Plan Juppé de 1995

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Annoncé le , le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale propose de généraliser aux fonctionnaires et aux entreprises publiques (RATP, SNCF et EDF) les mesures imposées aux salariés du secteur privé par la réforme Balladur des retraites de 1993. En raison des grèves de 1995 en France, qui durent trois semaines dans les transports, le gouvernement cède, mais il réussit toutefois à instaurer des mesures visant à réduire le déficit de la Sécurité sociale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Alors que Jacques Chirac s'est fait élire à l'élection présidentielle française de 1995 sur le thème de la réduction de la « fracture sociale », il explique aux Français quelques semaines plus tard qu'il doit renoncer à son programme ayant « sous-estimé l'ampleur des déficits »[1]. Il annonce vouloir réduire les déficits « pour qualifier la France pour la monnaie unique européenne »[1]. Le plan Juppé qui intervient peu après ce changement de cap radical provoque une levée de boucliers[1].

Programme[modifier | modifier le code]

Le plan du premier ministre Alain Juppé contenait une série de mesures concernant aussi bien les retraites que l'assurance-maladie, et qui toutes allaient dans le sens d'une politique de rigueur.

Le plan Juppé était axé sur quatre grandes mesures :

  • Un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique, mesure déjà décidée pour les travailleurs du secteur privé lors de la réforme Balladur des retraites de 1993 ;
  • L’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale qui fixe les objectifs de progression des dépenses maladies et envisage la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif ;
  • Un accroissement des tarifs d'accès à l'hôpital et des restrictions sur les médicaments remboursables ;
  • Le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs.

Dès sa présentation à l’Assemblée nationale par le Premier ministre Alain Juppé, le plan de réforme se heurte à l’hostilité d’une partie de l’opinion publique. La direction de la CFDT, ainsi qu'une partie du Parti socialiste (en particulier Claude Évin), soutiennent le plan, l’accord syndical de l'automne est enterré, mais malgré cela, un mouvement de grève va durer plus de trois semaines dans les transports, tandis qu’une série de journées de manifestations va accompagner les grèves de 1995 en France, la plus importante ayant réuni le 12 décembre 1995 deux millions de personnes dans toute la France.

Selon la DARES, le service des études et des statistiques du ministère du travail, le nombre des jours de grève a été de 6 millions, dont près de 4 millions de jours de grève dans la fonction publique et plus de 2 millions dans les secteurs privé et semi-public[2]. La sociologue trotskiste[3] Josette Trat retient trois caractéristiques du mouvement : ce fut un « mouvement d’ensemble », unitaire et porteur d'un projet de société égalitaire et solidaire[4].

Le 11 décembre 1995, Alain Juppé annonce ne plus vouloir toucher à l'âge de départ en retraite des régimes spéciaux de retraite (SNCF et RATP) et le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF), mais le , une loi est votée autorisant le gouvernement à réformer la Sécurité sociale par ordonnances.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-François Gouiffès, Réformes : mission impossible ?, Documentation française, 2010

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Eric Zemmour, Le suicide français, Albin Michel 2014, p.385-389
  2. « Six fois plus de jours de grève en 1995 », art. cit.
  3. http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?auteur861
  4. Josette Trat, « Retour sur l'automne chaud de 1995 », Cahiers du Gedisst, n° 18, 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]