Marsanne (Drôme)

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Marsanne
Marsanne (Drôme)
Vue sur la plaine des Andrans depuis l'église Saint-Felix.
Blason de Marsanne
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Dieulefit
Intercommunalité Montélimar-Agglomération
Maire
Mandat
Thierry Lhuillier
2014-2020
Code postal 26740
Code commune 26176
Démographie
Population
municipale
1 320 hab. (2015 en augmentation de 11,77 % par rapport à 2010)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 38′ 40″ nord, 4° 52′ 25″ est
Altitude Min. 140 m
Max. 586 m
Superficie 34,29 km2
Localisation

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Marsanne est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes. Les armes de la commune sont une double croix d'argent de légal sur fond d'azur[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Quelques traces de l'époque gallo-romaine. Le nom du village de Marsanne (Fons Juliana) est cité à l'occasion du séjour de César Julien dans le milieu du IVe siècle[2]. Envoyé par Saint Irénée christianiser la vallée du Rhône, le prêtre Felix, accompagné des diacres Fortuna et Achilée, s'arrêta à Fons Juliana pour y bâtir une église. Après son martyre, les habitants placèrent leur paroisse sous la patronage du saint.
  • Le village de Marsanne était sur la route de Jérusalem, pour ceux qui s'en rendaient par les alpes cotiennes. ainsi, quand Adhémar de Monteil, légat du Saint siège lors de la première croisade, partit pour Jérusalem, de nombreux vassaux de la région se joignirent à lui, dont les habitants de Marsanne. au retour de cette expédition, la croix portative du légal ainsi que d'autres objets lui appartenant furent confiés aux consuls de Marsanne. Tel est l'origine des armes que portent encore le village de Marsanne aujourd'hui. Ces objets ont été fondus sous la Révolution pour faire des canons.
  • Petit village fortifié au milieu du Ve siècle qui a toujours eu une grande influence sur tous les autres villages des alentours comme Cléon-d'Andran, Roynac...
  • Première attestation écrite en 1178 : Marsana, dans la charte de fondation de l'abbaye de Bonlieu. Marsane en 1321 (arch. de la Drôme, E6372). Castrum de Marssanna, 1341 (Cart. de Montélimar, 46), Marsano en 1548 (arch. de la Drôme, E 6104).
Marsanne au XIXe siècle illustrée par Alexandre Debelle (1805-1897).
  • situation féodale : Des Poitiers aux Adhémar aux Martin de La Porte en passant par les papes : L’extinction de la branche aînée des Poitiers fit passer un moment la terre de Marsanne sous la domination des papes. Aymar V, dit le gros, se rendit vassal de la cour de Rome, prêta foi et hommage à Grégoire Xl, son oncle par alliance et reconnut tenir de lui le fief de Marsanne.  Quelque temps après le comte institua le souverain Pontife pour son héritier; mais cette disposition demeura sans effet, car Louis de Poitiers, neveu du testateur, lui succéda de l'agrément du pape dont il se déclara vassal. Marsanne vint ensuite rejoindre les terres du Dauphin, le futur Louis XI. L'acte de transport eut lieu le 11 août 1404.  Louis, le dernier comte Valentinois, mourut en 1419. Le pape, usant des droits que lui assurait le testament d’Aymar, se présenta à la mort de Louis pour recueillir son héritage et fit prendre possession en son propre nom des terres et fiefs qui avaient appartenu aux Poitiers. Déjà il possédait Montélimar par la cession que lui en avait faite Gantier-Adhémar, en échange de la terre de Crillon. Par un traite du 25 mai 1447, Giraud-Adhémar, seigneur de Grignan, renonça à la terre, de Crillon, qui passa au pouvoir du pape, et reçut en échange notamment le fief de Marsanne qu’il reconnut tenir du dauphin de France. Marsanne, en 1479 passa, par alliance, de la famille Adhémar à celle des Brunier, seigneurs d’Aps en Vivaris. Ceux-ci la vendirent en 1784 aux Martin de La Porte, ses derniers seigneurs.
  • Les guerres de religion, conduisirent à un appauvrissement de des conditions de vie de la population. Les paysans commencèrent à s'assembler pour défendre leurs intérêts communs dès la fin de l'année 1577. En 1578, certaines assemblées locales ont lieu à Marsanne. Fin 1579, les paysans forment des armées qui expulsent les troupes de soudards de la vallée du Rhône, avant que la répression royale n'écrase le mouvement l'année suivante[3]. Entre 1580 et 1582, de nouvelles troubles éclatèrent par les "défenseurs de la cause commune". Les protestants s'emparent alors de Marsanne et de Montélimar. S'ils ne restent que quelques mois à Marsanne, ils s'installent un peu plus longtemps à Montélimar où ils démolirent les églises de Sainte Croix et des Cordeliers ainsi que la plupart des archives. En 1589, plus de mille hommes de troupe, cinq cents chevaliers et trois pièces d'artillerie du parti protestant commandé par le duc de Lesguidière mettent de nouveau le siège devant Marsanne pendant onze mois, sans succès, et ce, malgré cent soixante neuf coups de canon contre la muraille[4]. Le village est alors défendu par un certain Coursas, qui commandait la garnison au nom du Roi et qui avait un large soutien de la population[5].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1940 Emmanuel Michel    
2001 en cours Thierry Lhuillier SE  
La mairie.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7].

