Dhyāna

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Dhyāna (ध्यान en sanskrit devanāgarī ; jhāna en pali) est un terme sanskrit qui correspond dans les Yoga Sūtra de Patañjali au septième membre (aṅga) du Yoga. Ce terme désigne des états de concentration cultivés dans l'hindouisme, le bouddhisme, et le jaïnisme. Il est souvent traduit par « absorption », bien qu'étymologiquement il signifie simplement méditation ou contemplation.

Patañjali, le compilateur des Yoga Sūtra, en fait une étape préliminaire du samādhi. Les deux termes sont interchangés pour désigner ces états de conscience « transcendants ». Par exemple, les traductions Ch'an en chinois, Sŏn en coréeen et Zen en japonais sont des noms d'écoles de dhyāna bouddhistes, dérivées les unes des autres, où dhyāna prend ce sens fort de samādhi.

On rencontre plus souvent, en bouddhisme, le terme pāli jhāna, parce que les enseignements qui y sont liés sont plutôt une préoccupation de l'école Theravāda.

Dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Therāvada[modifier | modifier le code]

Atteindre les jhānas correspond au développement de la tranquillité : voir Samatha bhavana. On distingue cinq jhānas de la forme ou de la sphère physique pure. Anapanasati est la principale technique d'accès aux jhānas, la méditation metta en est une autre[1]. Ces jhānas sont différenciés en fonction des "facteurs" qui les caractérisent ; ces facteurs sont des activités mentales, saṃskāra, dont voici la liste :

  • Application initiale (mouvement de l'esprit vers l'objet de méditation) : vitakka ;
  • Application soutenue (saisie de l'objet par l'esprit) : vicāra ;
  • Joie, ravissement : piti ;
  • Bonheur : sukha ;
  • Concentration en un point : ekaggata ;
  • Équanimité : upekkha.

Pour être atteints, les jhānas nécessitent la suppression de cinq empêchements :

  • le désir des sens (kāmacchanda) ;
  • la colère ou l'animosité (vyāpāda) ;
  • la paresse ou la torpeur (thīna-middha) ;
  • l'agitation ou le remords (uddhacca-kukkucca) ;
  • le doute (vicikicchā).

Les cinq jhānas du monde de la forme comportent tous des facteurs différents ; leur nombre est souvent réduit à quatre (en ne tenant pas compte d'un état intermédiaire entre le premier et le deuxième, dépourvu de vitakka, mais avec un reste de vicāra) :

  1. premier dhyâna : vitakka, vicāra, piti, sukha et ekaggata (le monde des cinq sens est complètement transcendé) ;
  2. deuxième dhyâna : piti, sukha et ekaggata (il n'y a plus d'action, de mouvement du mental, sont seulement ressentis la joie et le bonheur).
  3. troisième dhyâna : sukha et ekaggata (seul le bonheur demeure).
  4. quatrième dhyâna : upekkha et ekaggata (pure équanimité, il y a arrêt temporaire de la respiration dans cet état).

Ces deux facteurs, équanimité et concentration, resteront présents dans les 4 jhānas du sans-forme ou non physiques.

Mahayana[modifier | modifier le code]

Chan et Zen[modifier | modifier le code]

Chan et Zen sont les transcriptions en chinois et en japonais du terme Dhyâna. Dans ces écoles, la pratique correspond au zazen tout en ne s'y limitant pas. Dhyâna y est traditionnellement présenté comme la triple pratique de sila, samadhi et prajna.

Dans le yoga de Patañjali[modifier | modifier le code]

Le mot dhyâna signifie, dans la philosophie hindoue :
1) méditation profonde ;
2) le septième membre du Rāja Yoga et du Haṭha Yoga ;
3) flux ininterrompu de conscience sur un objet particulier (chez shrî Aurobindo)[2].

Dhyāna est l'avant-dernier des huit « membres », du Rāja Yoga décrit par Patañjali dans les Yoga Sūtra (IIe s. av. J.-C. ?). Cette étape s'intègre à une pratique beaucoup plus vaste basée sur l'observance simultanée des huit directions appelées ashtānga yoga.

Dans le jaïnisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Méditation jaïne.

Dans le jaïnisme, le dhyana est un exercice de concentration; kayotsarga est le mot qui désigne la contemplation. De nos jours après un travail de recherche important qui a eu lieu au cours des siècles, les responsables de courants jaïns déconseillent une méditation concentrée trop importante qui peut mener à la peine ou créer des vagues de méchanceté intérieure. De nouvelles méditations ont été mises en place, moins percutantes que l'antique méditation jaïne. Néanmoins, le dhyana fait partie des devoirs quotidiens. Il permet de se débarrasser des poussières karmiques qui envahissent le jiva: l'âme du croyant[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après le Manuel de méditation selon le bouddhisme Theravada, Ajahn Brahm, éd. Almora, 2011
  2. Jean Herbert et Jean Varenne, Vocabulaire de l'hindouisme, Dervy, 1985, p. 45.
  3. The A to Z of Jainism de Kristi L. Wiley édité par Vision Books, page 142, ISBN 8170946816

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]