Élection présidentielle française de 1879
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| Élection présidentielle française de 1879 | ||||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Inscrits | 800 | |||||||||||||
| Votants | 713 | |||||||||||||
| 89,13 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 670 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 43 | |||||||||||||
| Jules Grévy – Républicain modéré | ||||||||||||||
| Voix | 563 | |||||||||||||
| 84,03 % | ||||||||||||||
| Alfred Chanzy – Militaire | ||||||||||||||
| Voix | 99 | |||||||||||||
| 14,78 % | ||||||||||||||
| Président de la République | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Patrice de Mac Mahon Légitimiste |
Jules Grévy Républicain modéré | |||||||||||||
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L'élection présidentielle française de 1879 s'est déroulée le à la suite de la démission du président Patrice de Mac Mahon. Le président de la Chambre des députés Jules Grévy fut élu pour lui succéder.
Contexte
[modifier | modifier le code]Le président Mac-Mahon, ne bénéficiant plus d'aucun soutien de la part des deux chambres du parlement à la suite des élections sénatoriales remportées par les républicains le , préfère démissionner après avoir refusé de signer la destitution de certains généraux. En huit heures, l'Assemblée Nationale se réunit afin d’élire un nouveau président.
Du côté républicain, si Léon Gambetta est populaire, il n'est pas capable de fédérer autour de son nom. Georges Clemenceau, bien qu'influent est trop à gauche pour obtenir les voix des modérés. De même, Jules Ferry est trop influent dans le parti pour prendre le poste de Président. Jules Grévy, républicain de 1848, modéré et très bon connaisseur du droit, est donc préféré. De plus, il fait le lien avec le début de la République car il était proche de Thiers et a favorisé le Pacte de Bordeaux. Il est aussi partisan d'une présidence qui s'abstient d'intervenir sans demande parlementaire[1].
Résultats
[modifier | modifier le code]| Candidats | Étiquettes | Premier tour | ||
|---|---|---|---|---|
| Voix | % | |||
| Jules Grévy | Républicain modéré | 563 | 84,03 | |
| Alfred Chanzy | Militaire | 99 | 14,78 | |
| Léon Gambetta | Union républicaine | 5 | 0,75 | |
| Paul de Ladmirault | Militaire | 1 | 0,15 | |
| Henri d'Orléans | Orléaniste | 1 | 0,15 | |
| Gaston de Galliffet | Militaire | 1 | 0,15 | |
| Votes valides | 670 | 93,97 | ||
| Votes blancs et nuls | 43 | 6,03 | ||
| Total | 713 | 100 | ||
| Abstention[a] | 87 | 10,87 | ||
| Inscrits / participation | 800 | 89,13 | ||
Analyse
[modifier | modifier le code]Le président de la Chambre des députés et candidat malheureux en 1873 Jules Grévy partit dès la réunion des deux chambres comme le grand favori. Il décida de poser sa candidature et fut élu avec une très grande majorité de suffrages. Sa candidature est probablement associée à un certain nombres d'assurances sur le révision, notamment sur le fait de ne pas réviser la Constitution avant la fin de son premier mandat[1].
Selon le journal catholique conservateur L'Union, les bonapartistes des deux Chambres ont voté pour Jules Grévy dans le but de pousser à la faute la République et le « radicalisme »[4]. Son opposant le plus sérieux était le militaire Alfred Chanzy, qui rassembla une centaine de suffrages. Le populaire député Léon Gambetta succéda à Grévy à la tête de la Chambre.
Dans son discours devant le Sénat du [5], il annonce qu'il n'ira jamais à l'encontre de la volonté nationale, et de fait, abandonne l'exercice du droit de dissolution. Jules Grévy renonce ainsi à la conception dualiste du régime parlementaire instauré par son prédécesseur (le maréchal de Mac Mahon) en établissant un système moniste du régime. On parle dès lors de « Constitution Grévy » (expression du constitutionnaliste Marcel Prélot), dans la mesure où ses successeurs vont respecter cette conception moniste. Laquelle affaiblissait les prérogatives de l'exécutif, notamment du président de la République, au profit du législatif : c'est l'accouchement d'un régime parlementaire. Le lendemain, Léon Gambetta déclare : « Depuis hier, nous sommes en République »[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Dont 24 absents par congés
Références
[modifier | modifier le code]- Odile Rudelle, « Chapitre III. 1879-1885 : la fin du provisoire », dans La république absolue : 1870-1889, Éditions de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles », , 65–103 p. (ISBN 979-10-351-0509-9, DOI 10.4000/books.psorbonne.71617, lire en ligne)
- ↑ « 1879, Troisième République, France, Élection président de la République, MJP »
, sur mjp.univ-perp.fr (consulté le ).
- ↑ Journal officiel de la République française, Paris, (lire en ligne sur Gallica
), p. 678.
- ↑ « L'Union : La Quotidienne, La France, L'Écho francais »
, sur Gallica, (consulté le )
- ↑ T L., « Discours de Jules Grévy adressé au Sénat le 06 février 1879 », Publications Doc Du Juriste, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Georges-Léonard Hémeret et Janine Hémeret 1994, p. 44.