En 2015, la commune comptait 1 320 habitants[Note 1], en augmentation de 11,77 % par rapport à 2010 (Drôme : +4,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 096 1 075 1 167 1 250 1 379 1 426 1 450 1 488 1 588
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 484 1 623 1 605 1 616 1 577 1 521 1 515 1 390 1 329
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 227 1 230 1 155 1 034 1 004 929 888 893 909
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
823 817 779 772 873 998 1 209 1 181 1 320
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Félix des XIIe et XVe siècles. Inscrite au titre des monuments historiques le 13 juillet 1926[10]. Ancien prieuré de l'abbaye de l'augustine de Saint-Thiers de Saou, elle servit d'église paroissiale jusqu'à 1789. Le toit de l'église a été refait en février 1995 par l'association des Amis du Vieux Marsanne[11].
  • Vieille ville, restes de l'enceinte.
  • Ruines du donjon du château féodal du XIe siècle XIVe siècle. Le château fut probablement démantelé à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes. Une ceinture de remparts percés de trois portes, allait se relier au château dans l'enceinte duquel s’étendaient, le long des cours intérieures, de vastes bâtiments destinés aux machines de guerre, aux provisions, au logement des officiers et des hommes d’armes. Au centre de cette masse de construction assise sur le point le plus élevé et composant le château, s’élevait accolée au donjon, une tour plus svelte que les autres et dont les lucarnes s’ouvraient aux quatre vents. C’était le beffroi d’où retentissait la cloche d’alarme. L’église paroissiale Saint Félix  était située dans l'enceinte, au-dessous du donjon.
  • Château de Montluisant, grande demeure du XIXe siècle construite à la place d'une bâtisse plus vieille datant du XVIIe siècle. Il doit son nom à la famille qui l'acquit en 1838 et qui est à l'origine de son allure actuelle.
  • La fontaine sur la place centrale, ornée d'un cadran solaire et érigée en commémoration de la naissance du fils de Napoléon Ier.
  • Le beffroi recouvre la porte de Lachard, l'une des cinq portes de l'ancien village fortifié.
  • Forêt de 1 100 hectares avec de nombreux sentiers de randonnée[12]
  • Château de Genas, inscrit au titre des monuments historiques situé à Cléon d'Andran, dans la plaine à 7 km de Marsanne : il comporte une "façade décor" de style italien avec escalier à double révolution XVIIe siècle. Il est ouvert au public lors de la Journée Nationale du Patrimoine.
  • le sanctuaire mariale de N.D de Fresnau : le pape Clément IX accorda en 1668 des indulgences pour les pèlerins; Pie IX pour sa part accorda les indulgences de la portioncule (c'est-à-dire une indulgence locale) en 1855. L'évêque de Valence créa alors la confrérie de N.D de Fresnau dont le but est l'union des familles, la fidélité aux vertus et pratiques de la religion catholique, et la conservation temporelle et spirituelle des enfants[2]. L'histoire de ce sanctuaire se fond dans la nuit des temps et seule la légende nous est parvenue[13] : au XIIe, une jeune fille, aveugle de naissance, allait tous les jours prier dans la forêt pour demander à Marie la vue pour aider à secourir son vieux père. Alors qu'elle s'était endormi au pied d'un arbre en terminant ses prières, elle fit apparaître en songe Marie qui lui demandait de lui construire une chapelle. Pour supprimer la résistance de son père et du curé, différents miracles ont alors lieu conduisant la population du village, unanime, à faire le vœu de construction de cette chapelle. Se rendant alors dans la forêt, la jeune fille se frotte les yeux à l'eau d'une source et retrouva la vue. Depuis lors, la population des alentours se presse, en particulier le 15 août et le 8 septembre[14]. Le 8 septembre 1855, le sanctuaire de Fresnau fit inauguré en grande pompe par l'évêque de Valence, accompagné de ceux de Grenoble, Montpellier et de Viviers[15]. Les deux canons pris aux russes lors de la bataille de Malakoff ont été offerts par Napoléon III, en souvenir de cette victoire du même jour.

Vie locale[modifier | modifier le code]

  • La commune dispose d'une agence postale communale.
  • De nombreux artisans locaux.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-Bernardin-Marie de Montluisant, Armes de la commune de Marsanne: double croix d'argent de légat sur fond d'azur, Chanoine, (lire en ligne).
  2. a et b Ch de Montluisant, Diocèse de Valence: Marsanne, sanctuaire de Notre-Dame de Fresnau, Impr. J.B. Gros, (lire en ligne)
  3. Roger Pierre, « Un épisode peu connu des guerres de religion : "Les défenseurs de la cause commune" et "La guerre des Paysans », Bulletin de l'association universitaire d'études drômoises, no 15, 1968, p. 10-13.
  4. J. D Long, Les guerres de religion en Dauphiné, de 1560 à l'édit de Nantes, Paris, Firmin Didot Frères, (lire en ligne), p. 203
  5. Abbé A. Vincent, Notice historique sur Marsanne, Valence, Marc Aurel, (lire en ligne)
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. Notice no PA00116976, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. Le vieux Marsanne
  12. Sentiers de randonnées.
  13. Ch de Montluisant, Diocèse de Valence: Marsanne, sanctuaire de Notre-Dame de Fresnau, Impr. J.B. Gros, (lire en ligne)
  14. René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, Paris, Fayard, , 1427 p., p. 615
  15. Joseph Cyprien Nadal, Histoire de la très-sainte Vierge, précédée d'une notice historique sur le pèlerinage de Fresneau à Marsanne (Drôme), Impr. E. Marc-Aurel, (lire en ligne)
  16. « Julien-Victor Veyrenc (1756-1837) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 27 septembre 2015)
  17. Mairie de Paris, Petit Palais, « Le Petit Palais - Nouvel accrochage au Petit Palais - petitpalais.paris.fr », sur www.petitpalais.paris.fr (consulté le 27 septembre 2015)
  18. « Visite historique du vieux village de Marsanne », sur marsanne.free.fr (consulté le 3 octobre 2015)