. Carnot, puisque lui non plus n'a pas pensé aux femmes et aux enfants des milliers d'anarchistes qui ont été arrêtés, et il n'a pas non plus pensé à la fille de Vaillant. »
Caserio répète ce rappel à la fille de Vaillant, Sidonie Vaillant, à d'autres reprises[44]. Il dit aussi se venger de l'exécution d'Émile Henry et de Ravachol[44]. L'anarchiste assume entièrement l'attentat et refuse de parler de liens potentiels avec d'autres anarchistes ; il déclare avoir agi seul[44]. Il se dispute avec son avocat, qui essaie de le présenter comme ayant de graves problèmes psychologiques, et donc qu'il serait irresponsable pénalement - ce qui n'est pas sa stratégie de défense, lui déclarant qu'il est responsable pénalement et qu'il a agi pour des motivations politiques[44].
Il n'a que peu de chances d'échapper à la peine de mort[44], le caractère unilatéral et expédié du procès étant remarqué par des participants comme Henri Varenne[44]. Il est condamné à mort le lendemain après vingt minutes de délibération[44].
Son avocat fait une demande de vice de forme à cause de l'intervention partiale du juge au début du procès, elle est refusée[44]. Il s'exclame « Vive l'anarchie ! » alors qu'il est emmené hors du tribunal[44].
Exécution de Caserio
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Caserio refuse de signer un recours en grâce ou un pourvoi en cassation et attend son exécution avec anxiété[44]. Conformément aux institutions de l'époque, où une execution ne peut avoir lieu sans un décret de refus de grâce, le Président succedant à Sadi Carnot, Jean Casimir Perier, refuse la grâce. Le , il signe un document où il déclare ne pas vouloir donner son corps à la science - un moyen d'éviter le sort d'Émile Henry, moqué par les médecins qui autopsient son cadavre[44]. L'anarchiste refuse aussi de recevoir le prêtre de Motta-Visconti qui vient le visiter en prison[44]. Le 15 août, Caserio écrit son dernier texte, qui est adressé à sa sœur[44]. Il lui dit[44] :
« Voici mon dernier écrit, chère sœur, que je puisse t’envoyer, et quand tu liras mes dernières paroles écrites, ma tête sera tombée sur la guillotine ! Ne crois pas ceux qui te diront que je suis un assassin, mais pense que c’est pour un grand idéal que je vais à la mort.
Aujourd'hui tu es jeune, mais il viendra un jour où tu seras forcée de lutter contre la misère, et alors tu sauras pourquoi ton frère est mort ! »
Le lendemain matin du refus de la grâce, à 4h30 environ, il est réveillé par les gardes, refuse une nouvelle fois toute assistance religieuse, puis est mené à la guillotine sans un mot de sa part[44]. Arrivé devant l'instrument, il déclare quelques mots en italien qui pourraient être soit « Vive l'anarchie » soit « Je ne veux pas » avant d'être exécuté[44]. Sa tête tombe dans le panier au bas de la guillotine tandis que la foule pressée pour assister à son exécution applaudit, un phénomène rare dans ce type d'événements[44]. En apprenant sa mort, son grand frère, Giovanni, se suicide[49].
Postérité du poignard de Caserio
[modifier | modifier le code]Les récits divergent à propos de la destinée du poignard utilisé par Caserio[50]. Outre ce poignard, quatorze copies ont été produites par le coutelier Vaux[50]. L'un d'entre eux aurait été produit en complément[51] ou au lieu du poignard utilisé lors de l'attentat, dès le moment du procès[52]. Selon le criminologue Edmond Locard, la veuve Carnot aurait conservé le poignard[52], mais cette information n'est pas corroborée par d'autres sources[50]. Selon l'historien lyonnais Félix Benoit, qui fut l'assistant d'Edmond Locard de 1937 à 1938, le véritable poignard aurait été confié en 1925 au Musée de criminalistique de Locard, puis il aurait été dérobé en 1938[53]. Félix Benoit prétend avoir remplacé le poignard original par un autre, acheté au marché aux puces de la place Rivière à Villeurbanne, sur consigne du Dr Locard[53]. Là encore, cette version n'est pas corroborée par d'autres sources[50]. Quoi qu'il en soit, le poignard transféré au musée de l'École nationale supérieure de la Police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or serait certainement un faux, ou du moins un spécimen fourni par l'armurier[53],[54]. Quant au poignard effectivement utilisé par Caserio, une dernière possibilité serait qu'il ait en fait été conservé par Constant François Rojon, secrétaire personnel du procureur du tribunal de Justice de Lyon de l'époque, puis vendu aux enchères, même si des expertises scientifiques complémentaires seraient requises[50].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Le Petit Parisien. Supplément littéraire illustré », sur Gallica, (consulté le )
- Jourdain 2013, p. 13-15.
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« Ce fameux poignard, pièce à conviction lors du procès, fut déposé en 1925 au Musée de Criminalistique du Dr. Locard. A savoir dans l'une des trois pièces jouxtant le laboratoire de Police. Or c'est là, justement, que cet instrument du crime fut dérobé par des visiteurs demeurés inconnus ! C'était en 1938, l'année où j'approchais quotidiennement le Dr. Locard, et où celui-ci me dit, en clignant de l'œil: « Benoit, vous qui fréquentez le marché aux puces de la place Rivière, trouvez donc un poignard ressemblant autant que possible au disparu... Nous n'ébruiteront pas l'affaire, et la sérénité de notre musée n'en souffrira nullement »... C'est par conséquent ce que je fis. J'achetai aux puces un poignard ad hoc, une belle pièce de collection, qui reprit sa place dans une vitrine, et que l'on transféra plus tard au musée de l'Ecole Supérieure de Police, à St-Cyr-au-Mont-d'Or, lors de la disparition du Musée de Criminalistique du Dr. Locard. Ce poignard est donc un faux, et j'ai mis cinquante ans avant de révéler ici ce secret qui finissait par peser sur ma conscience. »
- ↑ Frédéric Crouzet, « Quais du polar (2/4) : La lame fatale de l’anarchiste Caserio », sur 20 Minutes, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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- (en) Colin Ward, Anarchism: A Very Short Introduction, Oxford, Oxford University Press (OUP),
